‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 345 sur 390 · ValMeanx l7iiipliall«oci du sritAflie ■■acalairc · texte numérisé non relu

ValMeanx l7iiipliall«oci du sritAflie ■■acalairc

Le système musculaire donne naissance à un grand nombre de Ijm: tiques. Ces vaisseaux doivent être étudiés:

1° Sur le diaphragme qui se distingue de tous les autres muscles df 1 * • nomie par sa situation entre deux membranes séreuses;

2° Sur les muscles viscéraux dont la plupart correspondent par leur - *• face externe à une enveloppe de la môme nature ;

3^ Sur les muscles extérieurs ou volontaires qui en sont pourvus tur.

Les iyiiirii«<i4«cii ûu diapiiracine naissent par des capillaires facile « Jecter sur sa portion centrale ou apotiévrotique, et se dirigent de cf •*' * vers les divers points de sa circonférence. Les principaux se pon<' haut, en avant, puis en dedans, pour gagner un ganglion asses \oIuin situé au devant de la base du péricarde, dans l'épaisseur dumédiastir. ; rieur. Ils se réunissent ensuite aux troncs lymphatiques qui acrompa^ r vaisseaux mammaires internes. — D'autres vaisseaux se dirigent rnb»« " la face postérieure des piliers du muscle et se rendent dans les gan. qui correspondent à la dernière vertèbre dorsale ou à la premierr i zbaire.^ Les lymphatiques du diaphragme, extrêmement grêles ao ni' •• du centre phrénique, acquièrent un volume remarquable dès qaib auvent au niveau des flbres musculaires dont ils ne suivent DuUemtr. interstices.

Fohmann, qui s'est livré à des recherches spéciales sur les lympluLq du tissu musculaire, nous apprend qu'il ne les a observés clairemcn; : sur le diaphagme. En jetant un coup d'œil sur la planche que cet a:. consacre à la reproduction de ces vaisseaux, on doute qu'il les ait apr aussi clairement qu'il l'avance ; car l'observation démontre au conin qu'il les a complètement méconnus. Non-seulement il n'a pu les sui^r qu'aux ganglions, mais il n'a pu obtenir un seul tronc, une seule bn un seul rameau. Le réseau qu'il représente est une large infillnû'- -

mercure dans le tissu cellulaire intermusculaire : aussi fait-il remarquer avec beaucoup de raison que les lymphatiques qu'il a observés sur le diaphragme présentent des parois si faibles, qu'ils ne peuvent supporter le métal introduit dans leur cavité; et il explique, par cette exlrôme fragilité, l'impossibilité où il s'est trouvé de faire parvenir le liquide injecté jusqu'aux troncs et aux ganglions lymphatiques.

Lesvaisseoux que j'ai injectés sur la convexité du diaphragme, étant bien incontestablement des lymphatiques, et ceux que Fohmann a fait représenter étant au contraire le résultat d'une illusion non moins certaine, j'avais cru d'abord être l'auteur de cette petite découverte. Mais je me trompais : elle avait été faite depuis longtemps par Olaûs Rudbeck, dont la description fut ensuite confirmée et complétée par A. Nuck et plus tard par Mascagni.

Rudbeck a fait représenter cinq troncs qui se portent de la partie antérieure de la convexité du diaphragme vers la postérieure et qui se réunissent en un tronc unique au voisinage de la veine cave inférieure.

La description de Nuck est plus satisfaisante : « De la partie convexe du » diaphragme, dit-il, partent plusieurs vaisseaux lymphatiques qui en se » réunissant forment un tronc tantôt unique, tantôt double, lequel monte

• sous le muscle triangulaire du sternum, pour venir se jeter dans les

• glandes situées à la partie supérieure de cet os, et se rendre de là dans la

• veine jugulaire. » Ces vaisseaux sont ceux qui naissent de la partie antérieure du muscle. Nuck oublie seulement de mentionner les glandes susdiaphragmatiques.

Eschembak, Werner et Feller les décrivent à peu près dans les mêmes termes, ainsi que Cruiksanck.

Mascagni représente très-bien dans son grand ouvrage ceux qui parlent de la région antérieure du muscle, ainsi que la glande sus-diaphragmatique qu'ils traversent avant de se réunir aux lymphatiques des vaisseaux mam • maires internes.

En présence des assertions du Rudbeck, de la description si précise de Nuck, de la planche si exacte de Mascagni, on comprend difficilement corn* ment un anatomistc aussi distingué que Fohmann a pu faire table rasé de tout ce qui avait été observé avant lui, et méconnaître les recherches positives de ses prédécesseurs, pour leur substituer les siennes dont la valeur, il faut le reconnaître, est complètement nulle.

Il existe donc sur les deux faces du diaphragme des vaisseaux lymphatiques dont les uns se portent vers la paroi antérieure du thorax pour aller se jeter dans le canal thoracique près de son embouchure, et les autres vers la paroi postérieure de cette cavité pour se jeter dans le même canal près de son origine.

.Mais ces vaisseaux naissent-ils des séreuses que recouvre le diaphragme, ou du diaphragme lui-même 7 Mascagni, qui regardait les séreuses comme des agglomérations de lymphatiques, avance qu'ils proviennent des séreuses. Je pense au contraire qu'ils tirent leur origiue uniquement du muscle; cl voici mes arguments :

i* Ces vaisseaux sont extrêmement grêles sur le centre phrénique et sur

toute la circonférence de ce centre, bien que la pK^vre offre au nufau «i» la région aponévroliquc du diaphragme la m<^me épaibseur qu'au niu u des fibres musculaires.

2^ Dès qu'ils abandonnent le centre phrénique pour s avancer sur 1 tissu musculaire ils augmentent brusquement et très-notablement c volume.

3<» Au voisinage de la glande sus-diaphragmadque à laquelle iU te re:dcnt, on peut enlever la plèvre dans une certaine étendue, sans ouvrir 1' cavité dont le diamètre continue à croître cependant par rafflueocr •: nouveaux rameaux.

ii^ On ne réussit ù injecter les lymphatiques du diaphragme en piqi/< la plèvre que lorsqu'on choisit une région où cette membrane adhonr i • moment au muscle; sur toute autre région, c'est-à-dire sur la plus gri .partie du plan musculaire proprement dit, on ne réussit jamais. Duii« ' cette différence? Do ce que la séreuse s'identifie dans le premier ca< r. les capillaires lymphatiques du plan sous-Jacent, tandis que dans le f<*/ elle en demeure indépendante. Sous ce point de vue on observe eotn* partie centrale et la partie périphérique des séreuses diapbragmatiq.)"^ même différence que nous avons déjà signalée entre le feuillet viscéral *■• feuillet pariétal de toutes les membranes du même ordre.

Les vaiiiseaax lympluiUqaes de» m««elc» viseéraax naissent, cvmtDt if

du diaphragme, de l'épaisseur même du tissu musculaire par des nà\t qui viennent s'anastomoser à leur surface externe en formant des rèse^'ii ^ la surface du muscle est entourée d'une enveloppe séreuse qui Ini adht: celle-ci se confond avec les capillaires lymphatiques et seaible leur d<»' * naissance; si cette surface est libre, les capillaires présentent la m--. disposition, et on les voit alors partir manifestement de la couche niu^ laire sous-jacente.

Parmi les muscles viscéraux qui sont entourés d'une séreuse et qui ; • sentent des vaisseaux lymphatiques, il faut citer le cœur, Tutéras, 1 <-»' * mac, les intestins, etc.

Le rapport constant qu'on observe entre le calibre de ces vaisseaai <: ' volume des muscles viscéraux nous montre bien qu'ils partent do * musculaire et non du feuillet viscéral des séreuses. Si ces vaissMu\ * plus développés sur les cœurs affectés d'hypertrophie, n'est-ce p^ î-' qu'ils participent au développement du tissu musculaire? S'ils arquurrun volume six, huit ou dix fois plus considérable sur la matrirr d > femme arrivée au dernier mois de sa grossesse, n'est-ce [las pane q> partent d'une couche musculeusc devenue dix fois plus couMdérd»!' " pourrait dire, il est vrai, que dans ce dernier cas Tenveloppe péiito'- . de l'utérus acquiert un accroissement proportionnel; mais je ferai rro* quer: i^que cet accroissement de l'enveloppe séreuse est dû ao déil*-. ment dos ligaments larges, lesquels dans leur état d'adossement ncàan: aucun lymphatique ; 2^ que cet accroissement dans la superficie <!« ' séreuse utérine pourrait peut-être expliquer une augmentation de D«MIl^^' et ne saurait rendre compte d'une augmentation de calibre ; 3* que l-

riôrc-cavité des épiploons conslilue une surface séreuse bien autrement étendue que celle qui correspond à l'organe gestateur, et que cette surface ne se distingue ni par le nombre, ni par le calibre de ses vaisseaux lymphatiques, puisque ceux-ci se sont dérobés jusqu'à ce jour à Tœil le plus pénétrant.

Les muscles viscéraux qui ne sont pas entourés par deux membranes séreuses se comportent comme les précédents. La partie inférieure du rectum est entourée d'un réseau lymphatique dont les rameaux viennent les uns de la muqueuse et les autres de la tunique musculeuse de l'organe ; il en est de même des lymphatiques de l'œsophage, de ceux du pharynx, de ccu\ du voile du palais, etc. Tous ces organes étant tapissés d'une membrane muqueuse qui émet des vaisseaux de même nature, on pourrait objecter que les radicules observées naissent exclusivement de cette membrane. Mais Tanatoraie comparée lùve cette difficulté : l'estomac des oiseaux est entouré d'une couche séreuse qui lui est à peine adhérente; si après l'a- \oir enlevée, on pique la surface du gésier au niveau de sa portion fibreuse, ou obtiendra un plexus de vaisseaux lymphatiques : j'ai observé ces vaisseaux sur le puissant estomac de l'autruche ; je les ai vus un grand nombre de fois sur celui du coq, du dinde, de l'oie, etc. En jetant un nouveau coup d œil sur les admirables planches de Pannizza je viens de m'apercevoir que cet auteur les a observés avant moi, et qu'il en donne un dessin fort exacL

Concluons donc que les lymphatiques observés à la surface des muscles >iscéraux émanent de l'épaisseur de ces muscles.

Los lyinpliatliiiieii ûem modelés exiérieani sont les plus difficiles d observer. (Cependant je suis parvenu à injecter ceux qui naissent de la face profonde du grand pectoral, ceux qui viennent du grand adducteur, ceux des muscles grand et moyen fessiers. Ces vaisseaux sont en général assez volumineux; ils suivent le trajet des artères et des veines, mais sans s'accoler à leurs parois dans tout leur trajet. Souvent ils s'en écartent pour les rejoindre sur un point plus éloigné ; ou bien ib les croisent pour passer d un côté à l'autre. Leurs valvules sont si nombreuses et ferment si complètement leur cavité, que le mercure ne peut dans aucun cas refluer de leurs troncs vers leurs radicules ; il faut les piquer directement pour les injecter.

Les premiers vaisseaux lymphatiques des muscles volontaires ont été signalés i\ l'attention des observateurs en 1652. 11 y a donc près de deux cents ans qu'ils ont été vus, décrits et repréï^entés. Cette proposition causera sans doute quelque surprise aux anatomistes de notre époque qui, sur la foi des travaux de Fohmann, doutent encore de leur existence.

Olaùs Hudberk s'exprime ainsi: « Le 29 octobre de l'an 1652, tandis que » je préparais les artères et les veines de l'abdomen d'un chat, je remar- » quai des vaisseaux séreux qui suivaient le trajet des veines lombaires, et » dont les rameaux étaient dispersés çà et U entre les muscles transverses *» et obliques de l'abdomen.» Pour injecter ces vaisseaux Rudberk les embrassait dans une ligature appliquée sur les troncs artériels et veineux ; ain^i liés, ils se dilataient par stase de la lymphe, et devenaient manifestes. t'/eslù l'aide de ce procédé qu'il prépara les vaisseaux lymphatiques du

""iO ANriIOLOr.IK.

t.tiilr 1.1 rirconlV'iNMK'o (]o ro conlrc, bien que la pït'* ' l.'i rt'UN'oii .•ipoiH'M'ctliqiH' (lu (liii[»Iirai^Mn(» la nirip (Il s lil)r(s inii>riil.iir('s.

'J ' Mrs qii ils abaiidoiiiîLMit le cciitro phrcn' l'[^-u inii^culaiic ils angiueîilonl brusque-

'>' Au Nnjr-iudi.'e de la glaude sus-diap) deul, on peu! enlever la plt'vro dans uv e;i\il»'« diuit b; diainèlre eontiniie à noiiNeaux rameaux.

V' On ne réussit ù iujeclor les J .^:,^^^^

la i»lèM'.' que lorsqu'on choisit u' ^^ ^^^^^ ^^^;^^^ .,^

Mi.'.n.-n( au muselé; sur b3ule r .ymphaliques ^aVl-

p.n (u.. du plan museulaire prr . .aisseaux obUiratour.

;■'•''' '^''^;'':^'''^;'- ^^^/^^q^^ ' ,elc., etc. pour procéder a>.;

!•> •;iin. aires vmnliaticrur 4 - • t -i ^

,, , ' . , ^jiorateur injectait les arlèrrs et!.'

«'I!"' en demeure mdeper . •# 1 j «• , .

. , ,, ^ qui passait par transsudation daiii It-

.•aide centrale et la p' ;, , . , |,„.j ,,

,,.,,., ^ .i cellulaire ; A 1 aide d un courant d er.

nicine di b'renee ouc ' .• -j • /, -i • n» ' j

,, .,, . ■..,,, liquide qui s était infiltre dans ce dorii^'r

lenillel pariétal de le , ... - t «i j- *• . ,

^ .elqueiois arme d une loupe, distinguait les >ai.-

urface des muscles.

Les «iiiNMoiiux I'

tlu diaphragme, ^ . . ^ . ^ -^ -.^

, ■ Vais$ean\ lynipliatiiioeg da système flbrcnx.

qui Mennent s

la surface du ,,^ ^^j ç;yslùmo fibreux ont été peu étudiés. Th. fkîrlholia

eeneci se c ^.^j^^r trois troncs lymphatiques dont il place le point de dépari

naissance- .^,jj^ antérieur. Ne pouvant remonter à leur origine, puisqu'il

di^positir ^ ^ais^iMux en les ou\rant directement, et non en plongeant au

laire se .. inie du tube dans les réseaux capillaire?, il n'a pu émollri-

^^^ "r' : eri;-ine qu'une simple (q)inion. Kn piquant successivement h

^^'^' .. ■ ...•diasiine et le feuillet tibreux du péricarde je n'ai jamais obteiiu

"^•^ :- \. l;aliques sur la première et j'en ai plusieurs fois injecté sur le s(^

^ ,'M conM'quence, je crois pouvoir avancer que les vaisseaux obsorM?

•'.a.llK'Hn n lissaient réellement de la partie fibreuse de rcn>eîonne

;■■ stur.

',. Jbeek, Nuek, Kscbembak, MasiM^rni. ont décrit ceux qui partent de h .^.'.iv' apoiiL-M- 'tiq'.e du diaphragme : ces derniers sont ceux sans ccntrcdil : .-,; rinjeilion iirv-t-nle le m(»ins de difficulté.

Masta-:ni nou^ in..n!re dans ses [danches deux troncs lymphatiques qui ^.«\ent larlrre niliriilaire inférieure evlt^rne du genou.

|\niin Ifs Ir-eus lynvdiatiqies qui aecoin[)agnent les vaisseaux proroiid? j.^s membres, il en ist s.ins d.uite quelques-uns dont les ramifications éniaîîCMls.'it des lendon<,snl dt»s aponévroses, soit des ligaments. Mais la plup.irt de ces tr.«:i<s, auit>Mr»î iiui ben observés dans leur trajet et leur tcrmin iison. n 'Us seit c.'inp%t.»menl inconnus dans leur point de départ.

I a pr-S(Muo bien e-'U^tabe de ( es vaisseaux sur le péricarde et le confrc pbveniqe.e. suî.il pjur a\a!uer : d Une part, que le tissu fibreux dounc nais-

*'yy ^sWmphaliques, maïs toujours très-peu nombreux ;

^*<^ * '*<> ^^ x^^'sX pas constitué comme on l'avait pensé

'V^.'^^^ '^^^ ^ucoup d'anatomistcs le pensent encore,

)j, ^^ ^'%5^ "^^^^ ^ absorbants. Loin de former essentiel-

> '^V^ ^ç^^«r '^ '^^ ligaments, etc., ces capillaires ne

^v *^ ^^u^'^i. '^♦' ^Q de leurs éléments les plus se-

C^ *'«^ *^'^'<^' ^aveur avec laquelle cette opi-

"^^ <-«>,. ^. "''^ . ropriétés si différentes des

:-^^. -^^NXx -v

<:^: , '^/^ ''^ ^^ ^ ^^ *factent, ils sont émincm<

f.,^%/^<?{^ '*^/-;.'^^^. '^' -» extensibles ni rétractiles, ils

'^''^ ^ '^^^ '^'^^^iv ^^ iiarfaite inextensibilité.

^V; '^^^^ ^-^' *^'* " ^0"* ^^ 9"^ '^st creux et vasculaire,

''A '^'>>j, '^<, ' . , * .ic ; les tissus fibreux sont invariables dans

''''/.^ '^' -fie grande irritabilité et s'enflamment facilement;

^itables, s'enflamment très-rarement, etc.

ce parallèle on arrive à se convaincre qu'il n'existe en

analogie de propriété entre ces deux systèmes : or, des pro-

^«écs ne peuvent dériver que d'une structure différente. Cessons

voir dans les aponévroses, les ligaments, les tendons, le tissu cellu-

f tes séreuses, etc., un seul et même élément, l'élément lymphatique,

^di -ne différerait de lui-même que par les divers degrés de condensation

s')u s lesquels il peut se montrer; Tanatomie, la physiologie, la pathologie

bMinisscnt pour repousser une semblable hypothèse, acceptable peut-être au

temps de Mascagni, mais qui a contre elle aujourd'hui tant de faits précis et

irrécusables.

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