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CHAPITRE VII

SYSTÈME LAMUVEV!! (1) OU CONJOIVCTir.

§ 68. Le tissu lamineuxa reçu beaucoup d*appellations différentes, dont les principales sont les suivantes : Tela laminosa {HaWer); tissu muqueux ou organe cellulaire (Bordeu) ; parenchyme nutritif, parenchyme commun de nutrition (Bichat) ; système m uqueux ou tissu cellulaire (Meckel) ; tissu muqueux (Virchow); tissu de substance conjonctive (Kôlliker); tissu lamineux (Chaussier, 1807). Le grand nombre de noms par lesquels on désigne ce tissu tient aux opinions que les anatomistes se sont faites sur sa nature. La plupart d'entre eux ont comme origine une connais* sance imparfaite du développement des éléments anatomiques. Car au lieu de s'en tenir à l'observation, ces différents auteurs cherchaient Texplication de presque tous les phénomènes d'histogénic et même de physiologie qu*ils ne pouvaient résoudre, dans des propriétés hypothétiques attribuées au tissu lamineux.

Élémeiito. — Le tissu lamineux renferme des éléments fondamentaux et des éléments accessoires. Les éléments fondanuntaux sont les fibres lamineuses, ou plus exactement les cellules lamineuses et tous leurs dérivés : fibres, vésicules adipeuses, corps étoiles, etc. Les éléments accessoires sont : les fibres élastiques, les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Enfin, tous ces éléments sont plongés dans une matière amorphe qui les unit et qui est plus ou moins abondante, suivant Tàge et suivant l'animal.

Cette matière forme presque toute la masse du tissu lamineux de Tembryon et de certains animaux. Sur le museau des plagiostomes, par exemple, on trouve une grande quantité d'une matière gélatineuse ne renrermant que très-peu d'éléments figurés : elle représente du tissu lamineux. La matière amorphe de ce tissu, ainsi qu'on peut en juger en l'exami' nant dans toutes les parties où elle est abondante, est transparente, de teinte légèrement bleuâtre, et semblable à une gelée.

(1) Gonsallez à ce sujet le savant article de Ch. Robin dans le Dictionnaire encijdopédique de$ tciencen médicaleê.

27'2 TKAITÉ D'aNATOMIE GÉNÉRALE.

En écrasant ce tissu gélatineux et en le traitant par l'eau, ou obtient un liquide incolore qui ne précipite par aucun des réactifs des matières albuininoïdes, pas même par le bichloi-ure de mercure. Mais, ainsi que je m'en suis assuré, l'acide acétique et l'alcool déterminent un précipité qui se redissout dans Teau, et peut être de nouveau précipité par l'acide acétique : ce sont là les caractères de la inucosine. M. Gautier a trouvé aussi celle substance dans le tissu conjonclif des

Le tissu lamineus embryonnaire, que l'on peut très-bien étudier dans le cordon ombilical, est fonné : 1° par la matière amorphe dont nous venons de parler; i' par des éléments ligures. Les éléments Hgurés sont des corps fibro-plasliques ou étoiles et des fibres lamineuses; ils sont - dispersés dans cette substance homo- ^ gène, qui forme relativement à eu\ une niasse beaucoup plus considérable. Les corps fîbro- pi astiques se terminent pour la plupart par de tins prolongements qui souvent établissent des anastomoses de l'un à l'aulre. Ce tissu ne i-enferme point de vaisseaux ; considéré dans son ensemble, il est transparent et paraît homogène, si bien que son aspect a fait donner le nom de gélatine de Warthon à celui qui forme le cordon.

A une époque plus précoce encore, le tissu lamineux de l'embryon est formé presque entièrement par des noyaux ovoïdes et sphériques, qui t portent à leurs extrémités des prolongements leur donnant un aspect fusiformc (voy. Eléments du tissu lamineux). Bientôt ces éléments s'écartent les uns des autres ; une miitière homogène se dépose entre eux, et l'ensemble du tissu devient plus transparent. Dès le second jour d'incubation chez le poulet, on voit en avant de la corde dorsale le tissu lamineux prendre déjà ces dispositions; c'est alors qu'un petit intervalle transparent, l'empli par des corps libro-plastiques anastomosés, se montre entre la corde dorsale et l'intestin (voy. fig. 44).

Supposons mainlenant que chacun des éléments qui entrent dans la constitution de ce lissu embryonnaire, subisse un développement complet ; alors, de ces corps libro-plastiqucB natlmut des faisceaux de fibres lamineu.ses, qui bientôt s' entre-croiseront dans tous les sens, se rapprocheront les uns des autres, et ainsi la substance amorphe intermédiaire, l'é-

lu. ITil. — Tma lamineux il'iin i bryon de mouton dn 4 centim a, b, corps llbra-plasiiques ; c, etp, remplis par la lubstance aiiiorplio.

— Grois. S/350.

SYSTÈME LAMINEUX. i273

poussée par les éléments figurés de plus en plus nombreux, ne forme plus sur le tissu complètement développé qu'une proportion très-faible de la masse totale (voy. Kg. 104).

Cette étude préliminaire du tissu lamineux de Tembryon, nous aidera à comprendre la texture du tissu lamineux de l'adulle.

TISSU LAMINEUX DK l'AUULTE.

§ 60. Caractère» extérieur». — Le tissu lamineux de Tadulle, tel (|u'il se présente dans les couches sous-cutanées, au creux axillaire, etc., est grisâtre, glutineux, extensible; il se déchire en filaments élastiques. L'insufflation, lorsqu'elle est pratiquée immédiatement après la mort ou pendant la vie, alors que la matière amorphe interposée aux éléments est encore liquide, y détermine des bulles comme dans Teau de savon. Ces bulles ne correspondent pas à des cavités préexistantes, contrairement à ce que pensent encore certains auteurs. Néanmoins, cette propriété lui a fait donner le nom de tissu cellulaire. L'air pénètre en écartant simplement les faisceaux ou les nappes de fibres. Les liquides injectés avec une certaine pression pénètrent avec la même facilité, en imbibant le tissu et en lui donnant un aspect gélatiniforme. 11 en est ainsi dans l'hydrotomie, l'œdème et les hémorrhagies. Par contre, les tissus fomiés de cellules, comme les épilhéliums, ne se gonflent pas et ne s'imbibent pas de la même façon.

Caractère» chimique». — Ce tissu se putréfie plus lentement que les muscles; desséché, il se consume comme tous les autres tissus. Plongé dans l'eau à la température de l'ébullition, il se crispe et se rao cornit, puis finit par se liquéfier presque entièrement, surtout lorsqu'on le traite par un acide. Il donne alors de la géline, principe identique à Tosséine, matière organique des os.

La géline passe, sous l'influence de l'ébullition, à l'étal de colle ou do gélatine. La géline et Tosséine donnent à chaud, avec l'acide sulfurique ou les alcalis, de la leucine et du glycocolle (sucre de gélatine). La cartilagéine donne par contre de la chondrine, qui, traitéeaussi parles acides, produit de la leucine, mais pas de glycocolle. Avec la substance élastique on n'obtient que de la leucine. Malgré ces diiïérences dans la composition chimique des tissus, les auteurs allemands rangent le tissu coujonetif, les os, le cartilage, le tissu élastique, dans une seule et même catégorie dite des tissus de substance conjonctive.

Enfin la mucosine, qui existe en petite quantité, ainsi que nous l'avons

(Udiat. Anntomie générale. 18

37 t TIUITE DA.NATOMiE GENeBALK.

iié[k vu, dans le Ussii laiiiiiieux oiubryomiaire, seretmuve diius li' iiu-ini' lissu chez l'iidullt'.

Te.\tare. — Le tissu laiiiiiieu\ est constitue jiar une Iniiue làclie dr

libres lumineuses, isolées ou réunies en faisceaux de O""",!)! à 0 ,IK>. Ces

raisceaux sonl enveloppés par des libres élastiques qui décrivent das spimies auUiiu' deux. Lursi]u'uii traite le lis^iu lamineux par l'iicîde

Vk, 15S. — TisD» Uiuinciix de l'intcatin, di^iisiitié d'uprès unu i;oiipc porUut sur [a Ij lunïciues. — a. a, l'iiieccïux uiidulcux du Dbreï lamiiieuïes uiilre-ci'Disds i;n II, b, TéïirulcE nOijiBUseï; c, vaisseaux »;iiigiiins; d, nuyaux du lUsii vunjiiiii

aeélique, ces liiisceaux se gonlleut de distance eu dislaiiee, dans les intervalles des lif^ncs suivant lesquelles soiil enroulées les libres élastiques. Au centre des fiiiseeauK on trouve quelques noyaux ovoïdes plus ou moins atrophiés : ce sont ceux qui ont servi de centres de géiiéralïon aux libres lamiiieuses.

Les fibres lamineuses isolées ou les faisceaux de tibres ne sont Jamais rcclilignes: ils sont onduleux. Ces dispositions sont trës-remar(|uables et perniellent de distinguer le lissu lamineux des tissus formés des mêmes éléments, non-seulement chez l'adulte, mais encore chez l'embryon. Les corps fibro-plastiques, qui donnent naissance aux fibres, se disposiuii di-s leur formation en nappes onduleiises, là oii se trouvera plus lard du tissu conjonctif; tandis que ceux qui préexistent à la formation des tendons, des aponévroses et des ligaments, sont reclilignes; ce qui prouve bien que les tissus fibreux, tendineux, ne sont pas, comme on le répète souvent, du tissu conjonctif condensé. Dans ces simples dispositions on i

SYSTTJKME LAMINKUX. 275

toujours cette même loi, que ce n'est pas la fonction qui t'ait Torgané.

Les faisceaux de fibres et les fibres isolées sont entre-croisés dans tous les sens, et ne suivent jamais de directions parallèles. Entre ces éléments se trouve une petite quantité de cette matière amorphe dont nous avons parlé plus haut. C'est elle qui se laisse traverser par les liquides et les gaz pendant la vie et permet l'insufflation du tissu.

Kn rapport avec les fibres isolées, on trouve de distance en distance, et <rautunt plus souvent que le tissu se rapproche davantage de la période embryonnaire, des noyaux de corps fibro-piastiques. Chez l'adulte, certaines parties du tissu lamineux, que nous étudierons plus loin, renferment beaucoup de ces éléments à forme embryonnaire.

En dehors des cavités creusées dans ce tissu pour Idger soit les glandes, soit les vaisseaux qui le traversent, il n'y a nulle pail de solutions de continuité. Sur les coupes on ne voit aucun vide, absolument rien qui ressemble à une cellule. Les auteurs qui ont soutenu l'idée de la constitution cellulaire du tissu conjonctif n'ont jamais pu donner un dessin de ces prétendues cavités.

Vésicules adipeuses. — Les vésicules adipeuses que nous avons décrites page !204 forment des éléments importants du tissu conjonctif. Elles se rencontrent isolées ou en amas, et en quantité variable suivant les points. Quand elles sont accumulées les unes sur les autres, elles prennent une forme polyédrique. Leurs contours sont nettement accusés, de telle sorte qu'on les reconnaît très-facilement, même avec de trèsfaibles grossissements. Dans certaines régions, elles sont groupées de façon à constituer des couches épaisses, qui se modifient très-peu , quel que soit Tétat de maigreur du sujet. Ces amas de vésicules adipeuses ont un rôle bien détei*miné dans la physiologie des tissus, le jeu de certains organes, aussi peut-on les considérer comme formant un tissu à part, une variété de tissu lamineux. Nous ne pensons pas néanmoins qu'il faille établir entre le système adipeux et le système lamineux une division aussi tranchée que celle que Bichat et Ch. Robin ont adoptée : pour cette raison que dans presque tout le tissu conjonctif on rencontre des vésicules adipeuses.

Ces vésicules adipeuses sont plus ou moins nombreuses et plus ou moins développées, suivant l'état d'embonpoint du sujet; mais à part les régions dont nous avons parlé précédemment, on ne doit en rencontrer que très-peu à l'état physiologique. Ainsi chez les animaux à l'état sauvage il n'y a guère de graisse que dans les parties qui appartiennent au système adipeux proprement dit.

"ilO TKAITÉ D'aNATOMIE liÉNÉHALE.

Mais dans l'obésité et dans le cas d atrophie musculaire et une foule d'autres conditions pathologiques, ces éléments se développent en grande (fuantité; le tissu conjonctif en est alors rempli.

Vaisseaux du tissu conjonctif. — Ce tissu renferme deux espèces de vaisseaux sanguins : ceux qui le traversent pour aller se distribuer aux autres tissus, et ceux qui lui appartiennent en propre.

Ainsi, on rencontre dans son épaisseur, des artères, des veines, des lymphatiques qui vont aboutir soit à un muscle, soit à une glande ou à une muqueuse ; et à lextrémitéde ces vaisseaux se trouve un réseau capillain» de forme bien déterminée (voy. Système capillaire) qui tranche par son aspect sur les vaisseaux de même ordre appartenant au tissu conjonctif.

Les capillaires du tissu conjonctif ne sont ni très-nombreux ni volumineux. Ils forment des mailles allongées à la surface des faisceaux de Kbres et autour des amas de vésicules adipeuses, où ils ont une disposition régulière très-remarquable.

Ces capillaires ne pénètrent jamais dans les faisceaux de fibres lamineuses.

Les capillaires lymphatiques appartenant en propre au tissu conjonctif, sont très-peu abondants. Néanmoins, dans le tissu sous-muqueux de rintestin, on voit des réseaux dont les vaisseaux ont jusqu'à 0""",or) et même 0""",i de diamètre, avec les caractères de capillaires. Ces réseaux se distinguent des cx)nduits rectilignes et rarement anastomosés qui représentent les troncs collecteurs. Les capillaires lymphatiques sont, la plupart du temps, immédiatement appliqués contre les capillaires sanguins, de telle sorte que souvent le lymphatique embrasse le tiers ou les deux tiers du vaisseau sanguin. On retrouve encore ces dispositions sur des artères et des veines qui ont un quart ou un millimètre de large (Ch. Robin).

Les procédés de préparation les plus délicats, les injections les plus fines n'ont jamais démontré l'existence d'autres conduits; jamais les véritables lymphatiques n'ont été vus en cx)mmunication avec ces prétendues cellules du tissu conjonctif qui ne sont autres que des cavités artificielles produites en forçant un fluide quelconque à pénérer dans le tissu, mais qui n'ont aucun rapport avec les canaux lymphatiques. 11 s'est bien rencontré des auteurs pour parler vaguement de ces communications, mais aucun pour les décrire méthodfquement cl pour les figurer.

Par contre, tous les anatomistes savent bien que dans les injections (le lymphati(iues, lors(|u'on pique la pointe du tube à mercure dans le

SYSTÈME LAMÏNEITX. 217

tissu conjonctif, on est à peu près sur de ne pas injecter de réseaux. Nous aurons encore d'ailleurs Toccasion de discuter ces questions.

Nerfs. — Le tissu conjonctif ne renferme pas de nerfs, si ce n'est ceux qui le traversent pour aller à d'autres tissus, comme ces filets volumineux situés dans le fascia superlicialis, et qui vont aboutir à la peau; ceux c[ui sont dans les cloisons intermusculaires et sont destinés aux muscles.

SYSTÈME J.AMiNEUX (OU CONJONCTIF).

§ 70. Le système lamineux est partout continu avec lui-môme, formant autour des tissus et des organes une sorte d'atmosphère qui les enveloppe. Celte continuité est telle que, dans Tinsufflation des animaux, Pair injecté pai* les bouchers sous la peau pénètre jusqu'à la surface des IHjumons; l'inverse se produit chez l'enfant dans les efforts de la coqueluche et de la broncho-pneumonie; l'emphysème envahit tout le tissu conjonctif sous-cutané après la rupture du parenchyme pulmonain*. Néanmoins, quels que soient les rapports intimes qui existent entre ce système et tous les autres, aucun de ces derniers n'en dérive au point de vue de l'histogenèse.

Le système lamineux a surtout pour rôle d'accompagner, de soutenir les vaisseaux qui vont aux différents organes. II forme entre eux des cloisons de séparation, des couches souples, élastiques, permettant le glissement facile des pièces servant à l'appareil de la locomotion ; il double les replis séreux appelés à s'écarter, alors que se dilate l'organe qu'ils enveloppent; enfin il constitue des coussins élasticfues lorsqu'il se remplit de graisse et devient du tissu adipeux.

Dans certains points de l'économie il s'accumule en masses peu consistantes ; ailleurs il se condense et fonne des membranes (!omme la piemère, le périoste. Dans ces membranes se montre toujours nettement accusé le caractère fondamental qu'il offre imrtout, celui de tissu de soutien pour les vaisseaux sanguins.

Le système lamineux a été divisé par Ch. Robin en une série d'organes premiers :

/ de constitution.

} d'interposition. Organes premiers du système lamineux j ^^^ ^^^^j,^^ wu«Hnuqueu»e«.

des couches sous-culanées.

Les deux dernières divisions peuvent rentrer dans la seconde. Si, en

outre, on considère le système adipeux comme une division du système conjonctif, on pourrait adopter la classification suivante que nous proposons :

' ., , . » J-. ( Organes premiers de constitution.

I Système lammeiix proprement dit.] ^^ . ,..

,1 ( Organes premiers d interposition.

, . 1 Oreanes premiers articulaires,

iamincux. j „ , .. \ . . ..

f Systome adipeux. l — rachidiens.

' — pannicule sous-cutanc*.

Orffane» premier» de constitation. — Ce sont de véritables organes comme Tallantoïde^'la pie-mère, le périoste, ayant un rôle bien déterminé et possédant une texture spéciale.

Pie- mère. — La pie-mère est la membrane vasculaire des centres nerveux cérébro-rachidiens ; elle a pour attributs d'accompagner et de soutenir les artères et les veines qui vont se distribuer à la substance cérébrale. Sa constitution histologique générale est celle du tissu lamineux. Entre les faisceaux de Kbres qui la composent il est facile, par le plus simple examen, de voir la matière amorphe interposée; elle offre ce caractère particulier de posséder dans sa trame des grains de carbonate et de phosphate de chaux, plus ou moins nombreux suivant les points. Ce sont ces dépôts calcaires qui forment les granulations méningiennes attribuées à tort à larachnoïde.

La pie-mère renferme beaucoup de vaisseaux, mais surtout des artères et des veines : les capillaires y sont rares cx)mme dans tout le reste du tissu lamineux. Ces artères et ces veines offrent des anastomoses tellement nombreuses qu'elles constituent par leur ensemble un double réseau, ainsi que je l'ai fait voir. Cette opinion est en contradiction avec celle de M. Duret admise par M. Charcot et la théorie des territoires vasculaires du cerveau ; d'ailleurs ces dispositions ont été retrouvées après moi par plusieurs observateurs. Du réseau artériel partent des petits vaisseaux très-nombreux qui pénètrent directement dans la substance grise cérébrale, à Tétat de capillaires de troisième variété (voy. Capillaires).

Les plexus choroïdes, la toile choroïdienne représentent des prolongements intra-cérébraux de la pie-mère. Les plexus choroïdes sont trèsvasculaires. Ils forment des plis dans lesquels pénètrent des anses capillaires volumineuses et sont tapissés par un épithélium polyédrique à cils vibratiles.

La pie-mère rachidienne est d'un tissu plus serré et moins vasculaire que la pie-mère cérébrale.

Dans les mailles de la pie-mère se trouve un liquide très*abondant, le

SYSTÈME LAMINEÎ'X. 279

liquide céphalo-rachidien décrit dans tous les traités d'anatomie descriptive et de physiologie. C'est un liquide de même nature à peu de chose près que celui que Ton peut extraire des autres parties du tissu conjonctif. Il est en efl'et très-peu riche en matières albuminoïdes ; il offre cerlainemenl des analogies avec le liquide de l'œdème qui ne se coagule pas non plus par la chaleur.

La pie-mère se développe longtemps après le système nerveux central. Les éléments de la substance grise cérébrale et médullaire sont très-avancés dans leur développement, alors qu'on ne peut encore reconnaître ce qui sera plus tard la pie-mère. Celle-ci se forme en même temps que les premiers vaisseaux venant se distribuer au névraxe, ce qui est d'ailleurs conforme à la règle générale. Le tissu conjonctif de cloisonnement ne pénètre en effet dans les autres tissus qu'à Tépoque du développement des vaisseaux.

Allatitoïde, — L'allantoïde dont nous avons suivi en partie le développement, représente chez le fœtus, dès que la circulation allantoïdienne est établie, une membrane disposée sous forme de vésicule terminée par un pédicule plus ou moins long et étroit, auquel on donne le nom de cordon ombilical. Cette membrane n'a d'autre rôle que de soutenir les vaisseaux qui vont au chorion (voy. Placenta).

Elle est formée de matière amorphe, parsemée de noyaux, mais surtout de corps étoiles anastomosés et de fibres lamineuses. Le cordon ombilical et Tallantoîde ne renferment point de capillaires sanguins.

Périoste. — Le périoste est une membrane de tissu conjonctif qui est relativement aux os ce qu'est la pie-mère vis-à-vis du tissu des centres nerveux. Elle accompagne les vaisseaux qui vont à l'os ; les veines y sont surtout très-abondantes. C'est au point de vue de la vascularisation seulement qu'on la regarde comme la membrane nourricière de l'os, mais par elle-même elle ne fabrique pas de tissu osseux. On verra, à propos de Tossification, en quoi consiste ce phénomène. Mais dès à présent on peut dire que les greffes périostiques ne transportent pas seulement le périoste, mais une couche d'éléments qui est sous-jacente à cette membrane et aux dépens de laquelle se forme le tissu osseux.

Le périoste offre une épaisseur variable suivant les points et suivant l'âge. Assez épais chez l'enfant pour pouvoir maintenir les fragments d'une fracture, il s amincit peu à peu à mesure que le sujet avance en âge. Cette atrophie progressive résulte de ce qu'il n'a plus la raéme importance au point de vue de la nutrition des os.

Le périoste ne renferme que très-peu de fibres élastiques, ce qui permet de le distinguer des membranes qui lui adhèrent dans certaines régions, comme dans les muqueuses des fosses nasales et surtout des sinus.

Le périoste enveloppe les os partout où des ligaments ou des tendons ne viennent pas s'y insérer. Le décollement facile de ces organes chez Tenfant avait fait croire que le périoste passait au-dessous. Or, il est bien démontré que les ligaments adhèrent directement au tissu osseux, qu'ils font corps avec lui ; on voit même, dans certains cas, la matière de Tos envahir le tendon ou le ligament.

OrganeA pi^mierA d'interpositton. — f^es organes premiers d'interposition forment des cloisons entre toutes les parties qui doivent rester unies, mais sans une fixité absolue, et qui peuvent glisser les unes sur les autres sans toutefois se séparer. Telles sont .les cloisons înlermusculaires, les couches sous-cutanées, sous-muqueuses , unissant le derme aux aponévroses d'enveloppe ou la muqueuse intestinale à la couche musculaire de l'intestin.

Il serait impossible de comprendre le jeu des muscles sans l'existence de ces couches molles et élastiques. Si, en effet, une inflammation en modifie la nature et les fait passer à l'état de tissu dur, inextensible, les muscles sont gênés dans leurs contractions, la peau adhère aux parties sous-jacentes et chaque mouvement détermine des tiraillements douloureux. Comme si un pareil rôle, sans lequel aucune fonction no peut s'accomplir, n'était pas suffisant pour ce tissu, on a imaginé à son sujet toutes les théories les plus invraisemblables. Supposons en effet pour un moment que la tunique celluleuse de l'estomac perde $on élasticité : au premier mouvement de dilatation, la muqueuse ne pouvant se déplisser, se déchirera forcément.

Autour des viscères se trouvent des cloisons conjonctives plus ou moins épaisses: telles sont les couches qui séparent les différents organes contenus dans le médiastin, qui régnent entre les feuillets des séreuses, entre les épiploons, entre les feuillets des ligaments larges, autour du rein, de la vessie et des différents organes renfermés dans le petit bassin, suivant la règlegénérale decontinuité du système lamineux que nous avons établie en commençant. Ces diverses couches se succèdent les unes aux autres et ne sont interrompues qu'en certains points qu'il importe aux chirurgiens de bien connaître. Nous avons vu comment l'air insufflé pouvait envahir tout le tissu conjonctif. Il en est de même de l'eau, du sang, de l'urine, du pus, etc. Or, dans le cas de fusées purulenfes, d'infiltrations urineuses , ces liquides suivent une voie déterminée d'avance et

SYSTÈME LAMINEITX. ' 281

ne s'arrêtent que de dislance en dislance, là où se trouvent ces interruptions formées généralement par les cloisons aponévrotiques.

Couches som-muqueuses. — Les couches sous-muqueuses sont formées par des-nappes de fibres lamineuses entre-croisées, très-làches, de façon à permettre le glissement facile des surfaces opposées. Elles sont plus ou moins épaisses suivant les organes. Très-développées dans le tube digestif, la vessie, etc., elles manquent à l'utérus, presque complètement au vagin, à Turèthre, etc.; elles font absolument défautau canal déférent i't à l'urelère, etc. Les couches sous-muqueuses ne renferment qu'une petite quantitéde graisse; si, en effet, les vésicules adipeuses s'y développaient comme dans le pannicule cutané, les différents conduits que nous venons d'énumérer pourraient s'oblitérer dans Tohésité.

Couches sous-nitanées. — Sous le derme ces couches sont, en g<'»néral, au nombre de deux qu'il est important de bien connaître : 1" Le pannicule adipeux; 2" Le fascia superficialis.

A. — Le pannicule afiipeux est formé par des îlots de vésicules adipeuses, séparées par des faisceaux fibreux, plus ou moins épais, constituant ainsi des aréoles (voy. Tissu adipeux),

H, — Le fascia superficialis forme une couche de 1 millimètre environ, lâche, extensible, entre le pannicule et les aponévroses d'enveloppe des muscles.

C'est dans le fascia, et à sa partie profonde, que sont les nerfs, les lym phatiques et les veines superficielles. Celte couche permet le décollement facile de la peau, son glissement sur les organes sous-jacenls ; aussi n'existc-t-elle que sous les régions du tégument qui sont mobiles. Celles, au contraire, qui sont fixées sur les parties profondes, comme à la paume des mains et à la plante des pieds, ne sont doublées que par du pannicule adipeux.

11 est le siège des infiltrations, des fusées purulentes, des phlegmons diffus, des décollements qui s'arrêtent aux points où il est plus serré , et (|ui se trouvent près des articulations. Celte couche est bien distincte de celle du pannicule, et les inflammations qui se développent dans l'une ou dans l'autre peuvent y rester localisées. Ce sont là des faits de la plus haute importance, mis hors de doute par Velpeau et Chassaignac, et dont il est indispensable de tenir compte dans la pratique chirurgicale. Les incisions faites dans le bul d'arrêter un phlegmon diffus, ne seraienl d'aucun effet

-SnZ TRAfTK D'ANATOMIE CENERALE.

si elles n'intéressaient pas ta couche proronde du Tascia et seulement le pannicule adipeux.

Tliisa lanalnenx des pareBcbynaefi. — Dans les parenchymes, comme le rein, le foie, le poumon, etc., il cxisle de minces cloisons de lisKu laniineux trts-IAche qui suivent les vaisseaux sanguins se distribuant à l'organe. Dans ces cloisons se trouvent surtout des corps fibroplastiques et des filtres lumineuses fines. Les filiios élastiques et les vésicules adipeuses manquent totalement.

Ce tissu lamineux semble donc à un état de développement incomplet. Or, sous l'inlluence d'une circulation permanente plus active, les élément de ce tissu qui ont encore la forme embryonnaire, ae développent et engendrent des fibres lamineuses. C'est ainsi que s'expliquent les scléroses, dont nous aurons bientôt à parler.

TIaku réticalé den itanKlioni». — Dans les ganglions, le tissu conjonctif, par une réduction progi'esBi\e, arrive à n'être plus reprt'-senli'' que par une trame très-large de corps fibro-plastiques anastomosés entre eu\. Il en résulte une sorte de réticulum servant de soutien aux éléments épilhéliaux de la glande. C'est là ce que les auteurs allemands ont appelé le tissu réticulé. On trouve ce tissu réticulé en dehors des ganglions, dans la trame de beaucoup de muqueuses, i Un grand nombre de parties du tissu conjonctif chez l'embryon affectent les mêmes dispositions. Ce réliculum des ganglions n'a aucun caractère spécial. Il no faut donc point, avec certains auteurs, considérer comme dépendance du système lymphatique tout tissu dans lequel se trouve une trame réticulée (voy. Système lymphatique).

Dans les ganglions il représente une partie accessoire, une (rame de soutien, et les éléments fondamentaux de la glande sont ceux qui sont compris dans les mailles du n'ticulum. i

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