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C. Sensibilité musculaire

Des trois propriétés vitales (pie possèdent les muscles, la sensibilité est la plus obscure. A la suite des amputations, le chirurgien peut toucher, écarter, rapprocher, comprimer les surfaces de section sans provoquer un sentiment de douleur, et même sans éveiller des phénomènes de sensibilité bien manifestes. Chez les animaux, même insensibilité : qu’on coupe les muscles, qu’on les pique ou les pince; qu’on les comprime au point de les réduire en une sorte de pulpe; qu’on les brûle même, l’animal ne donne aucun signe bien évident de souffrance.

On peut dire que ces organes sont à peu près insensibles aux excitants mécaniques et chimiques. Ils ne sont pas dépourvus cependant de toute sensibilité. Mais celle-ci est très différente de la sensibilité générale ou tactile. Elle ne se révèle que dans certaines conditions, et offre des caractères qui lui sont propres. C’est à la suite des exercices trop longtemps continués ou trop violents, qu’elle accuse nettement son existence; elle se traduit alors à notre conscience par un sentiment tout particulier de fatigue ou de simple lassitude.

De même que la sensibilité ne s’éveille dans les ligaments que lorsqu'ils sont trop fortement tendus; de même aussi elle 11e se montre dans les muscles soumis à l’inlluence de la volonté que lorsqu’ils se sont trop souvent contractés. Elle apparaît, d’un côté, pour nous avertir que la résistance des liens articulaires est arrivée à ses dernières limites; de l’autre, pour nous informer que les forces dont disposent les organes actifs de la locomotion commencent à s’épuiser.

Cette propriété joue un rôle fort important dans tous les actes musculaires. C’est à elle que nous sommes redevables de la faculté de sentir le

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