‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 344 sur 390 · DU SYSTÈME LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME LYMPHATIQUE

Le système lymphatique n'est pas constitué sur le même type que /• artères et les veines. Il comprend dans sa composition :

V Un vaste ensemble de conduits qui convergent de toutes parti u^ veines sous-clavières : ce sont les vaisseaux Ifftnphaiiques propremeol c -

2<> Un ensemble de corps glanduliformes qui sont échelonnés sur le \r*, de ces conduits et qui jouent à la fois le rôle d'organes conducteurs et u * ganes élaborateurs : ce sont les ganglions lymphatiques*

Ces vaisseaux nous offrent à considérer : leur capacité, leur mode d r gine, leur situation, leur direction et les anastomoses qui les aDi<v" les connexions qu'ils présentent avec les ganglions, les valvules qui cV<yi nent leur cavité, et, enfin, leur structure.

§ 1. — Capacité des vaisseaux lymphatiques.

La capacité relative du système lymphatique et du système veineui d t f &* encore été déterminée. Plusieurs causes rendent cette déterminatioo i^difficile; la principale consiste dans l'extrême variabilité des deui itr^qu'il faut comparer. Cependant l'histoire du système lymphatique ' -* parait aujourd'hui assez avancée pour fournir les données d'une éraliu: > générale approximative.

Partant de ces données on peut avancer que sa capacité est d'au Un' ; . inférieure à celle du système veineux qu'on se rapproche davantage ^ ^ terminaison, et d'autant moins qu'on se rapproche plus de son ongi.*:' n'est aucun observateur qui n'ait été frappé de la petitesse du canal t*: -i cique comparé au volume des veines caves. Mais la différence est bea*. moins prononcée lorsqu'on met en parallèle les lymphatiques et les « -. de la cuisse, les lymphatiques elles veines du bras, etc. Poor procéder iquelque exactitude dans cette comparaison, nous avons infecté d'aoe }•' la veine fémorale, de l'autre tous les vaisseaux lymphatiques fémoftci après avoir compris chacun de ces derniers entre deux ligaturei séptr* par un intervalle de 10 à 12 centimètres, nous les avons divisés au àiU •ces ligatures, pour les enlever et les réunir en un seul faisceau. Or.cr ceau présente un diamètre supérieure celui de la veine cmraJe; en tr:. compte de la dilatation produite par l'injection^ on arrive A recoonaitit ^ ces derniers sont au tronc veineux comme 1 : 3.

Si, au lieu d'opposer le système lymphatique de la cuisse A la %€we f'i--

CAPAaTE DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. 763

raie, on l'oppose à tout le système veineux de cette section du membre, la rapacité du premier ne sera plus la moitié, mais seulement le quart de celle du second; et comme la capacité des veines est à peu près double de celle de» artères, on voit qu'en comparant sous ce point de vue les vaisseaux à sang blanc, à sang rouge et à sang noir dans la partie moyenne de leur trajet, ils seront entre eux comme les termes de cette progression croissante : i, 2, à.

A leur origine, ces (rois ordres de vaisseaux augmentent de capacité ; mais comme celle des capillaires lymphatiques augmente dans une propor* tioD plus forte que celle des capillaires sanguins, la difTérence s'affaiblit et s'efface même sur quelques points. Ainsi, par exemple, sur le^ téguments du scrotum, de la paume des mains, de la plante des pieds, la capacité du sysn ti^me lymphatique l'emporte assez notablement sur celle du système veineux.

Les corps glanduliformes que traversent les vaisseaux lymphatiques sont pijiscntîellement formés de deux petits systèmes vasculaires : l'un divergent, dil à la décomposition des vaisseaux qui entrent, Taulre convergent, dû à la reconstitution de ces vaisseaux avant leur sortie. Ces deux systèmes intraganglionnaires, anastomosés entre eux comme les artères et les veines, iiirislituent au point de vue de leur capacité un double cône ; en s'adossant iMise h base, ces cônes donnent naissance à un ellipsoïde. Le canal i\ sang blanc offre donc au niveau des ganglions lymphatiques autant de renflem<*nts ou dilatations dont Taction est de ralentir le cours du chyle et de la lymphe. Celle-ci arrive avec facilité de l'extrémité des membres jusqu'au voisinage du tronc, puis se ralentit subitement en entrant dans les ganglions de l'aine et de l'aisselle, semblable à un courant qui viendrait se p««rdredans un lac. Aussi, lorsqu'un principe morbiflque est absorbé, ce n'est Jamais durant son passage dans les vaisseaux lymphatiques qu'il manifeste <a présence, mais au sein des ganglions qu'il ne traverse qu'avec une oxtrOme lenteur, et sur lesquels il agit en raison directe de la durée de son f4>jour; c'est pourquoi la douleur et la tuméfaction de ces organes sont, en général, les premiers symptômes par lesquels s'annoncent les affections du système absorbant.

§ 2. — Origine des vaisseaux lympuatiqies.

Le mode d'origine des vaisseaux lymphatiques a été longtemps inconnu ; et comme ce mode d'origine pouvait seul servir de base & la théorie de Tab- «4>r^ilion, il devint, par le fait même de son importance, le point de départ d'un grand nombre d'hypothèses. Deux difficultés se dressaient comme des cihâtacles en apparence insurmontables, devant les anatomistes qui dirigeaient \ers cette partie de la science leurs investigations : d'une part, ces vaisseaux étaient douésd'une si parfaite transparence, qu'on ne pouvait les apercevoir qu'après une injection préalable; de l'autre, leurs valvules étaient si multipliées, qu'elles ne permettaient pas au liquide injecté de passer de leurs troncs dans leurs radicules. Pour étudier ces radicules il importait donc de

76à ANGI0L06IE.

trouver une méthode qui permtt de les distendre par une liqoeiir ookuni^. et les soumtt à l*exploration de nos sens. Cette méthode, qni a^t t> entrevue en 1780 par Hunter et par son élève Cruiksank, mais qni deiD^un inconnue à Mascagni et à ses premiers sucesseurs, nous a été révéla' 4' nouveau en 1830 par les travaux à peu près simultanés de Fohmann« à' Pannizza et de M. le professeur Cruveilhier. Les seules notions positives q*.nous possédons sur l'origine des vaisseaux absorbants date de cette demi* -* époque. Le fait le plus général qui ressort de ces notions est odai-i « Tout lymphatique a pour poirU de départ un réseau,* Les réseani eai«iBén>* ont pour éléments des capillaires d'nne extrême ténuité, anastomoM ' entrecroisés 4^ mille manières, plus superficiels que les artères et i veines, et constituant sur les surfaces qu'ils occupent la dernière limite ^.^ organes.

Les capillaires lymphatiques, superposés aux capillaires sangnins. <- ' en partie mêlés à ceux-ci. De leur superposition faut-il conclure qot • deux ordres de vaisseaux sont complètement indépendants 7 Celte qtte»:> mérite de nous arrêter un instant. En raison de son importance, t'examinerons successivement les rapports du système lymphatique: i* v le système artériel ; 2* avec le système veineux.

Quelques anatomistes ayant observé que les injections passaient ^.r quefois des artères dans les vaisseaux lymphatiques, ont cni pooioir >'mettre que ces vaisseaux communiquent avec les artérioles et en fa. :• « continuation. Cette opinion, reproduite par M. Magendie, est aasurricséduisante. Le sang artériel» en effet, une fois parvenu dans les n laires sanguins, se diviserait en deux colonnes, l'une séreuse prenant U • des lymphatiques, l'.autre sanguine cheminant dans les veines. On •)••.que ces deux colonnes parcourent des conduits qui offrent la même f> " noueuse, qui s'adossent l'un à l'autre dans toute l'étendue de leur tn.* et qui finissent par se réunir : de telle sorte que le sang, après s'être psr :^' en deux parts, se reconstituait en quelque sorte de toutes pièces avant 6 r river au cœur. Mais ces raisons ont peu de valeur ; elles tombent devao' ' objections suivantes :

i® Les lymphatiques ne contiennent pas seulement un liquide : Qi ' ' ferment aussi des globules ; et ces globules diffèrent de ceux du sang. 2* Panizza a injecté du mercure, de la colle animale colorée, de ! diversement teintée, dans les artères mésentériques de Thomme, dn r^'^i des oiseaux, de la tortue, de la salamandre, etc., et il n'a Jamais va f ir/ tion passer dans les vaisseaux lymphatiques. Le même auteur a vaioei!> tenté aussi d'injecter les lymphatiques du poumon, du rein, de la rate, r les artères correspondantes. Nous avons répété et varié ces ii^ectiom tz étendantaufoic,au testicu1e,à l'ovaire et à l'utérus chez la femme mortréi l'état de grosse8se,auxmembressupérieurs et inférieurs, etc., et noof i* ' toujours obtenu des résultats identiques avec ceux du célèbre anatic:-* italien. A ces résultats négatifs on en a opposé d'autres, il est vrai, qui à raient été couronnés de succès. Mais dans les circonstances rares oà le b^' injecté a pénétré dans les absorbants, il existait quelques raplores: et r -

par ces solutions de continuité que le liquide passait d'un ordre de vaisseaux dans l'autre.

3* Lorsqu'on introduit la pointe d'un tube à injection dans un réseau lymphatique quelconque, on ne voit Jamais le mercure s'introduire dans les capillaires artériels ; ici l'anatomiste opère sur la limite des deux systèmes, et s'ils communiquaient, le liquide injecté devrait se partager et les pénétrer simultanément, ou bien se porter tantôt vers l'un et tantôt vers l'autre. Mais il n'en est pas ainsi; constamment et exclusivement il se dirige vers les absorbants. Dans les cas extrêmement rares où il nous a été donné d'observer le passage du mercure dans les artères, il existait une extravasAtion du métal dans le tissu cellulaire : concluons donc que les capillaires lymphatiques sont indépendants des capillaires artériels.

Les radicules veineuses sont-elles également indépendantes des vaisseaux absorbants ? Lorsqu'on injecte les réseaux lymphatiques de la peau, il est fréquent de voir l'injection passer dans les veines ; le plus souvent, ce passage a été précédé d'une rupture et d'un épanchement. Dans quelques rares circonstances cependant il semble s'effectuer en l'absence de toute solution de continuité : c'est ce qui a lieu lorsqu'on procède à l'injection des radicules lymphatiques sur une main ou sur un pied qui a été exposé à l'air libre pendant tout le temps nécessaire pour lui permettre de subir un commencement de décomposition et de prendre une coloration verdAtre ; dans ces conditions, la peau acquiert une remarquable transparence chez certains sujets; les réseaux s'iqjectent très-richement, et pendant l'injection on voit assez souvent le métal se précipiter dans le réseau lymphatique du derme, et pénétrer au même moment dans les veines sous-cutanées qu'il dilate. Mais il importe d'ajouter que si l'on prolonge un peu cette expérience, on ne tarde pas à voir un épanchement se former. Or, il ne serait pas impossible que cet épanchement cxislAt dès le début; il est même très-probable qu'il existait, et que son exiguïté seule le dérobait à la vue.

En outre, on n'a point réussi Jusqu'à présent à injecter les chylifères par les >eines mésaraïques. Les injections poussées dans le système de la veine porte et dirigées vers le foie ne pénètrent pas dans les lymphatiques de cet organe; lorsque cette pénétration a lieu, on constate une déchirure. Nous avons vainement tenté d'injecter les absorbants du poumon par les veines pulmonaires, ceux du testicule par les veines spermatiques, ceux du rein et de la rate par leurs veines respectives, etc.

En résumé, les raisons qui militent en faveur d'une communication des systèmes veineux et lymphatique sont à la fois peu nombreuses et peu concluantes. Elles ne reposent que sur des apparences trompeuses ; le liquide ii^ecté dans un réseau lymphatique passe dans les veines lorsque l'une des mailles de ce réseau est rompue : en l'absence de toute rupture, Je reste convaincu qu'il n'y pénètre Jamais. Si Lauth et Fohmann, dont le nom fait Justement autorité dans cette partie de la science, ont émis une opinion contraire, c'est qu'à l'époque où ils ont fait leurs recherches, le procédé qui consiste à ii^jecter les lymphatiques par les réseaux était tout nouveau ; il leur était à l'un et à l'autre peu familier. Grâce aux perfectionnements qui

766 ANGIOLOGIE.

enonl rendu l'emploi plus facile et plus sûr, nous pouvons ?oirau}Qar4'bv; ce qui leur échappait alors, et tirer de faits mieux observés, des coodu^iv plus rigoureuses.

Si les capillaires lymphatiques ne communiquent, ni aveclei denkr^ divisions des artères, ni avec les premières radicules des veines, comoy*. se comportent-ils à leur origine 7 Ce problème est un de ceux qui oaUtf ' plus agités parmi lesanatomistes et les physiologistes, depuis la décooitr des chylifères par AsellL Remarquons d'abord que parmi les vaitseaui \]j phatiques, il hn est qui naissent dans Tépaisseur des tissus, et daaireiç. proviennent des surfaces libres.

Sur le mode d'origine des vaisseaux lymphatiques profonds, nous m ;>• sédons encore que des hypothèses qui toutes nous viennent de rAHenur Elles ont cela de commun, qu'elles placent le point de départ des >aift««. lymphatiques dans le tissu conjonctif. Seulement, les uns afBnneol c partent des aréoles de ce tissu; d'autres, à la tète desquels aeplaii*')chow, lui assignent pour origine les corpuscules ou cellules plasma'i: qui en forment une dépendance. Je reviendrai sur ces opinions lorsque nous occuperons des lymphatiques du tissu conjonctif.

Quant aux lymphatiques qui naissent des surfaces libres, Hunteret s^ ciples crurent reconnaître à l'extrémité de ces vaisseaux, des oriflcf* « comparèrent aux points lacrymaux et dont ils firent des bouches ab9ort>« Cette opinion invoquait en sa faveur les raisons suivantes :

1" Les lymphatiques qui occupent une surface libre étant remplis dft ' cure, on voit le métal s'échapper en fines gouttelettes par celte surtiur * qu'à l'aide d'une compression rétrograde on le fait refluer vers les n<i.< - Haase dit avoir constaté cette transsudation mercurielle à la surfao* ^ peau, Mascagni sur la surface convexe du foie à travers l'enveloppe pcr • néalc de cet organe, et Hcwson sur la muqueuse de l'intestin des poisj*

3* L'examen microscopique des villosités intestinales démontie, sait-on, au sommet de ces prolongements, des orifices qui plongent drchyle répandu à la surface de la muqueuse, comme les points lacrm plongent dans le sinus des larmes.

De ces deux faits, le premier doit être attribué à une ruptun^ et le »à une illusion. En effet, l'injection des capillaires lymphatiques que Bi' Mascagni et Hewson obtenaient mécaniquement en forçant les^alvul^ ' l'opérons aujourd'hui d'une manière bien autrement complète et m' santé. Non -seulement nous injectons ces capillaires, mais nous les si tons à la pression d*une et même de deux atmosphères; et cependant r» voyons jamais le mercure pleuvoir à la surface de la peau, des sérrc«des muqueuses ; bien plus, nous enlevons l'épiderme ou répithélium. «^ conséquent nous ouvrons largement toutes les bouches absorbante» ^ existaient. Eh bien I même après cette ablation, toute transsudatioo ^^ possible; Haase et Mascagni se sont certainement trompés.

Quant aux orifices signalés au sommet des villosités, s'ils ont été adc quelques anatomistcs éminents que des préoccupations théoriques p * àen rechercher et à en désirer vivement l'existence, il est digne de r

que que la plupart de ceux qui ont vécu en dehors de semblables préoccupations ne les ont jamais nettement aperçus. Les auteurs anciens, ignorant le mode d'origine des lymphatiques, les faisaient naître par des extrémités libres, et l'idée d'un orifice sur ces extrémités devait naturellement se présenter à leur esprit Mais l'impossibilité si bien constatée de faire sourdre le mercure à la surface des réseaux, môme après la desquamation épidermique el sous rinfluence des plus hautes pressions, est un argument qui renverse et détruit radicalement l'ancienne théorie des bouches absorbantes. Ainsi les réseaux lymphatiques sont non-seulement sans communication avec les vaisseaux artériels et veineux, mais aussi sans communication directe avec les liquides qui humectent les surfaces libres.

Étudions maintenant l'origine des vaisseaux lymphatiques dans les divers tissus : sur la peau et les muqueuses ; sur les séreuses et les synoviales ; sur Tappareil circulatoire ; sur le tissu cellulaire, les centres nerveux, les muscles, les tisaus fibreux; et enfin sur les glandes.

A. — Origine éeê vatascttax lympliatltiict et la pMiii. ' >

Les raisseaux lymphatiques de la peau tirent leur origine de la couche la plus superficielle du derme. Mais leurs premières radicules ne sont pas également abondantes sur tous les points de l'enveloppe cutanée.

Ces radicules se montrent en grand nombre sur les parties qui sont les plus floignées du centre circulatoire : ainsi à la tête elles sont extrêmement multipliées sur la ligne médiane, aux membres sur l'extrémité terminale des doigts et des orteils, à la verge sur le gland et le prépuce. A la face, les réseaux les plus développés sont ceux qui recouvrent î'éminence nasale et le pavillon de l'oreille.

t^s vaisseaux naissent donc plus spécialement de certains points déterminés et constants auxquels il importe d'accorder la préférence lorsqu'on se propose de les injecter. Si l'on introduit la pointe d'un tube rempli de mercure dans un de ces lieux d'élection, on voit aussitôt le métal se répandre dans tous les sens, et donner naissance presque instantanément à une lamelle argentée qui semble s'étaler sur la superficie du dermo, mais qui siège en réalité dans son épaisseur.

<4>s réseaux sont particulièrement remarquables au crâne, sur la partie des téguments qui correspond à la suture bipariétale, et aux doigts sur les parties latérales des dernières phalauges.

Ils sont également très-beaux sur le derme de la plante des pieds et de la paume des mains, préalablement dépouillés de leur épiderme. Mais c'est sur la partie médiane du scrotum qu'on les voit atteindre le plus haut degré de leur développement.

Indépendamment des points précédemment énumérés , les vaisseaux lymphatiques de la peau proviennent :

1* De toute la ligne médiane antérieure du tronc ;

S^" De toute la ligne médiane postérieure de cette cavité :

'^'^ Des parties latérales du thorax et de l'abdomen ;

A* De la partie postérieure des membres thoraciques et abdominaux *

5<> Du pourtour de tous les orifices par lesqueb le tégumeot ntefoe k continue ayec l'interne ;

6^ De la peau qui recouvre le mamelon et l'aréole du sein.

En outre, J'ai vu nattre des lymphatiques : de la partie antérieure de 1 1 vant-bras, de la partie antérieure de la Jambe et de la cuisse» des tégumeui: de la partie moyenne de la face, etc. Mais Je me hâte d'i^uter que lur (c* derniers points on réussit difficilement; et lorsqu'on réussit on inif seulement quelques ramuscules dont la rareté et la ténuité attestent qoe t les lymphatiques ne manquent pas dans certaines régions compléteôiet ils y sont du moins à Tétat rudimentaire. On peut donc admettre aux dt: nières limites de l'appareil circulatoire un vaste réseau qui embrasK I « : ganisation entière ; réseau très-inégalement développé, eztiémemeiit rù.^ sur certains points, d'une extrême pauvreté sur d'autres : d'où nooi p> . vous conclure que l'absorption sera plus facile et plus rapide sur les pr. miers, plus difficile et plus lente sur les seconds.

Les capillaires anastomosés à la surface de la peau donnent naisstn*. • des troncules qui traversent les aréoles du derme et qui s'anastiMDûkL' . leur tour sur sa face profonde. Il résulte de cette disposition que ren%cl* ;,• tégumentaire se trouve en quelque sorte comprise entre deux réseaui : . superficiel ou sus-papillaire, l'autre profond ou eoos-dermique. Cat c ce dernier que 'partent les vaisseaux lymphatiques qui rampent à9m\" paisseur de la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée*

•• — Orlalae été valsMMn lyaitlMMiBCs ém tfwtèm^ WÊm^imtmË,

Sur les membranes muqueuses ces vaisseaux se comportent de lai»'' manière que sur la peau. Ils se présentent aussi à leur origine foc- forme de réseaux se continuant entre eux et formant une véritable m^: brane absorbante. De môme que celle qui s'étale à la surface do dena cette membrane ne présente pas un développement uniforme. Consu sur certains points par des mailles très-serrées d'où partent des vsivei multiples et volumineux, elle se compose sur d'autres de mailles plusoa d larges qui ne fournissent que des troncs rares et grêles. — Ces membr. nous présentent aussi deux réseaux. Sur la muqueuse du gros intc^. sur celle de l'estomac, sur celle du gland, etc., on aperçoit, lorsque 1 ir/ * tion a été heureuse :

1« Un réseau superficiel dont les capillaires extrêmement fins ne peuv être bien distingués qu'à la loupe ;

2« Un réseau profond ou sous-muqueux dont les mailles, beancoop : apparentes, sont circonscrites par des radicules d'un diamètre pluf aoi dérable.

Le chorion muqueux compris entre ces deux couches réticulairesest q;quefois si mince et si transparent, lorsque les vaisseaux sont trè*-dibtri >' le mercure, qu'il semble disparaître ; on pourrait croire alors que lei à- . réseaux sont immédiatement superposés: tels sont ceux qu'on observe visurface du gland, sur les grandes lèvres, dans le canal de l'urèthie, tk-

Ces réseaux lymphatiques ont été très-bien injectés en 1833 par Fofami

^iir les muqueuses du gros intestin et de T oesophage ; le même auteur a aussi montré, dans de tnVbonnes planches^ ceux qui appartiennent à la surracc du gland et au canal de l'urèthre. Mais ces derniers avaient été ptirraitcment observes trois ans auparavant par Pannizza qui les a mieux représentés.

Hans ce sysléme cependant plusieurs points restaient inconnus. Désireux de savoir s'ils étaient privés de lymphatiques, ou si ces vaisseaux y étaient seulement moins développés, je les ai explorés d'une manière plus spéciale, et J'ai réussi à injecter les réseaux qui recouvrent la muqueuse vaginale, ceux du col de l'utérus, ainsi que les lymphatiques de la muqueuse gi!tgi\a1c, de la muqueuse palatine et de la face inrérieure du voile du palais; j'ai pu injecter aussi le réseau admirable qui embrasse toute la muqueuse linguale en formant à chacune de ses nombreuses papilles une petite gaine secondaire.

De l'ensemble des faits qui précèdent il semble résulter que le système lymphatique se déploie sur toute l'étendue des membranes, muqueuses, piii^sque sur la plupart des points explorés sa présence a pu être constatée.

Toutefois une conclusion ainsi formulée serait, dans l'état actuel de la srionce, un peu trop absolue. Les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse \«*'sicaleet de la muqueuse utérine n'ont pas encore été injectés. Tout ce qui a été écrit sur les vaisseaux lymphatiques des muqueuses palpébrale et oculaire doit Ctre considéré comme erroné : Tiedmann, Breschet, Fohmann, Arnold, se sont certainement trompés en admettant et en faisant représenter i^ur la conjonctive oculaire des plexus et des troncs lymphatiques. C était burtout de la cornée transparente que ces auteurs faisaient partir les vaisbeaux si complaisamment admis. Leur opinion vient d'être reproduite par plusieurs anatomistcs et plus spécialement par M. Recitiinghausen. Après avoir pris connaissance des nouveaux arguments qu'invoquent ces observateurs, je me vois contraint encore d'affirmer, sans crainte d'être démenti par les faits, qu'ils sont victimes des mêmes illusions : aucun vaisseau lymphatique ne part de la cornée.

Le système muqueux, comme le système cutané, présente pour l'injection des réseaux lymphatiques des lieikr d'élection. Il est digne de remarque que les points par lesquels ces deux systèmes se continuent sont ceux qui offrent les radicules absorbantes les plus multipliées: ainsi la muqueuse qui recouvre le gland semble constituée uniquement par un plexus lymphatique ; il en est de même de celle qui entoure l'orifice du vagin, et de celle qui répond X l'anus; le pourtour de l'ouverture antérieure des narines est aussi le point de départ d'un grand nombre de capillaires absorbants; les lèvres sont revêtues d*un réseau à mailles fines et serrées que Ilaassc a>ait d«'jd vu et représenté dans ses planches.

Les réseaux qu'on injecte le plus facilement sont : celui de la face dorsale de la langue, de la muqueuse palatine, de la muqueuse laryngée et de la muqueuse trachéale ; viennent ensuite celui de la muqueuse tiré- Ihrale, celui de la muqueuse gastrique, et enfin celui de la muqueuse du gros intestin.

Sur la muqueuse de l'intestin grêle, les vaisseaux sont, au contraire, extrê*

ir. — 50

770 AN(;iOLO(ÎIE.

incMiK'iil flifticiK\> l'i inji'cl(»r; (.'l nulle i»arl c(*|KMi.îanl un an>>i vit i'..'.- 1- : -.i ii'allaclie à leur étude. Par une e\ee[)li(in unique dans lévi jutmi»-, \\r \: ■ sentcnl ici di'U\ mode,-; d'(tri;rine bien dilVerenls. — T.euv qui nai?,-cnt ù .'.rinler\alle d<'s \ illn^ih'-.- nul p.>ur [toint de dt'part un réseau .i maille- e\l!''lUiMurul dt'li.'t-i. sfuiblahlc à ((dui qu'on nb>L'i'\e sur la muqueuse d'i .::•' intestin. — (leu\ qui i»ri)\ iennciit des \illo>itt''S elles-mêmes \>n\ {••ui':i^une une radicule ci'ulra'c, [Miillèb» à lax»» de eidles-ei, un [>eu r. :.!'• leur s.imincl. mai^ I lujour- parrailcm-'ut elose, e"e-t-à-diie sans C'-'r.::- nicali^n aucune avi'c la ca\ilé *\c linîe>liu. Les Nillositcs coniques <>ii . loruh'-ne p«t^sèlcut (lu'uin' ^.'ule raliculc: 1er \il! «sit^'S aplatie? ou laiu ' :l'orincs eu possèdenl dcu\ (»u plu-icur.-, ];lus ou nhans espacées. — A c» ^ :.idicules, aussi innombrables que le- sailli.- dont elles partent, est e-nii la niissiiui d al)sorb>'r leclnle el b s sucs a-.-imilables. I.e elivlifèie ce:.t: 1 ne CHUimuniquant p.ir aucun oiilii'e a\ec K. c;iAit(' intestinale, par qr.-!;»- \oi(^s [M'iiètreuf ces 1 i(juide- V Les sucs nulrili!- cbemiuint évidemment :i îr.- Ncr.- b'.- p.u'i.sihV de ri''p!lle'''.iuni et de la \iib..-iié. l'I arri\ent dau- la l.i\.'i. du elnliTère par le m 'ciiuMUe de linddbiii' n ou de ri-nd-e-mose. Mai- i. cliNle M)ut m'be- d. - j'ûiîicules LTai.-M u.-es, c'est-à-dire des partit . '.<.s<did''> à 1 "dat î'uImi :il!'!it : ci. m (u- 'lit u ^ pai licule- peuNeiit-tdles lra\t :- r d.- >eniblabu'> p 'i'' ^io>V h - n s.i' !('U-e- bypi.;bè-es ont été imaLrinees p .:r lei'oudre à celP' ([;;e-îion, si p'eiue d'intérêt poiu' la physicduu'ie, otq.. reste Ccunerte cepeieluit d.es [«l-.s «.'pais nuaires.

C. — \ais«e;iu\ lymphnilquo* dos ^(^reuses et df» synoTlales.

l'iîi'e { ''lî,'^ î .- m 'ni;!:..'. - i >-;rih\> lii):»- les séreuFO.- sont e;dle- ^:.:

b'-qu M> - i .■-: le : !•;- l'.ii i'e é.e c -u-lMteT l'.'ii^ine du système hmphali'p:''

[ai lii^- \> -.'..liv. "^li- i i. i- uune ?'.r l.i j.. i;; eî b's muqueuses, le.- radit 'î" ■

e;i c-'!i::' r -'ii-i-m i'.;\ ?'• î.iK :i'. a\eeu:.e jran le ricbesse sur ceita.;.*

p i'i;-. ;.i:. ;'- .,::;■ ^ .r d ;:*r. - el!' ^ s ni- 'ilieiiî «ui petit nombre, on c».rSt n:

lu.'ei. i îu ']' ;. m o' il . \i-'.."\ 1. i :i!!-'î \i>téral e-î leur ^i'-^je de i r'-ii-

\k\ [\ [\ : n i ,'i". ; ' .:\' ■• i ; '> -•.,;•. 1 rv\cis la tunique Nominale sur le i^-

tiv ;;'•'. ' .■.:!! : ■■• - .: ' !/. Iv- 'eii-a.dt' sur le- ^ent^ieules du eieiir, U ' ......

'1 i- ! :- p: < n p.v— ' ■'. . • . '• ' \ir •':■:.! au ù;:;l'..'t [«ai-iétal on reus-ii i'iiii

I .. :v. .. .e'.iu : ! «• - ' .- '] ; •^. '''.i-^nt p:é-. n'ent-ils le plus s. inc '

e. : . ; . . . • ■ •> ■ - ; ; , > -,' -^. -i^.^.^^. pi . p,jc grande aUenlit'H -»

; ' ^..■ . -'.'.'. '.'. .; ' : .-:i. /,. ].:. , le p-'-ritoine qui rovét la par" i

. .1 ". . :■. ■ ■" Ti ... ! .• . "■■; .1 .la: s les p. dut- où elle s unit .i îi

1 . . "v." ■ .... . . - :.> ::..::,; q;;e I:.»;- i" u"s à des ré5ultal> posil ^•

\. ^ ' >.. \ . ' k . : . --:e. .: . ^^ ... • . : : l \; :V :ilb'l pariétal du péricar.i'.

q^';.. - • . - ; 1- ' 1. ' -1.:- •.•: L:an«ii.ni situé à la racine «i^i

\ ■"'■ ■ v\ .1 : - 1 . :! l". ;i 1 -•'• au\ muscles droits de 1 .'lî»-

^1 ■ - . .' ; . . ^ --.e; 1 • :■ ; 1: f.leiform'du f-de el le sill'-'î

' -^ ^ ^ ^ • ■-. : ■ 1: M ..;•;■ qi-e sur le cenire idirriiique

^'- ^^ :..-'..•. . Iv' :.;:;;. a •. ,.: : - .:ii ».. un Irajel. se réunissaient au\

lymphatiques de ce muscle. Mais sur ces divers points les séreuses pariétales adhèrent à des plans fibreux sous-jacents ; or, ce fait soulève un doute : les vaisseaux injectés provenaient-ils du feuillet séreux ou du feuillet fibreux 7 Je pense qu'ils proviennent de la couche fibreuse^ et voici les raisons qui militent en faveur de cette opinion :

!• Après avoir soulevé le feuillet séreux, j'ai pu injecter sur le feuillet sous-jacent un ou deux lymphatiques.

2'> Sur tous les points où les séreuses pariétales tendent à s'isoler des parties sous-jacentes on tente vainement de les injecter. C'est toujours infruc* tueusement que j'ai exploré dans ce but les épiploons et les divers replis du péritoine, la plèvre médiastine, Tarachnoîde viscérale, etc.

De ces faits découle une conclusion importante : Si, sur les pctints où les membranes séreuses sont adossées et en quelque sorte réduites à ellesmêmes, elles ne fournissent aucun vaisseau lymphatique ; si sur leur trt^et pariétal les très-rares absorbants qu'elles semblent posséder partent, en réa« lité, des plans fibreux sous-jacents, n'est-il pas vraisemblable que ceux observés sur leur feuillet viscéral émanent aussi des viscères qu'elles entourent? Une conclusion aussi absolue aura contre elle tous les partisans de lopinion de Mascagni', c'est-à-dire tous les anatomistes qui considèrent les séreuses comme des plexus lymphatiques. Mais j'ose croire qu'elle aura pour elle les observateurs qui consentiront à contrôler les recherches nombreuses et précises sur lesquelles elle repose.

Ces lamelles argentées à mailles microscopiques , qui dans les injections heureuses s'étalent à la superficie du foie, des intestins, du cœur, des poumons, etc., ne naissent donc en réalité ni du péritoine, ni du péricarde, ni de la plèvre. Les capillaires qui les constituent partent de la profondeur des viscùrcs et se dirigent vers leur périphérie, où ils se ramifient, s'anastomosent, s'entremêlent de mille manières. Parmi les vaisseaux qui entrent dans la composition de ce plexus périphérique, les uns, il est vrai, plus volumineux, forment un réseau profond, et les autres, extrêmement fins, un réseau superficiel. Mais cette disposition ne tient nullement à ce que les premiers viennent des viscères et les seconds de l'enveloppe séreuse. Les absorbants qui émanent d'un organe ne naissent pas à une égale distance de sa surface : quelques-uns en sont très-éloignés à leur point de départ ; pour y arriver ils parcourent un trajet plus ou moins long, et dans ce trajet ils s'enrichissent de tous les rameaux qu'ils trouvent sur leur route, comme un fleuve de tous SCS aflluenls ; c'est ainsi qu'ils deviennent plus volumineux. D'autres partent des parties périphériques de l'organe; ceux-ci, toujours plus superficiels, se présentent en quelque sorte sous leur état primitif, c'est-à-dire sous des dimensions capillaires.

t^our acquérir la certitude que les réseaux étalés sous les séreuses viscérales naissent des viscères, il suffit d'isoler par un procédé convenable (voy. la préparation relative aux absorbants du poumon) quelques-uns des lobules qui composent le poumon du cheval, du bœuf ou du fœtus humain, et de piquer superficiellement un point de la périphérie de ces lobules, on observera à leur surface des réseaux tout à fait semblables à ceux qui se montrent sur les séreuses viscérales. Ici on ne peut conserver aucun

doute sur leur origine ; bien évidemment ils naissent des lobules, c t>:à-dire des viscères. — Des considérations qui précèdent, je conclus:

1° Que les membranes séreuses ne donnent naissance à aucun liL«^•; lymphatique ;

2' Que ces vaisseaux qu'elles semblent fournir naissent des orgues zi\ quels elles adhèrent ;

3° Enfin que ces membranes, recouvertes par un épithélium pa\imeole:: sont de nature celluleuse et non vasculaire.

Les membranes syf?ot;ia/e< donnent-elles naissance à des vaisseaux Irm:' tiques 7 Convaincu que ces vaisseaux existaient, Je les ai cherchés stc r « ma surprise a été grande de ne les rencontrer nulle part. Sur les ^*Wles synoviales adhèrent soit aux ligaments, soit aux cartilages ou au\ ti^ • cartilages, comme sur ceux où elles sont complètement libres, il ne mt ;4 été donné d'injecter un seul réseau ni un seul tronc vraiment lym[>.. que. En conséquence, sans vouloir affirmer que des recherches phu!-* • reuses ne démontreront pas à l'avenir la présence de quelques capir* * absorbants dans ces membranes, je dirai que ces vaisseaux, s'ils e\b ' n'ont pas encore été démontrés.

D. — YalMeaax lymphali^act et Papparcll drcatalslrc.

« L'emploi du tube à injection lymphatique, dit Breschet, penD. ; : » reconnaître que la membrane interne de tout le systèoie vascul&ir - » formée de vaisseaux lymphatiques. Pour concevoir, ajoute le mt^me *. • n leur, comment ces vaisseaux produisent la tunique interne de Itpl^' - » circulatoire, qu'on imagine une pelote formée d'un lacis lâche dt • *n seau ; si l'o n vient à enfoncer avec précaution dans ce peloton un < n dur, arrondi, conique, on parviendra à l'y faire pénétrer sans pr . ' » aucune solution de continuité; l'instrument pourra se frayer uqi' r » à travers le peloton en refoulant en quelque sorte les unes contieli . » Ires les mailles qui le constituent ; un canal ainsi formé prés<ro'- » assez bien l'image de la tunique interne des artères, des veines et dt>$ ,- » phatiques. »

La structure exclusivement lymphatique de la membrane interne di pareil vasculaire est une opinion qui a trouvé de nombreux et de ' illustres défenseurs. Emise d'abord par Hunter, puis défendue pars<>Q< Cruik<anck et un peu plus tard par Mascagni, elle a été ensuite adi'p:la plupart des anatomistes. En faisant représenter des vaisseaux l;n:,: qnessurlcs membranes qui révèlent les cavités du cœur, Lautb o: ' confirmer cette opinion et lui donner une nouvelle valeur. Des tom-ir aussi rocommandables m'avaient convaincu, de sorte que lorsque j ensur toutes les parties de l'appareil circulatoire une longue hériede n ches, je me prop(»sais pour but, beaucoup moins de constater l'exisleO' ■ • vaisseaux, que d'en étudier la disposition. (les recherches m'ont ce un résultat négatif : des grosses et de petites artères, des veines df ' calibres, des parois du canal thoracique, je n'ai Jamais \u nailiv -•: vaisseau lymphatique. Sur les séreuses pariétales et sur les synoviale*.'

tient de temps en temps des réseaux d'une nature douteuse ; sur la tunique interne des trois ordres de vaisseaux, il ne ma môme pas été possible d'obtenir une simple apparence de réseau, une ombre de vaisseau. De toutes les purties constituantes de l'appareil circulatoire, la tunique interne du cœur est la seule qui possède des vaisseaux lymphatiques ; celle des artères et des \einos n'en présente aucun vestige.

B. — ValMeanx lympliatltaet du syslême eellalalre.

En 1787, Mascagni émit la pensée que le tissu cellulaire et tous les tissus blancs sont conslituéi par des vaisseaux lymphatiques. Cette opinion ne reposait sur aucun fait précis ; elle était purement spéculative, et cependant, malgré son importance, elle est restée sans contradicteurs^ bien qu'elle ait Miulcvé des doutes dans quelques esprits.

Fohmann, qui croit à l'existence des vaisseaux lymphatiques sur la conjonctive, sur le cordon ombilical, sur l'arachnoïde viscérale, etc., a été ( onduit, en observant la disposition de ces vaisseaux, à partager l'opinion du célèbre anatomisie italien. Mais nous avons déjà vu qu'il n'existe aucun \ais$eau de ce genre sur la conjonctive ; j'en dirai autant du cordon ombilical et de l'arachnoïde sur laquelle je reviendrai dans un instant. Fohmann est ici tombé dans l'erreur pour avoir cru, avec un grand nombre d'auteurs, qu'on pouvait se prononcer sur l'existence ou la non-existence des lymphatiques dans une région d'après la seule inspection des réseaux. Or, les réseaux et les infiltrations celluleuses oiïrcnt parfois une certaine analogie ; c'est ce qu'on observe spécialement sur le cordon ombilical. Pour amrmer la présence de ces vaisseaux sur un point où elle est contestée, il faut donc avoir conduit le mercure jusque dans le ganglion le plus voisin, ou au moins jusque dans un tronc dont les caractères sont bien accusés. Cette prouve irrécusable, je l'ai cherchée sans jamais la rencontrer. Mais le résultat qu'on obtient présente en général si manifestement la disposition d*une iotiltration ou d'un épancbement dans le tissu cellulaire, qu'on ne saurait conserver aucun doute sur sa nature.

Arnold, ayant soumis à l'observation microscopique le tissu cellulaire dos onvSrons du globe oculaire, avance que ce tissu lui parut composé de réseaux lymphatiques superposés ; •son étonnemenl, dit- il, fut (fautant plus

• tjrand quUl ne s'attendait pas à trout>er une pareille disposition^ et que son » fsprit était prévenu contre l'opinion de Mascatjni. » Dans ses planches il représente en cfTet le tissu cellulaire sous-conjonctival sous la forme d'un très beau réseau. Mais cet auteur nous semble avoir réalisé une illusion du microscope en donnant à une infiltration celluleuse les caractères d'un plo\us lymphatique.

Broschet a été plus explicite : « A mes yeux^ dit-il, (e tissu cellulaire est le

• }H)int principal d'où les vaisseaux lymphatiques surgissent ; c'est le sol dans » lequel leurs ractnes s'implantent, et dans la profondeur duquel elles se rami- » /if ut avec des formes particulières y etc.» C'est avec surprise que nous avons \ucet auatomiste se prononcer d'une manière aussi affirmative sur une question de texture qui soulève tant de doute. Sur quels faits reposent ces

nii ANGIOLOGIE.

affirmations? L'auteur n'a pas cru devoir les énumérer; et son tilr:i r semble indiquer qu'il considérait les raisons alléguées par Fohmuin t: Arnold comme suffisamment concluantes.

Appelé par un concours à exposer toute une branche de la science d'C il n'avait jamais Tait une élude pratique, Breschel se trouvait en que Iq sorte condamné à une simple analyse des travaux de ses prédécetsetin : s'effacer ainsi à l'ombre d'une froide énumération, c'était prendre dan* . lutte un rôle bien modeste. Il voulut donc s'élever au r&le de critiq. rôle souvent difficile pour celui qui a vu, presque impossible et toL^ r téméraire pour celui qui n'a rien contrôlé. Cette témérité lui a fait onmettre plusieurs hérésies ; la proposition que nous avons précédemci* : rapportée est de ce nombre. Mascagni pouvait considérer le tiMo cr ' .laire comme la matrice du système lymphatique ; l'origine de ce m:^:i se dérobant à ses investigations, il lui était permis de l'emprunter à 1 i- : . tion. Mais cette origine n'était pas inaccessible à nos sens & 1 époq .- Breschel publia son travail, on savait alors la forcer en quelque sorte . révéler; et s'il eût exploré attentivement les tissus ou les surfaces de r... * celluleuse, il lui eût été facile de constater que sur ces tissns on n î:.. Jamais un seul capillaire lymphatique. Ces capillaires n'ayant jaoui* *. être injectés, la logique permetlait-elle de conclure que Je tissu cell . en est exclusivement composé ? Pourquoi ne pas reconnaître simplenx i * puisque ces vaisseaux se sont dérobés dans tous les temps aux recbeit b;* plus attentives, ils n'existent pas; ou au moins que leur existence teuse 7 Si le tissu cellulaire n'est qu*un lacis de ces vaisseaux, cevoir qu'au-dessous des téguments on trouve toujours un nombre près égal de lymphatiques chez l'homme qui succombe dans \\ la plus complète, et chez celui qui gémit sous le poids de soo bonpoint 7 Comment se fait-il que ce dernier, qui devrait ol&ir non-seulement plus nombreux, mais plus volumineux, offre an o.*^ -. des vaisseaux plus petits 7

Dans l'impossibilité de répondre à ces objections on tranche la di & en disant : les séreuses peuvent être converties en vaisseanx l^mplutj: or, les séreuses ne sont que du tissu cellulaire condenié ; d'joc ce dir tissu est lui-même complètement vasculaire. Les consâdérati^»as qcr avons présentées sur les lymphatiques des séreuses laissent fasen pr . valeur à un semblable argument, puisqu'elles nous ont conduit A cul que ces membranes sont dépourvues de tout vaisseau de ce gear^ (^. « séreuses, qui se composent de tissu cellulaire, ne donnent ritsrswre a a. lymphatique, ne faut-il pas admettre, en retournant l'arguiDeii; q*-" cède, qu'il doit en être de même de ce tissu 7 Et remarques q^e ctfOe .clusion a l'avantage de concilier tous les faits obsenés: \t ta«xce&. ^ étant privé de vaisseaux lymphatiques, les divers ocfattes étml C ratw^ l'élément générateur en seront privés aussi ; c'est p^*jrqiiûÀ i » n eiude : dans les synoviales articulaires et tendineuses, dans les b>les épiploons et les mésentères, sur le feuillet viscéral de I c'est pourquoi ils ne sont ni plus abondants ni plas \SL^Bàae*\ les sujets à constitution adipeuse ; c'est pouiqoot les otfaacs q«i s^t:

moins riches en tissu cellulaire peuvent ôtre les plus riches en vaisseaux lymphatiques, tels, par exemple, que le foie, Tutérus, la glande mammaire, le testicule, etc.; or, si dans les points où le tissu cellulaire abonde on trouve peu ou point de vaisseaux ; si dans ceux où il est rare on en trouve un trèsgrand nombre, ne devient-il pas manifeste que ces deux systèmes ne présentent aucune connexion, aucune identité de nature, et qu'ils jouissent au contraire d'une mutuelle et complète indépendance.

Telles sont les considérations critiques que J'avais cru devoir présenter en 1853 sur les lymphatiques du tissu conjonctif. Elles étaient basées sur une rigoureuse interprétation des faits observés. Il me sera peut*ètre permis de dire qu'elles parurent à cette époque assez bien établies pour rallier la plupart des anatomistes à mon opinion.

Mais depuis une dizaine d'années l'opinion de Mascagni a repris faveur. Les brillantes broderies dont Breschet avait pris soin de l'orneront trouvé en Allemagne de nombreux admirateurs dans la foule desquels viennent se ranger Teichmann, Ludvvig, Tomsa, His et Frey, Vircbow, Rccklinghausen, etc. Tous s'accordent pour considérer le tissu conjonctif comme le principal point de départ des vaisseaux lymphatiques ; seulement leur accord cesse lorsqu'il s'agit de déterminer leur mode d'origine. Les uns, comme Vircbow et Leydig, croient qu'ils naissent des corpuscules de ce tissu ; d'autres, comme Tomsa, Ludvig,Rccklingausen, leur assignent, pour premières radicules, les canaux par lesquels ces corpuscules communiquent entre eux ; d'autres, sans s'expliquer bien clairement, avancent qu'ils ont pour origine les lacunes ou cavités du tissu cellulaire. De toutes ces recherches quels faits positifs se dégagent ? quel progrès a été réalisé ? Des faits positifs ! je n'en vois aucun. Le progrès ! je ne le trouve nulle part. Et cependant M. Raunis de s'écrier : toute la gloire d'avoir élucidé la structure du système lymphatique revient à l'Allemagne (1). Or, je cherche ces points élucidés et je ne renrontre que des hypothèses, des illusions, des erreurs I Nous demandons une démonstration, un argument quelconque emprunté à l'induction ou à l'observation, et on nous répond par des assertions.

Les vaisseaux lymphatiques, nous dit l'école allemande, naissent du tissu conjonctif; fort bien. Mais alors sortez de vos nuages ; commencez par établir ce fait ; montrez-nous ces vaisseaux; montrez-en au moins quelques-uns; montrez-en seulement un \ un seul !! naissant bien réellement de ce tissu. Ce fait démontré, nous nous empresserons de rechercher avec vous si les conduits de la lymphe partent des cellules, ou des canaux plasmatiques, ou bien des aréoles du tissu cellulaire. Mais, tant que ce fait ne sera pas établi, et j'affirme hautement qu'il ne l'est pas, l'école allemande s'agitera et discu* tera dans le vide.

F. — ValMcaax lympliatltac* tfs ■yalèiiie Bervcai.

En 1697, Frédéric Ruysch, dans une lettre écrite à André Jœlick, lui annonce qu'il vient de découvrir & la surface du cerveau, entre l'arachnoïde et la pie-mère, une sorte de membrane composée d'un nombre infini

(1) Baunis, AnaL gén du syst. iy/nph, Strasbourg^ thèse^ 18G3^ Préface.

de très-petites vésicules, lesquelles renferment une humeur aqueu^^dùr viennent extrêmement manifestes par rin8ufQatiou(i).LIne pltacheduiut: auteur représente ces vésicules sous des dimensions beaucoup plu^i» -. dérables ; mais elles sont moins nombreuses que les précédentei et Je f-*. allongée ou cylindrique. Dans le texte explicatif annexé à cette plj i . Ruysch, pour exprimer leur disposition tubuliforme, les désigne b«i:.> nom de ixisa pseudo-lymphatica^ et ajoute : «Ces pseu do- vaisseaux ne - » autre chose que des cavités cclluleuses, artificiellement produiit* » rinsuTdatiou ; car Je n'ai jamais vu de véritables lymphatiques sur \t • » veau, et je serais bien reconnaissant envers celui qui me montreraii u- » Cvîs absorbants, si minimes qu'il soit (2). »

Les faits signalés par Ruysch fixèrent, en 1833, l'attention de Folim qui fut conduit par ses nouvelles recherches à la conclusion »uiv. « Lorsqu'on enfonce une lancette entre la pic-mère et rarachooide ei . » insuffle le canal que l'on vient de pratiquer, on voit paraître un r-- » lymphatique interposé entre ces deux tuniques, réseau forcor i' i> meaux d'un calibre plus considérable que dans les autres ti?su> du<< • Cependant leurs parois sont si faibles, qu'ils se déchirent dé« ç » introduit le mercure. Ce réseau lymphatique appartient à rar4i-!r » et à la pie-mère, principalement à cette dernière membrane. 11 : n naissance à des vaisseaux qui accompagnent les prolongements de 1 » mèrc,el pénètrent dans la masse cérébrale, ou en d'autres teriC'^ » nombreux vaisseaux absorbants provenant de cette masse «ont n » dans ce réseau. Enfin, les petits troncs provenant de ce mt^me r^>ri » compagnent les troncules artériels et veineux, et se dirigent aiu»i v - » trous osseux qui livrent passage à ces vaisseaux. »

A la môme époque, Arnold a fait représenter, dans ses planche» «ur tème nerveux, des réseaux et des troncs lymphatiques appartenanl supérieure ou convexe du cerveau. Ainsi que Fohmann, il n'a pu < ces troncs jusqu'aux ganglions; comme cet auatomisle, \\ aMHu- . n'avoir pu les suivre jusqu'aux trous de la base du crâne, eu sorie qi.l'un et l'autre un voile épais s'étend à la fuis et sur l'origine etsur '. minaison des vaisseaux lymphatiques de l'encéphale.

Lorsqu'on rapproche les recherches de Huysch, de Fohmanu et d ^ on reconnaît facilement en les comparant que ces trois obscnalcbr*rivés à un rorultat identique. Us ont vu le môme phénomène : ou:* l'ont pas interprété de la môme manière. — Huysch, anat(»aii»ir i • lement positif, expose simplement et nettement ce qu'il a ob^^n»*. - ' mann, fortement préoccupé, par la nature spéciale de sa^ trauL plexus lymphatiques qu'il avait rencontrés sur la plupart des suria rinjecte au mercure les cellules que Huysch n'avait fait qu'in>un]<T. sidère ces vr*sicules communiquant librement entre elles comrof un de vaisseaux absorbants ; après avoir constaté les mômes faits qu< an«itomistc hollandais, il les expose en les théorisant. — AnaÀ^ -

(1) Epî.s't, nonfif p. Set 12; tab, 10. (2\ Thés, mmt., VII, tah. 11, fig. 2.

(raduire beaucoup moins se^ propres observations que celles de Fohmann dont il aacceplé loutes les erreurs.

I.e fait signalé par Ruysch est parfaitement vrai ; mais l'interprétation que lui ont donnée ses continuateurs est erronée. Lorsqu'on porte un tube <o(]s l'arachaoïdc, et qu'on pratique une légère insufflation^ on distend les mailles du tissu cellulaire sous*arachnoïdien : distendues modérément, ( clics-ci prennent l'aspect de cellules ou de vésicules communiquant entre elles : plus distendues, elles se décbirent sur certains points cl représentent alors des cavités allongées, à parois irréguli<>res et noueuses^ ollYant parfois limage d'un tronc lymphatique; de Id l'erreur. Qu'importe en effet la (orme de ces vésicules ? Qu'elles soient petites et arrondies sur le sommet dt':^ circonvolutions, ou plus considérables et allongées au niveau des an- Iracliiosités, leur nature demeure la même ; ce sont toujours des espaces purement cellulaires. Aussi Fohmann et Arnold s'étonnent-ils avec raison de i'extrOme fragilité de ces cavités, lorsqu'on les insuffle et surtout lorsqu'on les injecte, fragilité qui nous explique : soit l'impossibilité absolue où iNse sont trouvés de remonter à l'origine et de suivre jusqu'à leur terminaison les vaisseaux qu'ils signalent; soit la différence qu'ils ont constatée entre ces vaisseaux et ceux de toutes les autres parties du corps. — Comme (es anatomisles, j'ai insufflé et injecté au mercure des vésicules intermédiaires à l'arachnoïde et à la pie-mère, et J'affirme, après avoir réitéré et \arié mes recherches, qu'ils ont pris pour des vaisseaux lymphatiques le ù^su cellulaire sous-arachnoïdien.

Mascagni mentionne aussi les vaisseaux d'apparence lymphatique si- '.liuleft par Ruysch. 11 constate également Icxtréme ténuité de leurs parois 'jiii ne lui a jamais permis de les suivre jusqu'aux ganglions, ainsi que leur <)iamètre assez considérable, et ajoute qu'il doute encore de leur nature : M (Mibiusadhuc hatreo de ipsorum indole ; » il est digne de remarque que ec*^ deux grands observateurs, qui avaient élevé, l'un un monument impéris<«able A l'histoire des vaisseaux sanguins, et l'autre un monument semttl.thle i\ celle des vaisseaux lymphatiques, ont apporté dans la cootemplafioii du même phénomène la môme sagacité et la même réserve.

Indépendamment de ces conduits qu'il appelle vasa œmulantia lympha- Utti^ et qu'il hésite ik ranger parmi les véritables absorbants, Mascagni en <i.:iiale d'autres qu'il a observés :

1*> Sur la face externe de la dure-mère où ils suivent l'artère et les veines ni^'iiingées moyennes pour sortir avec elle par le trou sphéno-épineux et se rondredans les ganglions accolés i^ la veine jugulaire interne, après s'être réunis aux absorbants des muscles ptérygoïdiens ;

2"* A la surface de l'encéphale où ils se distinguent: en supérieurs qui se iliri^ent vers le sinus longitudinal correspondant, au voisinage duquel on U's pord de vue ; et en inférieurs qui sortent du crAne, par le trou occijiital avec les artères vertébrales, par les canaux carotidiens avec les rari»tides internes, et par les trous déchirés postéiieurs avec les veines j.'iiriilaires.

Il ne m'a pas été donné de constater l'existence de ces vaisseaux, bien que i'aio fuit souvent des tentatives dans ce but. Je rappellerai que MascagDi n'a

pu les suivre dans toute l'étendue de leur trajet, c'est-à-dire depuir.'tr origine Jusqu'à leur terminaison ; il en fait lui-môme la remarque, en ev;.r • mant le regret que lui cause cette description incomplète : «quv qw!-:--: félicitas mihi ad hue est in votis. »

En résumé, Fohmann et Arnold ont injecté le tissu cellulaire sous^r. chnoïdien. Mascagni a représenté des vaisseaux qui offrent dans ses plan^'. tous les caractères propres aux conduits de la lymphe ; mais il D'indiq*»leur origine, ni teur terminaison, et comme aucun autre anatomisie & a ; les retrouver après lui, leur existence demeure très-problématique.

En 1859, M. Ch. Robin a signalé sous le nom de ga(nê If^phati^, enveloppe propre aux capillaires de l'encéphale. Cette enveloppe. dsn« i quelle flottent les capillaires, est mince et transparente ; elle cootient .* liquide incolore et des noyaux libres qui rappellent les globulint if i lymphe. His tout récemment a observé la même gaine quil a décrite ^ le nom de canaux périvasculaires,

Page 1