ARTICLE III
É1.ÉMEMT9 ÉPITHÉLIAITK.
§ 33. Les éléments épithéliaux sont des éléments cellulaires, de dimensions variables entre 0™",006 et 0"",!, recouvrant les membranes muqueuses, séreuses, vasculaires, etc., et les prolongements glandulaires qui sont annexés aux membranes muqueuses. L'analogie entre les glandes à conduits excréteurs et les glandes dites vasculaires sanguines^ parmi lesquelles rentrent les ganglions lymphatiques, fait qu'on doit regarder les éléments qui composent ces ganglions, comme appartenant à la même famille des épithéliums.
Considérant donc les éléments de la surface des membranes et des landes, on peut, d'après leur forme, les classer de la façon suivante :
nucléaires, sphériques.
cubiques.
iM- * X «uxi- / • .- ( avec cils vibratiles.
Eléments épithéliaux / prismatiques ( .,
*^ \ ^ t sans cils.
cornés
lamellaires \ des séreuses.
des vaisseaux.
Celle classification est purement anatomique; elle ne préjuge rien des attributs physiologiques.
La cellule épithéliale complète se compose, comme toute cellule ayant atteint son entier développement : de la paroi, du corps cellulaire, du noyau et du nucléole. La plupart du temps il manque Tune ou Tautre de ces parties.
§ 34. Épithélium nucléaire. — L'élément nucléaire (1) représente, ou
bien la Corme la plus simple sous laquelle peut se trouver la cellule
(^ épithéliale, ou bien le noyau d'une cellule en voie
(iS\ "^^ de développement. Nous verrons que dans tous les
'^ tissus on rencontre des éléments sous cette forme
(iXj simple. Tels sont les noyaux des cellules nerveuses,
(^ ^ ^^^ fibres lamineuses.
^ Les épithéliums nucléaires proprement dits ne se
FiG. 75. — Épithélium trouvent que dans certains tissus, celui des ganglions
d'un ganglion nor- , ,. ., .. r^.
mal (homme). (Gros- lymphatiques, du thymus, de la rate. Ce sont des sissem. i/580). noyaux sphériques de 0°"",005 à 0"»"',08, à contours
nettement arrêtés, avec ou sans nucléole et sans paroi propre. Ils ré-^ sistentà l'action de Tacide acétique, sont dissous par l'ammoniaque, se colorent fortement et uniformément par le carmin, comme tous les noyaux de cellules. Ces caractères les distinguentdes leucocytes, ainsi qu'on peut en juger d'après la description que nous avons donnée plus haut.
Ils se distinguent en outre des éléments du tissu conjonctif embryonnaire, en ce que ces derniers sont légèrement ovoïdes et plus granuleux; et, en un mot, de tous les autres novaux : musculaires, nerveux, etc., par leur évolution, car jamais ils n'engendrent d'autres éléments que des éléments épithéliaux.
Fie. 76. - Épithélium d'un ganglion q^^j^j jig s'entourent d'un corps
hypprtropliie correspondani a une ,, , . .
glande mammaire pendant la lactation cellulaire, ce dernier prend tOUJOUrs
chez la chienne. Gross. 1/580. - a, i^ f^^^^ sphérique OU polvédrique
noyaux; 0, cellules sphériques; c, cel- i i •
Iules avec plusieurs noyaux en voie de (dans les hypertrophies ganglionnaires, segmentation. gj,. Robin) ; mais jamais ce corps cel-
lulaire ne se développe en forme de fibre, de cylindre, de cellule ramifiée; car, c'est seulement pendant la période blastodermique que la cellule
(1) La plupart des auteurs n'admettent pas l'existence de noyaux libres. Nous avons exposé déjà à l'article Cellule les raisons qui doivent les faire admettre dans quelques cas. Il est hien certain, d'après la d<^finition adoptée pour la cellule, qu'il y a là pluttU
ÉLÉMENTS ÉPITnÉLlAUX. 153
épithéliale engendre d'autres éléments que des éléments à forme cellulaire.
La formation d*un mince œvps cellulaire sur ces noyaux donne une variété d'éléments de même espèce. Tantôt ils sont sphériques, quand le corps cellulaire est très-mince; tantôt polyédriques par pression réciproque. La cellule est alors plus ou moins volumineuse et peut renfermer deux noyaux. Sur les ganglions lymphatiques de l'homme, dans les conditions normales, on trouve généralement des cellules polyédriques irrégulières, avec un gros noyau semblable à celui que nous venons de décrire ; dans le cas d'hypertrophie ganglionnaire, la cellule augmente de volume, et le noyau ne change pas.
Ces éléments engendrent des tumeurs, dans lesquelles ils se retrouvent toujours avec les mêmes caractères. Ce qui prouve que, même dans les états pathologiques, ils ne peuvent donner d autres produits que des cellules : caractère essentiel des épithéliums.
Beaucoup d'auteurs les confondent avec tous les autres éléments ayant la même forme sphérique : leucocytes, cellules de la moelle des os, noyaux du tissu conjonctif, etc. Mais en outre des caractères morphologiques, des réactions chimiques, l'évolution de ces éléments établit entre eux et les épithéliums des différences très-nettes.
On les a aussi désignés du nom de cellules lymphatiques, cellules du tissu lymphatique. Ces définitions sont des pétitions de principe : si l'élément fondamental d'un système caractérise ce système, ce n'est qu'à la condition qu'il s'y trouve prédominant et répandu partout, autrement un élément ne doit pas être défini par ce seul caractère d'appartenir à un système donné. Ainsi le système lymphatique, renfermant une foule de cellules différentes, 1 élément n'est pas défmi par ce seul fait de lui appartenir. L'analogie entre les glandes vasculaires sanguines, dont les cavités sont tapissées par des cellules épilhéliales sur la nature desquelles on n'a aucun doute, et les glandes lymphatiques, est encore une raison capitale pour qu'on fasse rentrer ces éléments dans la classe des épithéliums.
§ 35. Cellules épithéliales polyédriques. — Les cellules épithéliales ayant la forme de polyèdres irréguliers sont les plus répandues. Presque toutes les espèces passent par cet état d'une façon définitive ou transitoire. Dans l'épiderme, elles représentent un stade intermédiaire précédant la
une question de mots; car nous sommes forcé de reconnaître dans beaucoup de cas que ces éléments que nous considérons comme des noyaux possèdent un corps cellulaire infiniment mince, ou qu'ils n'en ont pas du tout.
154 TRAITÉ D'aKATOMIE GÉNÉRALE.
forme de lamelles cornées. Dans le foie, les canaux du rein, du testicule, les dernières ramirications bronchiques, toutes les cellules épjthéliales sont irrégulièrement polvédnques ou cubiques.
Tous les éléments éptthéUaui,