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C. Anastomoses et valvules des veines du membre abdominal

1° Anastomoses. — Elles sont de deux ordres : les unes unissent les veines superficielles entre elles; les autres unissent les veines superficielles aux veines profondes.

Les anastomoses qui unissent les veines superficielles entre elles se montrent en si grand nombre sur toute l’étendue du membre, qu’elles transforment le plan veineux superficiel en un long plexus à mailles irrégulières, d’autant plus larges et plus allongées qu’on se rapproche davan-

VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR

tage de sa partie supérieure. Ces anastomoses ont pour destination, lion seulement d’unir entre elles les principales branches de chacune des saphènes, mais aussi de relier les deux saphènes l’une à l’autre.

Les veines qui remplissent cette dernière destination sont très multipliées sur le pied et sur toute la longueur de la jambe. Sur la cuisse, on voit très souvent une division née de la partie terminale de la saphène externe se porter en haut et en dedans pour aller s’ouvrir dans la saphène interne sur un point plus ou moins élevé. Lorsque cette longue anastomose fait défaut, il existe ordinairement, au-dessous de l’aponévrose de la cuisse, une veine qui, partie aussi de la saphène externe, la traverse à une hauteur variable pour se terminer également dans le tronc de la saphène interne. L’anastomose fémorale des deux saphènes est donc à peu près constante, mais tantôt sous-cutanée et tantôt sous-aponévrotique. J’ai vu deux fois cette anastomose sous-aponévrotique offrir un volume égal à celui du petit doigt : ses parois flexueuses et très épaisses présentaient tous les caractères propres aux veines variqueuses.

Les anastomoses unissant les veines superficielles aux veines profondes diffèrent suivant qu’elles occupent l’interstice des muscles contigus, ou qu’elles cheminent dans l’épaisseur de ceux-ci

Les premières, ou anastomoses directes , sont les plus nombreuses et les plus importantes. Sur la face dorsale du pied, la veine saphène interne communique avec les profondes : 1° au niveau de l’extrémité' antérieure des quatre espaces intermétatarsiens, par des veines qui accompagnent les artères perforantes antérieures ; 2° au niveau de l’extrémité postérieure du premier espace interosseux ; 3° sur toute l’étendue du bord interne du pied.

Sur l’extrémité antérieure du métatarse, les deux plans veineux ne communiquent que par des anastomoses d’un très petit calibre. — Sur l’extrémité postérieure du premier espace intermétatarsien, la saphène interne se continue avec la pédieuse, et par l’intermédiaire de celle-ci avec l’arcade veineuse de la plante du pied. Cette anastomose est l’analogue de celle qui unit la céphalique du pouce à l’arcade veineuse profonde de la paume de la main. — Sur le bord interne du pied, les branches anastomotiques traversent des anneaux fibreux situés au-dessus de l’adducteur du gros orteil ; on en compte toujours au moins trois ou quatre. — Au-devant de l’articulation tibio-tarsienne, la saphène interne communique avec les veines pédieuses. En dedans, elle communique par un rameau, en général plus développé, avec les veines tibiales postérieures. Houzé a constaté que la plupart de ces anastomoses présentent des valvules, et que leur bord concave est tourné vers la peau. Le sang, par conséquent, passe librement des veines profondes vers les superficielles, mais il ne peut refluer des superficielles vers les profondes. i\e édit. n. — 46

Sur la moitié inférieure de la jambe, la saphène interne est unie : 1° aux veines tibiales antérieures, par quatre ou cinq veinules inégalement espacées ; 2° aux veines tibiales postérieures, par deux et souvent trois branches beaucoup plus importantes. Les valvules de toutes ces anastomoses se dirigent des parties périphériques vers l’axe de la jambe, et offrent, par conséquent, une direction inverse de celle que présentent les valvules des veines anostomoliques du pied, d’où il résulte que le sang se porte librement des veines superficielles vers les profondes, mais ne peut refluer de celles-ci vers les premières.

Sur la cuisse, deux ou trois anastomoses s’étendent de la saphène interne à la veine fémorale.

Les veines qui unissent la saphène externe aux veines profondes sont peu nombreuses. Sur la face dorsale du pied, il en existe une ou deux qui vont s’ouvrir dans les veines plantaires externes; une autre se rend dans les pédieuses au-devant de la malléole péronéale; d’autres, très petites dans les veines péronières antérieures et postérieures. Sur la moitié inférieure de la jambe, on en remarque en général trois qui se portent de la saphène vers les veines péronières.

Les anastomoses directes partent les unes du tronc même des saphènes, les autres de leurs branches ou de leurs rameaux. M. Le Dentu fait remarquer que les premières sont représentées par une seule veine, et que les secondes sont presque toujours doubles. Les deux branches 'qui viennent s’ouvrir dans une veine profonde ne se juxtaposent qu’au voisinage de celle-ci et sont munies chacune sur ce point d’une paire de valvules dont le bord libre est tourné vers l’axe de la jambe; à leur extrémité opposée elles s’écartent et se dirigent en sens contraire.

Les anastomoses indirectes , bien décrites par M. Le Dentu, sont celles qui n’arrivent aux troncs veineux profonds qu’en s’accolant à une veine intramusculaire par l’intermédiaire de laquelle elles s’ouvrent dans ces troncs. Le triceps sural est, du reste, le seul muscle qui se laisse ainsi traverser par des veines émanées du plexus sous-cutané.

Ces anastomoses indirectes sont constituées par une veine unique. Elles possèdent des valvules disposées de manière à empêcher le reflux du sang vers les veines superficielles. Leurs dimensions assez considérables restent égales sur toute leur étendue. Leur nombre varie de quatre à six ; il y en a toujours au moins une pour chacune des trois parties constituantes du triceps. La plupart proviennent de la saphène externe (1).

2° Valvules des veines superficielles. — Sur Ces veines, COU) me Slir les veines profondes, on remarque des valvules complètes et des valvules rudimentaires qui ne sont constituées que par un simple liséré fibreux ;

(1) Le Dentu, Redl. anat. sur les veines du pied et de la jambe, thèse, 1807, p. 30.

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ces dernières sont plus rares cependant sur le plan veineux sous-cutané que sur le plan veineux sous-aponévrotique.

Rien de plus variable, du reste, que le nombre des valvules. Le tableau suivant, dressé par Houzé, suffira pour le démontrer :

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