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III. — Vaisseaux lymphatiques des organes des sens

Les organes des sens possèdent des vaisseaux lymphatiques. Mais ces vaisseaux n’ont été observés que sur leurs parties superficielles ou tégumentaires : pour le sens de l’ouïe, sur le pavillon de l’oreille ; pour celui de la vue, sur les paupières; pour celui de l’odorat, sur la muqueuse des fosses nasales; pour celui du goût, sur la muqueuse linguale.

A. Lymphatiques du pavillon de l’oreille. — Comme toutes les parties situées aux dernières limites de l’économie, c’est-à-dire à la plus grande distance possible du centre circulatoire, le pavillon de l’oreille se distingue par la multiplicité des radicules lymphatiques auxquelles il donne naissance. Le réseau résultant de l’union de toutes ces radicules recouvre ses deux faces et sa circonférence.

Les troncs qui naissent de ce réseau se distinguent d’après leur direction en antérieurs, postérieurs et inférieurs. — Les antérieurs, au nombre de deux, se portent de la conque du pavillon et de la fossette de l’anthélix vers le gros ganglion qu’on observe au-devant du tragus. — Les postérieurs, au nombre de sept ou huit, partent pour la plupart de la face interne du pavillon ; deux ou trois cependant émanent du pourtour de la face antérieure et se dirigent aussitôt vers l’hélix qu’ils contournent pour se mêler aux précédents. Ces troncs postérieurs se rendent dans les ganglions mastoïdiens. — Les inférieurs, au nombre de quatre ou cinq, se portent du lobule de l’oreille dans les ganglions parotidiens.

13. Lymphatiques du sens de la vue. — Ces vaisseaux, très nombreux aussi, ont pour origine la peau des paupières et la conjonctive. On injecte assez facilement ceux des sourcils, difficilement les autres. Mais on les voit très bien au microscope lorsque leur cavité est remplie de microbes. Ils sont surtout très développés sur le bord libre ou ciliaire que recouvre un réseau d’une extrême richesse. De celui-ci naissent trois ou quatre troncs externes qui vont se terminer dans les ganglions parotidiens les plus antérieurs et deux ou trois troncs internes plus petits qui se joignent aux lymphatiques venus de la partie médiane du front pour suivre ensuite la veine faciale et se rendre dans les ganglions sous-maxillaires.

Quelques vaisseaux lymphatiques naissent aussi de la conjonctive, principalement de la conjonctive palpébrale.

En Allemagne, Reklinghausen et Krause décrivent les vaisseaux lymphatiques de la cornée, déterminent leur point d’émergence, mesurent leur diamètre, etc., etc. Leur opinion a été adoptée par la plupart de

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