LYMPHATIQUES DES ORGANES GÉNITAUX
Les vaisseaux lymphatiques de l’urèthre et du gland convergent donc tous vers le frein de la verge, d’où ils se rendent dans les ganglions du pli de l’aine. Cette disposition nous explique :
Pourquoi les chancres se montrent le plus habituellement sur les côtés du frein de la verge, et comment les ganglions du pli de l’aine s’enflamment et suppurent quelquefois à la suite de ces ulcérations ;
Pourquoi la blennorrhagie uréthrale débute constamment par la fosse naviculaire et s’accompagne aussi chez quelques individus d’une tuméfaction des glandes inguinales ;
Comment, très circonscrite à son début, elle s’étend d’avant en arrière, de manière à envahir peu à peu tout le canal de l’urèthre ;
Comment, enfin, cette même affection peut tomber dans les bourses : car les vésicules séminales, le canal déférent, l’épididyme, le testicule, ne sont pas moins riches en vaisseaux absorbants que le gland et l’urèthre. Le réseau qui commence au méat urinaire se prolonge jusque dans les conduits séminifères du testicule. L’inflammation, après avoir descendu jusqu’à l’embouchure des canaux éjaculateurS, se propage dans ces canaux et envahit de proche en proche toute l’étendue des voies spermatiques. La blennorrhagie est donc une véritable angioleucite. La blennorrhagie abandonnant l’urèthre et se localisant dans les bourses est une angioleucite ambulante, dont certains malades peuvent suivre la marche par le déplacement successif des douleurs qui l’accompagnent.
Cette angioleucite ambulante se comporte d’ailleurs comme celles qu’on observe parfois sur le tronc et sur les membres : à mesure qu’elle s’avance d’un côté, elle disparaît de l’autre. C’est pour cette raison que le premier effet de son appariti'on dans les bourses est de suspendre l’écoulement uréthral; c’est pour cette raison également que lorsque l’inflammation du testicule et de l’épididyme diminue, on voit reparaître en partie cet écoulement. Depuis longtemps on avait signalé le rôle que joue le système absorbant dans la production des bubons ; mais on avait trop négligé celui qui lui appartient -dans la blennorrhagie et dans le développement de l’orchite blennorrhagique.
F. Lymphatiques des organes génitaux externes de la femme.
Par leur multiplicité et leur développement, ces vaisseaux peuvent être comparés à ceux qui naissent du scrotum. Leurs radicules constituent un large réseau étalé sur la face interne des grandes lèvres, sur toute la périphérie des petites, sur tout le pourtour de l’orifice du vagin, sur le pourtour du méat urinaire, sur le vestibule et sur le clitoris.
Ce réseau présente la forme d’un cercle perforé au niveau de l’orifice vaginal. On peut lui distinguer par conséquent deux circonférences.
ANGIOLOGIE.
Par sa petite circonférence, le réseau vulvaire reçoit les vaisseaux absorbants qui naissent du quart antérieur du vagin.
Par sa grande circonférence, il émet de chaque côté six ou huit troncs qui rampent sur la face externe des grandes lèvres ei se dirigent ensuite vers les ganglions de Paine où ils se terminent. Lorsque ces vaisseaux ont été complètement injectés, la préparation présente l’aspect d’une sorte d’auréole dont les irradiations se partagent en deux groupes, l’un droit et l’autre gauche.
Le canal de l’urèthre chez la femme est revêtu, comme chez l’homme, d’un réseau lymphatique, très développé surtout à sa moitié antérieure.
G. Vnisscaaax I^mpliatiqiics superficiels «lu périnée.
Ces vaisseaux proviennent, les uns des téguments de la région anale, les autres des téguments de la région périnéale.
Les premiers, plus nombreux et plus importants, naissent de tous les téguments qui recouvrent la partie interne de la région fessière. Le réseau qui leur donne naissance est d’autant plus développé qu’il répond à un point plus rapproché de l’orifice anal. Ce réseau est surtout remarquable chez le fœtus et l’enfant.
Les seconds, ou lymphatiques périnéaux, ont pour point de départ un réseau notablement moins riche que celui des téguments des régions anale et génitale. De ce réseau partent deux ou trois troncs auxquels viennent se joindre les troncs plus nombreux émanés de la partie interne de la région fessière. Tous ces troncs cheminent d’arrière en avant, pour .se rendre dans les ganglions les plus internes du pli de l’aine.
S 2. — Des ganglions iliaques externes et des vaisseaux qui s’y rendent.
Les ganglions iliaques externes, ordinairement au nombre de trois, sont situés immédiatement au-dessus de l’arcade crurale. Le plus volumineux repose sur les vaisseaux sanguins au niveau de l’anneau crural qu’il tend à oblitérer. Le second est placé en dehors de l’artère, et le troisième en dedans de la veine. Quelquefois, les deux premiers se continuent par leur extrémité et forment une ceinture qui embrasse la partie antérieure des troncs artériel et veineux. 11 n’est pas rare de trouver près de l’origine du tronc artériel, sur son côté externe, un quatrième ganglion, et même un cinquième dont le volume est variable, mais en général plus petit que celui des précédents.
Les lymphatiques qui viennent se terminer dans ces ganglions sont : les vaisseaux efférents des glandes inguinales, les vaisseaux épigastriques et les vaisseaux circonflexes iliaques.
GANGLIONS PELVIENS.
1° Lymphatiques efférents des glandes inguinales. — Ils SOllt extrêmement nombreux et pour la plupart très volumineux. Réunis en un conduit unique, ces vaisseaux formeraient un tronc dont la capacité serait supérieure à celle de la veine fémorale. — Ceux qui partent des glandes inguinales superficielles traversent la partie correspondante de l’aponévrose crurale, qu’ils transforment en une sorte de crible, d’où le nom de fascia cribriformis sous lequel elle est généralement connue. Arrivés sous ce fascia, ils se partagent en trois groupes: un groupe externe formé de deux ou trois troncs qui rampent au-devant de l’artère pour se rendre dans le ganglion iliaque le plus externe; un groupe moyen situé au-devant de la veine et composé de trois à cinq troncs qui se terminent dans le ganglion iliaque externe moyen; et un groupe interne plus important qui se termine dans les ganglions inguinaux profonds.
Les vaisseaux efférents des ganglions profonds se divisent e» deux groupes, dont l’un se jette dans les ganglions iliaques externes, et l’autre plus considérable dans les ganglions iliaques internes les plus rapprochés du canal sous-pubien.
2° Lymphatiques épigastriques. — Nés des lBUSCleS de la paroi abdominale antérieure, particulièrement du grand droit de l’abdomen, ils descendent sur les côtés des veines épigastriques, rencontrent audessus de l’anneau crural un ou deux petits ganglions qu’ils traversent, et se terminent ensuite dans la glande iliaque externe moyenne.
3° Lymphatiques circonflexes iliaques. — - Le muscle iliaque et les trois muscles superposés des parois abdominales leur donnent naissance. De ces diverses origines, ils convergent vers la crête iliaque où ils rencontrent assez fréquemment un petit ganglion, et accompagnent ensuite les veines circonflexes iliaques pour se rendre dans la glande la plus externe. D’autres, suivant une direction inverse, longent la moitié postérieure de la crête iliaque et se jettent dans un ganglion accolé à l’artère iliaque primitive.
§ 3. — Des ganglions situés dans l’excavation pelvienne
ET DES VAISSEAUX QUI s’Y RENDENT.
Ces ganglions, très nombreux, mais en général peu volumineux, se divisent en latéraux ou hypogastriques, et postérieurs ou sacrés.
Les ganglions hypogastriques ou iliaques internes occupent l’espace angulaire compris entre les vaisseaux iliaques externe et internes. Les plus volumineux, qui sont aussi les plus inférieurs, reposent sur les vaisseaux obturateurs.
Les ganglions sacrés sont disséminés sur les parties latérales de la face antérieure du sacrum en arrière de l’artère iliaque interne. Quel-
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ANGIOLOGIE.
ques-uns se trouvent logés dans l’épaisseur du mésoreclum. Leur volume est plus petit que celui des précédents.
Ces ganglions intrapelviens reçoivent : 1° la plupart des vaisseaux efférents des ganglions inguinaux profonds; 2° plusieurs troncs émanés des glandes iliaques externes ; 3° les lymphatiques fessiers et ischiatiques; 4° les lymphatiques obturateurs ; 5° les lymphatiques du rectum ; G0 les lymphatiques de la prostate et des vésicules séminales ; 7° enfin les lymphatiques du vagin et ceux de l’utérus.
1® Lymphatiques fessiers et ischiatiqucs. — Ces vaisseaux, parallèles aux artères du même nom, émanent, les premiers de l’épaisseur des muscles fessiers, et les seconds, soit du grand fessier, soit des divers muscles qui occupent la partie supérieure et postérieure de la cuisse. Après avoir traversé de très petits ganglions au nombre de huit à dix ou douze situés sur leur trajet, ils entrent dans le petit bassin par la grande échancrure sciatique et gagnent les ganglions iliaques internes.
2° Lymphatique» obturateur». — Peu nombreux et quelquefois réunis en un tronc unique, ces vaisseaux, très bien observés, ainsi que les précédents, par Mascagni. partent des muscles adducteurs, pénètrent dans l’excavation pelvienne par le canal sous-pubien, en suivant la direction de l’artère et des deux veines obturatrices, et se terminent dans le ganglion hypogastrique le plus intérieur.
3 Lymphatique» du rectum. — Ils ont été aperçus par Rüdbeck peu de temps après la découverte des absorbants du foie. Leur nombre est considérable. Comme ceux des autres parties du tube intestinal, ils forment deux couches : une couche interne qui tire son origine de la muqueuse, et une couche externe qui prend naissance dans la tunique musculeuse. La première se présente sous l’aspect d’un réseau à larges mailles se continuant au niveau de l’anus avec les lymphatiques cutanés. — La seconde affecte une disposition analogue. Les troncs émanés de Tune et de l’autre se rendent soit dans les ganglions du mésorectum, soit dans les ganglions sacrés latéraux.
4° Lymphatiques de la messie, de la prostate et «les vésicules séminales. — Les vaisseaux lymphatiques de la vessie ont été mentionnés d’abord par Zeller. Ils ont été décrits ensuite par Cruikshank, et représentés par Mascagni. Selon ces deux auteurs, ils seraient même assez nombreux. Mais ces vaisseaux proviennent-ils de la tunique muqueuse ou de la tunique musculaire? J’ai exploré la surface interne de la vessie sur tous les points, et toujours sans succès. La tunique muqueuse semble tout à fait dépourvue de cet ordre de vaisseaux; aucun fait du moins ne les démontre. Quant à la tunique musculaire, j’ai longtemps douté aussi de leur existence. Cependant j’ai réussi à les voir sur la face postérieure de la vessie chez le chien et le lapin.