PRINCIPES DE LA TROISIÈME CLASSE OU ALBUMINOÏDES
Ces substances sont classées de la façon suivante par Schûtzenberger.
Solubles dans Teau.
Goagulables
par la chaleur.
Avec le concours
de Tacide acétique
Non coagulables par ^ la chaleur.
Albumine du blanc d'œuf et du sérum.
Vitelline.
Matière azotée des globules, se change <m hémoglobine.
Hématocristalline ou hémoglobine cristalline.
Hydropisine, insoluble dansTcau chargée de sulfate de magnésie.
Pancréatine, insoluble dans Teau chargée de magnésie, se colore en rouge avec le chlore.
Paralbumine.
Métalbumine.
Caséine du lait.
Ferments solubles.
Albuminose difTusible, non précipitablc par les acides.
DBS PROPRIÉTÉS DE LA MATIKRK ORGANISÉE. M
! Albumine coagulée. Fibrine cuite.
Fibrine du «sang.
Fibrine musculaire.
11 faut ajouter les matières entrant dans la composition des différents vitellus : viteiline, icthyne, ichthidine, ichtuline.
Le règne végétal offre comme analogues : le gluten, la caséine végétale, la glutine, Tamandine, la légumine, la protéine, l'albumine, la fibrine.
Enfin il faut rapprocher de ces corps les substances gélatineuses : Tosséine, la gélatine, la chondrine.
Les matières albuminoïdes de l'économie animale, forment un groupe de substances azotées, renfermant du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, de l'azote, du soufre, se rapprochant les unes des autres par leur composition centésimale,et de l'albumine de l'œuf que l'on peut prendre pour type.
Ces substances sont inodores, amorphes (excepté l'hémoglobine qui cristallise). Elles sont insolubles dans l'alcool, Téther; les unes sont solubles dans l'eau, et à cet état elles ne sont pas dialysables, sauf l'albuminose ou peptone ; c'est là un caractère d'une très-grande importance et dont nous aurons à chaque instant à tenir compte pour l'interprétation de beaucoup de phénomènes physiologiques; d'autres sont solubles dans l'eau renfermant certains sels, comme le chlorure de sodium, ou des acides: les acides acétique, chlorhydrique. Les acides nitrique et ^chlorhydrique concentrés les précipitent s'ils sont très-étendus ; concentrés, ils dissolvent certaines d'entre elles et précipitent les autres.
Leur composition est la suivante :
Carbone 54.3
Hydrogène 7.1
Azote 15.8
Soufre 1.8
Oxygène 21 >
Les caractères les plus importants à tirer de cette analyse sont les proportions d'azote et de carbone, qu'on ne retrouve pas dans les substances qui s'en rapprochent, ou substances collagènes.
Ces substances se putréfient avec beaucoup plus de rapidité que les autres matières organiques. La chaleur les décompose rapidement, en donnant des composés très-nombreux, et des ammoniaques composées, de l'acide cai*bonique, de l'eau, des hydrocarbures, etc.
*3iL TRAITÉ D'aNATOMIE GÉNÉRALE.
Les alcalis les dissolvent, les solutions concentrées de potasse et de soude bouillantes donnent avec elles de l'acide formique, du glycocolie, de la leucine. de la tyrosine ; on obtient aussi ces deux derniers corps avec l'acide sulfurique.
L'azotate acide de mercure (réactif de Millon), donne avec des quantités inKniment petites d'albumine une coloration rouge intense.
L'oxydation prolongée de l'albumine sous l'influence du permanganate de potasse donne de Purée. Le suc gastrique transforme les matières albuminoïdes en albuminoses ou peptones, substances dialysables, et qui ne précipitent pas par les acides.
Aibnininose. — Les albuminoses ou peptones représentent les pi*oduits obtenus par l'action du suc gastrique sur les différentes albumines ; elles n'ont pas toutes les mêmes caractères. Elles varient suivant la nature des albuminoïdes dont elles sont dérivées, par l'action du suc gastrique. Leur caractère principal est de passer au travers des membranes, de ne pas être précipitées par les acides qui coagulent l'albumine, et de l'être par les sels de plomb et de mercure, en particulier par le bichlorure de mercure.
Matièreii collagène». — Les substances cx)llagènes, parmi lesquelles il faut compter l'osséine, la gélatine, la chondrine, la kératine, ont une composition centésimale difl*érente des albuminoïdes; elles renferment moins de carbone et plus d'azote. Leur composition est la suivante :
Carbone 50 •
Hydrogène 6.6
Azote 16.8
Oxygène 26.8
On obtient ces matières par i'ébullition prolongée des tissus tendineux, osseux, cartilagineux, etc.
Elles se ramollissent au contact de l'eau, se gonflent et se dissolvent avec l'aide de la chaleur; elles sont précipitées par l'alcool, l'acide cyanique, le bichlorure de mercure, l'acide tannique. En présence des acides et des alcalis elles donnent de la leucine, du glycocolie et d'autres corps.
La mucosine est encore plus éloignée des albuminoïdes que les substances collagènes ; sa composition centésimale est la suivante :
DES PKOPKIÉTÉS DE LA MATIKUE ORGANISÉE. 83
Carbone 54.41
Hydrogène 6 . 97
Azole 12.82
Oxygène 27.80
Coite subslanceosl miscible à Teau en toutes proportions; quand elle a rie desséchée, elle ne se dissout plus, elle n'est pas précipitée par la chaleur, mais elle Test par Tacide acétique. On voit (lue par sa comi>osition et ses réactions elle diffère absolument de Talbumine; la mucosinc se trouve dans les mucus, les épithéliums, dans le tissu conjonctif, la ^eléc de Warihon, etc.; nous en avons obtenu une assez grande quantité avec le tissu conjonctif gélatineux des plagiostomes.
SCHSTANCKS DE LA SECONDE CATÉGOlilE.
î5 0. Les substances de la seconde catégorie, c'est-à-dire celles dans lesquelles la vie est moins active que le proloplasma cellulaire, constituent des éléments (|ui ne jouent dans l'économie qu'un rôle mécanique, et qui sont amvés à l'état adulte : ainsi les fibres des tendons, les cartilages, les os, etc., les lames élastiques, les couches superficielles de Tépiderme, etc. Ces éléments ne renferment qu'une très-faible proportion de matières albuminoïdes proprement dites, mais des matières collagènes, telles que la gélatine, la chondrine, l'osséine, la kératine, l'élasticine, la mucosine, etc., et dont nous avons donné plus haut la composition chimique. Les matières qui leur correspondent dans le règne végétal sont encore moins organisées, puisque d'après ce que nous avons vu elles ne renferment point d'azote. Ce sont les isomères de la cellulose.