VI. - — Artère scapulaire postérieure
L’artère scapulaire postérieure, appelée aussi cervicale transverse et cervicale superficielle , naît tantôt en dedans, tantôt dans l’intervalle et tantôt en dehors des scalènes. Dans le premier cas elle vient d’un tronc qui lui est commun avec la thyroïdienne inférieure; dans le second elle se confond à son origine avec la sus-scapulaire; dans le troisième elle part directement delà sous-clavière.
ANGIOLOGIE.
Son volume, moins considérable que celui de la vertébrale, de la thyroïdienne inférieure et de la mammaire interne, dépasse un peu celui de la cervicale profonde et de la sus-scapulaire et très notablement celui de l’intercostale supérieure.
Trajet. — Cette artère, flexueuse et horizontale, s’étend transversalement de dedans en dehors, en passant au-dessus du plexus brachial, ou entre les cordons qui le composent, s’engage sous le bord antérieur du trapèze, puis se prolonge en descendant sous la face' profonde de ce muscle; parvenue au niveau de l’angle supérieur et postérieur de l’omo-
Fig. 408. — Partie terminale des trois scapulaires et de la circonflexe postérieure.
1. Scapulaire supérieure traversant la fosse sus-épineuse. — 2. Cette même artère entrant dans la fosse sous-épineuse et se divisant en plusieurs rameaux qui s’anastomosent avec la scapulaire inférieure. — 3, 3, 3. Scapulaire postérieure, longeant le bord spinal de l’omoplate et s’anastomosant aussi avec la scapulaire inférieure. — 4. Scapulaire inférieure. — 5. Une branche de cette artère qui passe sous le grand rond pour se rendre dans le grand dorsal. — 0. Circonflexe postérieure contournant l’humérus, et se ramifiant dans le deltoïde. — 7. Extrémité terminale de la scapulaire postérieure pénétrant dans le grand dorsal. — 8. Autre branche de la même artère qui traverse l’angulaire et se distribue ensuite dans le trapèze. — 9. Artère occipitale se réfléchissant sur le bord interne du splénius, pour aller se ramifier dans le cuir chevelu.
ARTÈRE SOUS-CLAVTÈRE. 583
plate, elle s’infléchit de haut en bas pour suivre le bord spinal de cet os jusqu’à sa partie inférieure où elle se termine.
Rapports. — Elle est recouverte dans sa portion horizontale par le sterno-mastoïdien, l’omoplat-hyoïdien et le peaucier; plus loin, par le trapèze et par l’angulaire de l’omoplate. Sur le bord spinal du scapulum, elle est située entre le rhomboïde et le grand dentelé.
Branches collatérales. — Au cou, la scapulaire postérieure abandonne plusieurs rameaux, au sterno-mastoïdien, aux scalènes, au peaucier et aux téguments. Sous le bord antérieur du trapèze elle donne une branche plus importante qui s’engage entre l’angulaire de l’omoplate et le trapèze, et qui se distribue à ces deux muscles, au grand cornplexus, au splénius et aux téguments.
Branche terminale. — Elle mesure toute la longueur du bord spinal de l’omoplate. De ces parties latérales partent deux ordres de rameaux ; les uns internes qui se distribuent au petit dentelé supérieur, au rhomboïde, au trapèze et aux téguments du dos; les autres externes, ordinairement plus considérables, qui s’épuisent dans le grand dentelé et le sous-scapulaire. Ces derniers s’anastomosent avec la scapulaire inférieure, branche de l’axillaire. Les ramuscules terminaux de la scapulaire postérieure arrivent jusqu’à l’angle de l’omoplate, qu’ils contournent pour se rendre dans le grand dorsal ; quelques-uns pénètrent dans le sous-épineux, où ils communiquent avec les ramifications de la scapulaire supérieure.
VIL — - Artère cervicale profonde.
La cervicale profonde est la moins volumineuse de toutes les branches collatérales de la sous-clavière. Elle naît de la partie postérieure de cette artère, en dehors de la vertébrale, tantôt isolément, tantôt par un tronc commun avec l’intercostale supérieure. Son origine est difficile à préparer, et souvent même difficile à découvrir, surtout lorsqu’elle est incomplètement injectée, ce qui est fréquent.
D’abord oblique en haut et en arrière, cette artère s’enfonce bientôt profondément entre le col de la première côte et l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale, pour se porter vers les muscles de la partie postérieure du cou, et donne alors une branche longue et grêle obliquement descendante qui s’épuise dans les muscles spinaux. Arrivée vers la troisième ou la quatrième vertèbre du cou, l’artère cervicale profonde monte entre le transversaire épineux et le grand complexus en se distribuant à ces muscles et aux muscles voisins. Ses rameaux les plus externes se perdent dans le petit complexus, le splénius et l’angulaire de l’omoplate.
ANGIOLOGIE.
§ 9. — Artère axillaire.
Étendue de la partie moyenne de la clavicule au côté interne de l’humérus, cette artère occupe dans la première moitié de son trajet les parties supérieure et latérale de la poitrine, et dans la seconde le creux de l’aisselle qu’elle traverse à la manière d’une diagonale. Elle a pour limite, en bas, le bord inférieur du tendon du grand pectoral.
Dans ce trajet, l’artère décrit une courbure peu prononcée dont la concavité regarde en bas et en dedans, et dont la convexité s’applique à l’articulation de l’épaule. La ligne celluleuse qui sépare le grand pectoral du deltoïde indique assez bien sa direction.
Rapports. — L’artère axillaire est entourée d’un grand nombre de muscles. En outre, la veine axillaire et les cordons du plexus brachial l’accompagnent dans toute sa longueur. — Elle répond :
1° En avant , au grand pectoral, puis au petit pectoral ; au-dessous de ce muscle, elle se trouve de nouveau en contact avec le grand pectoral, et plus bas avec le coraco-huméral ;
2° En arrière , à l’intervalle qui sépare le sous-scapulaire du grand dentelé ; et inférieurement au grand rond et au grand dorsal;
3° En bas, au premier muscle intercostal externe, au grand dentelé, puis à l’aponévrose et aux téguments du creux de l’aisselle ;
4° En haut, au sous-clavier, à l’apophyse coracoïde et au tendon du sous-scapulaire qui la sépare de la tète de l’humérus.
Les rapports de l’artère avec la veine axillaire et le plexus brachial sont les suivants : la veine située en avant et en dedans de l’artère dans la première moitié de son trajet la contourne légèrement et lui devient tout à fait interne dans sa moitié terminale. — Le plexus brachial, d’abord situé en arrière et en dehors du tronc artériel, l’entoure au niveau du petit pectoral, de telle sorte que dans le creux axillaire les nerfs médian et cubital occupent son côté inférieur, et le nerf radial son côté supérieur.
Pour ne rien omettre, ajoutons que l’artère axillaire est en rapport, en avant, avec les veines acromiale et céphalique qui la croisent à angle aigu afin de se rendre dans la veine sous-clavière.
Branches collatérales. — Ces branches destinées aux muscles qui entourent l’articulation de l’épaule sont au nombre de six :
Deux qui naissent au-dessus du sous-scapulaire, l’acromio-thoracique et la thoracique postérieure ;
Deux qui naissent au niveau de ce muscle, la thoracique longue et la scapulaire inférieure ;
Deux qui naissent au-dessous et qui contournent le col chirurgical de l’humérus, la circonflexe postérieure et la circonflexe antérieure.
ARTÈRE AXILLAIRE,
1° Artère acromio-thoracique. — Cette première branche, d’un volume assez considérable, part de la partie antérieure de l’axillaire, immédiatement au-dessus du petit pectoral. Elle seporte directement en avant et après un trajet de 8 à 10 millimètres se partage en deux branches, l’une externe ou acromiale, l’autre interne ou thoracique antérieure.
La branche externe ou artère acromiale se porte en haut, en avant et en dehors, s’engage aussitôt sous le deltoïde, chemine entre ce muscle d’une part, l’apophyse coracoïde et le ligament acromio-coracoïdien de l’autre et s’étend jusqu’à l’articulation acroinio-claviculaire, où elle se termine en s’anastomosant avec les dernières divisions de la branche tra-
Fig. 409. — Artères axillaire et humérale.
1. Tronc de l’artère axillaire. — 2. Artère acromio-thoracique. — 3. Branche externe ou acromiale de cette artère. — 4. Rameau qu’elle donne à la portion claviculaire du grand pectoral. — 5. Branche antérieure ou thoracique de la même artère! — 5'. Thoracique postérieure. — 6. Thoracique inférieure, ou longue. — 6', 6'. Branches antérieures ou perforantes de la mammaire interne. — 7. Scapulaire inférieure se divisant en deux branches, l’une postérieure ou scapulaire, l’autre antérieure ou thoracique. — 8. Branche postérieure de cette artère se subdivisant en trois gros rameaux destinés au grand rond, au sous-scapulaire et au sous-épineux. — 9. Branche antérieure de la même artère se partageant en deux rameaux qui se rendent l’un au grand dorsal, l’autre au grand dentelé. — 10. Rameau qui se ramifie dans le grand dorsal. — tl. Rameau qui se distribue au grand dentelé. — 12. Origine de la circonflexe postérieure. — 13. Circonflexe antérieure. — 1 4, 14. Artère humérale. — 15. Humérale profonde, ou collatérale externe. —16. Branche externe de l’humérale cheminant entre le brachial antérieur et le biceps auxquels elle se distribue. —
17. Autre branche externe qui pénètre dès son origine dans l’épaisseur du biceps. —
18. Branche superficielle de la portion interne du triceps. — 19. Branche superficielle du brachial antérieur. — 20. Collatérale interne. — 21. Nerf médian dont la portion brachiale a été excisée.
ANGIOLOGIE.
pézienne de l’artère sus-scapulaire, branche de la sous-clavière. — Dans ce trajet elle donne successivement :
l°En haut, quelques minuscules qui vont se distribuer au sous-clavier et à la portion claviculaire du grand pectoral ;
2° Un rameau long et grêle qui parcourt l’interstice celluleux du grand pectoral et du deltoïde, en s’accolant à la veine céphalique, et qui s’épuise dans ces deux muscles, principalement dans le second ;
3° Des rameaux beaucoup plus importants qui pénètrent dans le deltoïde par saface profonde, en abandonnant quelques ramuscules très grêles à l’articulation de l’épaule ;
4° Un rameau qui longe le bord antérieur de la clavicule, et qui s’épuise aussi en partie dans le deltoïde, mais dont plusieurs divisions le traversent pour se rendre aux téguments sus-jacents de l’épaule.
La branche interne , ou artère thoracique antérieure, est en général plus volumineuse que la précédente. Elle se dirige en bas, pour se répandre en nombreuses divisions sur la face profonde du grand pectoral, auquel elle est destinée. Cette artère se prolonge dans l’épaisseur du muscle jusqu’au niveau de ses insertions sternales, où elle s’anastomose avec toutes les branches antérieures ou perforantes de la mammaire interne. Quelques-unes de ses divisions terminales traversent le grand pectoral et se ramifient dans la peau.
2° Artère thoracique postérieure. — Cette artère se comporte à l’égard du petit pectoral comme la thoracique antérieure à l’égard du grand. Ses dimensions, plus grêles, sont en rapport avec celles du muscle auquel elle est destinée.
Très rarement unique, presque toujours double, la thoracique postérieure naît de l’axillaire au moment où celle-ci passe sous le tendon du petit pectoral et se porte transversalement sous la face profonde de ce muscle pour se ramifier dans son épaisseur. Deux ou trois de ses divisions le traversent et vont se perdre dans le grand pectoral, où elles s’anastomosent avec l’artère thoracique antérieure. D’autres, plus déliées, se portent en arrière et s’anastomosent avec les intercostales.
3° Artère thoracique inférieure, thoracique longue ou mammaire externe. — Plus considérable que la précédente, mais ordinairement plus petite que l’artère acromio-thoracique. Elle est remarquable surtout par la grande étendue de son trajet.
Cette artère part de l’axillaire en arrière du petit pectoral, le plus souvent isolément, quelquefois par un tronc qui lui est commun avec la thoracique postérieure ou avec la scapulaire inférieure. Elle descend sur les parties latérales du thorax jusqu’au rebord des fausses côtes.
Appliquée sur le grand dentelé, dont elle longe le bord antérieur, elle est recouverte en haut par le grand pectoral, et plus bas par la peau.
ARTERE AXILLAIRE.
Ses rameaux, très nombreux, se distribuent au grand pectoral, au grand dentelé, aux deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième paires de muscles intercostaux, à la glande mammaire et à la peau. Elle communique dans tout son trajet avec les artères intercostales.
4° Artère scapulaire inférieure, scapulaire commune ou sousscapulaire. — Bien supérieure par son calibre à toutes les autres branches du même tronc, cette artère naît de la partie postérieure de l’axillaire au-devant du bord inférieur du muscle sous-scapulaire. Elle se confond quelquefois à son origine avec la circonflexe postérieure, d’autres fois avec la thoracique longue, ou bien encore avec ces deux artères réunies. On l’a vue aussi, dans quelques cas plus rares, s’associer à son point de départ avec l’humérale profonde; son volume est alors très considérable et à peu près égal à celui de l’artère brachiale.
Placée à son origine entre le nerf radial qui est en dedans et la branche principale du nerf médian qui est en dehors, elle descend en décrivant des flexuosités sur le bord inférieur du sous-scapulaire ; fournit dans ce trajet plusieurs rameaux qui se distribuent aux ganglions lymphatiques et à la peau du creux de l’aisselle, un autre plus important qui pénètre dans le sous-scapulaire, puis se divise en deux branches terminales : l’une interne ou descendante plus petite, et l’autre externe plus considérable.
La branche interne ou descendante , située sur le bord axillaire de l’omoplate, en arrière de la thoracique longue, entre le grand dorsal et le grand dentelé, se partage en un grand nombre de rameaux qui se consument dans ces muscles, principalement dans le premier ; quelquesunes de ses divisions se portent au grand rond et à la peau. Au niveau de l’angle inférieur du scapulum elle s’anastomose avec la branche externe de la même artère et avec la scapulaire postérieure.
La branche externe destinée aux muscles de la partie inférieure de l’épaule marche d’avant en arrière, contourne le bord inférieur du sousscapulaire et se divise au niveau de l’insertion scapulaire de la longue portion du triceps brachial en trois rameaux, que leur situation relative permet de distinguer en antérieur, postérieur et interne.
Le rameau antérieur ou sous-scapulaire s’enfonce sous le muscle de ce nom pour le pénétrer par sa face profonde en se partageant en nombreux ramuscules.
Le rameau postérieur ou sous-épineux se ramifie dans la fosse sousépineuse, s’anastomose largement avec la sus-scapulaire et se perd dans le muscle correspondant.
Le rameau interne marche parallèlement au bord antérieur de l’omoplate, entre le grand et le petit rond, et se termine sur l’angle inférieur de cet os en s’anastomosant d’une part avec la branche interne, de l’autre avec la scapulaire postérieure.
ANGIOLOGIE.
5° Artère circonflexe postérieure. — Moins volumineuse que la scapulaire inférieure, mais plus considérable que les autres branches du même tronc, cette artère naît de la partie postérieure de l’axillaire, immédiatement au-dessous du sous-scapulaire, se porte en arrière, passe entre le grand et le petit rond, en dehors de la longue portion du triceps brachial et contourne le col chirurgical de T humérus, en s’appliquant à la face profonde du deltoïde. Parvenue au-dessous de ce muscle, la circonflexe postérieure se divise en un très grand nombre de rameaux, les uns ascendants, d’autres descendants, d’autres externes, tous destinés à ce muscle, dans lequel ils se terminent.
Dans son trajet cette arlère décrit les trois quarts d’un cercle. La veine et le nerf circonflexes lui sont accolés sur toute son étendue. Près de son origine elle fournit des rameaux au grand rond, au petit rond, à la longue portion du triceps brachial et à l’articulation de l’épaule. Quelques-unes de ses divisions terminales se rendent à la même articulation; d’autres s’anastomosent avec la circonflexe antérieure.
6° Artère circonflexe antérieure. — Très grêle, quelquefois double. Cette artère vient tantôt directement de P axillaire, tantôt de la circonflexe postérieure. Elle marche horizontalement au-dessous du coracohuméral et de la courte portion du biceps, auxquels elle abandonne des rameaux, croise perpendiculairement la coulisse bicipitale, en passant au-dessous du tendon qu’elle contient, et arrive sous le deltoïde où elle se termine en s’anastomosant avec la circonflexe postérieure.
Dans la coulisse bicipitale la circonflexe antérieure donne un rameau qui monte vers la tète de l’humérus pour se distribuer soit à cette tête, soit au ligament capsulaire de l’articulation de l’épaule. A sa terminaison elle fournit des ramuscules au périoste, au petit rond, au tendon du sous-épineux et à la partie correspondante du deltoïde.
Considérations générales sur la sous-clavière et Vaxillaire.
Le tronc constitué par ces deux artères s’étend de la partie supérieure du thorax à la partie inférieure du creux de l’aisselle. Autour de cette voie principale il en existe d’autres, réduites pour la plupart, il est vrai, à de minimes proportions, mais qui offrent cependant une réelle importance et méritent aussi d’être prises en considération.
De l’ensemble de toutes ces voies de second ordre résultent deux courants collatéraux : l’un antéro-interne, plus court, qui s’étend des parois du thorax à l’artère principale du membre supérieur; l’autre postéroexterne, plus important, qui descend de la base du cou vers l’aisselle en contournant l’épaule.
Pour prendre une notion exacte de ces deux courants, il suffit de
ARTERE AXILLAIRE.
remarquer que les divisions émanées de l’artère axillaire affectent deux directions diamétralement opposées. Les unes, en effet, se portent en dedans : telles sont la thoracique antérieure, la thoracique postérieure, la thoracique longue et la branche interne de la sous-scapulaire. Toutes les autres, au contraire, se portent en dehors et en arrière : ainsi se dirigent l’acromiale, les deux circonflexes et la branche externe de la sous-scapulaire.
Considérées dans leur distribution, les divisions émanées de l’artère axillaire se partagent donc bien manifestement en deux ordres : les unes internes ou thoraciques, les autres externes ou scapulaires.
Or les divisions internes s’anastomosent : 1° avec la mammaire interne et l’intercostale supérieure, branches de la sous-clavière; 2° avec la plupart des intercostales aortiques. Ces anastomoses ne sont pas de simples ramifications capillaires; sur des enfants maigres de douze à quinze ans, dont le système artériel était bien injecté, j’ai pu les voir sans peine à l’œil nu et par simple transparence sur les muscles desséchés. Par l’ensemble des branches et des rameaux qui naissent de sa partie interne, l’artère principale du membre supérieur est donc largement en rapport, soit avec la sous-clavière, soit avec les branches pariétales de l’aorte. De cette première remarque découle une conclusion importante au point de vue chirurgical et qu’on peut ainsi formuler : Toute ligature faite sur la sous-clavière , en dehors de ses deux branches inférieures , laissera intact ce courant collatéral interne par lequel la circulation pourra se rétablir.
D’une autre part, les divisions externes ont des communications multiples avec les scapulaires supérieure et postérieure, autres branches de la sous-clavière ; de là cette seconde conclusion : Toute ligature de la sous-clavière faite en dehors des deux branches précédentes laissera intact le courant collatéral postérieur.
Il n’est pas sans intérêt de constater que les deux artères représentant en quelque sorte l’orifice d’entrée du canal collatéral postérieur naissent à peu près au niveau de celles qui forment l’orifice d’entrée du canal collatéral interne, et que toutes correspondent en général à l’intervalle des deux scalènes, ou au voisinage de ces muscles. Ce fait nous montre que le lieu d’élection pour la ligature des sous-clavières s’étend des scalènes à la clavicule. Une ligature faite au niveau de ces muscles aurait le double inconvénient d’intercepter une partie des voies collatérales et d’être trop rapprochée de celles qui resteraient libres pour qu’un caillot obturateur puisse se former sur ce point. Une ligature posée en dedans des scalènes fermerait toutes les voies collatérales ; aussi l’opération, d’ailleurs extrêmement compliquée, faite dans ces conditions a-t-elle presque toujours entraîné de fatales conséquences. Elle est aujourd’hui et depuis longtemps déjà tout à fait abandonnée.
ANGIOLOGIE.
§ 10. — Artère humérale.
L’artère humérale ou brachiale, située à la partie antérieure et interne du bras, s’étend de la paroi externe du creux de l’aisselle à la partie moyenne du pli du coude, où elle se divise en radiale et cubitale. Nettement limitée en bas par sa bifurcation, elle a pour limite en haut le bord inférieur du grand pectoral.
Sa direction n’est pas verticale, mais un peu oblique de haut en bas, d’arrière en avant et de dedans en dehors.
Rapports. — Celle artère répond : 1° en avant et en haut au coracohuméral ; plus bas à l’aponévrose du bas ; inférieurement à l’expansion aponévrotique du biceps et à la veine médiane basilique qui la croise à angle très aigu ; 2° en arrière, dans son tiers supérieur à la portion interne du triceps, et dans ses deux tiers inférieurs au brachial antérieur ; 3° en dedans, à l’aponévrose du bras, à la cloison intermusculaire interne qui la sépare du nerf cubital, et à la peau ; 4° en dehors, dans son tiers supérieur, à la face interne de l’humérus dont la sépare le tendon du coraco-brachial et dans le reste de son étendue au bord interne du biceps qui la recouvre chez les sujets fortement constitués.
Deux veines et un tronc nerveux, le nerf médian , accompagnent r humérale. — Les veines marchent l’une en dedans et l’autre en dehors de l’artère, en communiquant par des anastomoses transversales qui embrassent sa circonférence. — Le nerf médian placé supérieurement en dehors du tronc artériel, et plus bas à sa partie antérieure, occupe inférieurement son côté interne; il la croise par conséquent sous un angle très aigu, en passant au-devant d’elle ; quelquefois aussi il passe à sa partie postérieure. L’artère, le nerf et les deux veines qui l’entourent, sont renfermés dans une même gaine aponévrotique.
Le nerf cubital, qui occupe le côté interne du tronc artériel dans le creux de l’aisselle, s’en sépare à angle aigu au niveau de la cloison intermusculaire interne pour entrer dans la gaine du triceps. — Le nerf radial situé en arrière de l’artère s’en écarte aussi, mais un peu plus bas, pour pénétrer dans la même gaine et aller contourner le corps de l’humérus. — Le nerf cutané interne, d’abord accolé à sa partie antérieure et interne, traverse bientôt l’aponévrose brachiale pour devenir sous-cutané.
Branches collatérales. — Elles sont nombreuses. Les unes, dirigées en avant et en dehors, se distribuent au coraco-brachial, au deltoïde, au biceps, au brachial antérieur, au tissu graisseux sous-cutané et à la peau ; les autres, inclinées en dedans et en arrière, pénètrent soit dans le brachial antérieur, soit surtout dans le triceps brachial.
ARTÈRE HUMÉRALE.
Les premières, plus multipliées, mais très petites, ne portent aucun nom. Les secondes, moins remarquables par leur nombre et leur volume que par leur constante existence, sont : la collatérale externe , la collatérale interne , la branche superficielle de la portion interne du triceps, et la branche superficielle du brachial antérieur.
1° Collatérale externe ou humérale profonde. — C’est la plus volumineuse et la plus longue de toutes les branches collatérales de cette artère. Elle naît de la partie supérieure et postérieure de la brachiale au niveau du bord inférieur du grand rond. Il n’est pas rare de la voir partir de la circonflexe postérieure, qui passe alors en arrière des tendons du grand rond et du grand dorsal. Chez quelques sujets la scapulaire inférieure lui donne naissance.
Cette artère se porte en bas, en arrière et en dehors, entre les trois portions du triceps brachial, auxquelles elle abandonne de nombreux rameaux, s’applique à la face postérieure de l’humérus qu’elle croise en la contournant, accompagnée par le nerf radial, et arrive sur le bord externe de cet os, où elle se divise en deux branches : l’une superficielle ou externe qui reste accolée au nerf, l’autre profonde ou interne qui se ramifie dans la moitié inférieure du triceps.
La branche superficielle suit la cloison intermusculaire externe, en donnant des rameaux au triceps, au brachial antérieur, au long supinateur, et descend ainsi jusqu’à l’épicondyle sur lequel elle se termine en s’anastomosant avec les récurrentes radiales antérieure et postérieure.
La branche profonde, bien qu’essentiellement musculaire, fournit aussi des ramuscules à l’humérus et à l’articulation du coude ; elle s’anastomose par de nombreuses ramifications, d’une part avec la branche superficielle, de l’autre avec la récurrente cubitale.
2° Collatérale interne. — Très variable dans son volume, mais en général petite, et toujours beaucoup moins importante que la collatérale externe. Elle part de la partie inférieure et interne de la brachiale, descend entre le brachial antérieur sur lequel elle repose, et le nerf médian dont elle croise la direction, puis se divise après un court trajet en rameaux antérieurs très grêles et rameaux postérieurs moins ténus.
Les premiers se portent au-devant de la tubérosité interne de l’humérus, entre le rond pronateur et le brachial antérieur, donnent des ramuscules à ces muscles et s’anastomosent avec la récurrente cubitale antérieure. — Les seconds traversent la cloison intermusculaire interne, et se partagent : l°en ramuscules musculaires qui se rendent au triceps brachial et au cubital antérieur ; 2° en ramuscules périostiques et articulaires. Tous s’anastomosent avec la récurrente cubitale supérieure.
Il existe quelquefois deux collatérales internes qui se distinguent par leur position en supérieure et inférieure. La supérieure naît ordinairement
ANGI0L0G1E.
du tiers inférieur de la brachiale, traverse la cloison intermusculaire interne, s’accole au nerf cubital, et communique à sa terminaison avec la récurrente cubitale postérieure. L’inférieure naît au-dessus du coude