SITUATION UES MUSCLES
Heure, de leur structure, de leur composition chimique et de leur mode de développement. Pour compléter leur description, nous dirons aussi quelques mots de leurs propriétés.
§ 1er. — Situation, nomenclature des muscles.
Considérés dans leur situation, les muscles striés se divisent en trois groupes qui ont reçu des attributions différentes.
Les uns, incomparablement plus nombreux et plus volumineux, se fixent aux diverses pièces du squelette et les recouvrent pour la plupart : c’est à ce premier groupe que s’appliquent surtout les dénominations de muscles extérieurs, de muscles volontaires; ils constituent les organes actifs de la locomotion.
D’autres sont annexés aux organes des sens, et occupent plus particulièrement la face. Leur situation est superficielle aussi pour la plupart ; plusieurs cependant se trouvent profondément logés.
D’autres dépendent des appareils de la digestion, de la respiration, de la circulation, de la génération.
Les muscles des deux premiers groupes sont situés presque tous à droite et à gauche de la ligne médiane. Il est digne de remarque que la partie centrale du squelette, composée d’un si grand nombre de pièces impaires et symétriques, n’est entourée et mise en mouvement que par des muscles pairs ou latéraux. Cette différence dans le mode de distribution des organes passifs et actifs de l’appareil locomoteur s’explique parla nature si opposée de leurs attributions. Les premiers, destinés à s’appuyer les uns sur les autres, à fournir des points d’attache aux muscles et à soutenir toutes les parties molles, s’échelonnent en grand nombre sur la ligne médiane, afin de faire de la charpente du corps un ensemble continu et résistant. Les seconds, préposés à la mobilité de toute cette charpente, se rangent à droite et à gauche de son axe, afin de lui imprimer des mouvements plus variés.
Parmi les muscles du troisième groupe, il en est beaucoup au contraire qui se trouvent situés sur le plan médian : tels sont les trois constricteurs du pharynx, les deux plans musculaires de l’œsophage, le cœur, le diaphragme, le sphincter anal, etc.
Nomenclature . — Les dénominations imposées aux muscles dérivent de sources très variées et purement arbitraires. On les a désignés d’abord d’après l’ordre dans lequel ils sont superposés; de là les expressions numériques de premier, second, troisième, etc.
Plus tard, on a utilisé dans le même but leurs usages, qui ont permis de les distinguer en adducteurs et abducteurs, élévateurs et abaisseurs, constricteurs et dilatateurs, fléchisseurs et extenseurs, pronateurs, supi-
MYOLUGJE.
naleurs, rotateurs, opposants, etc. Cette nomenclature, essentiellement physiologique, est une des plus rationnelles qui aient paru. Elle serait peut-être la meilleure, si un grand nombre de muscles ne présentaient des usages identiques ou très analogues.
Les nécessités du langage réclamant une base plus large, les auteurs ont dû s’appuyer alors sur des considérations empruntées à l’anatomie des muscles; et ils ont tour à tour invoqué :
1° Leur situation générale, d’où les dénominations de muscles antérieurs et postérieurs, externes et internes, profonds, sublimes, etc.
4° Leur situation relative aux os : exemple, les muscles fessiers, sousclaviers, sous-scapulaires, temporaux, intercostaux.
8° Leurs dimensions; en les comparant sous ce point de vue, on les a divisés en grands, moyens, petits, longs, courts, vastes, etc.
i° Leur direction, à laquelle se rattachent les expressions de muscles droits, obliques, transverses.
5° Leur forme, qui a été prise en considération aussi souvent que leurs usages, ainsi que l’attestent les noms de muscles deltoïde, lombricaux, soléaire, trapèze rhomboïde, carré, triangulaire, scalène, pyramidal, orbiculaire, etc.
6° Leur mode de constitution, que rappellent les dénominations imposées aux muscles digastrique, demi-tendineux, demi-membraneux.
7° Leurs divisions, qui ont mérité à quelques-uns les noms de complexus, de biceps, triceps, jumeaux, etc.
8° Enfin, on a cherché à établir la nomenclature des muscles sur leurs insertions : ainsi ont été dénommés les muscles sterno-mastoïdion, sterno-hvoïdien, sterno-thyroïdien, mvlo-hyoïdien, génio-glosse, styloglosse, coraco-huméral et quelques autres. Les anciens n’avaient fait de ce principe qu’une application très limitée. Chaussier. frappé des avantages qu’il présente, tenta de l’appliquer à tous. Mais deux écueils inévitables se rencontraient sur sa route et devaient le faire échouer dans cette réforme, ainsi que ses continuateurs. D’une part, beaucoup de muscles possèdent des insertions communes, et il devient presque impossible de nuancer suffisamment les appellations; de l’autre, il en est qui s’attachent à plusieurs os et quelques-uns même à un grand nombre : comment énoncer alors toutes les insertions?
Faire dériver la nomenclature anatomique d’un principe uniforme, ce serait sans doute réaliser un immense progrès. Mais ce progrès est-il réalisable? Lorsque l’on compare les corps organisés aux corps inertes, en présence de l’extrême complication des uns et de la simplicité relative des autres, on ne larde pas à reconnaître que l’insuccès des réformes entreprises jusqu’à ce jour doit être imputé beaucoup moins aux réformateurs qu’à l’organisation elle-même. On pourra renouveler ces tentatives et opérer quelques réformes partielles; on lenlera vainement