ARTICLE IL
MUSCLES DU cor.
Les muscles situés au devant et sur les côtés de la colonne cervicale iMu^ent être divisés en six régions, qui sont, en procédant de la périphérie Vers le centre : la région cervicale super ficiellej les régions sous- et sw-hyotdienneSy la région /tm/ua/e, la région cervicale profonde et médiane ou prêterirbrale, et la région cervicale profonde et latérale.
§ 1 . — RÉGION CERVIC.\LE SIPERFICIELLE.
Elle comprend deux muscles : l'un qui est situé immédiatement autl<'>>ou5 de la peau et qui recouvre toutes les parties anléro-latérales du cou, r\'>l le peaticiVr; Vautre sous-jacont au précédent, étroit et allongé, c'est le » '^no^lèido-vwstoïJien .
Pirf,araiion. — 1* Elever les l'paules et renverser la tète en arrière, afin de tendre les • Mi\ luusrles k\v roUc réaion ; 2* faire une incision tres-suptvfirielle des téguments, dirinée •• .••-iiiumissure des lèvres vers la ]>arli(> moyenne de la clavicule, en la prolongeant un peu '"'jr la poitrine ; 3* disséquer sucees>ivenient chacun des bords de l'incision en rejetant lu t'-au m dedans d'une part, en dehors de l'autre, de manière a découvrir le peaucier dans i .u- va largeur et toute sa longueur.
Apres SToir étudié le peauricr, il suffira, pour mettre à nu le sterno-eléido-mastoîdien, •i in« »*er transversalement le premier sur su partie moyenne, et de détacher ensuite ses deux lu iiiés en les renversant en haut et en bas.
nMiquemont étendus de la cavité des apophyses ptérygoldes a la face interne des angles de la n« hoire. — 9, 9. Faisceau inférieur du muscle ptérygoîdien externe, attaché par sa hase a iulf externe des apophyses ptérygoTdes et par son sommet a la partie anlérn-inteme du col •♦t^ cnndyles de la mâchoire. — 10, 10. Faisceau supérieur de ces muscles, étendu de la voûte •î^ U fosse lygnuiatique a la partie la plus élevée du col des condyles et au bord antérieur du titiro-eaitilage intei articulaire qui les recouvre. — 11,11. Coupe transversale de eesfibro- '•aruUges. — lî, 12. Bord jwstérieur des ma.sséters.
(oral. 11 est représenté à son point de départ par de simples fascicules, d'une eitn^me pâleur, d'abord isolés, mais bientôt juxtaposés. Le muscle ainsi cori«ti(ué se dirige en haut et en dedans, se rapproche de plus en plus de celui du côté opposé, qu'il rencontre au niveau, ou un peu au-dessous du menton et arrive Jusqu'à la base de la mâchoire, où ses fibres se terminent différemment (fig. 2^ et 267).
1* Les plus internes, poursuivant leur direction obliquement ascendante, s entrecroisent sur la ligne médiane et s'élèvent jusqu'à la base des muscles do la houppe du menton, au-dessous desquels elles s'insèrent à la peau.
2" En dehors de ces fibres entrecroisées, on en voit quelques autres qui montent sur les parties antéro-latérales du menton, et qui semblent former le bord inférieur du muscle carré.
Z* Au niveau de la base du triangulaire des lèvres, les fibres du peaucier s i^^ù^ent à la ligne oblique externe du maxillaire en croisant à angle aigu celles du muscle précédent.
6" Au delà du triangulaire, un petit faisceau du peaucier s'applique au bord postérieur de celui-ci, puis le contourne vers sa partie moyenne pour H' joindre au carré, dont il forme le bord supérieur.
5' Plus loin se présente un autre faisceau, de mômes dimensions, qui suit éjalement la direction du triangulaire et qui se confond en haut avec ce muscle, dont il partage le mode d'insertion;
6' Enfin, sur le bord externe du peaucier, au niveau du masséter, existe un faisceau plus important : c'est le risorius de Santorini, qui semble faire partie de ce muscle, mais qui en est indépendant, ainsi que nous l'avons vu pHTédemment; les fibres sur le prolongement desquelles il est situé s'insèrent à la peau qui recouvre l'angle de la mâchoire.
Os insertions peuvent être divisées en moyennes, antérieures et postérieures. Les moyennes se font au maxillaire, les antérieures à la peau du mentoDy les posiérieures à la peau des commissures et du masséter.
Happorîs. — Le peaucier est recouvert par la peau, dont le sépare eu général une mince couche de tissu adipeux; il lui adhère modérément, en K>rte qu'on réussit facilement à l'en détacher. — Sa face interne recouvre
I ^i^onévrose cervicale superficielle qui lui adhère d'une manière plus intime 9^«' la peau et qui relie entre eux les divers faisceaux contribuant à le form»Tpar leur juxtaposition. Sur un plan plus profond, elle répond : inférieur^'ment, au deltoïde, au grand pectoral, à la clavicule et au trapèze ; plus
II vit, au sterno-mastoîdicn, à l'omoplat-hyoïdien , au cléido-hyoïdien, au f N-rno-thyroïdien, à la veine jugulaire externe, et aux branches superficielles du plexus cervical ; supérieurement, aux glandes sous-maxillaire et parotide, « la base de la mâchoire, au masséter et au buccinateur.
■*' "'mmiMorfft. —9. Fibres qui somblent se continuer atcc celles du grand zygomatique. — 10 KMirius de Santorini. — il. Muscle burcioateur. — 12. Muscle grand zvgomatique! -n.l3. Mu>cle5 clêido-hyoldicns. — Ik. Interstice cellulcux qui sépare ces' deux mus- ''^ —15. Partie inférieure et antérieure du peaucier droit. — 16. Partie supérieure du = '>*W stemo-cléido-mastoldien. — 17,17. Faisceau sternal de ce muscle.— 18, 18. Partie -:■ 'irure de* muscles grands pectoraux. — 19. Attache sternale de ces muscle». — 20. Tra- )^ - — 21, SplénÎDs de la tétc. — 22. Splénius du cou. — 23. Angulaire de l'omoplate. — ^ !xakM poMérkv. — S5. Muscle occipitaL
Son bord antérieur est séparé de celui du muscle opposé par on espace angulaire dans lequel on aperçoit les muscles de la région souv-hyoîdieno^. — Le postérieur est beaucoup plus mince, moins régulier, plut obliquement dirigé en bas et en arrière.
Actiùn. — Le peaucier, prenant son point fixe inférieurement, attire d« baut en bas toutes les parties de la face sur lesquelles il s'insère.
Son influence est très-faible sur la mâchoire inférieure, que la tonicité àe ses puissants élévateurs applique contre la supérieure. Au moment où \t muscle se contracte, le maxillaire s'abaisse cependant, mais de quelque» millimètres seulement.
Elle est beaucoup plus prononcée sur la lèvre inférieure et les parties mol I^ de la Joue. ^ Ses fibres internes attirent en bas les téguments de la saillie du menton, et par l'intermédiaire de ceux-ci, dépriment la lèvre en la renversant légèrement en dehors. — Ses fibres externes, ainsi que Bichtt l'avait déjà fait remarquer, exercent sur la physionomie deux actions diamétralement opposées : « Les unes concourent, avec l'abaisseur des commî^- » sures, à l'expression des passions sombres et tristes, tandis que celles qui » naissent au niveau de la parotide ont pour usage spécial d'épanouir la » face et de peindre la gaieté. » De ces deux actions, la seconde, qui prend sa source dans le risorius de Santorini, n'appartient pas au peaucier à proprement parler; la première seule est placée sous sa dépendance. Les e\pé^ rienccs électro-physiologiques de M. Duchenne l'ont confirmé en démoDtrant que, réduit à lui-môme, ce muscle est sans expression ; qu'associé tu frontal et aux abaisseurs de la mâchoire, il exprime la fkvyeur: en s associant à ceux-ci et au sourciller, il exprime l'etTroi et la douleur; en cumbinant son action avec celle du sourciller et du pyramidal, il exprime i fureur.
Pendant leur contraction, les fibres du peaucier tendent à devenir nvtilignes. De leur redressement il résulte : i° que le contour de la iD2ch(»:rr inférieure est moins accusé ; 2<^ que la saillie du stemo-mastoîdien de^ierit aussi moins apparente; 3** que le cou augmente un peu de volume ; 4* que le plan constitué par l'ensemble de ces fibres soutient en partie la pressK^D de l'atmosphère au moment de l'inspiration, et facilite par conséquent 1 aspiration du sang veineux par le thorax dilaté.