ARTICLE IX
MPKmMATOSOieEil
î^ Gi. Les siiennatozoïdes sont des éléments anatotni(|U(*s s|H'ciaux, se retrouvant dans toutes les espèces animales, sauf les infusoires et les protozoaires qui se développent par segmentation et gemmation, et même chez les végétaux acotylédones et cryptogames, moins les chanifugnons et les algues les plus simples. Ces éléments sont destinés à la fécon-
j FiG. 139. — Spermatozoïdeii lie
dation de 1 ovule. rhomme. -Orow. V50u.
Ils ont été découverts dans le spi»nne humain |>ar llam, étudiant allemand, en 1077, el dixirils par Lecuwenhoi^ck en 1678. Longtemps ils furent considérés comme des animaux ; mais i|
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est bien évident aujourd'hui que ce sont simplement des éléments doués de la niotilité ciliaire. ^
Les spermatozoïdes deThomine'SOTrt formés de deux parties : un renflement, auquel on adonné le nom de tête, et un filament très-mince, qu'on appelle la queue.
La tête est ovoïde, ou plutôt a la forme d'une poire aplatie transversalement ; la grosse extrémité est lourné<* du côté de la queue.
La queue n'est pas implantée exactement au ccnli-e de la surface que présente la tête en arrière, mais au voisinage de la périphérie ; de sorte que l'élément vu de profil
tozoïflês'd une ^^ ^'" ^ P'*^^ ^^ présente pas le même aspect.
Ascidie coiiipo- La queue est épaisse à son origine, s*amiucit peu à jieu,
et se termine par un filament excessivement mince.
La longueur totale des spermatozoïdes est de 0""",05. . La tête aO'-^jCKJô de longueur sur0'"'",0()4 de largeur et 0'""',002 d'épaisseur.
La (pieue (G. Pouchet et Tourneux) est souvent environnée au voisinage de la tête d'une sorte de frange, qui parait être un débris du corps cellulaire aux dépens duquel s'est formé le spermatozoïde.
Variété». — Les spermatozoïdes présentent de grandes variétés de forme chez les diflerents animaux. Chez les mammifères, ilsdilTèrent d'un animal à l'autre, soit par le volume de la tête, sa forme plus ou moins courte ou allongée, et les dimensions de la queue. Chez les souris et les rats, la tête a une forme de crochet et la queue est très-longue..
Les spermatozoïdes des oiseaux sont linéaires; la tête est cylindrique. Chez les batraciens urodèles, la queue est remarquable par l'existence d'une sorte de membrane appliquée sur un des côtés comme les plumes d'une flèche, mais allant jusqu'à la tête. C'est la membrane ondulante décrite pour la première fois par A. Pouchet. Les spermatozoïdes des sélaciens se rapprochent de ceux des oiseaux.
D'après Leydig, on peut diviser les spermatozoïdes des invertébrés en ceux qui sont filiformes et ceux qui sont sphériques ; entre ces deux types se trouvent toutes les formes intermédiaires. ^
Ils sont linéaires chez les vers trématodes, cestoïdes, les planaires, (pielques athropodes. Chez les hirudinés, la plupart des gastéropodes, les (îéphaloimdes et les insectes, une des extrémités commence à s'épaissir en forme de tête.
La tête devient ovale ou piriforme dans (|uel(|ues gastéropodes, les
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acéplialos, les annélides, les biyozoaires. Chez certains pléropodos le renflement est au milieu du filament au lieu d'être à Textrémité. Chez les araignées la tête est longue et cylindrique et la queue très-courte.
Les spermatozoïdes des myriapodes sont sphériques; il en est de même de certains crustacés. C(nix des décapodes sont des cellules munies de plusieurs prolongements qui leur donnent une forme étoilée.
Chez certains branchiures, les Cyprides, entre autres le Cypris atmm (»t le Cypris acuminata, Leydig signale des spermatozoïdes qui mesurent tr(»is ou quatre fois la longueur de l'animal. Enfin, d'après le même iinteur, on trouverait sur la PcUiêdina vivipara deux sortes de zoospermes.
Nous ne pouvons décrire ici plus en détail toutes les variétés de spermatozoïdes. Ces exemples ont pour but de bien déterminer la nature de l'élément que nous éludions. Il est certain que si les observateurs qui les ont considérés comme des animalcules les avaient suivis dans toute la série animale, ils auraient renoncé tout de suite à celte hypothèse; d'autre part, ceux qui se sont appliqués à faire de ces éléments une anatomie trop minutieuse, auraient laissé là cette entreprise et auraient plutôt cherché à déterminer leurs caractères par l'ensemble des dispositions qu'ils oflVent chez les différents animaux.
CnracÉère» chimiques. — Les acides minéraux, même concentrés, n'attaquent que difficilement les spermatozoïdes; il en est de même des alcalis; ces éléments résistent longtemps à la putréfaction. Aussi les retrouve-t-on facilement sur les linges dans les cas d'expertises médicolégales. Le suc gaslri(iue les attaque et dissout plus rapidement la queue que la tête (Miescher). Certains auteurs ont cherché à déterminer leur composition chimique; il est résulté des analyses qu'on a pu faire ^e ces corps qu'ils sont formés de substances albuminoïdes. Mais combien ces déterminations chimiques nous laissent loin de ce qu'il faut connaître, quand on songe (|ue ces éléments emportent avec eux dans l'ovule jusqu'aux aptitudes physiques, jusqu'aux maladies de l'être auxquels ils appartiennent.
MoaTemeiit». — Les spermatozoïdes sont doués de mouvements de même nature que ceux des cil^vibratiles. Ce sont des mouvements d'expansion et de reploiement de la queue qui font progresser l'élément dans le liquide où il est plongé. Leur déplacement ne se. bit dans aucune direction déterminée; il est suboitlonné aux obstacles. qui se ti?ouventsur leur parcours. Ils avancent dans une direction pai'allèie àl'axe^d'une longueur d'un ou deux centintètres en (|uelques minutes* d'^iprès Henle. haeBtuufuu
2t(> TRAITÉ D'ANATOMIE GÉNÉRALE.
examine le sperme dans les conduits du tesUcule on voit que ces éléments ne sont pas animés de mouvements. La motilité ne se manifeste que dans les vésicules séminales ou dans le sperme éjaculé.
La durée des mouvements des spermatozoïdes après la mort de l'animal, ou dans le sperme éjaculé, est variable suivant Tespèce. Sur les cadavres de suppliciés, on les voit encore se mouvoir comme les cils vibratiles vingt-quatre et trente-sii heures après Texécution ; chez les batraciens après trois ou quatre jours : ils cessent rapidement chez les oiseaux.
Dans certains milieux, les mouvements des spermatozoïdes s'accélèrent et se conserveut plus longtemps ; dans d'autres, ils cessent instantanément. Une température de bi degrés les arrête; il en est de même du froid. Mais quand ils ont cessé, si l'on ramène le liquide à la températ.un* du corps ils peuvent reparaître (Godard).
Les solutions alcalines activent les mouvements, mais pour un temps assez court ; après quoi ils cessent. Dans le canal déférent, où le sperme est très-épais, les mouvements sont lents ; mais, si l'on ajoute du sérum, du blanc d'œuf, de l'humeur vitrée et surtout du liquide des vésicules sén^inales, de la prostate et des glandes de Co>vper, ils sont aussitôt rendus plus rapides. Le véritable milieu qui active et conserve les mouvements des spermatozoïdes, est le liquide fourni par les organes génitaux de la femme ; le mucus des trompes, de l'utéms et du vagin. Plusieurs jours après le coït, on peut trouver des spermatozoïdes doués de mouvements dans le mucus vaginal. Prévost et Dumas ont vu ces éléments encore animés dans les trompes de chiennes, sept jours après laccouplement; Bischofl', chez les lapines, au bout de huit jours et dans les mêmes conditions. Le sang, le pus, la salive, l'urine n'arrêtent pas le'mouvement des spermatozoïdes. Certains agents l'arrêtent au contraire plus ou moins vite : telle est l'électricité d'induction. Prévost et Dumas, avec les décharges d'une bouteille de Leyde, les immobilisaient instantanément; le contact des acides agirait de même. Les mucus vaginal et utérin, lorsqu'ils prennent une réaction acide, produisent le même effet; de même le liquide leucorrhéique, selon Godaixl. Il y a lieu de tenir compte de ces faits pour expliquer la stérilité de certaines femmes.
D'après Wagner, l'acide cyanhydrique, la strychnine, l'opium arrêteraient les mouvements des spermatozoïdes ^ mais, en présence de ce fait que ces substances sont sans action sur les mouvements des cils vibratiles, il y a lieu de n'accepter l'opinion de Wagner que sous toutes réserves, mais de l'admettre au contraire s'il s agit du chloroforme.
Action de» «permatozoïde» Aar ToTole. — Les spermatozoïdes
KLÉMRNTS ANATOMIQIIRS. — SPERMATOZOÏDES. îîiT
pônètreiUdaus Tovuleau travers de la membrane vitelline, et se dissolvent dans le vitellus. Le nombre de ceux qui disparaissent de cette façon est plus ou moins considérable. Chez les invertébrés il est facile de constater après 4a fécondation, alors que la segmentation de l'ovule est assez avancée, un certain nombre de ces éléments qui restent sous la membrane vitelline et n'ont pas été utilisés. On ne peut savoir encore le nombre de spermatozoïdes nécessaire pour opérer la fécondation ; mais il est probable ({ue la quantité n'y fait rien ; il suflit qu'il y ait qualité. En tout cas, Téléraent mâle ne représente vis-à-vis de l'élément femelle, ainsi que le fait remarquer avec raison Ch. Robin, qu'une masse infiniment faible : le spennatozoïde est par rapport à l'ovule dans la proportion de 1 centmillième. Quant à la théorie de Van Beneden, consistant à admettre «pie la tète du spermatozoïde devient après la fécondation lun de ces deux noyaux qui précèdent la segmentation, elle est contredite par ce fait que dans la fécondation il intervient un nombre variable de spermatozoïdes, et (|ue ceux-ci se dissolvent dans le vitellus.
fiCt élément, malgré sa petitesse, emporte avec lui toutes les aptitudes liu mâle. Or, c'est là un fait qu'on oublie trop souvent dans Thisloire des maladies générales. Le s|x»rmatozoïde représente en eiïet h» seul agent (le transmission des maladies héréditaires du père à l'enfanl, et cet agent de transmission est infiniment petit. 11 se trouve par conséquent vis-à-vis de l'ovule et de Tembryon futur dans un rapport tel, qu'il nous a permis d'établir un parallèle entre son action et celle de ces matières virulentes qui, en si faible quantité qu'elles soient, modifient à leur contact toute la masse de substance composant un organisme vivant (vr)y. Chapitre 11).