C. Vaisseaux lymphatiques des muqueuses si surface lisse
Parmi les muqueuses de ce troisième groupe il en est plusieurs qui sont dépourvues de tout vaisseau de cet ordre : telles sont les muqueuses vésicale et urétérale ; c’est en vain que j’ai exploré ces muqueuses en variant les procédés les plus appropriés à leur recherche; le résultat de mes études a toujours été complètement négatif.
Reste le troisième groupe des muqueuses à surface lisse, dans lesquelles les vaisseaux affectés au cours de la lymphe se montrent eu grand nombre. Ils ne sont pas cependant également multipliés et également volumineux sur toutes. Ces vaisseaux se distinguent sur la pituitaire par leur extrême ténuité. Sur la muqueuse respiratoire ils sont plus gros et plus nombreux, mais seulementsur le fœtus et l’enfant. Surla muqueuse gastrique leur nombre et leur calibre s’accroissent encore. Mais c’est sur la muqueuse du gros intestin qu’ils atteignent leur plus grand développement. Lorsque l’on compare les deux intestins sous ce rapport, on reste frappé de la différence qu’ils présentent. L’intestin grêle semble relativement déshérité; tout l’avantage est en faveur du gros intestin; et cependant le premier est le siège spécial de l’absorption, d’une absorption active, considérable, se répétant à de courts intervalles, et constituant l’une des grandes fonctions de l’économie. Qu’absorbe le second? rien ou presque, et les produits qu’il apporte dans la circulation semblent plus nuisibles qu’utiles. Or si son rôle comme surface absorbante offre si peu d’importance, pourquoi dans son épaisseur tant de vaisseaux absorbants et d’un tel volume?
Comment naissent ces vaisseaux sur les muqueuses à surface lisse? Comme sur les muqueuses villo-papillaires. Seulement sur ces dernières chaque saillie est un petit centre qui a son système lymphatique particulier, lequel se continue par sa base avec le système des centres environnants. Ici rien de semblable; mais un réseau de capillicules et de lacunes régulièrement étalé sur une surface unie et à mailles très inégales. De la lace profonde de celui-ci partent des troncules et les ' troncs, qui traversent perpendiculairement la muqueuse pour se rendre dans la couche celluleuse sous-jacente. Ces troncs ne s’anastomosent pas dans leur trajet; ils ne forment pas sur la face adhérente de la muqueuse un réseau profond : ce réseau sous-muqueux n’est pas moins imaginaire que le réseau sous-dermique.
La présence ou l’absence de saillies sur les surfaces tégumentaires ne modifie donc pas très sensiblement les caractères du réseau compris dans leur épaisseur. Ce réseau s’offre à nous, sur toute leur étendue,