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C. Tissu conjonctif des tendons

Le tissu conjonctif se comporte à l’égard des tendons comme à l’égard des muscles. Il s’étale d’abord sur toute leur périphérie pour leur former une gaine générale, dense et résistante. De la face interne de cette enveloppe cellulo-fibreuse partent des cloisons qui pénètrent dans les interstices des faisceaux, en se divisant et s’unissant par leurs bords ; de là autant de gaines à calibre décroissant.

La gaine générale est mince, demi-transparente, lisse, unie et très adhérente. Lorsqu’on soumet à l’action de l’eau bouillante un tronçon de 1 ou 2 centimètres de longueur, elle se rétracte plus que les faisceaux. Ceux-ci, découverts et libres à leurs extrémités, se renflent considérablement, et sont comme étranglés vers leur partie moyenne par la gaine, qui prend alors l’aspect d’un large lien circulaire. Cette enveloppe cellulo-fibreuse des tendons se compose de petits faisceaux de fibres cou-

jonctives, dont la plupart affectent une direction transversale. C’est dans son épaisseur que rampent d’abord les vaisseaux et les nerfs, en échangeant de nombreuses anastomoses, afin de répartir d’une manière moins inégale les sucs nutritifs et l’influence nerveuse. Elle est donc remarquable par sa richesse vasculaire, par sa vitalité, par la part importante qu’elle prend à la nutrition des tendons et à la restauration de ces organes, lorsqu’ils ont été blessés ou divisés. On peut la comparer au périoste; elle en possède la structure et les attributions ; elle joue aussi le même rôle à la suite de la rupture ou section des tendons.

Les gaines qui entourent les faisceaux se comportent envers ceux-ci comme la gaine générale envers la masse totale du tendon. Elles (reviennent seulement de plus en plus minces et simplement celluleuses. Les plus déliées sont donc celles qui entourent les faisceaux secondaires. Cet amincissement cependant 11e se produit pas d’une manière régulière; au niveau des grands espaces interfasciculaires, toutes les gaines se confondant, la trame celluleuse reprend plus d’épaisseur et d’importance.

Au tissu conjonctif des tendons se trouvent mêlées quelques fibres élastiques très déliées. Dans les cloisons celluleuses, 011 remarque en outre sur certains points les cellules de cartilage précédemment décrites.

A tous ces éléments s’ajoutent encore des cellules adipeuses, dont l’existence est constante, même chez les individus les plus émaciés.

D. Vaisseaux des tendons.

Dans un travail présenté en 1866 à l’Académie des sciences (1), j’ai démontré que les tendons, considérés jusqu’alors comme très peu vasculaires, étaient au contraire riches en vaisseaux,

Ces vaisseaux émanent de ceux du voisinage. Quelques-uns, très déliés, s’épuisent dans la gaine et les faisceaux superficiels. Les autres, plus développés, pénètrent dans l’intervalle des faisceaux tendineux, en se divisant, se subdivisant, et s’anastomosant sur toute l’étendue de leur trajet. A leur extrémité terminale on voit les artères et les veines se continuer par l’intermédiaire des capillaires; de celle continuité résultent de longues séries d’arcades qui forment des bouquets sur certains points, et sur d’autres des rangées simples, doubles ou multiples d’un aspect très élégant ; ces arcades, groupées autour des principaux vaisseaux, comme autour d’un axe, répondent par leur convexité aux faisceaux tendineux ; c’est surtout dans les grands espaces interfasciculaires qu’elles se multiplient et qu’elles étalent tout le luxe de leurs variétés.

Parvenues au niveau des faisceaux secondaires, composés uniquement de faisceaux primitifs, les artères et les veines, réduites à la plus

J) Comptes rendus de V Académie des sciences > 1886, t. LXII, p. 1116,

STRUCTURE DES TENDONS

extrême ténuité, s’arrêtent sur leur contour. Aucune ramification vasculaire ne pénètre dans leur épaisseur. Ils puisent leurs sucs nutritifs dans les capillaires environnants, et se comportent à cet égard par conséquent comme les faisceaux primitifs des muscles, avec cette différence toutefois que dans les muscles chaque faisceau primitif est entouré d’un réseau de capillaires, tandis que dans les tendons ces mêmes réseaux entourent les faisceaux secondaires.

Les vaisseaux, sur toute l’étendue de leur trajet, se trouvent situés dans l’épaisseur des cloisons celluleuses qui séparent les faisceaux des divers ordres. Autour de leurs principales branches se déposent des cellules adipeuses, souvent assez multipliées pour les voiler en partie.

E. Nerfs des tendons.

Ces nerfs, dont j’ai donné aussi la description dans mon mémoire sur la structure des parties fibreuses, sont remarquables par leur nombre et leur volume. Ils suivent les principaux vaisseaux auxquels ils se trouvent accolés dans toute l’étendue de leur trajet. Quelquefois cependant ils s’en écartent ou les croisent sous des angles divers.

De même que les artères et les veines, les rameaux nerveux s’anastomosent fréquemment dans le trajet qu’ils parcourent. Ils forment ainsi, dans l’épaisseur de la gaine commune et dans chacune des cloisons qui s’en détachent, autant de plexus dont les mailles s’entrelacent avec celles des réseaux sanguins. Au niveau des arcades terminales des vaisseaux, les dernières ramifications nerveuses affectent une disposition remarquable : un filament unique, formé de trois, quatre ou cinq tubes seulement, passe perpendiculairement sur les piliers des arcades, puis les tubes se séparent et disparaissent. Ces tubes pénètrent-ils dans les faisceaux primitifs? se perdent-ils sur les parois des vaisseaux, ou dans le tissu conjonctif? toutes ces questions restent à résoudre.

Les tubes nerveux des tendons offrent un double contour : tous sont pourvus d’une enveloppe, d’une couche médullaire et d’un cylinder axis. Dans les troncs ils conservent leur diamètre ordinaire, très inégal du reste ; il en est de gros, de moyens et de très fins. A mesure que leur nombre diminue, leur volume se réduit aussi. Sur les divisions terminales il n’est plus représenté que par le cylindre d’axe, d’où les difficultés qu’on rencontre lorsqu’on cherche à reconnaître leur mode de terminaison.

Quelles sont les attributions de ces nerfs? Aux ligaments, ils communiquent la sensibilité toute spéciale qu’ils présentent. Mais les tendons ne sont pas sensibles, ou le sont à peine. Présider à la contractilité des vaisseaux et à la nutrition du tissu conjonctif, telle paraît être leur destination.

IVe ÉDIT.

§ 8. — Composition chimique des muscles striés.

Les muscles striés ont été soumis à l’analyse par un grand nombre d’auteurs. Mais ces analyses ayant porté à la fois sur le tissu musculaire et les divers éléments auxquels il se trouve mêlé ont donné des résultats complexes qui doivent être considérés comme simplement approximalifs.

Le tissu musculaire, comme la plupart des autres tissus de l’organisme, est remarquable par la grande quantité d’eau qu’il contient. Elle varierait, suivant Bibra, de 72 à 74 parties sur 100, et s’élèverait à 77 selon Berzelius et Braconnot.

Le principe constituant des fibrilles contractiles est représenté par la fibrine musculaire ou syntonine de Lehmann, musculine de Ch. Robin et Yerdeil. Cette substance a été longtemps confondue avec la fibrine du sang. Liebig, le premier, a démontré qu’elle en diffère très notablement, bien que les deux espèces de fibrines présentent la même composition élémentaire. — Immergée dans une solution extrêmement étendue d’acide chlorhydrique (1 partie d’acide pour 1000 parties d’eau distillée), la musculine se dissout ; la fibrine coagulée se gonfle, prend un aspect gélatineux, mais ne se dissout pas. — Les cendres de la musculine ne renferment point de fer, tandis que celles de la fibrine du sang en présentent constamment. — En outre, les expériences de Magendie ont établi que la première est beaucoup plus nutritive que la seconde.

Dans l’eau qui prend une part si importante à la composition du tissu musculaire, on trouve, à l’état de dissolution : une certaine quantité d’albumine ; un peu de gélatine ; de l’inosite, matière sucrée isomère de la glycose ; plusieurs substances azotées, telles que la créatine, la créatinine, la sarkine, la sarkosine, l’acide inosique, et des substances formées en proportions variables de stéarine, de margarine, d’oléine, et surtout d’acide oléo-phosphorique.

L’analyse suivante, due à Berzelius, détermine les proportions des divers principes qui entrent dans la composition du tissu musculaire :

Eau 77,17

Fibrine 15,80

Gélatine 1,90

Albumine 2,20

Substances solubles dans l’eau 1,05

Substances solubles dans l’alcool 1,80

Sels insolubles 0,08

Les sels solubles sont représentés principalement par le phosphate acide de potasse, et les sels insolubles par le phosphate de chaux. Réunies, les substances organiques du tissu musculaire en représentent

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