TISSUS ET SYSTÈMES ANATOMIQUES
§ 3. Les tissus animaux présentent au premier examen de très-grandes différences dans leurs propriétés physiques, chimiques et organiques. Sans connaître les éléments entrant dans leur composition, Bichat les avait très-nettement différenciés les uns des autres, avec une précision que la plupart des histologistes n'ont pas encore pu égaler. En effet, l'examen sommaire que Ton peut faire des tissus par la vue, le toucher et quelques réactions chimiques élémentaires, a une très-grande valeur, et on ne doit jamais le négliger. Il est certain, par exemple, qu'il n'est pas nécessaire d'employer le microscope pour voir qu'une aponévrose diffère du tissu (*x>njonctif, qu'elle n'a pas les mêmes usages, et que dans les maladies elle se comporte tout différemment ; de même l'os diffère du cartilage, les muscles de la vie organique de ceux de la vie animale, etc..
Or, lorsqu'on pénètre plus avant dans l'étude des tissus, et qu'on détennine la nature des éléments constituants, on trouve bien souvent le même élément fondamental là où les caractères extérieurs et même la nature intime des tissus, révélés par les altérations morbides, nous
montrent des différences absolument tranchées. C'est qu'ici il intervient une autre donnée dont il faut absolument tenir compte, sous peine de commettre les erreurs les plus préjudiciables aux progrès de la science, et surtout de la médecine. Ces erreurs font un grand tort à l'histologie, parce que beaucoup d'anatomistes et de médecins voient, à cause d'elles, les théories en contradiction absolue avec les faits sur lesquels ils pouvaient avoir acquis une certitude complète par l'examen à l'œil nu et la seule dissection. Lorsque par ces moyens ils ont appris à différencier les tissus les uns des autres, que l'observation des maladies suivie pendant (le longues années leur a montré que le cartilage, l'os, le tissu conjonctif, les séreuses, etc., n'étaient pas des parties de même nature, et qu'ensuite ils ont entendu dire que l'histologie les identifiait en vertu de certaines cellules qui étaient communes à tous, leur bon sens s'est révolté, et cette histologie a été condamnée pour toujours. Ce n'était pas elle qu'il fallait incriminer, mais Thistologiste.
Certes, il n'est pas nécessaire en effet d'avoir poursuivi bien loin ses études anatomiques pour comprendre que l'ordre, l'arrangement des partiesélémentaires d'un tissu, doit avoir une influence considérable sur ses propriétés. L'industrie fait des tissus, (|ui servent à nos vêtements et à d'autres usages. Que prend-elle pour cela? des éléments anatomiques ; ce sont des fils de chanvre, de coton, etc., c'est-à-dire des fibres végétales; ou bien de la laine, des poils, c est-à-dire des cellules épithéliales. Or, suivant que ces éléments sont groupés de différentes façons, sont plus ou moins serrés, alignés régulièrement à côté les uns des ^autres ou entre-croisés dans tous les sens et lâchement unis, on obtient des tissus durs, compactes, résistants, pouvant comme la corde transmettre les tractions les plus fortes ; ou des tissus mous, s'imbibant de liquides, se déchirant facilement comme ceux qui servent au pansement des plaies. De même, dans l'économie animale, nous avons le tendon sur lequel s'exercent les efforts musculaires, et le tissu conjonctif formant des coussins sur lesquels reposent les organes.
Dans la détermination de la nature d'un tissu, il faut donc absolument tenir compte de la nature des éléments et de la façon dont ils sont disposés. C'est principalement lorsqu'on envisage les déductions médicales de l'anatomie, qu'il importe au plus haut point de faire ces distinctions. En cela, les auteurs allemands commettent une gi'ave erreur en assimilant deux tissus parce qu'ils possèdent le même élément fondamental.
L'élude d'un tissu comporte, en résumé :
i" La description des caractères physiques (couleur, consistance.
TlSiCS £T SYSTÙUS. 13
élasticité), descaractéres chimiques (action des difToronts ivaclifs, ôiiumération des principes immédiats).
i* Les caractères d'ordre organique ou I étude des éléments qui les composent, Tarraugement de ces éléments ou texture;
3*" Les propriétés d'ordre organique ou vital du tissu, comprenant : sa Formation embryonnaire à laquelle est lié son mode de ix'génération, lu Tormation des tissus pathologiques homologues, le mode de nutrition, la sensibilité, la contractilité pour certains d'entre eux.
Ii^>»tèaie« aaatoaiiqHe». — On appi'lle système anatomique rensemble des tissus homologues ; tel est le système séreux ou Tensemble des membranes destinées à faciliter le glissement.
Une partie isolée d'un système, servant à des usages définis, porte le nom d'oRGANE premier. Un muscle de ravant-bras est un organe premier du système musculaire.
Les systèmes anatomi(|ues ont été classé^ par Biehat et \n\v (Ih. Uobin dans Tordi-e suivant (I) :
RICHAT.
Svi^lèiiie cellulaire.
— nerveux . . .
aiiiiuul.
( urgaiiiquo.
, . (à sang roug«\ vusculairr. ». .
{ a sang noir.
.„ . i général.
capillaire..) ,
{ pulmonaire.
exhalant»
absorbant.
osseux.
médullaire.
cartilagineux.
fibreux.
fibre-cartilagineux.
musculaire de la vie animale.
musculaire de la vie organique.
inuqueux.
séreux.
synovial.
glanduleux.
dermoïde.
épidermoïde.
pileux.
ce