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DIRECTION DES MUSCLES

développement. L’hypertrophie musculaire est presque toujours partielle, et en rapport avec les professions ou le genre d’exercice.

3° Direction. — Les mouvements imprimés par les muscles sont en partie subordonnés à leur direction. Il importe par conséquent d’en prendre une notion exacte pour chacun d’eux.

La direction des muscles est représentée par leur axe, qui peut être rectiligne, curviligne ou brisé. — Pour déterminer l’action d’un muscle rectiligne, il suffit d’en rapprocher les deux extrémités; les os correspondants sont entraînés dans le même sens. — Lorsque les fibres musculaires affectent une direction curviligne, le premier effet de leur contraction est de les redresser, ou plutôt d’en diminuer la courbure ; car il est rare que celle-ci s’efface entièrement; et même, le plus habituellement, elle ne subit qu’une légère modification : ainsi se comportent les fibres du diaphragme, du transverse de l’abdomen, du sphincter des paupières, des bulbo-caverneux, etc.

Cependant, lorsque ces fibres représentent, non de simples segments d’anneaux, mais des anneaux complets, leur action a pour résultat de resserrer au contraire la courbe qu’elles décrivent ; c’est ce qui a lieu pour les fibres circulaires de Lœsophage, et pour celles qui entourent la portion membraneuse de l’urèthre.

Les muscles qui présentent un coude sur leur trajet, ou dont l’axe est brisé, sont connus sous le terme générique de muscles réfléchis. Pour en apprécier les usages, il faut tenir compte seulement de la partie réfléchie, et la considérer comme un muscle rectiligne. — Certains muscles sont rectilignes dans une attitude et réfléchis dans une autre : ainsi les extenseurs des doigts se redressent pendant P extension, et se coudent pendant la flexion; ils présentent même, dans cette dernière attitude des phalanges, une double réflexion, en vertu de laquelle ils agissent simultanément sur toutes les trois.

Les muscles étant destinés à agir sur les os, il n’est pas sans intérêt de connaître la direction relative de ces deux ordres d’organes. Sur les membres, ils marchent à peu près parallèlement aux leviers osseux. Mais au niveau des extrémités renflées de ceux-ci, ils s’écartent de l’axe de l’articulation pour s’en rapprocher un peu plus bas. et décrivent ainsi une légère courbe à leur extrémité inférieure. On ne saurait les considérer cependant comme des muscles réfléchis; ils sont seulement déviés. Ces déviations ont pour avantage d’agrandir l’angle d’incidence des organes actifs et passifs de la locomotion; elles sont favorables par conséquent à la puissance.

L’angle que forment les muscles avec les leviers osseux se modifie beaucoup dans nos diverses attitudes, et surtout pendant la durée des mouvements; c’est dans la station verticale el au début de l’action mus-

MYOLOGIE.

culaire qu’il est ordinairement le plus aigu; dès que les leviers osseux commencent à s’incliner les uns sur les autres, il s’accroît de plus en plus, en sorte que la puissance se trouve favorisée à mesure qu’elle s’affaiblit. Il est cependant quelques muscles qui sont perpendiculaires aux os : tels sont les jumeaux et le soléaire, dont le tendon s’insère à angle droit sur le calcanéum ; tels sont aussi le carré crural, le carré pronateur. les génio-hvoïdiens, le grand complexus, ele.

§ 3. — Forme des muscles.

Les muscles, ainsi que nous l’avons vu, peuvent revêtir les formes les plus diverses. Les différences qu’ils présentent sous ce rapport ont permis de les diviser, comme les os, en muscles longs, larges et courts-

1° Muscles longs. - Ils occupent les membres. Groupés autour des leviers osseux, comme autour d’un axe, on les voit non seulement se juxtaposer pour les entourer de toutes paris, mais aussi se superposer le plus souvent de manière à constituer deux couches, l’une profonde, l’autre superficielle.

La couche profonde en rapport avec les os s’insère sur leur surface, et leur adhère par conséquent d’une manière intime.

La couche superficielle répond aux aponévroses qui la séparent de la peau. Elle est plus longue et plus rétractile que la précédente. Celle-ci s’étend d’un os à l’os inférieur, en passant sur une seule articulation. Les muscles superficiels débordent par leurs extrémités l’os sous-jacent et passent ainsi sur deux articulations très éloignées l’une de l’autre. Il suit de cette disposition et de leur très grande rétractililé : 1° que dans les solutions de continuité des os ils deviennent la source principale du déplacement des fragments; 2° que dans les amputations ils laissent en partie à découvert les muscles profonds, qui eux-mêmes ne recouvrent plus que très imparfaitement l’extrémité de l'os, d’où l’aspect conique que prend la surface de section.

Les deux couches musculaires et les faisceaux qui les composent sont redevables de leur mutuelle indépendance aux lames fibreuses comprises dans leurs intervalles. Les muscles n’adhèrent à ces lames que par un tissu conjonctif extrêmement lâche. Chacun d’eux peut ainsi se rétracter librement dans la gaine qui l’entoure. On voit cependant sur quelques points les aponévroses les unir les uns aux autres et les relier en un seul corps; ils sont alors en partie solidaires et en partie indépendants : c’est ce qui a lieu pour plusieurs muscles de l’avant-bras et de la jambe.

Les muscles longs sont simples ou composés : simples, lorsqu’un faisceau unique les représente; composés, lorsque plusieurs se réunis-

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