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Muscle bulbo-cavcrneux

Le bulbo-caverneux est un muscle impair, médian et symétrique, situé sur le bulbe de l’urèthre qu’il entoure, comme le précédent entoure l’origine des corps caverneux. Allongé et très exactement moulé sur le bulbe, il revêt l’aspect d’une gaine cylindroïde, large et arrondie en arrière, beaucoup plus étroite et bifurquée en avant.

Insertions. — Ce muscle est partagé en deux moitiés symétriques par une cloison fibreuse qui se prolonge en arrière jusqu’au rectum, et qui comprend, par conséquent, deux portions bien distinctes. — La portion antérieure, longue, unie en haut au bulbe de l’urèthre, en bas à l’aponévrose périnéale inférieure, se présente sous l’aspect d’un simple raphé ; elle forme la partie médiane du bulbo-caverneux. — La portion postérieure, beaucoup plus courte, mais plus haute, conserve au contraire tons les attributs d’une véritable cloison, d’où les noms de cloison médiane, de lame fibreuse médiane du périnée qui lui ont été donnés. Continue en avant, avec l’aponévrose[moyenne du périnée, elle est recouverte en arrière par les fibres les plus superficielles du sphincter de l’anus. C’est sur elle aussi que nous avons vu s’attacher les fibres antérieures des releveurs. C’est elle qui est le point de départ des fibres postérieures du bulbo-caverneux.

Ces fibres postérieures contournent la base du bulbe de l’urèthre et s’insèrent sur la partie supérieure de celui-ci. — Du raphé médian partent d’autres fibres en grand nombre qui se dirigent en haut et en arrière en embrassant le corps du bulbe pour aller se fixer sur sa face supérieure par des fibres tendineuses entre-croisées avec celles du côté opposé. — De l’extrémité antérieure du même raphé émanent deux minces bandelettes charnues qui se portent en haut et en dehors, en remontant sur les côtés du bulbe, puis sur les côtés des corps caverneux, et qui se terminent ensuite d’une manière variable. D’après Cobelt, elles s’élèveraient jusqu’à la ligne médiane, puis se termineraient au-devant du ligament suspenseur de la verge par des fibres aponévrotiques entrecroisées qui comprimeraient la veine dorsale profonde pendant l’érection. Je les ai toujours vues se perdre sur les côtés du ligament suspenseur.

En résumé, presque toutes les fibres du bulbo-caverneux s’étendent obliquement et parallèlement de son raphé et de la lame fibreuse médiane postérieure vers la partie supérieure du bulbe, qu’elles entourent ainsi d’une gaine complète. Elles sont disposées de chaque côté du raphé médian comme les barbes d’une plume sur leur tige commune.

Rapports. — La face externe de ce muscle est en rapport, en bas, avec l’aponévrose périnéale inférieure. Elle répond, en haut : l°à l’aponévrose

périnéale moyenne; 2° aux fibres les plus élevées du sphincter de l’anus qui viennent s’attacher sur cette aponévrose ; 3° aux filtres les plus profondes du transverse qui se réfléchissent pour venir se fixer aussi sur la même aponévrose au-devant des précédentes. — Par sa face interne ou concave le bulbo-caverneux s’applique au bulbe de l’urèthre qu’il entoure complètement et auquel il adhère par un tissu cellulaire assez dense.

Action . — Le bulbo-caverneux est un muscle constricteur. En comprimant le bulbe à la manière d’une gaine contractile, il en réduit le volume, rapproche les parois de l’urèthre au point d’effacer sa cavité, et concourt ainsi à l’émission de l’urine et à l’éjaculation du sperme.

1° A Vêmission de V uriné. — Lorsque ce liquide a été complètement expulsé de la vessie, la dernière colonne urinaire qui a pénétré dans l’urèthre, n’avant plus derrière elle une force capable de la mettre en mouvement, tend à séjourner dans ce canal ; mais alors le bulbo-caverneux se contracte et supplée en quelque sorte la vessie, d’où le nom de muscle accélérateur de l'urine qui lui a été donné.

2° A l'émission de la semence. — Les canaux éjaculateurs déposent la liqueur séminale dans la portion prostatique de l’urèthre; le muscle strié annexé à cette première portion entre aussitôt en action pour en rapprocher les parois et expulser ce liquide qui tend à refluer vers ses deux extrémités. Or l’extrémité profonde étant fermée par le sphincter de la vessie, il ne peut se porter que vers la seconde portion ou portion membraneuse du conduit, laquelle est entourée d’un muscle à fibres striées cl se contracte à son tour. Le sperme est transmis par conséquent à la portion bulbeuse, d’où il est projeté au dehors par les contractions énergiques du bulbo-caverneux. Trois muscles striés sont donc échelonnés sur la route que parcourt la liqueur séminale; tous les trois entrent successivement en action, mais à un si court intervalle que leurs contractions paraissent simultanées.

Le bulbo-caverneux n’est pas seulement destiné à projeter au dehors les dernières gouttes d’urine et le fluide spermatique. Il a encore pour usage de concourir à l’érection du gland, érection à laquelle il prend une part toute mécanique qui a été bien exposée par Cobelt. Les sensations voluptueuses dont cet organe devient le siège déterminent la contraction du bulbo-caverneux. En comprimant le bulbe, en exprimant, pour ainsi dire, le sang contenu dans ses aréoles, et en le projetant vers le gland, ce muscle contribué à développer le volume de celui-ci; et comme les sensations deviennent de plus en plus vives à mesure que son volume s’accroît, les contractions du muscle deviennent aussi de plus en plus énergiques; le gland réagit ainsi sur le bulbo-caverneux, et le bulbo-caverneux sur le gland, avec une intensité croissante, jusqu’au moment où l’orgasme vénérien, porté à ses dernières limites, produit l’éjaculation. .

MYOLOGIE.

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