‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 214 sur 390 · APONÉVROSES DU PIED · texte numérisé non relu

APONÉVROSES DU PIED

Cette aponéyrose est fonnée surtout de fibres transversales. Elle présente quelques orifices par lesquels les veines superficielles communiquent avec les veines profondes.

B. — Aponévrose plantaire.

Plus étendue, plus fortement constituée que l'aponévrose palmaire, elle rappelle très-exactement la disposition générale de celle-ci.

On peut lui considérer aussi trois portions : une moyenne très-large, trèsépaisse, très-résistante ; et deux latérales, étroites et minces.

1* Aponévrose plantaire moyenne, — Cette aponévrose s'étend liorizontalement du calcanéum i la base des orteils. Étroite et très-épaisse en arrière, large et plus mince en avant, elle revêt la figure d'un triangle isocèle dont le sommet tronqué répond au calcanéum , et dont la base s'étend du premier au cinquième orteil.

Sa face inférieure n'adbère que faiblement à la couche adipeuse souscutanée, en sorte qu'on peut très-facilement l'en détacher, sur ses deux tiers postérieurs. — Sa face supérieure donne insertion en arrière au muscle court fléchisseur commun des orteils, auquel elle n'est unie en avant que par un tissu cellulaire lAche.— Ses bords se continuent avec les aponévroses plantaires interne et externe et avec les cloisons intermusculaires. Dans sa moitié antérieure, l'interne se prolonge au-dessous de l'aponévrose plantaire interne, dont une couche adipeuse le sépare , puis se termine en se continuant, d'une part avec les téguments de la partie interne du pied, de lautre avec l'aponévrose dorsale. Sur toute l'étendue de ces bords on remarque inférieu rement un long sillon qui répond aux cloisons intermusculaires et qui distingue très-nettement de chaque côté les muscles de la région moyenne de ceux des régions latérales.

Par son sommet, cette aponévrose s'attache aux deux tubérosités du calcanéum. De cet os elle se porte directement en avant en s'élargissant et «'amincissant, puis se divise sous le métastarse en cinq faisceaux qui vont s'insérer aux cinq métatarsiens et aux articulations métatarso-phalangiennes.

Le faisceau interne , qui est le plus volumineux , se divise en deux languettes entre lesquelles passe le tendon du long fléchisseur du gros orteil.

Le faisceau externe, très-grôle, se subdivise également en deux languettes pour donner passage aux tendons fléchisseurs du petit orteil.

Les trois faisceaux moyens se partagent chacun en trois languettes terminales bien distinctes : l'une, superficielle, par laquelle ils s'insèrent à la face profonde du derme ; les deux autres, profondes, semblables à celle des orteils précédents, par lesquelles ils se fixent à la tête des deuxième, troisième et quatrième métatarsiens et aux fibro-cartilages glénoîdiens des articulations correspondantes. Ainsi attachée en arrière au calcanéum, en avant aux cinq os du métatarse, l'aponévrose plantaire moyenne peut être considérée comme un puissant ligament qui conserve à la voûte du pied sa courbure naturelle. C'est surtout lorsque le poids du corps porte sur la tél<e du métacarpien que ce ligament entre en action ; il se tend alors à la manière de la corde d'un arc qu'on chercherait à redresser.

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Les languettes terminales de l'aponévrose plantaire moyenne pr^senlr t une disposition qu'on ne remarque pas à la main. Non-seulement elles s titachent au métatarsien et à l'articulation dont celui-ci fait partie, mais ditse dédoublent pour aller se fixer aussi au métatarsien et à TarticaUti s métatarso-phalangienne qui en sont les plus rapprochés. Les deux languette* voisines s'entrecroisent donc en s'entremélant et s'unissant étroitement n suit de cette disposition que l'aponévrose unit entre eux les cinq os da mtiitarse, et qu'au moment où nous nous élevons sur la pointe du pied, ceoi-r. ne peuvent ni se renverser en avant ni s'écarter les uns des autres.

L'aponévrose plantaire moyenne est constituée presque exclusivement par des fibres antéro-postérieures qui divergent en avant. C'est seulement soci !i tête des métatarsiens que ces fibres divergentes sont reliées entre eDe» pir un petit groupe de fibres transversales.

2^ Aponévrose plantaire interne. — Beaucoup plus mince que la pm>dente, elle présente comme celle-ci une figure ^ riangulaire , mais dont .: base se dirige en arrière. Par cette base, l'aponévrose s'attache à la g r ^ tubérosité du calcanéum et à sa face interne ; pa / son sommet, au côté inte rade l'articulation métatarso-pbalangienne du f^ros orteil. — Son bordextenr se continue, d'une part avec l'aponévrose plantaire moyenne, de ItatTr avec la cloison intermusculaire voisine. L'interne est constitué en afri^rr par l'arcade sous laquelle passent les vaisseaux plantaires ; au devant ^ celle-ci il s'insère sur le scaphoïde, le premier cunéiforme et le preattr métatarsien, en se continuant en partie avec Taponévrose dorsale.

Cette aponévrose est recouverte par la couche adipeuse sous-cutanée q!. lui adhère d'une manière assez intime. Elle recouvre Tadducteorda gr" orteil auquel elle donne attache, et son court fléchisseur.

3* Aponévrose plantaire externe, — Cette aponévrose est asset faibli* ci avant et en dedans, mais très-forte en arrière et en dehors, où elle § cti-' ■' du calcanéum au cinquième métatarsien, à la manière d'un ligament ;cr:i portion ligamenteuse parait avoir pour usage, lorsque le poids du corps p^ri' sur la partie externe du pied, de maintenir dans leur situation le métalarv et la rangée antérieure des os du tarse en s'opposant au glissement J« celle-ci sur la rangée postérieure.— Son bord externe se fixe du reste à to'.v la longueur du bord correspondant du pied, en se continuant en arnrn avec le ligament annulaire externe et en avant avec l'aponévrose dorstif. -> Son bord interne s'unit à Taponévrose plantaire moyenne et à la d^^ ' intermusculaire voisine. — Sa base, dirigée aussi en arrière, se fixe à U (t* < externe du calcanéum. — Son sommet se perd sur l'articulation métttar)'*' phalangienne du petit orteil.

Cette aponévrose, recouverte par la couche adipeuse sous-cutanée et k la peau, recouvre l'abducteur et le court fléchisseur du petit orteil.

U^ Cloisons inlermmculaires et gaines fibreuses de la plante du pied. — I » deux cloisons intermusculaires, distinguées en interne et externe, se din* gcnt d'arrière en avant en divergeant un peu, et de bas en hautendii^r géant beaucoup plus.— L'interne, en effet, passe au-dessous de l'addodeurd^ gros orteil pour aller s'insérer sur le bord interne du tarse; en avant, <!••

APONËYKOS£S DU PIED. ti6i

s'engage entre les deux parties du court fléchisseur du même orteil, et se fUe à la face inférieure du premier métatarsien.— L'externe, dans sa moitié postérieure, passe au-dessous de Tabducteur du petit orteil, puis s'attache au bord externe du tarse ; dans sa moitié antérieure, elle pénètre entre les deux derniers interosseux, et s'insère au quatrième métatarsien. L'une et l'autre, du reste, sont très-minces et incomplètes.

Par ces cloisons, l'espace compris entre la voûte et les aponévroses plantaires, se trouve partagé en trois espaces secondaires ou trois loges : une interne, une externe et une moyenne ou médiane très-grande.

La première ne contient que l'adducteur et le faisceau externe du court fléchisseur du gros orteil.

I^ seconde renferme l'abducteur, le court fléchisseur du petit orteil et le dernier interosseux plantaire.

I^ loge médiane se présente sous l'aspect d'un cône creux, dont la base tournée en avant serait percée de neuf conduits : cinq situés sur le prolongement de l'axe des orteils et destinés aux tendons qui les fléchissent ; quatre situés sur le prolongement des espaces interdigitaux, et occupés par les vaisseaux et nerfs qui vont se ramifier dans leur épaisseur. — Cette loge médiane contient non-seulement les muscles de la région plantaire moyenne, mais en outre l'abducteur oblique et l'abducteur transverse du même orteil , et tous les vaisseaux et nerfs plantaires.

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