C.\m\1. Analomte générale. I
qui se diviscronl de même et ainsi de suite, de sorte qu'au bout d'un temps variable, suivant l'espèce, le vilellus sera décomposé en une infinité de cellules formant par leur réunion une masse inégale, d'aspect mùril'orme, auquel on donne le nom de blastoderme.
Le blastoderme est l'ensemble des cellules produites par la segmentation du vitellus.
Nous pouvons dès à présent comprendre les analogies qui rapprochent l'œuf des mammifères de l'œuf de Toiseau. Chez les mammifères, une fois le blastoderme constitué et même pendant sa formation, un liquide venant de la mère pénètre pour faire les frais du travail qui se poursuit au centre de Fovule, et rejette toutes les cellules blastodermiques sur la surface. Chez l'oiseau, le liquide (vitellus jaune ou de nutrition) préexiste à la constitution du blastoderme. De sorte qu'après ces premiers phénomènes de développement, dans Vun et l'autre cas, le blastoderme est représenté par une sorte de disque étalé sous la membrane vitelline, et en rapport par sa face interne avec les matières nutritives.
La cicatricule de l'oiseau, quand l'œuf est fécondé, représente déjà un blastoderme, la segmentation du vitellus s'étant opérée pendant la descente à travers l'oviducte. D'après Kolliker, ce blastoderme est même décomposé déjà en deux couches ou feuillets.
fformatioii des deui^ premiers feuillets dn blastoderme.
— Dès sa formation, et par des procédés variables suivant les différentes classes d'animaux, le disque blastodermique se sépare en deux couches d'éléments différents les uns des autres.
Sur l'œuf d'oiseau, dès que la cicatricule a commencé à s'étaler sous la membrane vitelline, elle est donc séparable en deux feuillets : l'un en rapport avec le jaune, c'est le feuillet interne ; l'autre collé à la membrane vitelline,c'est le feuillet externe. L'externe est formé de cellules prismatiques régulières, allongées; l'interne, de cellules plus volumineuses, sphériques, avec un noyau transparent. Chez les invertébrés, de même nous verrons que les cellules du feuillet interne sont au début plus volumineuses que les autres. (Voy. fig. 45, la forme des premières cellules du feuillet interne.)
Chacun de ces feuillets se contourne, se reploie de différentes façons et donne naissance à des organes spéciaux. Mais, quelque simple ou compliqué que soit l'animal, l'interne forme, pour la grande majorité des êtres, si ce n'est pour tous, la cavité digestive ou la couche au travers de la(iuelle les matières nutritives pénétrent dans l'organisme ; l'externe, ses moyens de défense, de protection, c'est-à-dire son enveloppe épidermique avec toutes ses dépendances.
l>Hkl.miNAIUI!:i U'EMBitVUUKME. &i
Celte théorie est vraie pour tous les vertébrés. Ch. Hobiii l'a ciitJèrement vcridée pour les hirudinéesel certains mollusques.
I<es feuillets blastodermiques primitirs se cooslilueiit en deux couches distinctes par deux procédés que l'on a pu observer sur les animaux iiirérieurs, mais pas encore entièrement sur les vertébrés : la segmentation inégaie et la gemiitation.
La segmentation inégale, découverte par llemak, se voit sur les invertébrés, chez les mollusques gastéropodes et bivalves, les échinodermes, les
Vti. 25 et 36. — SegmenUtion inégale. C Pli;, iô. Segmenlation en deux ipliùres. Kji;.!î6.Lc TÏtcllus a ùté décomposé en quulrc grosses eplièrcs itcsiïnéca au rtMiilIct iiilcnie.
el ijuilre pctilea pour lo r(.-uU)cl cxlcnie. Au-iJetaus Jes r|uatre groises un voit deux
Iftobulea polaires.
aiiiiélides. Elle consiste simplement en ce que les deux premières sphères de segmentation sont inégales. I^ conséquence de ce Tait est que les quatre suivantes qui dérivent des premières le soht aussi, et ainsi déduite. L'ovule se séparedonc en deux groupesde cellules: ungroupe de petites, un groupe de grosses. Les petites forment le feuillet externe; les grosses le feuillet interne.
Chezbeaucoupde mollusques, les premières sphères de segmentation, jusqu'à quatre, sont égales entre elles; après leur formation commence la segmentation inégale.
Sur d'autres, après la séparation de ces quatre sphères, naissent par gemmation des cellules beaucoup plus petites.
Les premières, volumineuses, forment fn, encore le feuille, interne , le, .econde., jrSin^LUSlÏÏf i. "fî le feuillet extenie. Sur les embryons des uuté par les grosses aphijret, Teciumollusques et d'hiiudinées, on aper- ''«™= p"' ''^' P='''«'voit les petites cellules qui s'étendent peu à peu et forment l'ectoderme au-dessus de la masse des grosses cellules qui se soudent pour constituer la cavité digestive. Enlin, nous avons vu précédemment que le blasto-
84 TRAITÉ D'ANATUHIK CKNÉRALE.
derme tout ciilier pouvait être un produit de gemmation du vitellus (tels sont les insectes). (Voy. Globules polaires.)
Ces exemples montrent les dlITérents procédés suivant lesi|uels peuvent se constituer les Teuillets du blastoderme, comment s'établit dès les premiers moments de la segmentation une diiïérencialion enti'e les cellules (\ai dérivent du vilellus. Il est probable, d'après les recherches de Van Beneden sur la segmentation de l'ovule du lapin, et aussi en considérant la forme des cellules nouvellement formées à la périphérie des deux premiers feuillets, que ceux-ci se difTérencient par la segmentation inégale.
DÉVELOPPEMENT DE L'EHBRTOir.
Lu sugiiienlnlion de l'ovule ne puul su suivre sur les verli-bi-és que jusi]u a une crii»iiic timilc, lant que le nombre des cellules n'est pas devenu trop considéraliln. A un cerlaîu uiouienl «Iles sont pour ainsi dire en nombre infiiiî ; alors le Idaslodcrnic ii |)ri» la forme d'un disque ùlalû sous la membrane vilclline, fornmnl la ciuulricule (elle qu'elle se présente sur les œufs fécondés. Nous étudierous Huccessivemenl les dilTérents aspects cl Id structure de celle cicalricule après ii, 3t>, 10, 50 heures, elc.
lies auteurs d'euibryogéaie n'onl pas encore adopté de méthode de description, eelle qui m'a paru la plus logique consiste â décrire l'aspect extérieur de l'embryon H des époques dclefminées, puis lu coupes correspondantes à ces époques. Ou pourrait l'appeler la méthode des projections et des coupes.
Ku suivant la série des dessins représenlanl les différents aspects de l'embryon, lu lecteur pourra se faire déjà une idée des principaux phénomènes du dcveto|ipemeut.
K.MBIIV0> UE ii HEUllES.
l'JIOJKCTIONS HOIlIZONTALlki.
Le blastoderme, ou la cicatricule, a, dès le début, une forme circulaire; la partie centrale du cercle est transparente; la zone périphérique est opaque.
Dès que la première ébauche de l'embryon apparaît, la cicatricule devient elliptique, et l'on peut alors lui reconnaître quatre parties. Une partie centrale, légèrement obscure et allongée, c'est le corps même de l'embrjon; son a\e est perpendiculaire au grand axe de Ktu.M.—Liancprimi- '"'Kuf. En dehors de cette ligne obscure est une zone tiïe au centre de appelée zone transparente, autour de laquelle se et" une portion Je 1™"™ une zonc plus large, nettement limitée du vAlé faire opiii|uc. du centre et sans ligne de démarcation précise à la péri-
phérie, c'est l'Aire opaque qui est dccomposnble elle-niénie en deux parties : la zone opaque proprement dite, qui deviendra plus lard faire
Kpi;. iO. — A, repli o.-iil.iilique rormé pnr rincun.ition de la partie coitp^ poiulantc de l>nilir>'an en avanl;B,»iUan[nf'!diillnirp:
C, airelranipnrcnte; n, ligne primitive- Sur !<■ tnilieu on vnlt les ileux premièroa protoverlÈbres.
PRÉLIMINAIRES D>MBRYOnÉ-(IE. XT»
vasculaire (Kôlliker)tiinîtée en dehors par une ligne très-nctle, et In zone ritelline, laquelle se -perd îiiseusiblement sur la surface uvulaire.
L'embryon se montre au milieu de l'aire transparente sous la Tonne d'une sorte de lalus, de saillie, qui occupe la ligne médiancderairelrausparente. Dès son apparition, on voit se dessiner sur son axe, et plus près de ce qui sera restrémité caudale, une ligne longitudinale occupant toute sa longueur et de teinte plus foncée que le reste. Celle ligne, appelée ligne jiri- Hiilire,ne lardepasàéti'e remplacée par un sillon qui occupe la même place : c'est le sillon primitif.
Peu de temps après, un sillon analogue, mais à Irards plus larges el plus élevés, part de ce qui sera l'extrémité céphalique et descend peu à peu au-devant du sillon primitif, en le comprenant dans l'écartement de ses deux bords : c'est là le sillon métlultaire, la première ébauche du système nerveux central. Ces phénomènes se produisent en vingt ou vîngt-quutre heures.