III. — Muscles du tlioraxe
Les muscles prennent une large part à la formation des parois du thorax. L’un d’eux constitue à lui seul sa paroi inférieure : c’est le diaphragme, qui fait partie aussi de l’abdomen et qui a été précédemment décrit.
Les autres appartiennent aux parois verticales. Comme celui qui précède, ces derniers se rangent pour la plupart dans la classe des muscles larges. Mais, au lieu de s’étendre à toute la largeur de la paroi qu’ils occupent, ils ne parcourent pour la plupart qu’un très court trajet, occupant les espaces qui séparent les côtes, et alternant avec celles-ci, en sorte que leur nombre vient compenser leur peu d’étendue.
Les parois verticales de la poitrine diffèrent beaucoup sous ce point de vue de celles de l’abdomen : d’un côté, en effet, nous voyons des muscles peu nombreux, très larges et superposés; de l’autre, des muscles répandus en grand nombre, très courts, s’étageant de haut en bas et comme reliés les uns aux autres par des intersections osseuses. Au-dessus de ceux-ci, on observe il est vrai de larges plans musculaires qui les recouvrent. Mais ces larges muscles appartiennent bien plus au membre supérieur qu’ils sont destinés à mouvoir, qu’à la cavité thoracique sur laquelle ils prennent seulement un point d’appui.
Les muscles des parois verticales du thorax se divisent donc en deux groupes, les uns extrinsèques, les autres intrinsèques ; ils forment en un mot deux régions bien distinctes :
1° Une région superficielle ou antéro-latérale, composée des muscles qui s’étendent du thorax au membre supérieur ;
2° Une région profonde ou pariétale, constituée par les muscles qui font partie des parois thoraciques.
§ 1er. — Région thoracique antéro-latérale.
Elle comprend quatre muscles: le grand pectoral, le petit pectoral, le sous-clavier et le grand dentelé.
Préparation. — 1° Élever le thorax et placer le membre supérieur dans l’abduction, afin de tendre le grand pectoral; 2° faire sur la partie médiane du sternum une incision s’étendant à toute sa longueur, et sur le grand pectoral une autre incision qui partira de l’extrémité supérieure de la précédente, pour descendre jusque sous la paroi antérieure du creux de l’aisselle; 3° soulever successivement l’une et l’autre lèvre de cette seconde incision, en détachant aussi une mince aponévrose qui adhère au muscle sous-jacent; puis découvrir celui-ci en disséquant parallèlement à ses libres; 4° après avoir
MYOLOGIE.
étudié les insertions du grand pectoral, inciser sa portion claviculaire et la rejeter en bas pour voir la gouttière à concavité supérieure du tendon et les deux lames qui la forment; 5° diviser ensuite transversalement la portion sternale sur sa partie moyenne ; en la soulevant avec ménagement, on mettra en évidence ses insertions aux cartilages costaux; 6° isoler enfin le tendon du muscle, afin d’observer ses attaches et la bourse séreuse qui le sépare du biceps.
De l’étude du grand pectoral on passera à celle du petit. Il suffit d’enlever le premier pour mettre le second à découvert.
Au-dessus du petit pectoral se trouve le sous-clavier que masque une épaisse lame fibreuse. Celle-ci sera incisée parallèlement au muscle et ensuite détachée.
Les trois muscles qui recouvrent le grand dentelé étant connus, on divisera la clavicule sur sa partie moyenne, ainsi que le sous-clavier, et l’on rejettera l’épaule en dehors. Le grand dentelé se trouvant alors en évidence sur toute son étendue, il sera facile de terminer sa préparation.