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DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME CAPILLAIRE

§ 99. Le développement des capillaires doit être envisagé dans deux cas : alors qu'il existe déjà des vaisseaux analogues chez l'embryon et chez l'animal complètement développé; en second lieu, chez l'embryon, îivant leur apparition première.

Formation des capillaires chez rembryon. — Les premiers vaisseaux capillaires qui apparaissent pour former Taire vasculaire se montrent d'abord dans la zone interne de l'aire opaque et dans la partie postérieure de Taire transparente, ainsi que nous l'avons déjà dit à propos du développement de Tembryon. Ils se forment par conséquent en dehors de lui, et servent tout d'abord à la circulation omphalo-mésentérique. Us naissent isolément les uns des autres, sous forme d'tlots de teinte rougeâtre, devenant de plus en plus foncés à mesure que des communications s'établissent de l'un à l'autre.

Ces vaisseaux, ainsi qu'on peut en juger facilement sur des coupes, se forment dans le feuillet moyen et dans la lame de ce feuillet qui est adhérente au feuillet intestinal (voy. fig. 71, p. 139).

Ces tlots rouges se présentent comme des amas de cellules sphériques plus ou moins colorées et appliquées contre la* paroi des vaisseaux perméables et dans leurs prolongements. Les vaisseaux qui commencent à être perméables se composent d'une paroi formée d'une seule couche de

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cellules épithéliales, polyédriques, faisant saillie dans la cavité du conduit. Cette paroi est continue avec celle qui tapisse alors la face interne du cœur.

Avant d'avoir cette forme de tubes limités par des cellules, les vaisseaux se présentent comme des tractus pleins qui se creusent consécutivement (Kolliker, Remak, His). Ces tractus, d'après Kôlliker, sont exclusivement formés de cellules : les plus superficielles sont d*abord allongées, celles du centre sont rondes. Peu à peu celles de]la superficie prennent la disposition d'un épithélium, alors que les autres deviennent des hématies.

On peut observer aussi dans Taire vasculaire des embryons de mammifères ce même mode de formation des capillaires et de leur contenu.

Reste à savoir maintenant comment se constituent ces tractus pleins. Ils sont précédés de cellules fusiformes, ressemblant assez aux cellules fibro-plastiques. Ces éléments se segmentent, de façon à constituer des amas cellulaires. Les cellules de la partie centrale deviennent, comme nous l'avons dit, des hématies; celles de la surface, l'épithélium vasculaire ; de telle sorte que les capillaires seraient primitivement des espaces intercellulaires, selon l'opinion de His, de Kôlliker, de Wissosky {Archives de Mac Schulzie, 1866), et contrairement à celle de Remak.

Ce sont ces cellules fusiformes précédant les Ilots rouges qui ont reçu de différents auteurs les noms de cellules vaso-formatives (Ranvier), ou bien d'hématoblastes, etc., expression qui a servi aussi à désigner certains éléments du sang de l'adulte.

Ces phénomènes se passent d'abord exclusivement dans l'aire vasculaire, lembryon ne prenant par conséquent aucune part à la formation des éléments du sang.

Formation des capillaires secondaires. — Les capillaires qui se forment plus tard sont représentés tout d'abord par des bourgeons implantés sur les vaisseaux préexistants. Ces bourgeons font corps avec la paroi épithéliale du capillaire ; ils sont coniques, très-effilés ou cylindriques, et s'unissent à des renflements fusiformes situés à une certaine distance et établissant des anastomoses entre les différentes branches d'un réseau.

Lorsqu'on observe la formation des vaisseaux sur Tallantoîde, dans le péritoine de jeunes animaux ou sur les fausses membranes de la plèvre chez l'adulte, on aperçoit comme surajoutés au réseau capillaire ces prolongements coniques ou fusiformes : ce sont là les nouveaux vaisseaux.

Dans ces prolongements se passent des phénomènes de même ordre que ceux dont nous avons parlé lors de la formation des premiers vaisseaux chez l'embryon.

Les renflements fusiformes munis de noyaux se segmentent et donnent naissance à des rangées de cellules accolées et placées longitudinalement. Peu à peu ces sortes de colonnettes s'ouvrent à leur base, les cellules qui les forment s'écartent les unes des autres, et le sang avec ses hématies pénètre dans les interstices. Les cellules pariétales deviendront répîthélium vasculairo du nouveau conduit. Tel est le mode de développement des vaisseaux capillaires et lymphatiques, comme il a été décrit par Kôlliker et par Rouget.

Ces bourgeons coniques qui naissent des capillaires sont formés aux dépens de Tépithélium vasculaire ; ce sont des sortes d'excroissances des cellules. Il n*est plus nécessaire de discuter la question de savoir si les

premiers capillaires sont desconduits intracellulaires ou intercellulaires. On pourrait supposer, en effet, que plusieurs cellules placées bout à bout se creuseraient d'un canal allant de Tune à l'autre. Mais les dispositions qu'affectent ces cellules dès qu'elles sont unies pour former une paroi de capillaires nous empochent d'admettre cette théorie, car d'abord leurs no vaux sont alternes. En v.n «Ai r 11 • 1 1. Il i 'A 'A outre, maintenant que nous con-

Fic. 204. — Capillaires de lallantoide en voie de ' ^

développement. -— a, vaisseaux perméables naissons le mode de dévelop-

avec des hématies; 6, capillaires plus lins; ^^^^^ j^g premiers vaisseaux

c, capillaire au début représenté par une ccl- ^ ^ ^

Iule fusiforme avec un noyau; d, prolonge- dans l'aire vasculaire, noUS ne

mont anaatomotiquc^ntrc deux capiUaires. pouvons admettre que ceux qui

viennent ensuite se forment d'une façon toute différente et ne soient pas des conduits intercellulaires.

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