ROUI.N
SVdlèiiie d«» la ntitocordo.
médullaire.
— embryoplastiquo.
— adipeux.
la milieux.
fibreux.
tendineux.
élastique.
tégument;! ire.
séreux.
irido-clioroïdien.
capillaire.
artériel.
veineux.
lymphatique.
érectilc.
, . s rouge, musculaire , . , , ( viscéral.
— nerveux.
— cartilagineux.
— osseux.
— glandulaire.
^ — parenchymes non glandulaires.
/ pileux
\ onguéal é,.ill.élum.s ^^^j^j^^
Produits.
j \ cristallin
r choroïdien.
\ tubulo-otolithaire.
(I) Nous pourrions donner aussi les classifications de Henlc, Ilcusinger, BcclarU. Mais la
Bichat, nous l'avons vu ^considérait les systèmes anatomiques comme de véritables individualités. En cela il s'était trompé : l'individualité c'est la cellule. Néanmoins les systèmes correspondent en physiologie générale, en anatomie descriptive et comparée, en pathologie surtout, à des divisions parfaitement nettes et fon'damentales, que les découvertes de rhistologie n'ont pu que modifier dans des limites restreintes.
Des mjmièUÈefà en anatomie eomparée. — En anatomie com^parée, la considération du système anatomique est d'une très-grande importance. Si, en effet, on isole par la pensée un système et qu'on en suive les modifications dans toute la série animale, on trouve qu'il représente, au point de vue morphologique, une sorte d'unité qui se rencontre partout avec des caractères à peu près identiques. Elle parait alors comme une pièce indispensable de l'organisme, se modifiant insensiblement à mesure que l'être se perfectionne, mais sans jamais perdre ses caractères fondamen^ taux. Pour la connaître, potir en saisir la valeur au point de vue anatomique, il est de toute nécessité de la suivre aussi loin que possible, de voir comment elle se développe ou s'atrophie en passant des invertébrés aux vertébrés et dans les différents groupes de chacune de ces grandes divisions du règne animal. La considération du système rattache ainsi les uns aux autres, plus que les formes des organes, variables à l'infini, des animaux qui semblaient n'avoir entre eux aucun rapport, et elle permet de suivre la loi continue d'évolution et de perfectionnement progressif. Si Goethe a pu dire, à propos de l'anatomie des organes : «Vouloir » comprendre la structure de l'homme sans avoir recours à l'anatomie 1 comparée est un plan inexécutable, parce que ses organes ont souvent î) des rapports, des connexions qui n'existent que chez lui, et qu'ils sont )> en outre tellement serrés les uns contre les autres, que les partie» D très-visibles chez les animaux ne le sont pas chez l'homme », à plus forte raison pourrait-on le dire de l'anatomie des systèmes.
Voulons-nous savoir, par exemple, ce que représentent certaines parties de l'épiderme chez l'homme; ce que sont les dents, les poils, les ongles? ne faut-il pas envisager le système épithélial chez tous les animaux? Pour comprendre ce qu'est le système des vaisseaux sanguins et le cœur, les lymphatiques, ne devons-nous pas examiner ces systèmes chez les i*eptiles et les poissons? C'est par cette étude comparée que nous arrivons à une notion précise, exacte, de la valeur de ces unités mor-
plupart d'entre elles ne reposent pas en réalité sur les mêmes principes que ceux que nuu? avons admis commp bases de nos divisions.
TISSUS ET SYiiTÈMES. 15
phologiques, qui soiil comme les véritables assises de i'éditice organique.
Mais ces résultats si importants au point de vue de l'anatomie humaine ne sont pas les seuls que nous puissions tirer de cette étude ; nous trouvons encore de puissants arguments pour résoudre un problème d'une haute importance philosophique dans ce fait, que les mêmes pièces concourent à la composition de tous les êtres vivants. Reste à savoir s'il est permis de déduire de ces connexions quelque conclusion au point de vue de leur parenté originelle et de leurs destinées.
Déjà au siècle dernier, bien avant Darwin par conséquent, un savant d'un grand mérite, aussi versé dans l'étude de la botanique que de la zoologie, Lamark, émit le premier la théorie de la descendance et la théorie de l'influence des milieux. Jl considéra le règne animal non plus comme formé d'ordres séparés les uns des autres, mais comme représenté par une série de branches ramifiées partant du même tronc originel. Cependant, comme le dit avec raison l'auteur de sa biographie, M. Ch. Martins, il eut le tort de ne'pas appuyer ses raisonnements sur un assez grand nombre de fails pour entraîner la conviction, et nous pourrions ajouter, sur des considérations anatomiques suffisamment étudiées.
Moins audacieux (|ue Lamark, plus précis dans les preuves anatomiques, Geoffroy Saint-Hilaire, quoique partisan convaincu de la même idée, resta sur le terrain de la science positive, et ne chercha pas à donner, sans preuves solides, des conclusions prématurées. Il démontra, d'une façon indiscutable, l'unité de composition organique des êtres appartenant aux mêmes groupes. L'embryogénie est venue depuis con^oborer ses résultats. En même temps que Geoffroy Saint-Hilaire, Goethe établissait en botanique les rapports entre les différentes pièces de la fleur et la feuille ; en anatomie animale, toujours poussé par ce même besoin de généralisation, il montrait qu'une partie du crâne et la colonne vertébrale étaient formées de pièces analogues; que l'os intermaxillaire, dont on invoquait l'absence chez l'homme pour établir une différence entre lui et les autres animaux, existait pendant le développement embryonnanv.
A notre époque, et surtout en Allemagne, beaucoup de zoologistes et d'anatomistes, à la suite de Darwin, ont ranimé cette dispute de l'origine des espèces ou du transformisme, mais sans avoir apporté encore des preuves absolument démonstratives. Il faut dire cependant que la poursuite de ce problème a fait faire en zoologie un grand nombre de découvertes, au point que la théorie de la descendance, si elle n'est qu'une hypothèse, est au moins une hypothèse utile aux progrès de la science. Malheureuse*
meut ranatomie générale a manqué trop souvent là où il aurait élé nécessaire de la faire intervenir pour donner des caractères distinctifs entre les protozoaires, les vers, les molluscoïdes, sur lesquels porte surtout la discussion.
Les recherches de Geoffroy Saiut-Hilaire, exposées dans sa philosophie anatomique, et faites alors que Tembryogénie n'existait pas encore, ont une valeur considérable. Mais, ce sont les seules ou à peu près que nous possédions dans ce genre d'idées. Il posa le principe des connexions anatomiques, fit voir comment chacun des grands appareils appartenant au système osseux se modifie progressivement et conserve presque toutes ses pièces en passant des poissons aux reptiles et aux mammifères jusqu'à Thomme ; comment, là où une pièce s'est atrophiée, elle se retrouve dans les cas anormaux, comme le cérato-hval dans lu chaîne hvoïdienne: ou bien elle est représentée pendant le développement embryonnaire par i\n point d'ossification séparé. C'est ainsi que les os du crâne, si nombreux chez les poissons et les reptiles, ont leurs analogues dans les points d'ossiflcation du crâne humain. Le cadre du tympan s'isole en passant des mammifères aux oiseaux, pour former l'os carré qui porte la mandibule inférieure.
On comprend tout l'intérêt qu'une étude de ce genre jette sur l'anatomie. Le système osseux, si aride à apprendre quand il faut retenir par un simple effort de mémoire la forme, le nom de chacune des saillies, devient une des plus attrayantes ({uestions de l'anatomie, lorsque la comparaison de ses dispositions dans les différents genres nous fait voir la valeur d'une foule de détails, qui, considérés isolément, ne nous offrent qu'un médiocre intérêt. Il suffit de placer à coté les unes des autres des séries de colonnes vertébrales, de sternums, d'hyoïdes, d'os des membres, pris sur des rongeurs, des ruminants, des curriassiers, pour avoir aussitôt la sensation d'un mouvement de perfectionnement progressif, alors que la considération d'un seul squelette n'éveille en nous que l'idée d'une immobilité éternelle. Cette comparaison nous fait penser de suite qu'une force a agi sur le premier terme de la série et l'a déformé lentement pour lui donner les dispositions qu'affectent successivement tous les autres.
Il semble que chaque être s'efforce de quitter sa forme originelle pour s'adaptera un genre de vie nouveau, à des conditions extérieures différentes : là, ce sont les os de l'avant-bras qui se séparent peu à peu l'un de l'autre en passant des ungulés aux unguiculés et de l'état de pronation presque pennanente chez les cjirnassiers arrivent à cette mobilité si remarquable qui caractérise la main de rhonune; là, ce sont des maxillaires
nSS4 > ET SïSTEME^v I a
qui se léduiseDl pn^eressÎTement, pure que la denl u*esl plus Tiiislnuoeiil de combat. Ainsi, Tétai sous lequel oo considère chaque organe n'apparaît plus que oouune le résultat d'un lon^ effort de perfectionnement et d'adaptation au milieu.
Mais, quelque séduisante que soit la théorie transformiste, elle ne peut être admise sans un long examen et elle n'est pas de ces questions qu'il Faut aborder arec des doctrines philosophiques préconçues, avec l'idée de soutenir ou de renverser la tradition biblique de la création* £lle rentre actuellement, avec toutes celles d*anatomie et d'ejubryi^ génie, dans le domaine scientifique. Or, la science n'a rien à gagner aux luttes passioimées qui ue s'appuient que sur le vide. Les faits acquis par Lamark, Goethe, Geoffroy Saint-Uilaire, Huxley, etc., les découvertes de rembr\*ogéuie et de la xoologie, demeureront toujours, quelle que soit la théorie qui l'emporte ; mais l'opposition systématique faite au nom d'une croyance philosophique quelconque tombera d'elle-même devant l'évidence des faits, de même que tomberont à leur tour les théories ingénieuses construites surdos caractères anatomiques incomplètement étudiés, théories qui ue tiennent compte que de la forme et non de la nature intime des objets.
L anatomiegénérale doit s'occuper de ces questions, eu ce qui concenie l'histoire des systèmes anatomiques, des éléments et du développement embrjonnaire, en laissant de côté les organes. Or, pour les systèmes, elle montre leur identité, elle fait voir le même élément, les mêmes tissus, dans toute la série animale, et elle donne, par le développement embryogénique, la i*aison de cette identité. S'il ne lui est pas pennis actuellement d'aller au delà, quelles sont, jusqu'ici, les th(H)ries invoquées par les zoologistes, qui peuvent avoir plus de force que ces faits positifs de l'anatomie? Ceux-ci, en effet, ramènent la composition de tous les êtres vivants aux mêmes éléments, naissant d'une cellule originelle identique, l'ovule, et se groupant dans le corps de l'embryon suivant les mêmes lois.
Application» médicales de la notion de système. —
Dans le domaine de la médecine proprement dite, l'anatomie générale emploie les mêmes procédés de recherche, applique la même méthode. Elle se sert de tous les faits de l'observation clinique et de l'analyse anatomique, pour déterminer la cause des altérations de tissus, ou plutôt les conditions dans lesquelles ces altérations se produisent ; les connaissances qu'elle a acquises par l'ensemble de ses études sur les propriétés des tissus, sur leur mode de développement, sur les conditions physiologiques qui
Cadiat. Anaioinie générale. i
amènent la cessation de leurs propriétés vitales, lui permettent d'aller bien au delà de ce que peut Tobservation médicale bornée à ses seules ressources. Beaucoup de médecins considèrent l'histologie, qui pour eux personnifie l'anatomie générale, comme une science accessoire, un instrument nouveau qui n'a pas plus de valeur que chacun des autres considéré isolément. Il suffit de voir cependant l'impulsion que Bichat a donnée à la médecine, les classifications nouvelles qu'il a introduites comme corollaires de ses divisions anatomiques, le langage médical complètement changé, pour comprendre que la science dont nous nous occupons n'est pas une partie accessoire des études médicales, qu'elle doit en être, au contraire, le fondement. Avec une histologie grossière, sans aucune notion d'embryogénie, quelques données vagues acquises par ses propres recherches sur les altérations des tissus, n'ayant pas à son aide toutes les découvertes physiologiques faites depuis le commencement de ce siècle, Bichat a pu préparer le mouvement qui s'est fait depuis, dans toutes les branches de la biologie. Que ne ferait-il pas aujourd'hui, avec tant de matériaux si habilement préparés? C'est par la lecture des versets de ce livre sacré, comme l'appelait dans une leçon de concours mon collègue Farabeuf, que les médecins qui ont inauguré l'ère médicale nouvelle ont formé leurs premières idées, appris à méditer sur les propriétés de la matière vivante, et pris l'habitude de l'analyse rigoureuse. Pourquoi n'en serait-il plus de même aujourd'hui que l'anatomie générale a fait tant de progrès? Est-ce à cause de ses richesses mêmes, à cause de la difficulté qu'on éprouve à les coordonner,qu'on la rejetterait au second plan?
Cependant, si la multiplicité des données acquises par l'observation est bien faite pour effrayer au premier abord, les débutants doivent se rassurer, en songeant que dans les sciences la partie fondamentale, immuable, est représentée par les méthodes et les lois générales, qui ne sont jamais qu'en nombre restreint.
Or l'anatomie générale doit surtout s'occuper de l'ensemble des faits, des grandes lignes ; le détail, la spécialité, ne sont pas de son domaine. En physiologie, elle se propose pom* objet d'étude la matière vivante, comme une sorte d'abstraction, laissant de côté l'être auquel elle appai*tient, et comme corollaire obligé elle se pose la question de savoir comment cette matière peut être lésée et se détruire en dehors des conditions physiologiques. En un mot^ elle étudie les maladies générales et leurs lois d'évolution. Certains médecins, peu dignes de ce nom, les ont niées, et se sont jetés dans un organicisme étroit, dans des explications banales; d'autres ont eu recours aux théories vitalistes, quand il fallait expliquer ces maladies sans lésion, que l'étude des tissus