U IL
Carbone • . • 49,&9 50,89
Hydrogène 7,13 6.96
Azote 13,90 14,90
Oxygène 28,46 27,23
La cartilagéine ne tend anatomiquement que vers Tétat fibroîde, à moins de supposer que les-cellules qui apparais^» sent dans les cavités de la substance propre soient une forme appartenant à certains états de la cartilagéine^
L*0$(éine est la substance organique propre des os, qu'on sépare en traitant le tissu osseux par de l'acide chlorhydrique dilué. L'ostéine se décompose facilement par l'eau bouillante en un liquide qui se prend en gelée par le refroidissement. Cette gelée (la colle forte) di&ère de l'ostéine de la même manière que la cartilagéine diffère du cartilage; ce qui explique la différence essentielle qu'il y a, quant aux propriétés nutritives, entre les os bouillis et les
6i TnAiTÉ d'anatomie générale.
os non bouillis. Dans rossification du cartilage on voit, d'après ces documents, qu'il n'y a pas simplement iiicrtislation du cartilage par les sels calcaires , mais bien substitution entre deux états de la substance organique elle-même. Cependant il faut reconnaître là parenté incontestable qui îexiste entre ces deux substances. Le point de vue anato* mique nous le montre par la filiation constante entre les deux tissus dont ces principes sont la base.
A la suite des principes qu'on a pu cliimiquement distinguer, il en est un certain nombre qui, par suite de leurs conditions slatiques, ont échappé à une étude spéciale suffisante. Néanmoins le simple point de vue anatomique permet de placer ici leur indication dans la catégorie deè divers élats de la substance animale contractile.
La substance propre df la tunique amorphe des membranes sécrétantes mérite d'abord une menlîon spéciale. En faisant plus loin la théorie des membranes , j'indiquerai , pour les culs-de-sac glandulaires, pour les tubes sécréteurs, pour les vésicules closes des glandes vasculaires {rate^ thyroïde), l'existence d'une tunique propre amorphe, devant laquelle nos moyens d'observalion se réduisent a la contemplation, mois qui, au foint de vue de la composition îanmédiaie, doit ôtre Fobjet d'une (distinction indispensable. Cette substance amorphe qui, dans certains cuh-de-sae^ atteint quelquefois l'état fibrolde, se présente «ouf forme dû mince tunique. Malgré le peu de données chimiques et anatomiqueii que nous possédons sur cette tunique propre, BOUS sommes naturellement conduits, du point de vue phy» siologique, à imaginer que l'état de eétle tunique varie d'une glande à une autre, surtout quand nous voyous l'eAdosa^oie et l'eftosmose s'opérer, suivant Us cas, sur dé^s^ub&tances afférentes. On est m^e invariableméui irneM À^ppos«f que Ift mLwe de £eUe tjiqiq4«a 4eii^ lui «eirU)(iaf»iui juif
des conditions. les plus indispensables aux phénomènes des sécrétions.
La substance propre de ta tunique des capinaires rentre ici dans un mèine ordre de considérations. Comment ne pas reconnaître que nous avons encore affaire ici â un élat particulier de la substance organique, surtout en réfléchissant aux phénomènes physiologiques qui s'accomplissent à travers la tunique des plus fins capillaires ou à travers les deux tuniques des capillaires de la deuxième variété. J'indiquerai , à propos de la membrane des vaisseaux , que la forme en tube des capillaires ne saurait être mise sur la même ligne que le tube nerveux ; ce qu'il y a d'élémentaire dans le capillaire, comme dans le cul-de-sac glandulaire, n'étant que la substance de la tunique.
Relativement à la formation des éléments anatomiques , on pourrait facilement ici multiplier le nombre des substances organiques , dont Tétude chimique est encore naturellement bornée ; les exemples précédents doivent suffire pour montrer le caractère de cette étude et son degré d'utilité. On sent aussi qu'à l'avenir toute substance, jouant à rétat amorphe un rôle statique important, doit être étudiée, à propos des principes immédiats, de manière à n'avoir à spéculer, à propos des éléments, que sur des formes précises.
J'arrive enfin a signaler la lacune la plus considérable, celle qui se rapporte à la substance nerveuse. En attendant qu'une meilleure interprétation résulte des recherches si complexes entreprises sur la substance du cerveau et des nerfs, nous pouvons, du point de vue physiologique, établir les principaux traits <le cette étude.
L'analyse chimique de la substance cérébrale a donné de« matières grasses phospliorées , un acide particulier, l'acide eérébrique , un eérébraié de soude, et aussi une substance
56 IRAITÉ d'aISATOMIë GÉjNÉRALË.
analogue a la cellulose. L'analomie y a constaté de la substance amorphe, des granulations, des cellules, des noyaux isolés, et enfin des éléments spéciaux sous forme de tube. Ce qui doit le plus nous frapper pour le moment, c'est la substance qui a la propriété de se modeler en tube. Ne possédant à cet égard que les seuls documents résultés de robservalion directe de ces éléments, nous devons concevoir que cette substance, se rattachant à un mode d'existence particulier, doit être conçue comme distincte de la substance animale contractile, capable seulement de se modeler en fibre. De plus, reconnaissant, du point de vue physiologique, que la fonction des nerfs diffère de celle des centres nerveux, nous devons concevoir des étals distincts entre la substance des nerfs et celle des centres. La très haute complexité du sujet ne me permet pas d'entrer ici dans de trop grands développements sur les différentes parties du système nerveux , que je préciserai mieux à propos de la théorie des tissus. Je termine donc ces indications; soit générales, soit spéciales, sur Tétude des substances organiques; néanmoins, avant de passer à Texamen des formes élémentaires , je dois ici revenir sur quelques points i^elatifs aux états rudimentaires, les moins détermi* nés par rapport à la structure, et montrer comment, dès rétude de la substance organique, peut s*ébaucher la notion d'organisme.
Jusqu'à présent, en eOet, j'ai surtout envisagé les substances organiques à titre de matériaux de construction et comme pouvant revêtir des formes élémentaires précises. Mais le caractère anatomique de cette étude aura acquis toute sa précision, si j'arrive à considérer la substance organique comme pouvant, en dehors de toute structure, être considérée elle-même comme substance organisée vivante.
Sans quitter l'oi^anisme des animaux supérieurs, il me
PRINCIPES IMMÉDIATS ET SUBSTaNCRS ORGANIQUES. 57
serait déjà facile de signaler entre les tissus les plus complexes des parties se présentant à notre observation avec les seules propriétés anatomiques de la substance organique. Soit, par exemple, la substance propre du cartilage: nous ne pouvons la caractériser que par les propriétés de la carlilagéine , et je pourrais en dire autant de toutes les substances amorphes de Torganisme. Mais, pour concevoir un tel cas , il faut déjà supposer la notion de Torganisme le plus complexe , dans lequel on peut considérer des modes d'existence variés , pour les différents organes relirs.
La notion d'organisation , dérivée de Tétude seule des substances organiques, résulte plus directement de la considération des types inférieurs de la végétalité et de Tanîmalité, dans lesquels Tétre, pour des propriétés d'endosmose et d*exosmose et même pour des phénomènes de mouvement, ne présente à notre observation que des substances dont le caractère anatomique le plus tranché est la forme totale de leur masse, sans que, dans le tissu anhiste qui les compose, on puisse trouver trace d'une forme élémentaire déterminée, comme celles que je vais étudier avec les éléments anatomiques proprement dits.
Cette seule remarque doit suffire pour bien saisir le trait principal du point.de vue anatomique des substances organiques. Elle est , en outre , de nature à révéler l'étendue d'un tel sujet, que l'étude des types supérieurs et des types inférieurs tendra à développer d'une manière très utile, du moment où l'on s'attachera surtout, pour toutes les substances amorphes, à déterminer les caractères généraux et spéciaux d'ordre organique. On voit, en outre, d'après cette nouvelle considération, comment on peut justifier, au moins spécialement, l'hypothèse d'une tnatière organique animée, envisagée par différents biologistes , et en particulier par
19 TRAITÉ d'anatohhi: générale.
Buffon, Il est même vrai de dire que, théoriquement, il y aura toujours un certain intérêt à la conserver dans toutii sa généralité. Si Ton pouvait conserver quelque vague à cet égard , il me suffirait de rappeler les propriétés éminem^ ment vitales des différents blaslèmes amorphes dans lesquels naissent directement des éléments anatomiques, ce qui ne peut se concevoir sans admettre préalal)lement que le blaslème lui-même, dénué de toute structure , est doué de vie.
J'établirai plus loin que la notion d'organisme est indéipendante de la noiion d'organe. Or, l'étude des substances organiques nous permet même de la concevoir comme indépendante de ri<lée d'un tissu dérivant d'éléments analomique^ de forme déterminée. Nous pouvons donc, dans cette première étude, apprécier les cas les plus simples de l'organisation, et dire qu'un être vivant, conçu dans tout© Sja simplicité , peut être représenté par une mas^ de subgtapce organique amorphe, dont les éléments médiats sont empruntés au monde extérieur, et dont l'existence fond^* mentale est exprimée par un rapport entre la composiljoii de la substance et les milieux ambiants. Si de plus ou c^n-p sidère comme constants les deux milieux généraux, l'air et J'eau, on voit que la substance organisée , essentielleiuent instable, sera attaquée par les deu.^ agents, et ne pourra 86 maintenir vivante, dans ses variations , qu'en vertu d'up double mouvement de composition et de décomposition, dont les pliénomènes endosmoliques peuvent préciser la nature, et qui maintiendra le rapport d'une manière plu9 nu moins temporaire.
Cette relation complexe nous donne ainsi l'exemple d'unt fonction dans laquelle la variable peut effectuer des oseil^ )ations sanç que le rapport ^it h)mpu. La vie se maintient dans la limite 4a ces oscillaUms au dalà de&qn^l^ )a d«»'
PRmClPES IMMÉIHÂTS ET STOSTANCES ORGANIQUES. A#
truction de la matière organisée peut être conçue comme fnévilable.
En résumant actuellement les principaux points de ce chapitre, nous voyons que l'étude anatomique des principes immédiats doit de plus en plus porter sur la considération essentielle des substances organiques manifestant^ i rétat de substance amorphe , ou modelée en cellules , en Bbres, en tubes, les propriétés des trois modes d'existence individuelle. Quant a ces substances on peut voir que , pour la notion des organismes les plus complexes, il faut considérer que l'ensemble des substances organiques se rapporte à trois types correspondant chacun à un mode particulier d'existence, la végélalitéy Vanimalité^ s'exerçant au moyen des tissus contractiles et des tissus accessoires de la cellule, et VanimalUé s'exerçant en outre au moyen des tissus nerveux. Dans chaque catégorie de substances, celles, par exemple, qui se modèlent en flbres, il faut concevoir que , suivant les étals physiologiques , la substance qui se modèle en fibres lisses hyalines, pourra se transformer en celle qui formera des fibres lisses jaunes , ou des fibres striées , de telle sorte qu'on peut librement spéculer sur une seule substance organique, pour chaque mode d'existence. Cette réduction imaginée jusqu'à présent d'une manière trop vague , relativement à l'ensemble des états organisés, a échoué par trop de généralité. Envisagée d'une manière plus spéciale à propos des éléments analomiques, elle a été naturellement rejetée , parce qu'il élait impossible de voir concrètement telle cellule se transformer môme en une cellule très voisine par les caractères, et de même pour les fibres. A la fin du chapitre sur les éléments anatomiques, je montrerai , par une meilleure appréciation de la forme élémentaire, qu'il serait oiseux de chercher la filiation directe entre les diQérentes cellules, entre les dif-
60 TRAITÉ D*âNâT0H1E GÉNÉBâLE.
férentes flbres, entre les différents tubes, car Tensemble du chapitre sur leséiémenls anatomiques montrera que chaque élément spécial n*est que la forme répondant à tel état de la substance organique. Par conséquent, ce n'est pas entre les résultats accomplis, entre les manifestations particulières de forme, qu*il faut chercher la filiation, mais bien entre les divers états de la substance qui produit, ou des cellules, ou des fibres, ou des tubes.
Au point de vue des formes élémentaires, Tétude de la substance organique nous a permis de les considérer comme de simples propriétés anatomiques de cette substance, cle telle sorte que leur formation et leur développement échappent définitivement à toute vague théorie cellulaire ou autre. Enfin le cdlé anatomique de cette élude s*e^t pleinement confirmé dans la possibilité de tirer de la substance amorphe la notion la plus simple iï organisme.
ÉLÉMENTS ANATÛIIIQUE8. Gl