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NERFS DES MUSCLES

saignac, c’est par leur quart supérieur que les filets nerveux pénètrent dans le plus grand nombre des muscles (1). Suivant M. Lantenois, ils entrent dans ces organes au niveau de leur tiers supérieur (2). Malgaigne (3) admet que le point d’immersion répond le plus habituellement à leur tiers moyen. Il résulte de mes observations que les rameaux nerveux pénètrent dans l’immense majorité des muscles par la moitié supérieure de leur partie charnue, mais à une hauteur du reste très variable. Cette loi ne comporte qu’un petit nombre d’exceptions.

La direction des nerfs est telle, qu’au moment de leur immersion ils forment avec l’axe des muscles un angle aigu dont l’ouverture regarde en haut. Cependant, lorsque les rameaux nerveux pénètrent dans ces organes, parleurs bords, comme ceux qui se rendent au muscle droit de l’abdomen, et plusieurs de ceux qui sont destinés aux muscles de la face, leur incidence se rapproche beaucoup de la perpendiculaire.

Quelques nerfs musculaires accompagnent les vaisseaux sanguins; ainsi se comportent le nerf circonflexe ou axillaire, le nerf sus-scapulaire, le nerf massétérin, les nerfs du crotaphite, du grand pectoral, etc. Mais souvent aussi ils suivent un trajet indépendant.

Dans l’épaisseur des muscles, les troncs nerveux se partagent en branches, rameaux et ramuscules qui cheminent, comme les artères et les veines, dans les cloisons celluleuses, et qui croisent les faisceaux contractiles en échangeant de nombreuses anastomoses. De ces divisons se détachent des ramifications composées d’un petit nombre de tubes; puis ceux-ci se séparent pour cheminer isolément. Après un trajet plus ou moins long, certains tubes se bifurquent, et chacune de leurs divisions peut se diviser et se subdiviser encore.

Bien que les divisions aient un diamètre moins considérable que celui du tube générateur, elles offrent aussi un double contour et se composent des mêmes éléments; chacune d’elles est manifestement formée d’une gaine munie de noyaux, d’une couche médullaire, et d’un cylinder axis.

Parvenus à leur extrémité terminale, les tubes nerveux pénètrent dans les faisceaux primitifs, sous une incidence très variable. La gaine du tube s’évase et se continue avec le sarcolemme au niveau du point d’immersion. La couche médullaire cesse brusquement et complètement à ce niveau. Le cylinder d’axe traverse le myolemme et se termine par un épanouissement qui s’étale entre la face interne de cette enveloppe et les fibrilles élémentaires : c’est à cette partie renflée du cylinder axis que M. Rouget a donné le nom de plaque terminale , appelée aussi par quelques auteurs plaque motrice. Elle se présente

(1) Chassaignac, Nerfs et muscles ( Bullet . de la Soc. anat ., 1832, p. 105).

(2) Lantenois, thèse, Paris, 1826.

(3) Malgaigne, Anatomie chirurgicale, 2e édit., t. I, p. 122.

MYOLOGIE.

sous l’aspect d’une substance granuleuse, de 0ram,004 à 0mm,006 d’épaisseur, de figure ovalaire, essentiellement caractérisée par la présence de noyaux ovoïdes, au nombre de 6 à 13. Bien que les plaques terminales soient en contact immédiat avec les fibrilles contractiles, comme elles n’occupent qu’un point très limité de la périphérie des faisceaux primitifs, on voit que l’influx nerveux n’est transmis directement qu’à un très petit nombre de ces fibrilles, et qu’il se propage ensuite de celles-ci à toutes les autres.

Pour observer le mode de distribution des nerfs dans les muscles, et surtout leur mode de terminaison, il importe de choisir des muscles minces à fibres courtes. Il importe en outre que ces muscles soient pris' sur un animal vivant ou récemment mort. On rend cette étude plus facile en les immergeant pendant vingt-quatre heures dans une solution d’acide chlorhydrique (1 partie d’acide pour 1000 parties d’eau distillée).

Historique de la découverte du mode de terminaison des nerfs dans les muscles. — Ce mode de terminaison a été le sujet d’un très grand nombre de travaux, qui ont d’abord donné naissance à deux opinions très différentes. L’une, formulée par Prévost et Dumas, admet que les fibres nerveuses, parvenues à leurs dernières divisions, se réfléchissent autour des fibres musculaires pour décrire un coude et retourner ensuite à leur point de départ. L’autre affirme que les fibres nerveuses, arrivées à leur destination, s’épuisent dans le tissu contractile : cette seconde opinion était la mieux fondée. Les anses signalées par MM. Prévost et Dumas n’étaient que des anastomoses ; tous les observateurs s’accordent aujourd’hui pour reconnaître que les nerfs se terminent par des extrémités libres.

Reichert pensait que les tubes nerveux se terminent à la surface des faisceaux primitifs par une extrémité libre et effilée.

Margo, en 1861, affirme qu’ils pénètreut dans ces faisceaux en se divisant et subdivisant pour se continuer avec leurs noyanx.

Kiiline, en 1803, déclare aussi que les tubes nerveux entrent dans les faisceaux primitifs sous la forme d’une fibre pâle, laquelle se divise en deux ou trois tubes plus déliés. Il ajoute que ces divisions portent sur les côtés ou à leur extrémité terminale des organes particuliers, analogues aux corpuscules de Paecini. Les conclusions de son travail furent presque aussitôt combattues par Schiff, Kôlliker et Krause, qui se rangèrent à l’avis de Reichert.

En 1863, il y avait donc deux opinions, l’une et l’autre assez vaguement formulées, sur le point où se terminent les tubes nerveux. La plupart des auteurs arrêtaient ces tubes à la surface du sarcolemme. Quelques-uns les faisaient pénétrer dans sa cavité. Quant au mode de terminaison, autant d’observateurs, autant d’opinions.

structure des tendons. 39

Tel était l’état de la science, lorsque parurent, au mois de septembre de la même année, les recherches de M. Rouget. Elles étaient nettes, précises, concluantes. Engelmann et Valdeyer, dès l’année suivante, confirmèrent l’existence des plaques motrices. Kühne lui-même abandonnait son opinion pour accepter celle de l’auteur français, qui rallie aujourd’hui presque tous les suffrages. Cette opinion est celle qui a été précédemment exposée. J’ai pu, sur presque tous les points, contrôler et vérifier les observations qui lui servent de base.

IL — Structure des tendons.

Les tendons et les aponévroses d’insertion ont pour éléments essentiels des faisceaux de nature fibreuse, denses et flexibles, extrêmement résistants, auxquels ils sont redevables de leurs attributs les plus caractéris-

Mode de terminaison des tubes nerveux dans La fibre musculaire striée.

Fig. 278. — Fibre du muscle sterno-hyoïdien de l’homme et son tube nerveux. — 1, 1. Fibre musculaire. — 2. Tube nerveux. — 3. Substance médullaire de ce tube qu’on voit se prolonger jusqu’à la plaque terminale, où elle disparait. — 4. Plaque terminale située entre le sarcolemme et les fibrilles élémentaires. — 5, 5. Sarcolemme et noyaux sous-jacents à cette enveloppe.

Fig. 279. — Fibre du muscle intercostal du lézard, dans laquelle vient se terminer un tube nerveux. — 1, 1. Gaine du tube nerveux. — 2. Noyau de cette gaine. — 3, 3. Sarcolemme se continuant avec la gaine. — 4. Substance médullaire cessant brusquement au niveau de la plaque terminale. — 5, 5. Plaque terminale. — 6, 6. Noyaux de cette plaque. — 7, 7. Substance granuleuse qui en forme l’élément principal. — 8, 8. Sarcolemme. — 9, 9. Noyaux sous-jacents à cette enveloppe.

Fig. 280. Fibre d’un muscle de l’avanl-bras du poulet, dans laquelle on voit péïiétrer un tube nerveux. —1,1. Gaine. — 2, 2. Noyaux de cette gaine. — 3. Substance médullaire disparaissant au niveau de la plaque terminale. — 4, 4. Plaque terminale. — 5, 5. Sarcolemme.

Ces trois figures sont tirées du mémoire que M. Rouget a publié en 1862 dans le tome V du Journal de physioloyie de M. Brown-Séquard.

MYOLOGIE.

tiques. Ils comprennent eu outre, dans leur composition, des cellules, des libres de cellules, du tissu conjonctif, des artères, des veines, des nerfs et du tissu adipeux.

A. Faisceaux primitifs des tendons.

La disposition des faisceaux tendineux répète celle des faisceaux musculaires, ou du moins elle olfre avec celle-ci la plus grande analogie. Pour rappeler celte analogie de constitution, j’ai donné aux plus déliés d’entre eux le nom de faisceaux primitifs. De la réunion de ces faisceaux primitifs naissent les faisceaux secondaires, et du groupement dè ceux-ci les faisceaux ternaires, quaternaires et enfin des faisceaux principaux. On peut dire d’une manière générale que la segmentation est portée moins loin dans les tendons que dans les muscles.

Les faisceaux des divers ordres revêtent aussi la forme de prismes à trois, quatre ou cinq facettes. Mais les angles qui séparent ces facettes sont presque toujours plus ou moins émoussés, en sorte que les prismes ont une commune tendance à s’arrondir. Beaucoup de faisceaux sont en effet irrégulièrement cylindriques. Ils s’appliquent les uns aux autres par leurs facettes, et ne se trouvent alors séparés que par un faible intervalle. Lorsque plusieurs faisceaux se correspondent par un de leurs angles, on observe au niveau de leur point de rencontre un espace d’autant plus grand, que le nombre des prismes, contribuant à le limiter, est plus considérable. Il n’est pas rare d’observer sur une coupe transversale des espaces circonscrits par quatre ou cinq faisceaux, offrant la figure d’un polygone irrégulier. C’est dans ces espaces interfasciculaires, de dimensions et de formes si différentes, et tous continus entre eux, que cheminent les vaisseaux et les nerfs.

Les faisceaux primitifs des tendons diffèrent à peine par leur volume, des faisceaux primitifs des muscles. Us présentent une forme à peu près cylindrique. Les intervalles qui les séparent, bien que très minimes, se voient avec netteté cependant sur les coupes transversales.

B. Cellules et fibres de cellules.

Daus tous les tendons on rencontre des cellules et des libres de cellules. Les cellules se présentent sous trois formes différentes : les unes sont ovoïdes, les autres quadrilatères, et d’autres cylindriques.

Les cellules ovoïdes ont pour siège spécial les points d’attache des tendons ; on les rencontre en grand nombre sur l’extrémité inférieure du tendon d’Achille, du ligament rotulien, dn demi-membraneux, etc., c’est donc sur ces divers points qu’il convient de les étudier. Lorsqu’elles sont en pleine évidence, on remarque qu’elles se trouvent très rap-

STRUCTURE DES TENDONS

prochées au voisinage des os; en réalité elles appartiennent à la classe des cellules cartilagineuses. En s’éloignant de la surface osseuse, elles s’écartent ; et parmi ces cellules plus espacées on constate facilement au milieu de cellules isolées des cellules qui en contiennent d’autres plus petites. Dans certaines cellules il existe deux, trois, quatre, six, et jusqu’à huit, dix ou douze cellules de nouvelle génération. — On voit en outre les cellules se diposer en séries linéaires, d’abord assez courtes, puis de plus en plus longues : ainsi juxtaposées, elles constituent tantôt de simples rangées à cellules indépendantes, et tantôt des fibres de cellules fusiformes. Les unes et les autres sont caractérisées par la direction des noyaux, tous perpendiculaires à l’axe des rangées ou des fibres, d’où leur aspect strié. A une distance variable du point d’attache, ces cellules et fibres de cellules striées disparaissent le plus habituellement.

Les cellules quadrilatères sont répandues en grand nombre sur toute la longueur des tendons; elles forment de longs rubans, qui remplissent les espaces compris entre les faisceaux primitifs.

Les cellules cylindriques, plus multipliées encore que les précédentes, se continuent par leurs extrémités et forment des fibres en général très déliées, qui se mêlent aux fibres plus volumineuses constituées par les cellules quadrilatères ; elles entourent aussi les faisceaux primitifs. De distance en distance on observe sur leur trajet le noyau de chacune des cellules qui contribuent à les former.

Les faisceaux primitifs se composent de fibres de tissu conjonctif, parallèles, qui adhèrent les unes aux autres par simple contiguïté. — Entre ces faisceaux primitifs on n’observe ni vaisseaux, ni filaments nerveux, ni cellules adipeuses.

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