ARTÈRE AORTE
L’aorte, origine commune de tous les vaisseaux qui président à la diffusion du sang rouge, s’étend du ventricule gauche à la quatrième vertèbre lombaire où elle se termine en se divisant en deux branches.
Situation. -- f Très rapproché du sternum à son origine, le tronc aortique s’en éloigne bientôt pour se porter sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, dont il suit exactement les courbures, obéissant ainsi à celte double tendance qui porte les artères : d’une part, à se réfugier dans les parties les plus profondes; de l’autre, à s’adosser aux plans osseux, afin de leur demander appui et protection. Ainsi disposée elle se trouve à la plus grande distance possible des agents vulnérants qui pourraient pénétrer dans la cavité du tronc par les parois antérieures et latérales, et se dérobe plus sûrement encore à ceux qui pénétreraient par la paroi postérieure. Remarquons en outre que la protection par elle empruntée au rachis est un avantage dont cette artère étend en quelque sorte le bénéfice à toutes les branches qu’elle fournit; car les viscères suspendus et comme flottants au-devant des vertèbres recevront les branches qu’elle leur envoie par leur partie postérieure; ces branches, par conséquent, seront d’autant plus volumineuses qu’elles occuperont une partie moins vulnérable du corps, et d’autant plus grêles qu’elles se rapprocheront davantage des parties antéro-latérales plus exposées aux violences extérieures.
ANMOLOGIK.
Volume ei configuration. — Le volume de l’aorte varie avec l’âge, le sexe et la constitution. Il ne décroît pas en raison du nombre et de l’importance des branches qu’elle fournit. On remarque aussi que l’épaisseur de ses parois n’est pas en rapport avec son calibre
A son origine cette artère présente trois renflements qui correspondent aux trois valvules sigmoïdes, et qu’on appelle sinus de l'aorte. Un peu plus haut, à l’union de sa portion ascendante avec sa portion horizontale, on observe chez la plupart des individus une dilatation très variable dans ses dimensions, beaucoup moins bien circonscrite, et d’autant plus manifeste que l’âge est plus avancé; cette dilatation, qui paraît être le résultat de l’impulsion du sang, porte le nom de grand sinus de l'aorte. Dans le reste de son étendue, elle est régulièrement cylindrique.
Direction. — A sa sortie du ventricule gauche l’aorte se porte un peu obliquement en haut, en avant et à droite, puis s’infléchit bientôt pour devenir verticalement ascendante; de cette première inflexion résulte une courbure dont la convexité, tournée en avant et à droite, répond au péricarde, tandis que sa concavité dirigée en arrière et à gauche embrasse le tronc de l’artère pulmonaire.
Sortie du péricarde, elle s’infléchit de nouveau, en formant avec sa portion ascendante un angle droit, devient alors horizontale, et se porte vers la partie latérale gauche de la quatrième vertèbre dorsale.
Au niveau de cette vertèbre, troisième inflexion de l’artère qui d’horizontale redevient verticale pour descendre sur le côté gauche du rachis, en se rapprochant graduellement de sa partie médiane, sur laquelle elle se place à son passage à travers les piliers du diaphragme et qu’elle occupe ensuite jusqu’à sa terminaison.
Dans ce trajet l’aorte décrit trois courbures : par sa partie initiale, une courbure à concavité inférieure; par sa partie moyenne ou dorsale, une courbure à concavité antérieure, et par sa partie inférieure ou lombaire, une courbure à concavité postérieure.
De ces trois courbures, les deux dernières sont légères et antéropostérieures, comme celles de la colonne vertébrale sur lesquelles elles se moulent. La première, très prononcée au contraire, revêt la forme d’une arcade qui n’est ni antéro-postérieure, ni transversale, mais obliquement dirigée de la partie latérale droite du sternum vers la partie latérale gauche du rachis. — Ces courbures, occupant chacune une région différente, ont permis de considérer à l’aorte trois parties :
1° Une partie supérieure, ou crosse de l'aorte , limitée, en arrière, par le corps de la quatrième vertèbre dorsale, en avant par la bronche gauche qui la croise à angle droit;
2° Une partie moyenne, ou thoracique , qui a pour limite en bas l’anneau fibreux du diaphragme;