‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 465 sur 481 · Y AISSEAUX LYMPHATIQUES DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

Y AISSEAUX LYMPHATIQUES DE LA LANGUE

leurs compatriotes et par leurs nombreux admirateurs en France. À leurs assertions si affirmatives j’oppose hautement mes assertions négatives. Que l’Allemagne persiste dans ses assertions et ses égarements ; pour nous, nous resterons fidèle au culte de l’anatomie positive.

C. Lymphatiques du sens de l’odorat. — Nous avons VU précédemment que les téguments du nez sont le point de départ de nombreux troncules lymphatiques.

Indépendamment de ces lymphatiques cutanés, le sens de l’odorat en possède d’autres encore qui naissent de la muqueuse nasale. Ces derniers ont pour origine un réseau, extrêmement superficiel, composé de ramuscules de la plus grande ténuité, et cependant assez faciles à injecter sur les points où la pituitaire est épaisse et tendue. L’existence de ce réseau a été démontrée en 1859 par E. Simon. Cet observateur a pu suivre les troncs qui en partent depuis leur origine jusqu’à leur terminaison. Tousse dirigent en arrière, en cheminant dans l’épaisseur de la muqueuse ; ils convergent vers la partie moyenne du sillon vertical qui sépare la paroi externe des fosses nasales de la trompe d’Eustache, et forment sur ce point un petit plexus signalé par le même auteur.

De ce plexus que j’ai observé aussi, on voit partir deux troncs. L’un et l’autre traversent le voile du palais en passant entre les deux péristaphylins, puis se séparent et se terminent différemment. — Le plus élevé descend entre le pharynx et le stylo-pharyngien, et pénètre dans un gros ganglion situé au-devant de l’axis : c’est le plus élevé de tous les ganglions du corps. Il reçoit en outre les lymphatiques de la moitié supérieure du pharynx, en sorte qu’il peut s’engorger et même suppurer à la suite de toutes les inflammations siégeant sur la muqueuse nasale ou la muqueuse pharyngienne. — Le second se prolonge plus bas, puis se bifurque pour se terminer dans deux ganglions situés sous le sternomastoïdien, au niveau du point où ce muscle est traversé par le spinal.

D. Vaisseaux lymphatiques de la langue. — - Les Vaisseaux qui naissent de la muqueuse linguale sont extrêmement nombreux, et cependant, malgré leur multiplicité, ils sont restés inconnus jusqu’en 1847. A cette époque, je les injectai, et je fis connaître leur existence et leur disposition dans un mémoire adressé à l’Académie des sciences. Le mode d’origine qu’ils présentent est celui qu’on observe sur les surfaces libres : des ramuscules extrêmement ténus, sans direction déterminée, anastomosés entre eux et constituant des réseaux à mailles très serrées, telle est la disposition qui leur est propre à leur point d’émergence.

Les réseaux étalés sur la face dorsale de la langue occupent surtout sa partie moyenne. Ils atteignent leur plus haut degré de développement au niveau des papilles caliciformes qui semblent établir leur limite en arrière. En avant ils se prolongent jusqu’à l’union du tiers antérieur de

ANGIOLOGIE.

l’organe avec son tiers moyen. Chez le fœtus, dans les injections heureuses, on les voit s’avancer jusqu’à la pointe de la langue ; alors toute la partie supérieure de la muqueuse linguale est recouverte d’une lamelle argentée dont l’éclat, toujours plus vif au voisinage des papilles caliciformes, pâlit et s’efface graduellement 'de la partie postérieure à la partie antérieure de la membrane gustative. Autour des grosses papilles, les

Fig. 448. — Vaisseaux lymphatiques de la face dorsale de la langue.

1, 1. Réseau lymphatique du tiers antérieur de la langue constitué par des radiculaires d’une extrême ténuité. — 2, 2. Réseau lymphatique de la partie moyenne, formé par desjradicules plus grosses, surtout sur les bords de la langue, lesquelles convergent d’arrière en avant et de dehors en dedans, comme les sillons papillaires.

3. Réseau qui répond aux papilles caliciformes ; il est composé de troncules

beaucoup plus gros qui serpentent autour de ces papilles et qui les encadrent. —

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