‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 413 sur 481 · C. Veines honteuses internes · texte numérisé non relu

C. Veines honteuses internes

Les veines honteuses internes, remarquables par leur calibre toujours considérable, suivent le trajet des artères correspondantes.

Ces veines tirent leur origine du plexus de Santorini, plexus essentiellement constitué par la veine dorsale profonde du pénis. Elles reçoivent dans leur trajet les veines bulbeuses ou transverses, les veines périnéales inférieures, les veines hémorrhoidales inférieures et quelques autres sans nom dont le trajet et le volume sont très variables.

La veine dorsale profonde du pénis naît par un grand nombre de radicules des parties érectiles de cet organe. Elle est située sur la partie médiane de sa face dorsale entre les deux artères correspondantes qu’elle sépare. Les veines qui la forment par leur réunion émanent, de la base du gland, de toute l’étendue de la portion spongieuse de l’urèthre et des corps caverneux. — Celles qui viennent du gland rampent sous sa base d’avant en arrière et de bas en haut. De leur convergence résulte un tronc unique dont le point de départ répond à la partie moyenne de la couronne du gland ; sur ce point, au niveau même de son origine, la veine dorsale profonde ou veine des parties érectiles, communique largement avec la veine dorsale superficielle ou veine tégumentaire. — Les veines qui proviennent des autres parties du corps spongieux de l’urèthre partent de la gouttière dans laquelle est reçu ce conduit ; elles cou-

tournent le corps caverneux de chaque côté, et convergent vers la veine dorsale profonde, comme les barbes d’une plume vers leur tige commune ; on en compte, en général, cinq à six de chaque côté. A celles-ci aboutissent une foule de veinules provenant du corps caverneux.

La veine dorsale profonde, ainsi constituée, se porte directement en arrière, traverse le ligament suspenseur de la verge, puis l’aponévrose périnéale moyenne, et se jette dans le plexus de Santorini, situé entre la prostate et la symphyse pubienne, au-dessus de la portion membraneuse de l’urèthre : c’est de la partie externe et postérieure de ce plexus que partent les veines honteuses internes.

Aux deux artères dorsales de la verge et aux deux artères caverneuses correspond donc une seule veine. Cette veine, il est vrai, présente un volume considérable, en sorte que l’infériorité de nombre est ici compensée par une prédominance de calibre.

Les veines bulbeuses, périnéales inférieures et hémorrhoïdales inférieures suivent le trajet des artères correspondantes. Les premières sont volumineuses; les secondes très grêles. Les dernières, en s’anastotomosant avec les hémorrhoïdales supérieures, mettent en communication le système veineux abdominal et le système veineux général. Les branches par lesquelles ces deux systèmes communiquent sont, en général, très déliées; elles peuvent se dilater et se dilatent souvent en effet chez les individus affectés de tumeurs hémorrhoïdales.

Chez la femme, les branches d’origine des veines honteuses internes présentent une distribution plus conforme à celle des artères. Les veines émanées de l’appareil érectile sont en rapport avec les petites dimensions de cet appareil.

d. Veines vaginales.

Ces veines naissent par des ramuscules extrêmement nombreux et anastomosés entre eux autour de l’orifice vaginal. Le plexus qu’elles constituent embrasse la totalité de ce conduit; mais il est beaucoup plus développé dans son tiers antérieur que dans ses deux tiers postérieurs. En haut il communique avec le plexus vésical, et en bas avec le plexus hémorrhoïdal. Les veines qui en parlent vont se jeter directement dans le tronc de l’hypogastrique, ou dans l’une de ses branches d’origine.

e. — Veines utérines.

Les veines utérines diffèrent beaucoup dans leur développement suivant qu’on les examine avant ou après la puberté, et surtout avant ou pendant la grossesse. C’est sur un utérus en état de gestation qu’il faut les étudier pour en prendre une idée exacte. Elles ne sont pas flexueuses

AlNGlOLüGlE.

comme les artères, mais plus ou moins rectilignes et transversalement ou obliquement dirigées du plan médian vers les bords de l’organe. Fréquemment ces veines s’anastomosent entre elles. Leur volume considérable pendant la grossesse leur a fait donner le nom de sinus utérins; et cette dénomination est justifiée : 1° par leur structure qui comprend seulement la tunique interne des veines; 2° par leur adhérence intime au tissu de l’utérus qui leur forme une sorte de tunique musculeuse; 3° par les dilatations ou ampoules qu’elles présentent, soit au niveau de leurs communications, soit au point de réunion des branches qui leur donnent naissance.

D’abord situées dans l’épaisseur des parois de la matrice, ces veines ou plutôt le plexus qu’elles forment se rapprochent graduellement de leur surface externe, apparaissent sous le péritoine et se réunissent ensuite sur les bords de l’organe, où elles forment, lorsqu’elles sont convenablement in jectées, une sorte de cordon plexueux. De ces plexus situés à droite et à gauche du corps de l’utérus partent :

1° Au niveau de leur partie moyenne, deux veines principales qui se portent directement en dehors el qui se terminent dans l’hypogastrique : ce sont les veines utérines proprement dites;

2° Au niveau de leur partie supérieure, plusieurs branches qui se réunissent à d’autres branches plus petites émanées de la trompe de Fallope et de l’ovaire, pour former lesveinesutéro-ovariennes, lesquelles vont s’ouvrir, celle du côté droit dans la veine cave ascendante, et celle du côté gauche dans la veine rénale.

Les veines utérines ne présentent pas un égal développement dans le cours de la grossesse; les plus considérables sont celles qui répondent à l’insertion du placenta.

§ 7. — Veine iliaque externe.

La veine iliaque externe s’étend de l’arcade crurale sous laquelle elle se continue à plein canal avec la fémorale, vers la symphyse sacroiliaque où elle se réunit à l’iliaque interne pour former l’iliaque primitive.-— Située à son origine en dedans de l’artère qu’elle accompagne, elle lui devient dans le reste de son trajet interne el postérieure.

L’iliaque externe reçoit deux branches collatérales, la veine épigastrique et la veine circonflexe antérieure. Chacune de ces veines est double; mais leurs branches, parvenues à une petite distance de leur terminaison, se réunissent pour former un seul tronc.

La veine épigastrique est unie à la veine obturatrice par une branche anastomotique correspondant à celle qui fait communiquer les deux artères du même nom. 'Au voisinage de son embouchure, elle reçoit les veines spermatiques qui sont situées en arrière du canal déférent.

VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR

La veine cÀrconflexe iliaque croise perpendiculairement l’extrémité terminale de l’artère iliaque externe en passant à sa partie postérieure, pour se rendre dans le tronc veineux auquel elle appartient.

Les deux veines qui viennent s’ouvrir dans l’iliaque externe sont pourvues de valvules comme toutes les veines musculaires. L’iliaque externe en présente quelquefois une à son extrémité inférieure.

§ 8. — Veines du membre abdominal.

Ces veines se divisent, comme celles du membre thoracique, en profondes ou sous-aponévrotiques et superficielles ou sous-cutanées.

A. — leines profondes du membre abdominal.

Les veines profondes du membre inférieur suivent le trajet des artères. Au pied et à la jambe, toute artère est accompagnée de deux veines, les troncs comme les branches : ainsi il existe deux veines plantaires internes, deux veines plantaires externes, deux veines pédieuses, deux veines tibiales antérieures, deux veines péronières, déux veines tibiales postérieures. Sur certains points ces deux veines se réunissent ; sur d’autres elles se divisent, en sorte que le tronc artériel, dans une petite étendue, est quelquefois accompagné d’une seule veine et parfois de trois ou quatre. Les deux veines satellites communiquent entre elles par des anastomoses obliques ou transversales, beaucoup plus multipliées sur les troncs que sur les branches. Sur les rameaux veineux ces anastomoses deviennent plus rares.

A l’artère poplitée correspond une seule veine. La veine fémorale est unique aussi. En se continuant à plein canal dans l’anneau du troisième adducteur, ces deux veines constituent un seul et même tronc, qui s’étend de l’anneau du soléaire au pli de l’aine, et qui, situé en bas, directement en arrière du tronc artériel, le contourne en demi-spirale pour se placer en haut à son côté interne.

Des anastomoses fort remarquables, tantôt uniques et tantôt multiples, sont échelonnées sur le trajet de ce tronc.

Très souvent une branche plus ou moins importante de la poplitée se détache de sa partie moyenne pour aller s’ouvrir, tantôt dans la partie inférieure de la veine fémorale, tantôt dans la veine fémorale profonde ; dans le premier cas, il existe à côté du courant principal un courant collatéral très court, et dans le second un courant semblable beaucoup plus long.

Sur le trajet de la veine fémorale, la même disposition se reproduit, mais un peu modifiée ; j’ai vu souvent une veine musculaire assez volumineuse se diviser à quelques millimètres du tronc veineux en deux branches,

ANGI0L0G1E.

dont Tune s’ouvrait perpendiculairement dans celui-ci. tandis que l’autre remontait parallèlement à son axe pour aller se jeter sur un point plus élevé. Or, les veines qui se terminent ainsi étant pourvues d’une valvule simple ou double au niveau de leur division, le sang qui reflue vers leur origine se trouve presque aussitôt arrêté, et rentre alors par la branche opposée dans le courant principal. — Quelquefois la veine se divise en trois branches. Le courant est alors double. — Si une veine plus élevée présente une disposition semblable, à côté du courant principal on observera une série de courants collatéraux ou secondaires par lesquels le sang pourra refluer de proche en proche jusqu’à ce qu’il rencontre un tronc largement ouvert.

Aux anastomoses obliques ou transversales des veines satellites se trouvent donc substituées ici des anastomoses longitudinales qui remplissent exactement le même office.

Les veines profondes du membre inférieur sont riches en valvules, llouzé, qui en a fait le dénombrement chez quatre individus, expose dans le tableau suivant le résultat de ses observations :

/ 1° Dans la fémorale

[ 2“ Dans la fémorale profonde

nombre \ 3° Dans la poplitée

4° Dans la tibiale postérieure des valvules. 1 50 Dans ic tronc tibio-péronier

f 6° Dans la péronière

7° Dans la plantaire

Page 1