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LYMPHATIQUES DU VAGIN ET DE L’UTÉRUS

Chez l’homme on aperçoit sur la surface externe de cet organe deux ou trois troncs absorbants de chaque côté ; ce sont ces troncs qui ont été vus par Cruikshank et par Mascagni. Mais ils ne partent pas des parois vésicales, ils viennent de la prostate. En 1854, à l’occasion d’un concours pour la place de chef des travaux anatomiques, j’ai réussi à les injecter, et j’en donnai alors la description suivante :

« Les vaisseaux lymphatiques de la prostate sont très nombreux. Nés de chacune des granulations de la glande, ils se dirigent vers sa périphérie qu’ils couvrent de leurs anastomoses. Quatre troncs principaux partent de ce plexus périphérique, deux droits et deux gauches. Ils se rendent dans les ganglions intrapelviens les plus antérieurs, en cheminant sur les parties postéro-latérales de la vessie. Ces vaisseaux sont faciles à injecter chez le fœtus et l’enfant. Il suffit à cet âge de piquer la face inférieure de la prostate sur sa partie médiane; on voit aussitôt le mercure cheminer dans toutes les mailles du réseau périphérique et pénétrer même dans le réseau lymphatique qui recouvre les vésicules séminales (1). »

Les absorbants des vésicules séminales découverts par Hewson avaient été peu étudiés. En poursuivant mes recherches sur les lymphatiques de la prostate, j’ai pu reconnaître aussi, non seulement qu’ils existent, mais qu’ils sont très nombreux. Ces vaisseaux naissent des deux tuniques qui forment les vésicules, plus spécialement de la tunique interne qu’ils recouvrent de leurs radicules anastomosées. Les troncules émanés de ce réseau serpentent autour des vésicules, s’anastomosent et constituent un second réseau à larges mailles duquel partent de chaque côté deux ou trois troncs qui vont se jeter dans les ganglions latéraux inférieurs de l’excavation du bassin (2).

Les canaux déférents sont aussi le point de départ de troncules lymphatiques. Le réseau que forment ceux-ci est plus apparent sur leur partie initiale et sur leur partie terminale ; mais il s’étend de l’une à l’autre et occupe toute leur longueur.

5° Lymphatiques «la vagin et de l’utérus. — Les lymphatiques du vagin sont représentés à leur origine par un fin réseau qui recouvre les parois de ce conduit. De ce réseau naissent de très petits troncs qui se distinguent en supérieurs et inférieurs. — Les premiers émanés des deux tiers supérieurs du vagin vont se terminer, comme les lymphatiques du museau de tanche, dans deux très minimes ganglions, situés l’un à droite, l’autre à gauche, au niveau de l’union du col utérin et du conduit vaginal. Lorsque ces ganglions n’existent pas, ce qui est fréquent, les troncs vaginaux supérieurs se rendent aux ganglions pelviens latéraux.

(1) Rech. sur la conformât, de l’urèthre. Paris, 1854-, p. 84.

('2) Traité des vaiss. lymph ., p. 134, pl. XLVIII.

ANGIOLOGIE.

— Les troncs inférieurs, dont le nombre varie, se portent vers l’entrée du vagin où ils se continuent avec les lymphatiques de la vulve.

Les vaisseaux lymphatiques de l’utérus présentent de très grandes différences suivant qu’on les considère dans l’état de vacuité de cet organe ou pendant le cours de la grossesse. Dans l’état de vacuité de la matrice ils n’offrent qu’un assez petit volume, mais sont plus résistants et se laissent plus facilement injecter, surtout chez l’enfant naissant. Dans l’étal opposé ils augmentent notablement de calibre. Ils sont alors aussi volumineux qu’une plume d'oie, dit Cruikshank. Leurs premières radicules naissent de la tunique muqueuse et de la tunique musculaire ; elles forment dans cette seconde tunique un vaste réseau qui en occupe toute l’épaisseur et qui s’avance jusqu’au-dessous de la tunique séreuse. De ce réseau partent de chaque côté sept ou huit troncs, lesquels cheminent dans l’épaisseur des ligaments larges. Ceux qui viennent du col de l’utérus et de la face antérieure du corps se portent vers les ganglions situés dans l’angle de bifurcation de l’artère iliaque primitive. Ceux qui naissent de la face postérieure du corps se terminent dans les ganglions iliaques postérieurs (1).

Ceux qui partent de la muqueuse du corps, représentés par de simples minuscules, se jettent dans les troncules sous-jacents de la tunique musculaire. Ceux du museau de tanche, de même que ceux de la partie supérieure du vagin, se rendent dans les ganglions pelviens latéraux.

§ 4. — Des ganglions lombaires et des vaisseaux qu’jls reçoivent.

Les ganglions lombaires, situés au-devant de l’insertion des muscles psoas, en dehors de l’aorte et de la veine cave ascendante, forment de chaque côté un groupe fort important, qui s’étend de la partie moyenne des vaisseaux iliaques primitifs à la première vertèbre des lombes. Les glandes de ces deux groupes diffèrent par leur diamètre: quelques-unes sont volumineuses ; celles qui se rapprochent le plus du plan médian sont en général moins considérables. Leur nombre est indéterminé; il varie de 20 à 30 pour chaque côté.

Vers ces ganglions convergent îles troncs émanés des ganglions iliaques externes ; les efférents des ganglions pelviens ; les lymphatiques de la trompe utérine et de l’ovaire; ceux du testicule et du rein.

1° Vaisseaux efférents des ganglions iliaques externes. — NOUS

avons vu que les vaisseaux efférents de ces ganglions se partagent en deux groupes, et que le groupe interne se rend dans les ganglions hypogastriques. Le groupe externe se compose de deux ou trois gros troncs

(1) Traité des vaiss. lijmph., p. 128, pl. XLVI.

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