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VAISSEAUX DES MUSCLES

replis ne se montrent pas seulement sur le trajet des branches intermusculaires, mais aussi sur tous les rameaux et ramuscuîes qui cheminent entre les faisceaux des divers ordres. C’est même sur les veines intramusculaires qu’on les rencontre ordinairement en plus grand nombre. Les petits ramuscuîes veineux en sont pour ainsi dire criblés; souvent les valvules font défaut sur les branches, quelquefois aussi sur les rameaux; mais les ramuscuîes n’en sont jamais privés. Ainsi, par exemple, la veine faciale, la veine ophthalmique, ne possèdent pas de valvules; mais toutes les veinules qui émanent des petits muscles de l’œil et de la face en sont richement pourvues. C’est, pourquoi on réussit assez facilement à injecter les veines musculaires jusqu’à la périphérie des muscles, et jamais ou, très exceptionnellement, dans leur épaisseur.

3° Vaisseaux lymphatiques. — Sur le trajet des principaux vaisseaux des membres, des parois thoraciques et abdominales, on observe des troncs lymphatiques. Quel est le point de départ de ces troncs? Si l’on considère qu’ils ne proviennent ni des artères, ni des veines, ni des nerfs, puisque ces organes en sont dépourvus, ni du tissu conjonctif, ni du tissu osseux qui en sont privés aussi, on sera conduit, par voie d’élimination, à admettre qu’ils tirent leur origine du système musculaire.

Cette conclusion est confirmée par tous les faits de détail recueillis jusqu’à ce jour. Ainsi on a pu suivre des vaisseaux lymphatiques sur le trajet de l’artère ischiatique et sur le trajet de l’artère obturatrice, qui ne pouvaient évidemment venir que des muscles auxquels elles se distribuent. J’ai injecté ces vaisseaux sur la face interne du grand fessier, sur la périphérie du grand adducteur de la cuisse, sur la face profonde du grand pectoral, à leur sortie de ces muscles. Si on ne les a pas encore aperçus sur les muscles de plus petites dimensions, ce résultat négatif ne saurait être imputé à leur absence, mais bien plutôt à leur ténuité, et à la difficulté extrême que présente leur injection.

Ces vaisseaux sont, du reste, faciles à injecter sur le cœur; plus faciles encore à injecter sur le diaphragme, où l’on peut les suivre, ainsi que je l’ai démontré, jusque dans les interstices des principaux faisceaux qu’ils enlacent de leurs anastomoses. Je les ai injectés aussi sur les muscles intercostaux chez l’homme et plusieurs mammifères, sur la surface externe de l’œsophage chez le cheval et le bœuf ; leur nombre est tel sur la tunique longitudinale de ce conduit qu’ils la recouvrent presque entièrement de leurs anastomoses (1).

L’existence des vaisseaux lymphatiques dans les muscles est donc un fait hors de toute contestation. Ils naissent des faisceaux primitifs. Sur les muscles des membres et du tronc, sur la surface du cœur, ils sui-

(1) Sappey, Traité des vaisseaux lymphatiques, p. 75, 116, 120. PL XXIV, XLII1, XL1V.

MYOLOGÏE.

vent le trajet des vaisseaux sanguins. Sut* le diaphragme, sur l’œsophage, ils restent indépendants de ces vaisseaux.

D. Nerfs des muscles.

Les nerfs qui vont se ramifier dans les muscles et qui président à leur contraction ne sont pas répartis d’une manière égale. Il existe entre eux à cet égard de très grandes différences. Le nombre des filets nerveux paraît être en raison inverse des masses musculaires qu’ils animent : voyez l’énorme volume du grand fessier et la ténuité des nerfs qu’il reçoit; comparez les grandes dimensions du troisième adducteur et du triceps de la cuisse aux blets qui les pénètrent. A l’aspect d’un tel contraste, on reste surpris que des divisions si grêles puissent suffire pour distribuer l’influx nerveux à une si prodigieuse quantité de fibres musculaires. Les muscles de moyennes dimensions reçoivent des nerfs relativement plus gros. Les plus petits sont mieux partagés encore; ceux des éminences thénar et hypothénar, ceux de la face, de la langue, etc., sont particulièrement privilégiés sous ce rapport. Ils le sont moins cependant que les muscles de l’œil, remarquables entre tous par la richesse des plexus nerveux qu’on observedans leur épaisseur. Le volume des nerfs n’est donc nullement proportionnel à la masse des muscles; il semble plutôt subordonné à la fréquence, à la rapidité, à l’agilité des mouvements qui se produisent sous leur influence.

Le nombre des nerfs qu’on voit pénétrer dans les muscles est aussi très variable. En général, les muscles courts ne possèdent qu’un seul filet nerveux; mais les muscles larges et les muscles longs en reçoivent plusieurs. Le plus long de tous, le muscle couturier, en présente six ou huit échelonnés sur son bord interne. Lorsqu’un muscle long se compose d‘une série de faisceaux courts, comme les muscles spinaux, il existe un nerf pour chaque faisceau; de là celte longue suite de filets nerveux qui séparent le sacro-lombaire du long dorsal et celui-ci du transversaire épineux. Sur les muscles longs composés de deux ou trois faisceaux, tels que le biceps huméral, le triceps fémoral, etc., on compte au moins un rameau nerveux pour chacun de ceux-ci, et souvent davantage. — Tantôt ces nerfs émanent de la même branche à des hauteurs inégales. Tantôt ils naissent de branches différentes, comme ceux du couturier, et même de sources très éloignées : c’est ainsi que le grand adducteur de la cuisse, animé surtout par le nerf obturateur, reçoit en outre quelques ramifications du nerf grand sciatique; il se trouve placé à la fois sous la dépendance du plexus lombaire et du plexus sacré.

Les nerfs pénètrent dans les muscles par leur face profonde. Quant à leur point d’immersion, les auteurs ne sont pas d’accord. Selon Chas-

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