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VAISSEAUX LYMPHATIQUES DE LA LANGUE

troncules qui partent de ces réseaux se dévient, pour les contourner, en suivant un trajet demi-circulaire, et reprennent ensuite leur direction vers l’épiglotte après s’être anastomosés à leur base. — Autour des papilles coniques et fungiformes, les troncules se comportent de la même manière. Ils marchent dans les sillons interpapillaires en se dirigeant obliquement en avant et en dehors, avec la régularité que nous présentent les nervures d’une feuille, et communiquent dans leur trajet au niveau de chaque saillie nerveuse. Toute papille est par conséquent entourée à sa base d’un anneau complet. De cet anneau partent un ou deux ramuscules qui remontent dans chacune d’elles, et qui ont euxmêmes pour point de départ un réseau de lacunes et de capillicules. En piquant avec une pointe très acérée les papilles de la langue, j’ai réussi plusieurs fois à remplir de mercure ce petit réseau papillaire.

Les troncs, lymphatiques qui proviennent du plexus dorsal se dirigent, les uns en arrière et les autres en avant.

Les postérieurs sont ordinairement au nombre de quatre. — Deux prennent naissance au voisinage du trou borgne, descendent parallèlement en suivant le plan médian, divergent au-devant de l’épiglotte, et traversent la membrane thyro-hyoïdienne pour se jeter dans un ganglion situé au-devant de la veine jugulaire interne, sur les côtés du cartilage cricoïde. — Les deux autres sont très rapprochés des amygdales et des bords de la langue. Après avoir traversé le constricteur supérieur du pharynx, ils vont se ramifier dans un ganglion placé immédiatement au-dessus du précédent.

Les antérieurs ne rampent pas sous la muqueuse. Ils se détachent à angle droit de cette membrane, plongent aussitôt dans le tissu musculaire, et apparaissent ensuite sur la face inférieure de la langue. Parmi ces vaisseaux, ceux dont l’origine est très rapprochée de la pointe de l’organe s’adossent l’un à l’autre après l’avoir traversée de haut en bas, deviennent sous-muqueux, suivent d’abord l’interstice des deux génioglosses, passent au-dessous de la glande sublinguale, puis traversent le mylo-hyoïdien pour de se rendre à un ganglion qui répond à la grande corne de l’os hyoïde. Les autres troncs émanés de la partie antérieure du réseau dorsal traversent l’hyo-glosse un peu au-dessus de son insertion à l’os hyoïde, puis se jettent dans un ou deux ganglions placés sur les côtés du cartilage thyroïde.

4, 4. Troncs lymphatiques qui naissent des parties latérales de ce réseau. — 5. L’un de ces troncs qui se porte en dehors des amygdales pour se rendre dans les ganglions moyens du cou. — 6. Vaisseaux lymphatiques antérieurs du voile du palais s’anastomosant avec les troncs latéraux de la face dorsale et formant avec ceux-ci un petit plexus. — 7, 7. Autre tronc latéral qui passe en dedans de l’amygdale correspondante. — 8, 8. Troncs qui partent de cette partie médiane du plexus. — • 9, 9. Autres troncs, moins volumineux, dépendant des précédents, et disparaissant comme ceux-ci au moment où ils s’engagent djans l’épaisseur des parois du pharynx.

Les réseaux qui recouvrent les parties latérales ou les bords de la langue, très développés et très faciles à injecter, se continuent par leur partie supérieure avec le réseau de la face dorsale. Par leur partie inférieure ils émettent dix à douze troncules qui descendent dans le sillon des muscles stylo-glosse et lingual inférieur, où ils se réunissent pour former de chaque côté deux ou trois troncs. Ceux-ci, après avoir traversé le constricteur supérieur du pharynx, se terminent dans Lun des ganglions de la partie moyenne du cou.

§ 9. — Ganglions et vaisseaux lymphatiques du cou.

Il est peu de régions où les ganglions lymphatiques se montrent en aussi grand nombre que sur les parties latérales du cou. Ils forment une chaîne non interrompue qui s’étend des ganglions parotidiens et mastoïdiens aux ganglions sus-claviculaires et médiastinaux. Leur volume est très inégal. La plupart se groupent autour de la veine jugulaire interne. Le sterno-mastoïdien les recouvre presque tous; aussi lorsqu’ils deviennent le siège d’un engorgement général, soulèvent-ils ce muscle, qu’ils tendent à la manière d’un arc et qui de son côté les refoule vers le pharynx, d’où une gêne plus ou moins grande dans la déglutition.

Indépendament des lymphatiques de la langue et des fosses nasales, les ganglions cervicaux reçoivent encore ceux : 1° des gencives et de la muqueuse palatine ; 2° du voile du palais et des amygdales ; 3° du pharynx ; 4° du larynx et de la trachée ; 5° du corps thyroïde.

1° Lymphatiques des gencives et de la muqueuse palatine. —

Les gencives sont recouvertes par un réseau lymphatique d’une extrême délicatesse, facile à injecter cependant chez le fœtus. Il en est de même de celui qui recouvre le pourtour de la muqueuse palatine. Mais à mesure qu’on se rapproche de la partie médiane de celle-ci, les radicules qui le forment augmentent très sensiblement de volume.

Les troncs lymphatiques émanés de la muqueuse gingivale suivent des directions différentes. Ceux des gencives inférieures descendent sur les faces interne et externe de la mâchoire et se jettent dans les ganglions sous-maxillaires. Le réseau des gencives supérieures se continue avec celui de la muqueuse palatine.

Ce réseau de la muqueuse palatine se continue en arrière avec celui du voile du palais. Les troncules auxquels il donne naissance se dirigent en arrière et se réunissent aux troncs qui émanent de celui-ci.

2° Lymphatiques du voile du palais. — Le voile du palais est recouvert d’un très beau réseau lymphatique se continuant en arrière et en haut avec celui de la muqueuse nasale, en arrière et en bas avec celui de la muqueuse palatine. — La partie de ce réseau qui répond à sa face

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