VAISSEAUX LYMPHATIQUES DU COU
supérieure se compose démaillés déliées et plus larges. Celle qui répond à la face inférieure est au contraire d’une prodigieuse richesse ; et cependant elle ne peut être comparée au plexus lymphatique de la luette, qui a pour effet, lorsqu’on l’injecte, de doubler son volume.
Les troncs auxquels ce réseau lymphatique donne naissance se portent tous vers les parties latérales du voile du palais, où ils se partagent en trois groupes : l’un postérieur, l’autre antérieur, et le troisième moyen. — Le groupe postérieur suit le pilier postérieur pour se rendre dans les ganglions situés autour de la bifurcation de la carotide primitive. • — Le groupe antérieur suit le pilier antérieur; il communique avec les lymphatiques latéraux de la base de la langue, et se termine ensuite dans les ganglions situés au-dessous des muscles styliens. — Le groupe moyen, composé de trois ou quatre vaisseaux, descend en dehors des amygdales pour se jeter dans les ganglions situés au niveau de Los hyoïde.
Les amygdales sont recouverles par un très beau réseau lymphatique qui donne naissance à plusieurs troncs. Ceux-ci se joignent aux troncs latéraux postérieurs de la face dorsale de la langue. Leur injection est très difficile chez l’adulte ; mais j’ai souvent réussi à les injecter chez l’enfant et le nouveau-né.
3° Lymphatiques du pharynx. — Ces vaisseaux, que j’ai décrits le premier, je crois, et que j’ai fait représenter dans mon atlas des vaisseaux lymphatiques, sont aussi constitués à leur origine par un réseau qui s’étend sur toute la muqueuse pharyngienne. De ce réseau partent quatre groupes de troncs, deux supérieurs et deux inférieurs.
Les deux groupes supérieurs, l’un droit et l’autre gauche, se composent chacun de trois ou quatre vaisseaux qui se portent en convergeant en haut et en dehors. Parvenus à la voûte du pharynx, au niveau de l’angle que forme sa paroi postérieure avec les parois latérales, ils le traversent, et se jettent dans les ganglions situés au-devant du corps de l’axis.
Les deux groupes inférieurs, formés chacun aussi de quatre ou cinq troncs, traversent les parois latérales du pharynx, au niveau de l’intervalle qui sépare l’os hyoïde du larynx, et se terminent dans les ganglions situés de chaque côté de la membrane thyro-hyoïdienne.
4° Lymphatiques du larynx et de la trachée. — Ces vaisseaux SOnt remarquables par leur abondance et leur développement. C’est surtout au niveau de l’orifice supérieur du larynx qu’on les voit se multiplier. Ils s’étalent avec la plus extrême profusion sur la muqueuse des replis aryténo-épiglottiques, mais recouvrent aussi toute la surface de l’épiglotte et tous les autres points de la muqueuse laryngée, en formant un réseau à mailles plus larges.
Du réseau que forment par leurs anastomoses ces ramuscules et troncules, naissent de chaque côté deux et quelquefois trois troncs qui tra-
ANGIOLOG1E.
versent la membrane thyro-hyoïdienne, pour se jeter dans les ganglions situés à droite et à gauche du larynx, sous le sterno-mastoïdien.
5° Lymphatiques du corps thyroïde. — En parlant de ces vaisseaux Hatter s’exprime ainsi : Numerosa etiam rasa acquosa sunt glandulæ tyroideæ. Hunter dit les avoir injectés.
Je les ai vus aussi, mais chez le chien et chez l’ours ; j’ai toujours échoué chez l’homme. Ils naissent des follicules clos, et se divisent en deux groupes, l’un supérieur qui se termine dans les ganglions situés à droite et à gauche du larynx ; l’autre inférieur qui se rend dans les ganglions sus-claviculaires.
§ 10. — Vaisseaux efférents des ganglions cervicaux.
Les absorbants de la tête, après avoir traversé les ganglions occipitaux, mastoïdiens, parotidiens et sous-maxillaires, se rendent dans ceux qui sont échelonnés sur le trajet de la veine jugulaire interne. En passant de glande en glande ils forment sur les parties latérales et profondes du cou un vaste plexus continu en dehors avec celui des vaisseaux axillaires, et en dedans avec un plexus semblable enlaçant les troncs brachiocéphaliques veineux. Ces vaisseaux se terminent par un ou deux troncs qui s’ouvrent, soit dans le canal thoracique à gauche, dans la grande lymphatique à droite, soit dans la veine jugulaire ou la veine sous-clavière, soit à la fois dans l’une et l’autre.
§ 11. — Du CANAL THORACIQUE.
Le canal thoracique s’étend de la seconde vertèbre lombaire où il prend naissance, au confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches dans lequel il se termine.
Placé sur la ligne médiane dans sa moitié inférieure, il s’en écarte supérieurement pour s’incliner du côté gauche.
Sa direction n’est pas rectiligne, mais un peu sinueuse. Sa partie terminale décrit une courbe demi-circulaire à concavité inférieure, une sorte de crosse analogue à la crosse de l’aorte.
Son volume varie sur les divers points de son trajet. Il est d’abord assez considérable pour justifier les noms de réservoir du chyle, de citerne de Pecquet, donnés à son origine. Mais au-dessus de ce réservoir il diminue très notablement, puis augmente de nouveau au voisinage de la veine sous-clavière, où il présente une sorte d’ampoule qui n est pas constante et dont Mascagni a donné un dessin fort exact.
Le canal thoracique est situé inférieurement entre les deux piliers du diaphragme, dans l’orifice aortique de ce muscle, qu’il franchit en mon-