Moyennes
Ce tableau nous montre que la tibiale postérieure est celle qui contient le plus de valvules. Vient ensuite la péronière ; puis les deux fémorales et la plantaire ; enfin, la poplitée et la tibio-péronière.
Les branches anastomotiques des veines profondes en sont généralement dépourvues, en sorte que le sang peut librement refluer dans chacune de leurs extrémités.
Indépendamment de leurs valvules, les veines profondes présentent sur un grand nombre de points de simples lisérés ou bourrelets fibreux que llouzé, le premier, a signalés.
Les veines profondes du membre abdominal diffèrent de celles du membre thoracique par l’épaisseur de leurs parois, épaisseur quelquefois égale et en général peu inférieure à celle des artères ; les veines tibiales postérieures derrière la malléole, les veines péronières, la veine poplitée, etc., diffèrent si peu des artères qu’elles accompagnent, qu’il est souvent difficile sur le cadavre de distinguer ces deux ordres de vaisseaux d’après leur aspect extérieur. Elles présentent un reflet légèrement jaunâtre. Divisées transversalement, ces veines restent parfois
VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR
béanles ou ne s’affaissent qu’incomplètement. A quelle modification de structure attribuer celte notable épaisseur? Elle est exclusivement due à l’hypertrophie de la tunique externe, c’est-à-dire au plus grand développement des fibres élastiques et surtout des faisceaux d^ fibres connectives de celle tunique. Les fibres lisses ne prennent aucune part à cette hypertrophie.
B. Veines superficielles du membre abdominal.
Les veines superficielles du membre inférieur forment sous les téguments un plexus à larges mailles, non moins variable dans son développement que le plexus veineux sous-cutané des membres supérieurs. Tandis que ce dernier s’hypertrophie par l’action souvent réitérée des muscles du bras et de l’avant-bras, celui des membres abdominaux se développe sous l’influence de toutes les causes qui tendent à ralentir la progression ascendante du sang noir. Parmi ces causes, la plus générale est la station verticale longtemps prolongée 5 car les forces de la vie essentiellement actives s’épuise. it par le seul fait de leur activité; les forces physiques essentiellement passives demeurent inaltérables ; et dans cette lutte de deux forces dont l’une ne peut s’exercer sans s’affaiblir, tandis que l’autre se conserve toujours intacte, quelle que soit, au début, la supériorité de la première, si la lutte se prolonge, elle doit nécessairement succomber. Ainsi se dilatent non seulement les veines superficielles, mais aussi les veines profondes des membres inférieurs chez tous les individus que leur profession condamne à rester constamment debout ; ainsi naissent les dilatations variqueuses ou les varices dont ces membre sont les siège de prédilection.
Très petites chez l’enfant, ces veines acquièrent un volume plus considérable dans l’âge adulte, et chez la femme pendant la grossesse.
Les veines des orteils offrent une disposition tout à fait analogue à celles des doigts. Elles rampent sur les côtés et au-dessus des tendons extenseurs, en se dirigeant horizontalement d’avant en arrière pour se jeter dans le plexus des veines dorsales du pied. — Ce plexus, remarquable par le nombre et le volume des branches qui contribuent à le former, est limité :
1° En avant, par une arcade transversale assez régulière qui reçoit toutes les veines des orteils ;
2° En dedans, par une branche volumineuse qui forme l’origine de la veine saphène interne;
3° En dehors, par une autre branche beaucoup moins considérable qui représente l’origine de la veine saphène externe.
Les deux veines saphènes sont les seuls troncs auxquels aboutissent toutes les autres veines superficielles du membre abdominal.
ANGIOLOGTE.
Cl, Veine saphène interne.
La veine saphène interne s’étend de la face dorsale du pied au pli de l’aine, à la manière d’un grand arc qui répond par une de ses extrémités à la malléole interne, et par l’autre à la veine crurale. La concavité peu prononcée de cet arc regarde en avant et en dehors.
Née de l’extrémité interne de l’arcade veineuse dorsale du pied, qui représente elle-même le tronc des veines dorsales du gros orteil, elle longe le côté supérieur du premier métatarsien, la partie correspondante du tarse, et arrive au-devant de la malléole interne ; là elle se réfléchit de bas en haut, croise dans son trajet ascendant la face interne du tibia, se place en arrière de la tubérosité interne de cet os et du condyle interne du fémur qu’elle embrasse en quelque sorte dans sa concavité, puis se dirige d’arrière en avant pour atteindre la veine fémorale dans laquelle elle se jette à 'trois centimètres au-dessous de l’arcade crurale. L’ouverture que lui présente l’aponévrose de la cuisse est limitée en bas par un repli falciforme très accusé.
La saphène interne est située dans l’épaisseur de la couche celluloadipeuse sous-cutanée. Le feuillet profond dufascia superficialis la sépare des aponévroses jambière et fémorale ; elle glisse par conséquent sur ces plans fibreux avec les téguments lorsqu’une cause quelconque vient imprimer à ceux-ci un léger déplacement.
Le nerf saphène interne l’accompagne depuis le genou jusqu’à la mal léole tibiale, en l’entourant de nombreux rameaux dont les uns se placent à son côté interne et les autres à son côté externe.
Branches collatérales. — Cette veine reçoit un très grand nombre de branches parmi lesquelles je dois mentionner :
1° Toutes les veines superficielles de la région plantaire interne, lesquelles vont s’ouvrir dans sa portion pédieuse en suivant un trajet d’autant plus ascendant et oblique qu’elles sont plus antérieures ;
2° La plupart des veines qui forment le réseau dorsal du pied ;
3° Le plus grand nombre des veines sous-cutanées de la jambe ;
4° Toutes les veines sous-cutanées de la cuisse, qui se réunissent souvent en un tronc commun, parallèle au tronc de la saphène, dans laquelle il vient s’ouvrir à une petite distance de son embouchure ;
5° La veine honteuse externe sous-cutanée qui se termine au niveau du coude qu’elle décrit pour aller se réunir à la fémorale; la honteuse externe sous-aponévrotique se jette dans la veine fémorale ;
6° La veine dorsale superficielle du pénis, qui après avoir décrit sur la région pubienne une courbure à concavité inférieure, vient aussi s’ouvrir au sommet du coude de la saphène ;
VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR
1° Les veines tégumenteuses abdominales, au nombre de deux ou trois, qui se terminent tantôt isolément, tontôt par un tronc commun dans le même point que la honteuse externe superficielle.
La veine saphène interne, dont la disposition est constante dans sa moitié inférieure, présente dans sa portion fémorale quelques variétés
Fie. 427. — Veines superficielles Fig. 428. — Veine saphène Fig. 429. — Veine
du membre thoracique. externe. saphène interne.
Fig. 427. — 1. Veine médiane. — 2. Veine cubitale. — 3. Veine radiale. — 4. Veine médiane céphalique. — 5. Veine médiane basilique. — 6, 6. Veine céphalique. — 7. Veine basilique. — 8. Veine axillaire. — 9. Extrémité supérieure de cette veine.
Fig. 428. — Veine saphène externe; son origine, sa direction, ses anastomoses.
Fig. 429. — Veine saphène interne. Branches afférentes, situation, direction de cette veine; ses anastomoses avec la saphène interne.
ANGIOLOGIE.
qui ne sont pas très rares. On la voit assez souvent se bifurquer au niveau du genou et se reconstituer en un tronc unique sur un point plus élevé de son trajet. D’autres fois les branches crurales antérieures ou les postérieures, et même ces deux ordres de branches simultanément, se groupent pour former un tronc collatéral ; mais ces veines saphènes accessoires se réunissent toujours au tronc principal.
b. Veine saphène externe.
Moins volumineuse et beaucoup moins longue que la saphène interne, cette veine part de l’angle externe de l’arcade veineuse dorsale du métatarse et se porte d’avant en arrière, parallèlement au bord externe du pied, vers le sommet de la malléole péronéale qu’elle contourne en se réfléchissant de bas en haut. Parvenue en arrière de cette saillie, elle atteint bientôt la partie moyenne de la face postérieure de la jambe, et monte alors verticalement dans l’interstice des deux jumeaux jusqu’au niveau de l’espace intercondylien, puis traverse l’aponévrose correspondante, et se termine dans la partie moyenne de la veine poplitée.
Il n’est pas rare de voir la saphène externe s’ouvrir dans la partie supérieure de la poplitée, ou bien en partie dans cette veine et en partie dans la fémorale profonde.
La saphène externe, sur le pied et la moitié inférieure de la jambe, chemine dans la couche cellulo-adipeuse sous-cutanée. Dans l’interstice des jumeaux elle devient sous-aponévrotique et se trouve alors en rapport : 1° avec une artère longue et grêle qui descend jusqu’à l’origine du tendon d’Achille ; 2° avec le nerf saphène externe ; 3° avec deux ou trois troncs lymphatiques qui l’accompagnent jusque dans le creux poplité pour se jeter dans les ganglions de cette région. A son embouchure, la veine saphène externe est située en dehors du nerf sciatique poplité interne qui lui est contigu.
Ses branches d’origine proviennent : 1° de la région dorsale du pied; 2° des téguments de la partie postérieure et externe de la jambe.