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CHAPITRE IV

IVOTIOIVS PRÉUiniIVAIRES D'EMBRYOGÉNIE POVR SERVIR A E'HISTOIRE DU DÉVEECPPEUEXT DES SYSTÈMES AJMATOMIQUES.

§ 17. L*hisloire du déveJoppemenl des éléments et des tissus est, nous l'avons dit en commençant, inséparable de l'histologie. Nous serons dans la nécessité, à propos de chaque question d'anatomie normale ou pathologique, d'entrer dans l'exposé des phénomènes hislogénéliques. Or, les notions d'embryogénie ne sont pas encore assez vulgarisées pour que nous puissions faire l'histogenèse sans donner, au préalable, le développement de l'embryon dans son ensemble, c'est-à-dire pendant les premiers jours qui suivent la fécondation.

Ces phénomènes étant pour la plupart les mêmes chez les mammifères, les oiseaux et les poissons, il est indiiïérent de choisir Tune ou l'autre de ces trois classes d'animaux. Nous suivrons donc pendant les trois premiers jours le développement de l'oiseau comme étant le plus facile à vérifier. A partir de cette époque, la forme générale de l'animal est déterminée, il no lui reste plus qu'à se perfectionner par l'acquisition de certains organes, par l'accroissement de ceux qui existent.

Ces premiers phénomènes étant décrits, on trouvera, à propos de chacun des tissus, la suite du chapitre d'embryogénie que nous plaçons en tête de cet ouvrage. C'est ainsi que dans les articles qui traitent des glandes, des muqueuses nous verrons aux articles correspondants comment se fait leur développement.

L'ordre logique d'un traité d'histologie serait d'arriver à la description de chaque élément en partant de la cellule primitive, 1 ovule ; mais dans riiistogénie il reste encore bien des lacunes à combler. Autant néanmoins que l'étendue de nos connaissances nous a permis de le faire, nous nous sommes efforcé de suivre cette méthode.

PKBLtHIKAlUBS U KMUriïOGÉfllE.

Nous renvoyons pour les détails et les discussions relatives à chacune des questions aux traités spéciaux d'embryogénie, voulant exposer scut lenieiit dans ce chapiti'e les faits qui nous sont indispensables pour comprendre le développement des systèmes anatomiques.

( La description complète de l'œuf est

0. ~ Ovule lie ruiiimc (J'uprùa Cil. Robin). — a, membrane viletlinc; b, vjlcltus; c, tésiculegermiiuiUvei rf, tache gonninative; e.etpacolaissij par le retrait du vilcllus.

ffinf de* nummlfèrc*.

donnée à l'arliclc Onde.)

L'œuf des mammifères est plus simple dans sa composition que celui des autres animaux. C'est une cellule sphériquc possédant comme toute cellule complète :

l'ne paroi appelée membrane tUelHne;

Un corps cellulaire ou vitetlus;

Un noyau ou vésicule germinalire ;

Un nucléole ou tache gerviinative.

Le viteliia est la partie fondamentale de la cellule. II se segmente après la fécondation pour donner les cellules du blastoderme (voy. ce mot) desquelles dérive l'embryon,

<Eaf d'AlHcaa. — Poursuivre le développement de l'ombryon d'oiseau, il est de toute nécessité de connaili'e d'abord la constitution générale de l'œuf de poule.

Cet œuf est un peu plus compliqué que celui des mammifères. Mais dans son étude, nous considérerons ^ tn-

seulement le jaune, qui est la partie intéressante , le blanc, la coquille, ne représentant que des enveloppes accessoires.

Le jaune se compose :• i° de la membrane vitelline qui devient l'euveloppe du jaune ; â° d'une vésicule germinative entourée d'un amas de vitellus susceptible de se segmenter; cette vésicule et cet amas de vitellus forment ensemble une petite tache blanche circulaii'e, située sur l'équaleurde Tœufet sous la membrane vitelline : on lui donne le nom ûp. cicatrictfk ; 3° d'une masse de matière nutritive atolée, dite vitelli

IG, il. — ScliÉimi de l'nur d'oiaeau. — a, vésicule genninative; b, vilellus de *<^mentation ; c, vilcllus blanc; e, vitellui de nulritian au jaune; d, membrane vitelline.

TIUiT£ DANATOMIE GKNEHALE.

jaune ou vitcllus de nutrilion, formant presque tout le contenu de la membrane vilelline. C'est par la présence de cette masse nutritive qui se dépose peu à peu dans le vitellus que Tœuf des vertébrés anallantoïdiens et des oiseaux diffère de Tœuf des mammifères.

En outre, on trouve immédiatement au-dessous de la membrane du jaune une couclie mince de substance blanche enveloppant la cicalricule, et descendant au-dessous d'elle en formant une sorte de prolongement qui atteint le centre de Tœuf. C'est encore une partie accessoire connue sous le nom de vitellm blanc.

Sefcmeiitfitioii da Titellus. fformatioii da blastoderme.

— La segmentation du vitellus peut être facilement suivie sur les œufs de mollusques, d'hirudinécs et d'insectes. Les premiers phénomènes qui se produisent chez ces animaux sont, d'une façon générale, identiques à ceux que Ton observe chez les mammifères; mais à une époque plus ou moins tardive, s'établissent des différences caractérisant tel ou tel animal. Lorsque l'œuf est à maturité, la vésicule gîerminative disparaît par rupture ou liquéfaction de sa paroi (Ch. Robin). Après la disparition delà vésicule gemiinative, que la fécondation ait lieu ou non, on voit apparaître les globules polaires.

Les globules polaires sont des cellules sans noyau qui se forment par

gemmation à la surface du vitellus, et sous la membrane vilelline. — Ils débutent sous forme d'une saillie transparente qui augmente peu à peu de hauteur, s'étrangle à la base, et finalement se sépare en une petite masse sphérique. Suivant les animaux, on voit apparaître un nombre variable de globules polaires. En général il s'en forme deux chez les mollusques : chacun met de vingt-cinq à quarante minutes à se former. Chez tous les vertébrés et beaucoup d'invertébrés, le globule polaire reste comme un corps étranger à l'évolution embryonnaire, mais chez les insectes et les arachnides, . ^ . toutes les cellules du blastoderme sont ainsi

FiG. :ii. — Formation des globules , .• ,ni i. i.. -

polaires par gemmation (d'après formées par gemmation (Gh. Hobm, Anat.

Ch. Robin). cellul.). Le globule polaire semble donc ana-

logue à un de ces organes très-développés dans une espèce, atrophiés dans l'autre, et qui mar(iuent les traits d'union qui les unissent entre elles.

PnBLIMINAlHBS D'BHBBVOGBKIB. Kl

Lorsque l'œuT n'est pas fécoudé, le travail formateur ne va pas plus loin. Mais si les spermatozoïdes ont pénétré et se sont dissous dans la substance du vilellus, on voit naître, plusieurs beuresaprès la disparition de la vésicule }^miinative, le noyau vitellin sur lequel va commencer la segmentation.

yoyau vitellin (1). — Celui-ci se forme par genèse, ainsi que nous iivons eu l'occasion de le dire, cl uu quart d'beui'C ou \ingl minutes iiprès la formation du dernier globule polaire.

]) a|>paratt d'abord au centre du vilellus comme un espace clair de 0°",01, et atteint un diamèli-e deO^^jOâ. C'est un corps solide, isulabic du l'esté du vitellus,albuminoïde et non graisseux, sans paroi propre comme celle de la vésicule gefminative. Quelques heures après Sii formation il pi-éseute un nucléole (Ch. Robin, Anat. cellul.).

t'Iti. iivl il. — ScgiiiDnUlimi Je l'ccur ilcs uipUéii%{Qi..Rohîn, Mémoire nur le lUiieloppemtrtt da Ilirudinée!].

Kig. i'i. La trgrociilaLion ilu noyau vitellin cit achevée, celle du vilellu» o Kig. a. Les deux iphèrra de (egmcntalian vilellinc Bunt à \ieu pi

Ce globule, qui représente dorénavant, au point de vue des pbéi de segmentation (voy. Cellule), le noyau de l'ovule, s'allonge bientôt, s'élire et se sépare en deux globes accolés. En même temps apparaît dans le vilellus une ligne claire qui rencontre la surface de l'ovule au point ofi se sont formés les globules polaires. Sur cette ligne, marquée par un retrait de toute la masse vilelline de part et d'autre, passe un plan de séparation qui décompose l'ovule en deux spbères. Ce premier pbénomène peut s'observer chez le lapin, un peu au-dessus du milieu de la trompe, douze heures après le coït fécondant.

Sur les deux sphères de segmentation ainsi formées et munies cbueutie du leur noyau, se produit un pbénomène semblable, d'où quatre sphères

H] Cn mode de génération du noyau vilcUïn n'est pat accepté par Vnn Bciieden. Cet cinbriologtsle le fait provenir de deux autrci noyaux, lo prolunucléus ci:ntral et le protonucléus péri plié ri qu<-. jUais il manque à cette llicoric une donnée rundiinicnlalv. Li délerminuUon de l'origine de ccï deux noyaui.

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