‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 7 sur 481 · FORME DES MUSCLES · texte numérisé non relu

FORME DES MUSCLES

seul pour les former. Tanlôt ees faisceaux convergent de liant en bas : ainsi se comportent ceux qui constituent le biceps et le triceps du bras, le biceps et le triceps de la cuisse, le triceps de la jambe; tantôt ils convergent en sens contraire : tels sont ceux qui forment les muscles composés de la partie terminale des membres.

On considère aux muscles longs une partie moyenne et deux extrémités. La partie moyenne, appelée aussi le corps ou le ventre du muscle, est en général la plus volumineuse; elle répond à la partie la plus grêle des os longs, et contribue ainsi à régulariser la forme des membres. Des deux extrémités, la supérieure est la plus courte et la plus considérable, d’où le nom de tête sous lequel elle était désignée par les anciens, qui la considéraient comme Y origine du muscle. L’inférieure, très allongée au contraire et plus grêle, en représente la terminaison. Il suit de ces différences : 1° que la partie la plus élevée du bras et de la cuisse, de l’avant-bras et de la jambe, est plus volumineuse que la partie opposée des mêmes segments; 2° que ceux-ci affectent une forme conique; 3° que les membres présentent une forme semblable et qu’ils en sont redevables non à leur charpente osseuse, mais uniquement à leurs muscles; 4° que les grandes articulations situées au voisinage du tronc sont entourées de tous côtés par ces organes, et que les arliculations sous-jacentes sont recouvertes surtout par des tendons.

2° Muscles larges. — Ces muscles diffèrent beaucoup des précédents. On peut les distinguer, d’après leur siège et leur destination, en trois ordres : les muscles peauciers ou sous-cutanés, les muscles sous-aponévrotiques et les muscles profonds ou viscéraux.

Les muscles sous-cutanés sont peu développés chez l’homme, où ils ont pour siège à peu près exclusif la tête et le cou. L’occipito-frontal, l’orbiculaire des paupières, le peaucier du cou, sont les principaux représentants de ce premier groupe. Mais chez un grand nombre de mammifères, ils acquièrent une telle ampleur qu’ils recouvrent presque toute la surface du tronc. Ces muscles ont pour caractères communs : 1° leur extrême minceur; 2° leur pâleur, attribut qu’ils conservent, même chez les animaux où ils atteignent leur plus grand développement ; 3° leur adhérence à la face profonde de la peau.

Lorsque les muscles peauciers n’offrent qu’un faible développement, comme dans l’espèce humaine, ils sont constitués par un seul plan de fibres. Lorsqu’ils recouvrent presque toute la surface du corps, comme chez le cheval, le bœuf, la plupart des carnassiers, etc., ils se composent de plusieurs plans superposés dont les fibres affectent une direction différente dans chacun d’eux.

Les muscles larges sous-aponévrotiques se voient sur les parois du tronc, qu’ils contribuent à former. Ils sont notablement plus épais que

M VG LO GIE .

les précédents. Leur épaisseur varie, du reste, suivant qu’ils appartiennent exclusivement au tronc, ou bien en partie à cette cavité et en partie aux membres. Ceux qui restent limités au tronc, comme le grand droit, les deux obliques, le transverse de l’abdomen, sont plus minces et en général quadrilatères. Ceux qui s’étendent du thorax aux membres supérieurs, comme les pectoraux, ou du bassin aux membres inférieurs, connue les iliaques, prennent une forme triangulaire et augmentent d’épaisseur à mesure qu’ils diminuent de largeur.

Lorsque ces muscles se superposent, les fibres de chaque couche s’en- Ire-croisent avec celles de la couche sous-jacente : telle est la disposition que nous offrent les muscles de l’abdomen, les intercostaux internes et externes, le transverse et le carré lombaire. Par cette disposition, les plans musculaires se consolident mutuellement, et les parois qu’ils contribuent à former acquièrent une plus grande résistance; c’est pourquoi les hernies se produisent rarement au niveau des points sur lesquels ils sont ainsi superposés et entre-croisés.

Les muscles larges el profonds ou viscéraux sont peu nombreux. Ils s’enroulent autour des parois du pharynx et de l’œsophage. Quelques-uns contribuent à former les parois de la bouche et le corps musculeux de la langue. Très minces, d'aspect membraneux, ils représentent tantôt un plan de figure quadrilatère ou triangulaire, tantôt un segment de cylindre complet et très régulier. Une simple couche de tissu conjonctif les recouvre le plus habituellement et les unit entre eux et aux parties voisines. En se superposant, ils s’entre-croisent aussi, et comme les peauciers, comme les muscles annexés aux grandes cavités splanchniques., ils se prêtent alors un mutuel appui.

3° Muscles courts. On les rencontre en général sur les points où il faut plus de force ou d’agilité que d’étendue dans les mouvements : c’est ainsi qu’on voit se grouper autour de la mâchoire inférieure le masséteret les ptérygoïdiens; autour de la tète de l’humérus, le sus- el le sous-épineux, le petit rond et le sous-scapulaire; autour du col du fémur, le carré crural, les jumeaux, les obturateurs; à la main, les muscles des éminences thénar et hypothénar, etc.

Mais c’est autour du rachis surtout que ces muscles se trouvent rassemblés en grand nombre. Ce sont eux qui remplissent les gouttières vertébrales. En s’ajoutant les uns aux autres, ils forment les muscles spinaux, de même que les vertèbres en se superposant donnent naissance à la colonne rachidienne. Par leur contraction simultanée, ils impriment à cette colonne des mouvements de totalité; par leur action individuelle, ils meuvent chacune des pièces qui la composent.

Le mode de configuration des muscles courts est très varié. Le masséter, les ptérygoïdiens. le carré crural, se rapprochent de la forme

Page 1