‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 15 sur 390 · II. — Frin^rléléft vlUle · texte numérisé non relu

II. — Frin^rléléft vlUle

Les muscles présentent deux modes de contractilité bien différents, et un certain degré de sensibilité. Des deux modes de contractilité, l'un es»t intermittent, c'est la contractilité proprement dite, appelée aus&i irrilaOthtfr mmculaire : l'autre est permanent , c'est la tonicité.

A. Omtrarlilité vu irritabilité musculaire,

\a contractilité est cette propriété que possèdent les muscles de so rarrourcir sous l'influence d'un excitant.

La volonté représente l'excitant le plus habituel du système musculain*: c'est elle qui, par l'intermédiaire des cordons nerveux et de leurs innom-

PHOPIUETES DES MLSCI.ES. tib

brables divisioDs, préside à nos mouvements; c'est elle qui di^terminc les contractions les plus étendues, les plus soutenues, les plus précises, les plus larices. .Vais une foule d'agents npécaniques, chimiques ou galvaniques, [K'ii^ent jouer aussi, à l'égard des muscles, le rôle d'excitants, soit en agissant sur les nerfs qui les animent, soit en agissant directement sur les fibres qui les composent. Dans le premier cas, les contractions sont toujours plus énergiques, l'excitation ét^nt transmise par les ramifications nerveuses à toutes les fibres musculaires correspondantes. Dans le second, elles sont au contraire beaucoup plus faibles , l'excitation ne portant que sur une partie tr^s-limitée du muscle.

a. Lirriiabilité est une propriété inhérente aux fibres contractiles.

Haller, de ses nombreuses expériences, avait déjà tiré cette conclusion. 11 avait fait remarquer que le cœur, pris sur un animal vivant et complètement isolé, continue de se contracter ; que des lambeaux de chair, sans connexions avec le système nerveux, palpitent encore au moindre contact des excitants. Plus tard, en détachant quelques fibres, sur des muscles vivants, on a pu les voir se contracter à Taide du microscope.

Mais on objectait que si la contractilité persistait dans ces lambeaux et ces fibres, elle était due à rinfiuence des excitants sur les ramifications terminales des nerfs. Afin de répondre à cette objection, M. le professeur I.ODgct institua une longue série d'expériences habilement poursuivies; elles démontrèrent que les nerfs moteurs, isolés de l'axe cérébro-spinal, perdent leur excitabilité le quatrième jour; et que les muscles dont les nerfs ne sont plus excitables, même depuis plus de douze semaines, se contractent encore lorsqu'on applique un excitant quelconque à leur surface (1). De ces faits, réminent physiologiste a pu conclure que l'irritabilité est indépendante des nerfs moteurs, qu'elle réside dans les fibres contractiles, et qu'elle ne se trouve subordonnée qu'à Tintégrité de celles-ci.

Cependant quelques auteurs n'étaient pas complètement convaincus. Ils annoncèrent que si cette propriété était indépendante des nerfs moteurs, file devrait persister dans les muscles, non pas seulement pendant quelques mois, mais indéfiniment ; et que si elle ne persistait que pendant un temps limité, il ne serait pas impossible qu'elle fût entretenue par les divisions terminales des nerfs : hypothèse d*autant plus admissible, que l'excitabilité des cordons nerveux disparait graduellement de leur origine vers leur terminaison.

Pour dissiper ces derniers doutes, il fallait trouver le moyen d'abolir radicalement la propriété excito-motricc des nerfs, en laissant intacte la contractilité musculaire. M. Cl. Bernard a découvert que le curare possède ce singulier privilège. Chez les animaux empoisonnés avec cette substance, c'est en vain qu'on applique un excitant quelconque sur les nerfs moteurs ; mais dès que l'excitant est appliqué aux fibres musculaires, aussitôt celles-ci se contractent. Ici l'indépendance des deux propriétés éclate dans toute son

i Looget, Traité de phijiiohgie , 18G1, t. I, 2« fascicule, p. 14 et suiv.

J^8 MVOLOGIK.

qu'acquièrent certains individus pendant Ici accès d'un délire aigu, telli* quelquefois , que les muscles de la femme la plus faible surpa$s<*nt eu énergie ceux de Thomme le plus vigoureux.

L'innervation étant égale, on comprend facilement que de deux must'Ie», celui-là sera le plus fort qui sera le plus volumineux , soit qu'il emprunte son volume au nombre des fibres, soit qu'il l'emprunte à leur diamètre plus considérable, soit enfin qu'il l'emprunte A ces deux causes réunies. (Vest surtout au volume que l'on attache, en général, Vidée de la forer. Il eu est, en effet, l'attribut le plus ordinaire ; des muscles bien nourris et saillants sont d'une force très-supérieure à celle que possèdent des inuK-U'< pâles et grêles, disparaissant sous l'enveloppe cutanée. Si développés qu*iU soient, cependant ils ne seront capables que d'efforts relativement médit»cres, si l'encéphale ne possède sur eux qu'une faible influence. Mais que le> sources de l'influx nerveux s'ouvrent avec abondance pour animer cv^ masses musculaires, et alors elles s'élèveront à un degré de puissance qui s'est manifesté souvent par des effets extraordinaires. Ilaller, dans son traité de physiologie, en rapporte de nombreux exemples, dont les uns S4»nl relatifs à tout le système musculaire; les autres i certains groupes de muscles, tels que les muscles des gouttières vertébrales, les fléchisseurs du membre supérieur, les extenseurs du membre inférieur, les élévateurs de la mâchoire, etc. (1).

Chaque muscle représente donc une puissance ; et comme ils sont tn-:*nombreux, on voit que l'organisme dispose de forces considérables. Mais le» résultats produits par leur mise en action ne sont pas en rapport avec la force dépensée. Une partie de celle-ci est utilisée pour imprimer les mouvements conformes au but que nous nous proposons. L'autre, souvent tri*^ grande, est employée à surmonter des résistances passives; elle constitue une perte qui a rc(;u le nom de déchet muiculaire. Or, ces pertes proviennent de causes multiples.

i* Du frottement des surfaces articulaires , et du frottement des tendons sur les coulisses qu'ils occupent.

2* be l'obliquité d'insertion des fibres musculaires sur les fibres tendineuses, obliquité qui a pour effet de décomposer la force produite en deux forces secondaires : l'une parallèle au tendon , l'autre perpendiculaire a celui-ci; la première seule est transmise.

3* l)e l'obliquité d'insertion des tendons sur les leviers osseux, laquelle entraîne les mêmes conséquences que la précédente.

â" De la mobilité du point d'appui pour tous les leviers osseux, mobilitt^ qui est nuisible à la précision des mouvements, qui doit disparaître pour un instant, et qui, pour être suspendue, réclame l'intervention d'un grand nombre de muscles.

5* De la disposition relative des organes actiTs cl passifs de la locomotion, qui a pour eff'et de transformer la plupart des os en le\iers du troisième genre, beaucoup plus favorables X la résistance qu'à la puissance.

t>s faits nous montrent que l'appareil locomoteur diffère assez nnlahlr-

1, Hallcr, iCiementa phtvwl.y t. IV, t7C6, |i ^8).

PROPRIÉTÉS D£S MUSCLES STRIES. â9

meot de la plupart des machines usitées dans rindustrie. Dans t'elles-ci, on s'attache à produire beaucoup d'effets ayec le moins de force possible. Dans récoQonue animale, beaucoup de forces sont dépensées pour produire peu d'effet. Mais ce que les mouToments perdent du c6té de la force, ils le gagnent da dVIé de la vitesse. Or, remarquons que ce dernier avantage n'était pas moins précieux que la force, et qu'il est même plus important ; car c'est bien plus par la vitesse que par la force de leurs mouvements que l'homme et les animaux se protègent contre toutes les influences du dehors. C'est par la rapidité avec laquelle ils se déplacent que ceux-ci se dérobent au danger qui les menace ; c'est par cette rapidité aussi qu'ils pourvoient à leur alimentation. C'est à la vitesse, à la dextérité des mouvements que rbomnie fait appel dans la plupart des professions auxquelles il se livre. Se mouvoir vite et souvent, avec précision et modération, tel est le mode d'action le plus général et le plus habituel de nos muscles.

e. Mouvements imprimés par les muscles.

Ces mouvements peuvent être considérés relativement aux organes qui les produisent, et relativement aux parties qui se déplacent.

Envisagés sous le premier point de vue, ils se divisent en mouvements simples et mouvements composés.

Les mouvements simples sont ceux qui s'opôrent sous l'influence d'un seul agent ; ils n'appartiennent qu'à un petit nombre de régions. Peu de muscles en effet se contractent isolément. Ils ne le peuvent qu'à la condition de s'attacher par l'une de leurs extrémités à une partie fixe : tels sont les mus* des moteur» du globe de l'œil, les muscles de la face, ceux qui s'insèrent à rapophjse styloide du temporal , le diaphragme , etc. Chacun d'eux est indépendant des muscles voisins ; mais il peut combiner son action avec la leur. De cette action, tantôt isolée et tantôt associée, il résulte que les parties sur lesquelles ces muscles s'insèrent, sont celles qui présentent les mouvements les plus variés. Ainsi s'expliquent la rapidité et la précision avec lesqueUes la pupille se dirige tour à tour vers tous les points de l'horixon; de là aussi la mobilité des traits de la face, l'expression de la physionomie, et toutes les nuances qu*elle peut offrir. Pour le diaphragme, qui unit ses contractions à celles de tant d'autres muscles, l'indépendance était un avantage précieux qui lui permet de se contracter encore , alors que tous les autres se reposent ou ont déjà suspendu leur action.

Mais pour les muscles pariétaux du tronc, et pour ceux des membres , toute contraction en suppose une ou plusieurs autres: les points sur lesquels ils te fixent'étant tous deux mobiles, et celui qui joue le rôle de point fixe devant être préalablement immobilisé par la contraction des muscles qui l'entourent. On peut remarquer cependant que dans les mouvements ordinaires, les contractions destinées à immobiliser le point d'appui sont trèsmodérées; c'est seulement dans les mouvements où nous dépensons beaucoup de force qu'elles acquièrent une réelle importance.

On donne le nom de mouvemetUs composés à ceux qui sont exécutés par deux ou plusieurs muscles agissant sur le même point. Dans ce cas, le point

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