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ATTACHES DES MUSCLES. I

cubique; ceux de l’épaule sont triangulaires ; ceux des gouttières vertébrales allongés et aplatis.

La division des muscles en trois ordres comporte, du reste, les mêmes objections que celle des os. Il en est beaucoup qui présentent des caractères mixtes et qu’on classerait difficilement: tels sont ceux de la région sous-hyoïdienne qui sont à la fois longs et larges, ceux de la cavité orbitaire qui sont courts et cependant allongés, les scalènes, la plupart des sphincters et quelques autres.

§ 4. — Attaches ou insertions des muscles.

Toutes les notions relatives à l’étude des muscles sont utiles pour l’intelligence des phénomènes souvent si compliqués de la mécanique animale. Toutes cependant ne présentent pas une importance égale. La connaissance précise de leurs attaches tient à cet égard le premier rang. Étant connues, en effet, les insertions d’un muscle, il devient facile d’en déterminer la longueur, la direction, les usages.

Il est des muscles qui s’attachent à la peau par toute l’étendue de leur surface, ou seulement par une de leurs extrémités ; ce sont les peauciers.

D’autres viennent se fixer sur un organe pour lui imprimer des mouvements : tels sont les muscles oculaires. D’autres s’insèrent sur une membrane muqueuse, comme plusieurs muscles de la langue et des lèvres ; ou bien sur une membrane fibreuse qu’ils recouvrent de toutes parts, comme les muscles du voile du palais. D’autres encore se portent d’un tendon à un autre tendon, comme les muscles lombricaux.

Quelques muscles s’attachent sur des cartilages, ceux du larynx, par exemple. Plusieurs répondent, par une de leurs extrémités, à un os, et par l’autre, en partie ou en totalité, aune aponévrose, dont ils constituent le muscle tenseur.

Mais la plupart des muscles se fixent, par leurs deux extrémités, sur la surface du squelette. Les dépressions, les saillies, les crêtes, les aspérités, les inégalités de tout genre, dont cette surface est comme hérissée, ont pour but de recueillir ces insertions. Aussi remarque-l-on qu’elles sont d’autant plus prononcées que les muscles sont plus développés : d’où les différences qui distinguent le squelette de l’homme du squelette de la femme, et celui d’un individu fortement constitué de celui d’un individu à constitution plus ou moins grêle.

On voit quelquefois les fibres musculaires s’insérer directement ou par l’intermédiaire de très courtes fibres aponévrotiques sur la surface des os. Mais en général, c’est par un tendon que les muscles s’attachent aux saillies ou aspérités osseuses. — Arrondi et cylindrique le plus habituellement, ce tendon est souvent aussi aplati, mince, membraneux : il prend alors le nom (Y aponévrose (V insertion.

M VOLO(rlE.

Les tendons s’implantent immédiatement sur le tissu compact des os en se continuant par leur contour avec le périoste. Entre eux et ce tissu, on ne voit aucune substance intermédiaire ; au niveau de chaque insertion, il y a adhérence intime du tissu tendineux et du tissu osseux. Ainsi unis aux leviers osseux, les tendons se laissent rompre plutôt que détacher.

Les insertions ont été distinguées, pour chaque muscle, en insertion fixe et insertion mobile. Cette distinction mérite d’ètre conservée. Mais il importe de ne pas la prendre dans un sens rigoureux ; car elle ne s’appliquerait alors qu’à un bien petit nombre de muscles, à ceux de l’orbite, par exemple, qui, s’attachant d’un côté au sommet de la cavité osseuse, de l’autre au globe de l’œil, présentent en effet une extrémité tixe et une extrémité mobile.

Pour l’immense majorité de ces organes, les deux attaches sont à la fois mobiles. Elles différent seulement par le degré de leur mobilité. On donne le nom d’insertion tixe à celle qui joue le plus ordinairement le rôle de point d’appui. Les insertions fixes sont remarquables en général par l’étendue plus grande de la surface qu’elles occupent, et par leur tendance à s’unir avec celles des muscles voisins, qui souvent, en effet, se confondent dans une attache commune. Les insertions mobiles se distinguent au contraire par leur moindre étendue, par la netteté de leur contour et leur plus grande indépendance.

£ 5. — Rapports des muscles.

Les muscles sont en rapport avec les os, les articulations et les aponévroses ; ils ont surtout des rapports très multipliés les uns avec les autres. Les vaisseaux et les nerfs cheminent dans leurs intervalles.

1" Rapports des muscles avec les os et les articulations. Les muscles longs et les muscles courts affectent avec les os et les articulations les connexions les plus intimes et les plus étendues. Ils les entourent, pour la plupart, sur toute leur circonférence. Ce n’est que par la connaissance précise de tous ces rapports que le chirurgien peut se rendre compte, à la suite d’une fracture, du mécanisme qui préside au déplacement des fragments, et à la suite d’une luxation de la situation réelle des parties déplacées.

Les grandes articulations sont complètement recouvertes par des muscles ou par de larges tendons qui constituent pour elles de puissants moyens d’union. Sur certains points, les muscles s’écartent, et au niveau de l’espace qui les sépare les téguments se dépriment : telle est l’origine du creux de l’aisselle, du creux poplité, de la dépression qu’on remarque au-dessus de la clavicule, au pli du bras, etc.

RAPPORTS DES MUSCLES

Les muscles larges ont beaucoup moins de rapports avec les os. Ceux du tronc, faisant, pour la plupart, l’office de parois, se trouvent plus spécialement en relation avec les viscères des cavités splanchniques.

2° Rapports des muscles avec les aponévroses. — Les rapports des muscles avec les aponévroses sont plus multipliés encore que ceux de ces organes avec les os; mais ils diffèrent pour les trois ordres.

Les muscles longs sont embrassés sur chaque segment des membres par une forte aponévrose qui leur constitue une gaine générale. Chaque muscle superficiel est entouré, en outre, d’une gaine secondaire dépendante de la gaine principale ; et chaque muscle profond, d’une gaine semblable complétée du côté des os par le périoste. Ainsi environnés et bridés de toutes parts, ils conservent leur indépendance, se raccourcissent et s’allongent librement, mais ne peuvent se déplacer, si étendus et si violents que soient leurs mouvements. Quelques-uns s’attachent en partie à ces lames fibreuses qu’ils s’approprient, en quelque sorte, comme les muscles de l’avant-bras et de la jambe. En se prolongeant sur les articulations, les aponévroses recouvrent aussi tous les tendons, et les séparent souvent les uns des autres par les dédoublements qui se détachent de leur face profonde.

Sur les muscles larges, les aponévroses deviennent extrêmement minces et très adhérentes. Elles sont cellulo-fibreuses. Leur densité et leur résistance augmentent à mesure qu’on se porte de l’attache fixe vers l’attache mobile, au niveau de laquelle les deux lames cellulo-fibreuses se confondent avec l’aponévrose d’insertion.

Sur les muscles courts, les aponévroses présentent la même disposition, les mêmes caractères. Elles recouvrent dans toute leur étendue les muscles spinaux et pénètrent dans leur intervalle. Chacun des muscles de la main et du pied est entouré de lames semblables qui, en s’unissant aux os, forment autant de loges distinctes.

Tous les muscles, à l’exception des peauciers, sont donc sous-aponévrotiques. Les aponévroses qui recouvrent les plus superficiels s’appliquent si bien à leur surface, elles en reproduisent si exactement les contours, qu’ils se dessinent au dehors, chez les individus maigres et fortement constitués, comme s’ils étaient immédiatement sous-cutanés.

3° Rapports des muscles entre eux. — r Les muscles se correspondent parleurs faces, par leurs bords, par leurs extrémités.

Les faces se superposent. Elles sont presque partout séparées par des plans fibreux qui assurent leur mutuelle indépendance.

Les bords, pour les muscles des membres, sont le plus souvent indépendants aussi et parallèles. Sur le tronc et la tête ils n’offrent plus le même parallélisme, mais s’inclinent les uns à l’égard des autres et se croisent à angle aigu, quelquefois à angle droit. Sur le thorax, plusieurs

MVüLOGJE.

d’ eu Ire eux sont constitués par une série d’angles alternativement rentrants et saillants, à l’aide desquels les bords opposés s’entre-croisent à peu près comme les doigts des deux mains, d’où le nom de digitation s qui leur a été donné. Le grand oblique et le grand dentelé d’une part, le diaphragme et le transverse de l’autre, nous offrent des exemples de cette pénétration réciproque. — Sur le plan médian ces bords présentent une autre disposition. Les fibres aponévrotiques, d’un côté, s’entre-croisent avec celles du côté opposé; de cet entre-croisement résultent autant de raphés fibreux : ainsi s’entre-croisent les deux obliques et les transverses de l’abdomen pour constituer la ligne blanche, étendue des pubis au sternum ; ainsi s’entre-croisent les deux pectoraux et les deux sternomastoïdiens au-devant de cet os ; les trapèzes et les grands dorsaux, au niveau des espaces interépineux ; les constricteurs du pharynx, à leur partie postérieure et la plupart des sphincters sont formés de faisceaux curvilignes qui s’entre-croisent également à leurs extrémités.

Plus fréquemment les extrémités adjacentes s’accolent l’une à l’autre, puis se confondent, en sorte que le plus petit des deux muscles s’approprie le tendon principal : c’est ce qui a lieu pour les jumeaux pelviens à l’égard de l’obturateur interne. — D’autres fois les deux tendons se continuent seulement par leurs bords, comme ceux du couturier et du droit interne ; ou bien ils s’envoient des faisceaux de communication, comme les tendons de l’extenseur commun des doigts.

4° Rapports des muscles arec les vaisseaux et les nerfs. — - Les troncs vasculaires et nerveux sont situés entre les muscles profonds, qui les séparent des os. et les muscles superficiels, qui les recouvrent et les protègent. Ils occupent les grands espaces intermusculaires, et tendent en général à se réfugier vers les parties les plus centrales et les moins exposées aux violences des corps extérieurs. Au cou et sur les membres, leur direction est parallèle à celle des muscles, en sorte que ceux-ci, par leurs bords et leurs saillies, représentent autant de points de ralliemcn1 qui guident l’opérateur dans leur recherche.

Les vaisseaux et les nerfs traversent quelquefois les muscles. Au niveau de leur passage, on remarque alors une arcade fibreuse qui s’insère à l’os voisin par ses deux extrémités, et qui donne attache, par son bord convexe, aux fibres musculaires. Celles-ci agissant exclusivement sur l’anneau fibreux, et tendant à le dilater, les artères, les veines et les nerfs ne sont exposés nulle part à être comprimés; la circulation et l’innervation s’accomplissent librement au milieu des plus violents efforts. L’arcade aponévrotique que présente le diaphragme au tronc de l’aorte, celles que présentent le grand adducteur à l’artère fémorale, le soléaire à l’artère poplitée, sont les plus connues. Mais ce ne sont pas seulement les troncs artériels et veineux qui sont ainsi protégés par des arcades fibreuses;

Conformation intérieure Les muscles.

sur une foule de points les branches qui partent de ces troncs sont recouvertes par des arcades semblables : telles sont celles sous lesquelles passent les branches de l’artère crurale profonde, celles qu’on observe de chaque côté de la colonne lombaire, et sous lesquelles s’engagent les artères et les veines correspondantes.

§ 6. — Conformation intérieure des muscles.

Considérés dans leur conformation intérieure, les muscles striés se composent de deux parties bien différentes, et différemment disposées aussi dans chacun d’eux :

1° D’une partie rouge, molle, réductible en faisceaux et fascicules de plus en plus déliés, et enfin en fibres ;

2° D’une partie blanche, ferme, très résistante, qui constitue les tendons et les aponévroses d’insertion.

La portion rouge ou contractile forme le corps des muscles. La portion blanche ou tendineuse, appelée aussi albuginée, occupe leurs extrémités. Il existe cependant quelques exceptions à ce fait général. Dans un petit nombre de muscles connus sous la dénomination de digastrigues , le corps charnu est composé de deux parties reliées l’une à l’autre par un tendon ou une aponévrose d’insertion qui occupe leur partie moyenne. Quelquefois l’aponévrose, qui entrecoupe le corps charnu, est formée de libres extrêmement courtes; elle prend alors le nom d’intersection fibreuse.

La partie tendineuse, comparée à la partie musculaire, se réduit très souvent aux plus minimes proportions; elle n’est plus représentée, dans ce cas, que par des faisceaux et fascicules, plus ou moins multipliés, de hauteur inégale, qui se perdent dès leur origine dans le corps charnu : c’est celui-ci qui forme à lui seul la presque totalité du muscle. — Mais sur un grand nombre de ces organes, les tendons acquièrent beaucoup plus d’étendue et d’importance. Tantôt alors ils se prolongent sur les deux faces opposées du muscle, en s’épanouissant et en devenant de plus en plus minces, en sorte que le corps charnu se trouve placé obliquement entre deux éventails fibreux. Tantôt ils représentent, d’un côté, une sorte de cornet qui embrasse le corps charnu, et du côté opposé un long tendon, d’abord très grêle et caché dans l’épaisseur de celui-ci, dont il se dégage peu à peu. Quelquefois les fibres musculaires s’insèrent seulement sur les deux côtés opposés du tendon ; parfois aussi elles se fixent toutes sur le même côté : le muscle est dit alors penniforme ou semi-penni forme.

L’élément fibreux et l’élément contractile varient donc beaucoup dans leur étendue, leur direction et leur disposition relatives pour les différents muscles. Un fait général cependant se dégage du sein de toutes ces

MYOLOGIE.

variélés. L’observation nous montre que les tendons sont d’autant plus courts d’un coté, qu’ils deviennent plus longs à l’autre extrémité; que, lorsqu’ils s’épanouissent sur une face ou sur un bord supérieurement, ils s’étalent inférieurement sur la face ou sur le bord opposés; que, lorsqu’ils recouvrent en haut la périphérie du corps charnu, ils sont recouverts en bas par celui-ci : l’élément fibreux, en un mot, affecte, relativement à l’élément musculaire, une disposition inverse aux deux extrémités d’un même muscle. Il suit de cette disposition :

1° Que toutes les fibres musculaires, pour un muscle donné, présenent à peu près la même longueur; que toutes se superposent sur un point de son étendue, et que ce point marque sa plus grande épaisseur;

2° Que plusieurs fibres musculaires s’attachent à une même libre tendineuse : d’où le volume croissant et décroissant du corps charnu, el les dimensions toujours plus grêles des tendons.

£ 7. — Structure des muscles.

Chaque muscle se composant de deux parties très différentes, nous avons à étudier : 1° la structure de la partie contractile ou du muscle proprement dit; 2° celle de la partie albuginée ou des tendons.

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