II. — 6t
786 ANGlOLOQiE.
6. Direction. — Les vaisseaux lymphatiques sont en général rectiltgn^. Sous ce point de vue encore ils se rapprochent des veines qui se porte; ' en général de leur origine vers leur terminaison parle trajet le f-..« court. Cependant quelques vaisseaux lymphatiques décrivent des sinuosité^: ceux qui rampent sur la partie antérieure et externe de la jambe de^i*;.nent très-ûcxueux au-dessous et au devant de l'articnlatioa du genou ; %t^ le sommet de la malléole interne on rencontre asses souvent un lympb;tique volumineux dont les flexuosités sont si prononcées, qu'il temblt <-pelotonner sur lui*môme; ceux qui partent de la face supérieure du k^ qui traversent le diaphragme, ou qui s'appliquent à sa face inférieiuv (« r aller se jeter dans les ganglions méscntériques sont aussi très<ootour>:. Mais la plupart marchent en ligne droite, de telle sorte qu'ils demearf * parallèles dans la plus grande partie de leur étendue.
Dans leur trajet ces vaisseaux conservent un calibre à peu prés anifomles lymphatiques qui naissent sur les parties latérales de la phalange unguéale des doigts ou des orteils, présentent à leur point de départ des c mensions peu différentes de celles qu'ils offrent à leur termiDaisoo dan» ' ganglions de Taine ou de l'aisselle.
c. Anastomoses. — On n'observe dans le système lymphatique ni ces ):..stomoses on arcade si fréquentes dans le système artériel, ni ces anasiom - > par communication transversale, plus communes dans le système Teint . ni les anastomoses mixtes ou composées. Mais il présente de nomb*' . exemples d'anastomose par convergence, et d'anastomose par commur.. . lion longitudinale. Après avoir parcouru un certain trajet, un vaîssean , « que -là parallèle aux vaisseaux voisins, se divise en deux branches qji jettent Tune et l'autre dans les lymphatiques les plus rapprochés; ou b l'une continue son trajet primitif, soit pour se rendre à un ganglion, ^ pour se bifurquer à son tour un peu plus loin, tandis que l'autre se rt '. au premier tronc qu'elle rencontre. En se divisant et se réunissant a par celles de leurs branches qui se correspondent, les vaisseaux lympbi qucs des membres forment un plsxus à grandes mailles elliptiques, tr*allongées. Cette disposition plexueuse permet de les remplir presque *. * en injectant seulement trois ou quatre troncs pris sur le pied ou la maie.
On voit assez fréquemment les deux branches de bifurcation d'an trc lymphatique se rapprocher après un certain trajet et se confondre de l >eau. Ce dédoublement des vaisseaux, bientôt suivi de leur recioQstitYit> en un conduit unique, est une véritable anastomose par communies' longitudinale ; les exemples n'en sont pas rares.
g /i. — Connexions des vaisseaux lymphatiques avec us oa^^O'^*
Après s'être divisés et anastomosés plusieurs fois, les vaisseaux lyv^hi ques arrivent aux ganglions dans lesquels ils plongent en se ramiiast *" ces mêmes ganglions partent d'autres vaisseaux» ordinairement raotm » s breux et plus volumineux, situés sur le prolongement desptécMeols I-* vaisseaux qui convergent vers un ganglion pour se ramifler dans leur
scur, ont reçu le nom de vaisseaux afférents, et ceux qui en parient celui de vaisseaux efférents. Les premiers sont ordinairement multiples ; les seconds sont assez souvent solitaires. Tel ganglion qui reçoit quatre ou six vaisseaux afférents émet seulement deux ou trois vaisseaux efférents et quelquefois un seul.
Si les lymphatiques communiquent rarement dans leur trajet, par compensation ils communiquent largement dans la substance de chaque glande lymphatique : et c'est là encore une nouvelle variété d'anastomoses, variété importante et exclusivement propre à ces vaisseaux.
Parmi les conduits affectés au cours du chyle et de la lymphe en existet-il quelques-uns qui se rendent dans le canal thoracique ou dans la grande veine lymphatique directement, c'est-À-dire sans avoir préalablement traversé un ganglion? Hewson le pensait et invoquait à l'appui de son opinion quelques vaisseaux qu'il aurait vus se porter directement du pli de l'aine au canal thoracique, vaisseaux que Tobservalion ne démontre pas. Mascagni a soutenu avec raison que tout lymphatique traverte au moine un ganglion avant de s ouvrir dans l'un des deux troncs qui terminent le système absorbant. J'ai injecté et suivi attentivement les vaisseaux qui viennent s'ouvrir sur le trajet ou à la terminaison du canal thoracique, et je les ai toujours vus traverser une> deux ou trois glandes avant d'atteindre ses parois. Il est même digne de remarque que ceux qui s'abouchent dans le système lymphatique près de sa terminaison, sont assez souvent ceux qui traversent le plus grand nombre de ganglioDs, ces renflements étant d'autant plus nombreux qu'on se rapproche davantage de Tembouchure du canal thoracique.
§ 5. — Valvules des vaisseaux lymphatiques.
La surface interne des vaisseaux lymphatiques olTre de distance en distance des replis semi-lunaires qui cloisonnent leur cavité en s'abaissant à la manière de soupape?.
Ces replis valvulaires ont été signalés et représentés en 1653 par Rudbeck. Dans le courant de la même année, Th. Bartholin, et un peu plus tard Swammerdam et Gérard Blasius constatèrent aussi leur existence. Néanmoins les \alvules du système lymphatique étaient encore problématiques pour un grand nombre d'auteurs, lorsque h\ Ruysch, en 1665, compléta leur démonstration dans une description succincte à laquelle est annexé un dessin fort exact.
Les valvules des vaisseaux absorbants sont remarquables par la régularité de leur disposition et leur multiplicité.
Elles sont opposées et disposées par paires sur toute la longueur de leur trajet. Ce mode d'association parait constant ; cependant Mascagni dit avoir vu quelquefois une seule valvule à l'embouchure de ces vaisseaux dans leurs principaux troncs.
Leur situation relative n'est pas alterne comme celle des veines. Elles occupent les deux parois diamétralement opposées du vaisseau, de manière à former deux longues séries, l'une droite et l'autre gauche, ou l'une antérieure et l'autre postérieure.
ANGIOLOGIE.
Leur fonne est celle d'un croissant, « lunœ crescentiê tiutor •, dit F.Ronch. Leur bord libre, extrêmement mince, décrit une courbe parabolique, tourorf vers le cœur. Leur bord adhérent ou convexe, plus épais et dirigé da «fit» de l'origine des lymphatiques, correspond à Vétranglemeut que ces fatSBeaoi présentent de distance en distance. Leur face interne, tournée vers l'axe c . vaisseau, s'applique en partie à la face interne de la valvule opposée. I«c: face externe répond aux renflements ou nodosités que présentent les pan* du lymphatique ; elle forme avec la dépression que lui opposent ces paroi* une petite cavité valvulaire.
Leur nombre est extrêmement considérable : j'en ai compté de 60 ^ *t sur les lymphatiques des membres thoraciques depuis leur origine à l r\trémité des doigts Jusqu'aux ganglions de l'aisselle, et de 80 à iOO sur aut des membres abdominaux. Elles sont un peu moins multipliées sur les y&.^ seaux qui rampent dans les espaces intermusculaires. Selon M. Bonam}. f ' '.-• le seraient moins aussi sur ceux qui suivent un tn^et descendant, c'esl-t-d *dans les absorbants de la tête et du cou : ces derniers, d'après le même as-
Fig. âl5.
Fig. 416.
Valvules des vtmseaiix Un ganglion avec *es mfkrr^t»
lymphatiques, et ses efftrenis.
Fig. 415. ~ On pr ul voir sur celle figure : 1» que les taWiiles sont Htnét% n renflements ou no<iosités des vaisseaux, immëdiatement au-dessus de Irara ^traacWc 2« qu'elles sonl dispOM-cs par paires ; 3<» qu'elles ne sont pas alternes rooime c<ïie» Or» ' mais se trouvent toutes comprises dans le même plan.
Fig. 416.— 1,1,1- Vaisseaux afférents. — 2,2. Vaisseaux cff<!rents, motB* t*c que les prtV(:dents^ mais beaueoup plus volumineux.
leur, seraient même dépourvus de valvules dans la plus grande partie de leur étendue. M. Bonamy n'aura vu, sans doute, que des lymphatiques trèsincomplètement remplis. Car lorsqu'ils sont convenablement injectés, on peut facilement constater qu'ils possèdent un grand nombre de valvules semblables à celles de toutes les autres régions du corps; c'est bien en vain qu'on tenterait de les injecter contrairement au cours de la lymphe.
!.a distance qui sépare les valvules est variable. Dans le voisinage des réseaux elle est de 2 à 3 millimètres ; sur les troncs elle devient plus considérable et peut être évaluée à 6 ou 8 millimètres en moyenne. Rarement elle s'élève à 2 centimètres. Cependant sur le canal thoracique cette dislance peut atteindre 6, 8, 10 centimètres, et même plus.
Les valvules des vaisseaux lymphatiques sont constituées, comme celles du système veineux, par un simple repli de leur tunique interne.
§ 6. — Terminaison des vaisseaux lympuatiques.
Le système lymphatique se termine par deux troncs, l'un assez étendu, l'autre extrêmement court. Le premier, découvert en iôô3 par Eustachi, a reçu le nom de canal thoraciquê; le second, signalé par Slénon, est connu sous la dénomination de grande veine lymphatique droite.
Le canal thoracique commence, au devant de la seconde vertèbre des lombes, par une dilatation aussi variable dans sa forme que dans ses dimensions, passe de l'abdomen dans le thorax ^ travers l'ouverture aortique du diaphragme, monte verticalement au devant de la colonne dorsale, puis s'incline à gauche, s'élève Jusqu'à la partie latérale et inférieure du cou, s'infléchit alors de haut en bas en Tormant une courte arcade à concavité inrérieure» et s'ouvre dans la sous-clavière gauche, à l'union de celle-ci avec la Jugulaire interne
La grande veine lymphatique dont le calibre égale quelquefois celui du canal thoracique, mais dont la longueur est de 8 à 10 millimètres seulement, se dirige de haut en bas et de dehors en dedans pour se terminer dans la sous-clavière droite au niveau de sa réunion avec la veiue jugulaire* Elle reçoit : 1^* les vaisseaux lymphatiques de la moitié droite de la tt^te et du cou; 2* ceux du membre supérieur correspondant ; 3* ceux de la moitié droite des parois du thorax, et du diaphragme; U^ enfin les absorbants profonds et abcendants du foie et la plupart des absorbants du poumon droit. Les vaisseaux qui viennent do toutes les autres parties du corps se rendent au canal tho« racique.
Bien que l'un et l'autre de ces troncs s'ouvrent en général dans le système veineux par une embouchure unique, il n'est pas rare de les voir se terminer de chaque côté par deux et même par trois orifices. Très-souvent les lymphatiques qui partent des membres supérieurs forment à droite et à gauche un tronc indépendant, lequel s'ouvre dans la veine 80ur<lavière. Assez fréquemment aussi les lymphatiques qui descendent de chacune des moitiés de la tôte et du cou, constituent un petit système qui se termine isolément dans lasous-clavière ou dans l'angle de réunion des deux veines, et môme dans
790 ANGI0L061E.
la Jugulaire interne. J*ai vu plusieurs fois les vaisseaux de U moilié paahf de la lôte et du cou se réunir à ceux du membre supérieur correspoiMUiit, et donner naissance à un tronc qui se termine dans la sous^la^ière, ti dehors de l'embouchure du canal thoracique« Dans ce mode de termioaixr^ plus symétrique que le précédent, il existe pour le côté gauche une grau.; veine lymphatique tout à fait semblable à celle du côté droit.
La pluralité des embouchures du système absorbant, à sa terminaiiic peut aussi dépendre d'une division ou de la dualité du canal thoracique.— Quelquefois, en effet, ce canal se bifurque. Lorsque cette bifidité porte sur •% partie terminale, une de ses branches s'ouvre dans la jugulaire interne r: l'autre dans la sous-clavière, soit isolément, soit après s'ôtre réunie a ; troncs qui émanent de la têle et du membre supérieur. Si elle porte lur >4 partie moyenne, disposition fréquente et même normale chez quelques ut.maux, mais rare et tout à fait exceptionnelle chex l'homme, Tune de- ^-' branches vient s*ouvrir dans la sous-clavière droite, et l'autre dans U »o-.clavière gauche. — Si elle porte sur son origine, le canal paraîtra pl^' dédoublé que bifurqué ; il sera réellement double si ses racines priDci;-w.'« se réunissent en deux troncs qui montent, indépendants et parallèlei. i. devant de la colonne vertébrale, pour se jeter Tun à droite et lanirt . gauche. Gruiksanck a préparé et déposé dans le musée de Hunter do esem; ' de cette dualité, dont Haller, Winslow et Sœmmering ont aussi meDlJuar* des exemples.
Le canal thoracique présente peu de valvules, quelques faits semblerair . même démontrer que celles-ci n'oblitèrent pas complètement sa canté ctr: tous les sujets. Selon Gruiksanck, Hunter aurait réussi une fois & insofi^: les chylifères par ce canal ; Marcbettis, au rapport de Haller, aurait été p • heureux encore, car il aurait vu le fluide aériforme passer de ce tronc àtri^ tous les vaisseaux qui en dépendent. Mais ces faits sont loin d*oirrir la dirrh cation qu'on leur a prêtée ; sous l'influence de la décomposition potride 4r* organes, et alors même qu'il n'existe encore aucun signe extérieur de cr:. décomposition, des gas se développent dans les vaisseaux lympliatiqiM» '* les distendent. Le cadavre sur lequel Hunter crut avoir insufflé les tk}'^ fères et celui sur lequel Marchettis pensait avoir injecté par le mêoie pt*" cédé toutes les dépendances du canal thoracique, étaient très*vrûscaib«blement dans les conditions que je viens de rappeler. Tous deux ont été % times d'une illusion ; aussi, lorsque le premier de ces anatomisles \oi.I. faire usage de ce procédé d'insufflation qu'il avait jugé fort •▼antagfn pour l'étude des vaisseaux absorbants, fut-il très-étonné d^échooer ooap-tement aprèâ avoir si facilement réussi une première fois. Les valvolrt «r ces vaisseaux suffisent pour fermer complètement leur cavité ; celles dv^i nal thoracique suffisent également dans l'état normal; leur insu l'état cadavérique est due & la dilatation exagérée des parois sous l'influence de l'injection.
Parmi les valvules du canal thoracique, la plus importante est celle ^c* occupe son embouchure. Elle a été mentionnée par tons les analiNni^i^ uiais en termes un peu différents. Eustachi la décrit comme denu-orr.' laire; scion Haller, «cette valvule emprunte ses membrenes du
• (horaciquc qui de ce canal s'étendent de toutes parts dans la veine en » forme d'hymen circulaire, que l'on pourrait prendre pour deux valvules
• plutôt que pour une semi-lunaire. » Cruiksanck la croit constamment double. Mascagni, qui la représente dans son ouvrage, lui donne aussi la Tormed'un double repli. Aujourd*hui on admet généralement que cette valvule est simple^ c'est-à-dire unique. Dans le but d'étudier sa disposition, j'ai mis à nu le canal Ihoracique dans sa partie supérieure sur plusieurs sujets ; ayant ensuite incisé longitudinalement le tronc veineux brachiocéphalique gauche oinsi que les veines sous-clavière et jugulaire interne correspondantes, i'ai pu constater trois fois qu'il n'existait aucune valvule à l'embouchure du canal thoracique ; J'ai trouvé seulement quelques filaments analogues à ceux qu'on remarque dans le sinus longitudinal supérieur à l'orifice des veines cérébrales, filaments qui ne sont nullement dis* posés pour Jouer le rôle de soupape. Ces faits nous montrent que les valvules situées à l'embouchure du canal thoracique ne sont pas constantes. Leur absence, du reste, ne saurait avoir pour résultat la pénétration du sang veineux dans ce canal ; car on trouve toujours à 1 ou 2 centimètres au delà de son orifice terminal une paire de valvules qui l'oblitèrent complètement, en sorte que ce fluide ne peut, dans aucun cas, pénétrer à une plus grande profondeur.
Le système lymphatique communique donc avec les veines sous-clavières et jugulaires internes. Mais se termine-t-il exclusivement dans ces veines 7 Plusieurs anatomistes ont admis qu'il communiquait aussi avec les principales dépendances du système veineux ; d'autres pensent que ces deux systèmes s'anastomosent entre eux au dedans des ganglions. Ces deux opi* nions méritent d'être discutées.
Première question : Les vaisseaitx bjmfihatUfues communiquent" ils avec les principales dépendances du système veineux ? — Sténon aurait vu un de ces \ aisseaux se terminer dans la veine cave supérieure ; Wepfer un autre dans la veine azygos ; Schmicdel un troisième dans la veine hypogastrique; Boerhaa\e en mentionne plusieurs qui se rendaient dans les veines lombaires, et Meckel d'autres plus nombreux qui s'ouvraient dans la veine porte et la veine cave inférieure, etc. Mais en scrutant ces faits on reconnaît bientôt qu'aucun d'eux ne peut être accepté comme concluant. Haller, qui les a s<>umîs pour la plupart à une critique judicieuse, s'exprime ainsi sur leur valeur. «Je n'ai refusé d'écouter aucune raison et je ne suis pas ébranlé
• par l'opinion de ces hommes célèbres ; il est des faits, et assez importants,
• qui me rendent suspect ce commerce entre les veines lymphatiques et les
• veines sanguines ; mais qu'il me soit permis d'ajouter que jamais je n'ai » trouvé un seul vaisseau qui se terminât véritablement dans une veine san- ■' gui ne, et que conséquemment, éloigné de l'opinion de certains anatomistes
• célèbres, je rejette cette terminaison des vaisseaux lymphatiques. «Cruiksanck tient le même langage.
V De mes injections, dit Mascagni, et de mes observations faites sur un
• nombre presque immense de cadavres, il résulte que les lymphatiques du
• corps humain no se terminent jamais ailleurs que dans l'angle de la sous-
792 ANGIOLOGIE.
» clavif^ro et de la Jugulaire interne, de l'un et de l'autre c6lé, ou dan* If » voisinage de cet angle. »
Sur l'imposante autorité de ce triple témoignage, la difficulté ptraisMr définitivement résolue, lorsqu'en 1825 un anatomiste florentin, M. Lipp; osa se poser en face de ces trois grands observateurs et leur Jeter le p.ihardi démenti, en soutenant que les lymphatiques des orgaoes digestib ^ l'homme et des mammifères s'abouchaient par des rameaux et des trob • plus ou moins volumineux : avec la veine porte, la veine honteuie intertr. les veines iliaques, les veines rénales, la veine cave inférieure et mènieattf le bassinet! et ruretèrelll Comme les hommes, si grands qu'ils soîeot, o .« vent s'effacer devant les faits^ on voulut bien oublier pour ud instant les»sériions émises antérieurement par des anatomistes qui avaient coonrtoute leur vie à la science et qui lui avaient donné des gages multipliés d'^rr rare sagacité, pour écouter celles d'un au leur Jusqu'alors inconnu. FohoMa: Rossi, Panizza, entreprirent de nouvelles recherches et acquirent bieatôï j certitude que les vaisseaux suivis des divers ganglions de rabdomeo i.«qu'aux principales branches de la veine cave ou de la veine porte, étâ.« -. des veinules et non des lymphatiques. En France, MM. Blandin et Crav. hier ont aussi cherché ces prétendus lymphatiques, et n'ont pu teDOoot?rr que des veines. Je les ai cherchés à mon tour sur un grand nombre de k jets, et Je n'en ai rencontré aucune trace.
L'auteur de cette découverte étant venu à Paris, on pensa qu*U serait sardoute plus heureux ; on fit donc appel à son expérience et à son habÎK toute spéciale. Mais l'auteur échoua à son tour. Néanmoins il osa préscDi : son étrange travail à l'Académie des sciences; et celle-ci par une Ci«'-' plus étrange encore, osa le couronner 1 Pardonnons à M. Lippi, et mt-o* • l'Académie, et concluons avec Haller, Gruiksanck, Mascagni, Fohmann. Iv nizza, Rossi, avec tous les observateurs, en un mot, que les vaîsteani bu phatiques ne communiquent pas avec d'autres veines que les soos-cla^itr t et les Jugulaires internes.
Detixième question : Le système absorbant et le système veimux tnmmut quent-ils entre eux dans les ganglions ? — Cette communication, mentioQCf* par quelques anatomistes du siècle dernier, est admise de nos jo«n :•-: Fohmann, Lauth et Tiedmann. Les vaisseaux afférents en entrant ésm .: ganglion se diviseraient ainsi en deux ordres de capillaires, dont les on» « continueraient avec les vaisseaux èfférents, et les autres avec les rmdicutn . ■ système veineux général, ou avec celles du système de la veine porte.
La continuité de quelques capillaires afférents avec les capillaires te».-'. dans l'intérieur des glandes lymphatiques, est un de ces faits dont la pli««logie réclame et attend avec une sorte d'impatience la démonstralîoiL 1^* établie, elle pourrait en effet invoquer cet te continuité pour expli^er: I' contraste qu'on observe entre le volume et la multitude des cliylil^rvsd .. part et la petitesse du canal thoracique de l'autre ; 2* la persistance ér • vie chez les individus affectés d'une oblitération plus ou moins anciensf • ce canal; 3"* le passage du chyle et de la lymphe dans les vaisMautitf* guius lorsqu'un engorgement chronique ou une dégénéieaœiicc lotei»*
leuse 8 est emparé des principaux ganglions du mésentère, ceux qui sont le plus rapprochés du tube intestinal suffisant pour ce passage s'ils sont sains ou mmns altérés; /i* le défaut d'bydropisie générale ou partielle dans tous les engorgements de cette nature.
Pour démontrer l'anastomose des capillaires lymphatiques afférents a\ec les radicules veineuses, on s'est appuyé sur ce fait anatomique dont la conntissance est déjà ancienne : lorsqu'on injecte les vaisseaux afférenis d'un gan* gUm, ou lorsqu'on pique directement celui-ci^ on voit quelquefois l'injection passer ioit simulianémeTU dans les vaisseaux efférents et dans les veines, soit exclusifvftnent dans ces dernières. Il n'est aucun anatomiste un peu expérimenté qui n'ait constaté ce passage. Mais dans quelles conditions 8*opère*t-il 7 II s'opère sous l'inQuence delà décomposition putride des glandes lymphatiques. Lorsque ces glandes sont dans leur état normal, le mercure introduit dans leur épaisseur, par l'injection des vaisseaux afférents, ou par une ponction directe, passe constamment et exclusivement dans les vaisseaux efférents. Ontelles subi un commencement de putréfaction et de ramollissement, tan tôt il passe seulement dans les efférents, tantôt en partie dans les efférents et en partie dans les veines; leur ramollissement putride est-il plus avancé, le métal passe seulement dans les veines. J'ai observé ces divers phénomènes un si grand nombre de fois, que je porterais volontiers le défi à un anato* misle d'injecter une seule veine par les vaisseaux afférents d'un ganglion sur un sujet parfaitement sain. M. Cruveilhier avait déjà fait la distinction que je viens d'établir et en avait tiré la même conclusion : « J'ai pratiqué » un grand nombre d'injections lymphatiques, et dans l'immense majorité » des cas le mercure a passé des vaisseaux lymphatiques afférenis dans les
• vaisseaux lymphatiques efférents, et nullement dans les veines. Dans quel-
• ques cas il a passé des ganglions lymphatiques dans les veines; mais alors
• les ganglions lymphatiques avaient subi une altération dans leur texture et
• plus particulièrement le ramollissement rouge si éminemment favorable à » leur rupture. »
Fohmann objecte que ce passage s'opère sous l'influence de pressions trop peu considérables pour qu'il puisse être rapporté à une déchirure. Celte objection aurait quelque valeur si l'injection des veines ganglionnaires par les afférents s'effectuait dans l'état sain; mais comme elle n'est possible que dans l'état d'altération putride, c'est-à-dire à la suite du ramollissement des ganglions, on conçoit que la plus petite pression suffira pour déterminer une déchirure; car il n'y a rien de plus facile à rompre qu'un ganglion ramolli.
Reste un dernier refuge: pourquoi, dans l'hypothèse d'une rupture, le mercure passerait-il si facilement des lymphatiques dans les veines et jamais dans les artères? L'n fait d'anatomie pratique répondra à celte observation dont l'exactitude ne peut être coniettée : sous l'influence de T altération putride des tissus, les lymphatiques se laissent difficilemeni pénétrer par le mercure. Si \Qus désirez vous cou vaincre de ce fait,sur un membre supérieur ou inférieur à moitié putréfié ii^eclex les réseaux des doigts et des ort(ils, découvrez ensuite les troncs qui parlent de ces réseaux et introduisez dans leur cavité la pointe du tube à injection, puis enlevez les téguments; vous serez frappé do
m ANGIOLOGIE.
rextrôme lenteur avec laquelle le mercure chemine dans ces vaitseaui ;y>': vent môme le métal s'arrête et les plus hautes colonnes ne peuvent le ta.rY avancer. Ce qui est vrai pour les vaisseaux afTérents ne Test pas moins {^-ur les ganglions et les vaisseaux efférents. D'une autre part, les artériolet ^\. ne renferment ni sang, ni sérosité, ni gaz, se rétrécissent plutôt qa'elk» ir se dilatent ; si une rupture vient à se produire, elles se rétractent et te trt ment au deux bouts de la solution de continuité. Tandis que le ty»lèiDe lym phatique et le système artériel sont ainsi frappés d'imperméalûlité* an phénomène inverse s'accomplit dans le système veineux : les radicolea de c< . > ci, occupés par des caillots sanguins dont la décomposition amène on d«^ gement de gaz, se distendent, s'entr'ouvrent en quelque sorte au detaot à. liquide extravasé, et ce liquide ne pouvant passer ni dans les efférenti, :. dans les artérioles, se précipite dans les veines.
En résumé, les faits qui ont été allégués pour démontrer la commomca:. des lymphatiques avec les veines dans l'intérieur des ganglions ne sont |w* concluants. Il y aurait peut-être quelque témérité à la nier d'ane manie absolue ; mais Je ne crains pas d'avancer qu'elle n'est ni démontrée, ni m semblable. Si elle avait quelque réalité, on pourrait injecter les cbylifr.''* par les veines mésaraîques; j'ai plusieurs fois tenté cette injection en CaisA usage de vernis à l'alcool, d'essence de térébenthine, du mercure nt^okr seuls liquides qui soient ici convenables, parce qu'ils ne pénètrent pas ài tous les tissus par voie d'imbibition, et Je n'ai jamais réussi.
§ 7. — Structure des vaisseaux lympuatioubs.
Les parois des vaisseaux lymphatiques sont extrêmement minces, d *^ ' transparence parfaite, et d'une résistance assez grande, mais cependa-' très>inégalc. Beaucoup de ces vaisseaux peuvent supporter une colonne : ■ mercure de 60, 80 et même 90 centimètres; pour d'autres on voit se pjtidL une rupture dès que cette colonne s'élève à une hauteur de 30 ou ào en. mètres ; quelques-uns se déchirent sous l'influence des plus faibles presu^*:* tels sont, par exemple, les vaisseaux lymphatiques du scrotum chexTad * -
Ces vaisseaux sont extensibles et rétractiles, soit dans le sens trans^<'ri soit dans le sens longitudinal. Lorsqu'on les injecte, ils se dilatent plus qn. orlères, mais moins que les reines. Dès que les liquides qui avaient m « jeu leur extensibilité s'écoulent, ils se rétractent à un tel point qo^ > * cavité s'efface, et se réduisent alors à un tel degré de ténuité qn :'- * dérobent complètement à la vue ; un vaisseau lymphatique qui se vid' un vaisseau qui s'éclipse même pour l'œil armé des plus fortes lentilles.
Comme celles des artères et des veines, les parois de ces vaiaaeans sr n» posent de trois tuniques : une tunique externe, une tuniqoe moyeai»^ * une interne.
La tunique extmi^, que J'ai signalée en 1850, est aujourd'hui adiaiif '-* tous les anatomistes. Lorsqu'un vaisseau est dilaté par le merrurp, ^l'' cherche «^ introduire dans sa cavité la pointe du tube à injection, on *
presque toujours celle-ci glisser entre la tunique externe et la tunique moyenne. Ce fait, que j'ai eu si souvent l'occasion de constater, nous montre que la première de ces tuniques n'adhère que faiblement à la seconde. On peut en effet très- facilement l'en détacher, au moins en partie. Au début de mes observations je crus d'abord qu'elle formait une simple dépendance du tissu conjonctif environnant; mais en l'examinant avec attention je remar* quai qu'elle était unie, très-régulièrement cylindrique, assez résistante, et qu'elle constituait bien réellement une tunique propre au vaisseau.
Cette tunique externe comprend dans sa composition des fibres de tissu lamincux et des Ûbres élastiques, qui s'entremêlent et qui offrent les unes et les autres une disposition réticulée. La plupart suivent une direction longitudinale. Dans les aréoles qu'elles circonscrivent on n'aperçoit aucune (race de tissu adipeux; sous ce point de vue la tunique externe des vaisseaux lymphatiques diffère beaucoup de celle des artères et des veines qui en renferme constamment une notable proportion. Elle en différerait aussi, selon plusieurs auteurs, par la présence de quelques fibres musculaires lisses, longitudinalement dirigées.
La tunique moyenne est constituée par des fibres élastiques fines et par des fibres musculaires lisses. Ces deux ordres de fibres sont mélangés aussi. Klles affectent une direction transversale. C'est surtout à cette tunique que les vaisseaux lymphatiques sont redevables de leur résistance. Nous avons vu qu'elle adhère faiblement à la tunique externe ; mais elle est unie à la tunique interne d'une manière si intime, qu'on ne réussit que difficilement il l'en séparer.
La tunique interne ne diffère pas sensiblement de celle des vaisseaux sanguins. Elle comprend aussi deux couches : une couche élastique, fibrolde plutôt que fibreuse; et une couche épithéliale, composée de cellules allongées dans le sens longitudinal, mais courtes comme celles des veines ; elles tueraient seulement un peu moins régulières que ces dernières, selon M. Legros, ol s'en distingueraient en outre par l'absence du noyau, qui serait constant au contraire dans les cellules épithéliales des veines.
Sur les radicules des vaisseaux lymphatiques les trois tuniques se modifient a^soz notablemenL A mesure qu'on remonte vers leur origine on voit les tuniques externe et moyenne disparaître. La tunique interne, qui seule persiste, prend l'aspect qu'elle présente dans les capillaires ; elle est formée l'dv une membrane amorphe, transparente, d'une minceur extrême, offrant i;'i et là dilns son épaisseur des noyaux ovoïdes.
En comparant au point de vue de leur structure les lymphatiques et les veines on ne peut méconnaître entre ces deux ordres de vaisseaux de nombreuses analogies. Ils semblent dériver d'un môme type : même nombre do tuniques, semblablemcnt disposées ; mômes éléments pour celles de ces tuniques qui se correspondent ; môme aptitude à s'étendre et & se rétracter Jans tous les sens, môme irritabilité, en un mot môme constitution et nômes propriétés. S'ils diffèrent, c'est simplement par quelques traits d'une raportance secondaire; ainsi leur élasticité n'est pas égale. Les veines, iprè» avoir été distendues, ne reviennent que progressivement et avec une iTtainc lenteur k leurs dimensions normales. Lorsque les lymphatiques
sont portés à leur maximum de dilatation, si le liquide qui les détn»^ s'écoule, ils se rétractent instantanément et leur cavité s effare: iU w».donc plus élastiques. C'est cette grande élasticité qui joue le rftle princi;>i dans la progression du chyle et de la lymphe; elle compense dans ovaisseaux, soit la proportion relativement minime de leurs fibres cootra£ti>> Boit l'absence d'un agent d'impulsion à leur origine, soit aussi le désatmnta^* qu'entraîne la convergence beaucoup moindre de leurs troncs.
Ces vaisseaux sont pourvus de vasa vasorum qu'on peut très-CKHemet' observer sur les lymphatiques des viscères. Entre tous les orgaiocs, '^ poumons sont ceux qui méritent à cet égard la préférence. En ii^ectaot oc^ solution de gélatine colorée dans l'artère ou les veines pulmonainn, • injecte aussi les artérioles et les veinules des vaisseaux absorbants. La vAuXi o aqueuse passe alors par voie d'imlnbition dans ces vaisseaux, et les distc assez pour les rendre très-apparents; la substance colorante arrive de ^ côté dans leurs vasa vasorum qu'elle.remplit aussL J'ai réussi tcovent pvcr procédé à les mettre en parfaite évidence. Chaque lymphatique ainsi iig^i* était enlacé d'un petit réseau sanguin, à grandes mailles longiludioakmr allongées. •
Les vaisseaux lymphatiques reçoivent aussi très-vraisemblablement q. ques fllets nerveux ; mais la science ne possède sur ce point aucune do j précise.