MUSCLES DE LA RÉGION ANALE
L’aponévrose lombo-iliaque n’est unie aux deux muscles qu’elle recouvre que par un tissu conjonctif extrêmement lâche. Sur le muscle psoas, ce tissu offre à peine quelques traces de cellules adipeuses. Mais au niveau du muscle iliaque celles-ci se déposent ç.à et là sous forme d’îlots, qui parfois se réunissent et constituent une large couche cellulograisseuse. Par sa surface externe, celte aponévrose adhère à peine aux parties correspondantes, qui s’en laissent très facilement détacher.
Le fascia iliaca est essentiellement constitué par des fibres transversales très apparentes, d’autant plus nombreuses et plus rapprochées qu’elles deviennent plus inférieures. Ces fibres embrassent donc perpendiculairement les muscles qu’elles sont destinées à brider dans leur situation. Elles se montrent rares et faibles supérieurement, où ceux-ci s’attachent largement aux surfaces osseuses et n’offrent aucune tendance à se déplacer; très multipliées et très résistantes au-dessus du pli de l’aine, c’est-à-dire au niveau de la gouttière sur laquelle ils se réfléchissent, et dont ils tendent à sortir dans l’état de flexion de la cuisse ou du bassin. A ce plan de fibres transversales et curvilignes vient s’ajouter un plan de fibres longitudinales représentées par le tendon du petit psoas. Ces fibres s’entremêlent aux précédentes, leur adhèrent étroitement, et renforcent très notablement l’aponévrose lombo-iliaque.
§ 4. — Région anale.
Elle comprend trois muscles, Yischio-coccijgien , le releveur et le sphincter externe de Vanus. Les deux premiers sont pairs, minces et membraneux; le troisième est impair et médian.
Préparation. — Les muscles de la région anale forment le plancher de l’excavation du bassin. Pour en prendre une notion complète, il importe de les étudier par leur face inférieure et par leur face supérieure. Deux préparations sont donc nécessaires.
1° Étude des muscles de la région anale par leur face inférieure. — Le sujet étant couché sur le dos, fléchir les cuisses sur l’abdomen, distendre la partie inférieure du rectum, et enlever la peau de la région, ainsi que la couche adipeuse sous-jacente, en usant de ménagements, afin de conserver dans son intégrité le sphincter, de l’anus. En procédant des parties superficielles vers les parties profondes, on découvrira toute la surface de ce muscle, et l’on rencontrera une large excavation anguleuse qui sépare l’ischion du releveur de l’anus. Celui-ci forme la paroi interne de l’excavation; en poursuivant la dissection, il sera facile de le mettre en évidence ; dans ce but, excisez la partie interne du grand fessier, détachez ensuite, couche par couche, le grand et le petit ligament sacro-sciatique; l’ischio-coccygien est immédiatement au-dessous de leur extrémité supérieure.
2° Étude des mêmes muscles par leur face supérieure. — On ne peut avoir une connaissance exacte de Ja forme du plancher de l’excavation pelvienne qu’eu l’examinant par sa face supérieure et dans son ensemble. Pour
MYOLOGIE.
faire cette seconde préparation, il faut enlever la plus grande partie de la paroi postérieure de l’excavation, à l’aide de deux traits de scie obliques et convergents, réunis par un troisième appliqué sur la partie inférieure du sacrum et transversalement dirigé. Le sommet de l’os, soudé au coccyx, se renversera alors en arrière et laissera une voie suffisamment large pour détacher avec facilité toutes les parties qui recouvrent les deux releveurs et les deux ischio-coccvgiens. Le rectum sera disséqué avec soin et conservé. Mais on enlèvera la vessie, les vésicules séminales, les vaisseaux et les nerfs, ainsi que l’aponévrose pelvienne immédiatement appliquée sur les muscles et adhérente à ceux-ci, afin de suivre les fibres du releveur jusqu’à leur extrémité terminale ou inférieure. Incisez alors la symphyse pubienne, puis renversez en dehors les deux moitiés latérales de l’excavation; dans ces conditions, les quatre muscles qui forment le plancher deviendront très accessibles au scalpel et à la vue.