‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 350 sur 390 · II. — DES GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

II. — DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

Les corps glanduliformes échelonnés sur le trajet des vaisseani lymp* tiques avaient été considérés par Hippocrate et tous les aateun aix comme des glandes. L'observation ayant démontré à Sylvius qu'ils diffcr . des organes réellement glanduleux, cet anatomiste crut devoir les dè»ir. * sous le nom de glandes conglobéeê, pour les distinguer des véritables ^ 't. qu'il appelle conglomérées. Plus tard, Sœmmering fit remarquer :« • logie apparente qu'ils présentent avec les ganglions nerveui ; et Quuv poui rappeler cette analogie, leur imposa la dénomination de gaoL*. lymphatiques sous laquelle ils sont aujourd'hui généralement couou«.

Ces ganglions nous offrent à étudier leur conformation extérieore et • * structure.

§ 1. — Conformation extérieurb des oamguons lthphatiocis

Le timbre des ganglions lymphatiques est considérable; on Tae^a six ou sept cents. Mais il ne saurait être déterminé avec préciaion, 4 ;. part, parce qu'il varie suivant les individus, de l'autre, parce que qiiel^.-^ uns d'entre eux offrent des dimensions si minimes, qu'ils échappent tvt "" cherches les plus habiles; et l'on ignore alors s'il faut attribuer leur ùm apparente à leur non-existence, ou à leur exiguïté qui les denabe • • vue.

CONFORMATION EXTÉRIEURE DES GANGLLONS r.YHPHATEOliES. 7«

Ils sont quelquefois lolilaires; maii plus fréquemment or les voit le [éuoir par groupes.

Uur lituation, du reste, n'oiïfe rien de fixe. Cependant ils se montrent en t:t'néra1 sur le trajet des vaisseaux sanguins, dans les régions les plus riches ta lissu cellulaire, à la racine des membres, sur le pédicule vosculsire des jinDcipaui organes. — Dans les membres ils occupent le creux du Jarret et le pli du coude, l'aine et l'sisselle.— Au cou ils entourent la carotide primilite et ses deux branches. — Dans le tronc ils u multiplient su voivinago de laurle el des veines caves, sur le trajet des vaisseaui mésentériques, spléniques, hépatiques, rénaux, pulmonaires, etc.

(j; rapport presque constant des ganglionsiTmphatiqueset des principaux troncs vasculaires ne saurait nous surprendre, puisque le système absorbant l'sl partout subordonné dans sa direction à celle des vaisseaux sanguins. Il iicus explique pourquoi les ganglions au niveau des grandes articulations xicupent toujours le cfité de la Âoiioa, où ils trouvent une protection plus ciflcace contre l'action des corps extérieurs.

I.cs connexions qu'affecte le f7sl6me lymphatique avec le système vei- Tirui ont porté aussi la plupart des auteurs ^ admcltre que les ganglions

Fig. »n.

Binglian» apparticnacot k I* rliu« du fwtRlioi

!■•. i:iiu):liut» de ci-iic rbue, il* soûl iiicompléien: ,

I' [B|<t»<rt du piinKlidti rï|>i l'-i-nli! dans 11 flgura 3ia. qui ril impii5iciiicn( pénétrt par le rocrcHra dtni toolei «« partira

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peuvent être divisés en superficiels ou sous-cutanés et profonds ousoai-d;«névrotiques.

Cette distinction est fondée pour les ganglions du pli de Taine. Mais c *■« la seule région d laquelle on peut l'appliquer. Sur tous les autres point» c. corps les ganglions sont sous-aponévrotiques : les ganglions parotidiens $- * tous recouverts par l'aponévrose parotidienne ; les ganglions toas-mtulaires sont recouverts par l'aponévrose cervicale superficielle ; ceui qui •« cupent l'occiput et la région mastoïdienne, qui semblent au premier asf^ ' sous-cutanés, sont aussi sous*aponévrotiques ; il en est de même des çi''' glions du cou, du tronc et des membres, les ganglions inguinaux exceptes.

Leur forme est ordinairement celle d'une ellipsoïde légèrement cooprmée. Quelques-uns sont circulaires et aplatis, d'autres bémispbén4iM-. d'autres tout à fait arrondis ; en un mot ils sont limités à leur aurface ^: des lignes courbes qui s'associent entre elles de diverses manières, nu* sans se mêler jamais à des lignes droites. Ce mode de configurmIioQ >.r permet de se déplacer et de glisser les uns sur les autres lorsque le jeu C'* divers organes, ou une cause extérieure quelconque vient les mettre en t '■ tact et menace de les comprimer ; leur forme et leur mobilité dévie :>l« ainsi très-souvent la sauvegarde de leur intégrité.

Leur volume présente de très-grandes variétés : la plupart ne dépaasenl («i* les dimensions d'un gros pois un peu allongé, et les plus considénb « celles d'une olive. Mais sous l'influence de divers états pathologiques, ir*' diamètre peut être rapidement doublé et même triplé. Un 9ma, grai. nombre d^entre eux présentent le volume d'une lentille, quelques-nof cr.. d'un grain de cbènevis, d'autres celui d'une tête d'épingle. Ces gangti -^ de très-petites dimensions, ne sont en général visibles qu'après avoir c injectés.

Les plus volumineux répondent aux principaux confluents du spl^n» lymphatique, au pli de Taine, au creux de l'aisselle, à la base du coo, i > parties latérales de l'aorte abdominale et de la veine cave inférieurr. t *> plus petits sont situés au pli du bras, sur la grande circonférence de I c^ mac, dans l'épaisseur de la glande parotide, sur le tnget des artères fèssr.'n. ischiatiques, radiales, etc.

Leurs dimensions sont en partie subordonnées à l'activité de la %it : titfconsidérables chez l'enfant, ils commencent à diminuer aux qtpndie» cc la puberté, continuent à s'amoindrir chez l'adulte, et arrivent ches le wilard à de si minimes proportions, qu'ils semblent disparaître dans on gn*nombre de régions. Mascagni et Huysch croient même à leur conqilèle ^ parition; et Haller s'est rallié à cette opinion, qui a été coml>attue avfc n.son par Cruiksanck. L'observation démontre, en effet, que les gangiioot : minuent de volume, mais ne disparaissent jamais complètement

Il faut donc admettre que plus sera rapide le double mouvement de omposition et de décomposition de nos organes, plus les glandes lymphati^^*^ seront dé\eloppées, plus elles réargiront sur les produits si divers de la^ sorption pour les mélanger et les modifier, plus elles seront prèdii^ivr* aux altérations de tous genres, et plus aussi leurs maladies serool gn* et fréquentes. Ces considérations nous montrent pourquoi rinfiammsti''-

STRUCTURE DES GANCiLlONS LYMPHATIQUES. 799

chronique des glandes du mésentère, l'engorgement el la suppuration des ganglions, leur dégénérescence tuberculeuse, etc., etc., sont des aiTections A communes dans la première enfance ; elles nous montrent aussi pourquoi ces aiïections, après avoir longtemps résisté aux moyens les plus efficaces, m dissipent quelquefois assez promptement sous la seule influence du rapide accroissement du corps : l'organe perdant peu à peu son importance primitive, les altérations dont il était le siège le suivent en quelque sorte dans son mouvement d'atrophie.

Ia couleur des ganglions est rougeûtre. Mais elle se modifie un peu dans les diverses régions: les glandes mésentériques sont d'un rose pftle dans les intervalles de la digestion, et presque blanches ou même tout à fait blanches pendant la durée de l'absorption du chyle ; les glandes sous-cutanées sont d'un rouge vif; celles qui reçoivent les vaisseaux du foie, d'un aspect jaunUro; celles de la rate sont brunes; celles de la racine des poumons sont souvent noires.

Leur consistaticf est ferme et assez analogue à celle que présente la substance du foie. Pour l'apprécier il importe de choisir des ganglions parfaitement sains; car le ramollissement putride les envahissant promptement après la mort, on trouve souvent ces organes déjà atteints dans leur consistance et leur couleur, alors que tous les autres tissus de l'économie sont encure dans l'état de parfaite conservation. Ceux du tronc 's'altèrent toujours plus promptement que ceux des membres.

§ 2. — Structure des ganglions lymphatiques.

Lorsqu'on divise les ganglions, on remarque souvent que leur partie centrale offre une couleurbrune plus foncéequeleur partie périphérique. Brûckc, frappé de cette différence, avança en 1853 qu'ils étaient formés de deux substances; et la plupart des anatomistes se sont rangés à son avis. 11 exis* tirait donc pour chaque ganglion une substance centrale ou médullaire et une substance périphérique ou corticale, offrant Tune et l'autre des attributs qui lui sont propres.

Cette distinction n'est pas suffisamment justifiée. La différence de coloralion que présentent les parties corticale et centrale est due en partie à Linégalo répartition du sang dans les vaisseaux superficiels et profonds, et en partie aussi à une altération cadavérique commençante. Dans l'état de parfaite intégrité, les surfaces de section des ganglions présentent en général une couleur uniforme. J'ajoute que leur texture intime est identique pour tous les points de leur épaisseur. Ils comprennent dans leur composition :

1« Une charpente fibro-celluleuse constituée par une enveloppe et de nombreux prolongements qui s'étendent de celle-ci vers leur partie centrale ;

2« Un parenchyme, ou substance propre, qui permet de ranger les gan* glions au nombre des glandes vasculaires sanguines;

H** Des \aisseaux lymphatiques afférents et efférents qui affectent les connexious les plus intimes avec cette substance et qui, réunis i celle-ci, composent essentiellement les ganglions ;

/(« tnfin des vaisseaux sanguins et des filets nerveux.

800 ANGIOLOGIE.

A. c^iuirpeMie ■•ir«-eeitaiea«e. — • Tous les ganglions sont entoarés dur •

membrane résistante, extrêmement mince, transparente, qui les prc»léfee «-r. reliant très-solidement entre eax leurs nombreux éléments. Cette en^elapp' est formée de flbres de tissu conjonctif entrecroisées, auxquelles se mêle: quelques fibres élastiques tr(>s~dé1iées« Sa surface externe n*adhère «on for ties euTironnantes que par un tissu cellulaire très-lAche. Sa surface interv est le point de départ de prolongements multiples, très-divers de fonnr r! de dimensions. Quelques-uns représentent des cloisons; d'autres acMit p]*** étroits et plus épais , ou arrondis et filamenteux. Tous ces prolongcaieo*' s'étendent de la périphérie du ganglion vers sa partie centrale, en se oonUnuant et s'entrecroisant ; ils circonscrivent ainsi des cellules ou aréoles a dimensions très-inégales et de forme irrégulière, d'autant plus petites qa^el'sont plus rapprochées du centre du ganglion.

R. Sakfllaaee propre. — Les auteurs sont peu d'accord dans la descript: ' qu'ils donnent de cette substance. M. Ch. Robin est celui qui en parie dai.* les termes les plus explicites. Elle est constituée par des vésicules closes o«>parables à celles qu'on observe dans le corps thyroïde, le thymus, la rale« eï Le diamètre de ces vésicules varie de O"",! à ©■■,3 à l'état normal. S---l'influence de l'hypertrophie dont les ganglions deviennent si fréquemment le siège elles peuvent atteindre un millimètre et même plus. La mecbrane quf les forme est très-mince, homogène, molle et friable : ellf* «t-* tapissée, ou plutôt elle est remplie d*un épithélîum nucléaire sphériqo. auquel se trouvent mélangées des cellules épithéliales panmenieuaesw c" volume variable , contenant un gros noyau (1). Les vésicules ainsi cctHLtuées laissent échapper leur épithélium en abondance lorsqu'elles »••*' ouvertes. Elles occupent les aréoles que circonscrivent les prolongement* c ■ luleux : aréoles qui sont elles-mêmes traversées dans tous les sens par d -<> filaments de la plus extrême ténuité.

Ces filaments offrent une disposition réticulée, d'où le nom de rêf«r%«*. sous lequel ils ont été collectivement désignés. Ils paraissent être aussi l dépendance de la charpente fibro-celluicuse du ganglion, dont les fibr^* constitutives ou lamineuses s'isolent pour former une charpente plus dt.catc contenant dans ses mailles les éléments de la substance propre.

Cette substance représente l'élément actif des ganglions. C'est à elle qu »-•confié le soin de réagir sur le chyle et la lymphe, et de les assimiler, on i. : moins de les rendre de plus en plus assimilables au sang dont ils sont appe!-* à faire partie.

G. TaisflCMu muéremiM es efférenta. — Les vaisseaux afférents se dtviicr'.

en général avant de plonger dans l'épaisseur des ganglions ; leurs prenBerrdivisions rampent d'abord h la surface de ceux-ci. Elles traverseal, uptr* zz court trajet, leur enveloppe fibreuse, puis pénètrent dans les couchés pcr phériques où elles se subdivisent et s'avancent vers des parties de pli» e: plus profondes à mesure qu'elles deviennent plus déliées. Ces braacbf» rameaux cl ramuscules des afférents suivent les prolongements de la cha*

(1) Ch. Robin^ Dictionnaire de Syslen, iW^, p. S78.

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