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TISSU MUSCULAIRE

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c. Le sarcolemme , ou myolemme , est extrêmement mince, résistant, transparent, élastique, sans aucune trace de structure, en un mot parfaitement homogène. Au-dessous de sa face adhérente on voit des noyaux plus ou moins espacés, de forme ellipsoïde, d’aspect granuleux, dont le grand axe se dirige longitudinalement. De cette même face partent des cloisons, signalées par M. Rouget. C’est au point de fusion de ces cloisons avec la gaine ou enveloppe des fibrilles que se trouvent situés les noyaux. D’une très grande minceur à leur point de départ, elles s’amincissent encore en se portant vers le centre du faisceau primitif, puis disparaissent avant d’arriver jusqu’à son axe.

Les cloisons interfibrillaires ne seraient pas une dépendance du myolemme, selon Ch. Robin; elles représenteraient une simple substance amorphe qui prendrait la forme membraneuse en cheminant dans les espaces interfibrillaires. On ne peut la voir que sur des coupes minces et perpendiculaires, prises sur des faisceaux musculaires desséchés, et ensuite ramollis. En s’unissant entre elles dans leur trajet, elles divisent la cavité principale en cavités plus petites, contenant chacune un groupe de fibrilles : d’où il suit que les faisceaux primitifs, par leur mode de constitution, répéteraient en quelque sorte, sous des dimensions microscopiques, le muscle tout entier. L’ensemble des canaux résultant de l’union de ces cloisons est connu aujourd’hui sous le nom de champs de Conheim.

Comment se comporte le sarcolemme aux deux extrémités des fibres musculaires? Rowman pense qu’il disparaît, et que les fibres tendineuses se soudent aux fibrilles élémentaires. Mais l’observation nous montre très nettement que la cavité circonscrite par le sarcolemme est close de toutes parts, et qu’il se termine à chacune de ses extrémités par un cône à sommet arrondi. C’est donc sur le sarcolemme lui-

adhérents par un point de leur circonférence au même noyau. — 4, 4, 4. Autres séries de disques, libres aussi par leurs deux faces et toute leur circonférence, à l’exception d’un point par lequel ils se trouvent en connexion avec le noyau correspondant.

Fig. D. — Faisceau primitif incurvé sur son axe, dont tous les disques sont isolés comme dans la figure précédente. — 1, 1. Disques désunis, mais encore adhérents au noyau qui leur est commun. — 2. Disques réunis par un noyau qui n’est pas visible sur cette face. — 3, 3. Disques entièrement libres, mais qui ont conservé leur situation relative.

Fig. E. — Disques dont les surfaces sont planes et non sinueuses, comme celles des disques représentés dans les figures précédentes. — 1,1. Ces disques divergents à la manière des branches d’un éventail. — 2. Noyau qui les réunit. — 3. Surface de l’un d’eux, sur laquelle on remarque une multitude d’anneaux microscopiques qui correspondent chacun à la rupture d’une fibrille élémentaire.

Fig. F. — Disque isolé et vu par l’une de ses faces. — 1, 1, 1. Noyaux auxquels le disque adhérait par sa circonférence et dont il a emporté une partie en se détachant. — 2. Anneaux représentant chacun un segment de fibrille élémentaire.

même, que s'attachent les fibrilles; c’est par son intermédiaire que celles-ci se continuent avec les fibrilles tendineuses. Au niveau de cette continuité, la fibre musculaire est reçue dans la partie correspondante du tendon, à la manière d’un cône plein dans un cône creux. Les fibrilles du faisceau primitif s’insèrent sur la surface interne de la cavité du cône, et les fibrilles tendineuses sur leur surface externe.

Bien que la soudure de l’élément contractile et de l’élément fibreux ait lieu par l’intermédiaire du sarcolemme, elle est si intime et si parfaite, elle est douée d’une telle résistance, qu’à la suite des plus violents efforts ce n’est pas sur le point d’union des deux éléments que porte la rupture, mais sur l’un ou sur l’autre, le plus habituellement sur l’élément tendineux.

Quelle est la nature du sarcolemme? 11 a été rattaché par quelques anatomistes au tissu conjonctif, et par d’autres au tissu élastique. M. Rouget se range à là première opinion. J’incline à penser avec Ch. Robin que l’enveloppe des faisceaux primitifs est de nature élastique ; et peut-être serait-il mieux encore de la considérer comme de nature spéciale. Cette membrane diffère, en effet, du tissu conjonctif par son élasticité ; elle en diffère par sa résistance ; elle en diffère surtout par ja propriété qu’elle possède de résister aux réactifs les plus énergiques, propriétés qui lui permettent de remplir à l’égard des fibrilles contractiles le rôle d’un puissant moyen de protection. Soumettez à l’action d’un réactif énergique les faisceaux musculaires, bientôt le tissu cellulaire disparaîtra; artères, veines, nerfs, disparaîtront à leur tour; mais le sarcolemme survivra quelque temps encore à cette ruine générale. Or une membrane douée d’une telle puissance d’inaltérabilité peut-elle être assimilée au tissu conjonctif, celui de tous nos tissus qui s’altère, au contraire, et se détruit avec le plus de rapidité !

d. Fibrilles élémentaires. — Le nombre des fibrilles renfermées sous une commune enveloppe, et faisant partie du même faisceau primitif, est très considérable. Pour les plus petites fibres musculaires, il s’élève au moins à 50 ou 60 ; et pour les plus considérables, à plusieurs centaines. Leur diamètre, par conséquent, est des plus minimes; il ne dépasse pas Omm, ooi. gur qes coupes perpendiculaires de faisceaux desséchés, et traitées par l’ammoniaque, on peut facilement les comparer entre elles, et l’on remarque qu’elles offrent toutes à peu près le même volume.

Les fibrilles, comme les faisceaux primitifs qu’elles constituent, présentent des stries transversales, alternativement sombres et claires, et d’égale épaisseur. Toutes les stries sombres occupent le même niveau; elles se juxtaposent; il en est de même des stries claires. De là la facilité avec laquelle un faisceau primitif se laisse décomposer en segments, les particules claires se dissolvant, les particules sombres

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