DÉFINITIONS ET DIVISIONS
quelles les systèmes se modiKent d*un animal à l'autre forme ce que Geoffroy Saint-Hilaire a appelé Tanatomie philosophique, qui est un chapitre de Tanatomie générale.
L'anatomie générale laisse de côté ce qu'il y a de spécial pour chaque individu : elle ne se sert des détails cherchés par l'anatomie comparative que pour poser une formule. L'ensemble de ces formules établies sur le système osseux, nerveux, musculaire, etc., lui appartient en propre; elle fait pour tous les animaux le même travail que pour l'homme, avec les matériaux que met à sa disposition l'anatomie descriptive.
Nous veiTons enfin, dans le cours de cet ouvrage, (ju'il est impossible de séparer l'histoire des éléments et des tissus de celle de leur formation embrjonnaire. L'hislogénie rentre donc encore dans la partie de l'anatomie générale qui s'occupe des tissus et des éléments.
De même, la science qu'on appelle anatomie pathologique, pour tout ce qui concerne les altérations des tissus et des éléments en eux-mêmes, n'est qu'une déduction de l'histologie.
En résumé, l'anatomie générale comprend :
i* L'élude des éléments des humeurs et des tissus de l'organisme, de leur formation embryonnaire, de leurs altérations morbides:
C'est-à-dire ;
L'élémentologie, l'hygrologie, Thistologie, l'histogénie et l'anatomie pathologique générale.
2* L'étude des systèmes organiques chez Thomme et les animaux.
L'anatomie pathologique des tissus n'étudie pas seulement Télémenl ou le tissu tel qu'il se présente sur le cadavre, mais elle doit tendre à faire l'histoire de lem's altérations, ou physiologie pathologique générale; et c'est sur cette étude que repose ce que l'on doit appeler la pathologie générale, c'est-à-dire, les lois suivant lesquelles évoluent les altérations de tissus et les maladies des systèmes organiqms (i).
ÉLÉMENTS ANATOMIQUES. - ÉNUMÉRATlOiN. - LEUH IMPOHTAiNCE EN ANATOMIE, PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE.
§ "i. On appelle éléments anatomiques, les parties les plus simples qui composent les tissus et qu'on peut sépai'er les unes des autres sans destruction ou décomposition chimique, par simple écartement ou dissociation mécanique.
(i) Broussais puisHcnlc sonl les premiers auteurs qui aient considéré la Pathologie gêné' raie comme une science dérivant de rAnatomic générale.
Au point de vue pliysiologique l'élément anatomique est un organisme autonome, pouvant vivre isolément tant qu'il est en rapport avec le milieu propre à sa nutrition. 11 représente, au point de vue de la vie considérée comme une résullante, une des forces composantes. Ces définitions s'éclaireront par les faits que nous exposerons page 7.
Nous admettrons qu'il existe deux espèces d'éléments : Les preniiei^s ont une forme bien définie, constante à chaque âge de leur développement. Ils sont à l'état de fibres, de cellules, etc. Unis les uns aux autres, ils forment la trame des tissus. Les seconds correspondent à ce qu'on appelle en chimie les substances amorphes, c'est-à-dire des substances n'ayant pas de formes cristallines ; ce sont des liquides comme les humeurs constituantes (voy. Ch. Robin, Traité des ImmeurSy et Programme du Cours d'histologie^ page 105) et les substances solides et demi-liquides interposées dans les tissus, aux éléments figurés.
M. Hobin rapproche peut-être un peu trop les principes inmiédiats composant les humeurs des éléments anatomiques figurés. Il semble, à voir ses classifications et l'importance qu'il donne aux principes immédiats, qu'il y aurait donc, entre le principe immédiat et l'humeur, la même relation qu'entre l'élément anatomique et le tissu. Quelque imi)osante que soit celte autorité, nous ne pensons pas qu'on puisse mellre en parallèle un principe immédiat comme la fibrine, l'albumine, des substances cristallines, et un élément comme la fibre nmsculaire.
En effet, cette fibre est un composé chimique complexe : elle renferme, par exemple, des matières albuminoïdes, des sels, etc., c'est-à-direplusieurs espèces de principes immédiats : telle est la myosine et d'autres substances du même ordre qui s'y trouvent au même titre que la fibrine dans le sang. Elle représente une partie vivante fonctionnant individuellement. Le principe immédiat séparé n'est au contraire qu'un produit chimique, produit obtenu au moyen de réactifs ou par les phénomènes de dédoublement qui se passent aussitôt que la vie a cessé (voy. propriétés de la matière organisée). Nous ne considéreions par conséquent que les éléments tels que nous les avons définis plus haut, c'est-à-dire ceux qui peuvent s'isoler les uns des autres sans pour cela cesser de vivre. Ce sont là les raisons pour lesquelles nous faisons deux divisions de l'anatomie générale correspondant : Tune aux tissus, l'autre aux humeurs.
Les éléments figurés qui ont été décrits jusqu'à présent sont en nombre très-limité ; et si on en découvre de nouveaux ou qu'on en supprime parmi ceux qui sont inscrits dans le tableau suivant, ces changements n'auront que très-peu d'importance.