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IV. NERF PATHETIQUE — 4" paire

Le nevî pat/iétique, nerf trochléaire, nerf de la 4"^ paire, est lui nerf exclusivement moteur qui se distribue à un seul muscle, le grand oblique, lequel porte l'œil en bas et en dehors, et non, comme on le croyait, en haut et en dedans (expression pathétique). Il appartient, comme le moteur oculaire commun, au cerveau moyen, à la région des pédoncules cérébraux et des tubercules qiiadrijumeaux.

Noyau d'origine. — Son noyau cVorigine, noyau trochléaire, situé près de la ligne médiane, est la suite de la colonne motrice interne, qui plus bas donne le noyau du moteur oculaire externe et plus haut celui du moteur oculaire commun. Il correspond à un plan transversal passant par l'extrémité cérébrale des tubercules quadrijumeaux postérieurs. Il est en avant, c'est-à-dire en dessous de l'aqueduc de Sylvius, dans l'épaisseur de la substance grise cen-

Tub. quad. post. traie ; sa face interne convexe fait saillie dans cette substance, tandis que sa face externe s'enchâsse dans un angle rentrant du faisceau longitudinal postérieur. Son extrémité supérieure est contiguë à l'extrémité inférieure du noyau moteur commun ; ces deux noyaux ne forment même qu'une seule masse chez l'embryon (voy. fig. 29.3),

Hémisphérique, épais de 1 mm. à l,o, le noyau du pathétique contient des cellules radiculaires multipolaires, légèrement pigmentées en jaune et de moyenne grosseur. Entre ces cellules est un plexus serré d'arborisations terminales qui représentent peut-être des fibres collatérales du faisceau pyramidal et des fibres sensitives.

Nous avons déjà dit, en décrivant le trijumeau, que la racine supérieure de ce nerf était accompagnée de p'randes cellules rondes et claires, et que plusieurs auteurs, notamment Deiters et Golgi, rattachaient ces cellules, non au trijumeau, mais au pathétique dont elles seraient une des origines. 11 est à remarquer d'ailleurs (jue, chez certains animaux, le cheval, les rongeurs, la racine cérébrale du trijumeau et celle du pathétique sont intimement entrelacées et se traversent réciproquement, ce qui rend plus diflicile encore Tattribution des cellules concordantes. La plupart des auteurs toutefois rapportent ces éléments au trijumeau. Citons entre autres raisons ce fait observé par M. Duval et consigné dans Schwalbe que chez les animaux à vue très réduite, tels que la taupe, les noyaux du moteur commun et du pathétique ont presque complètement disparu, alors que la branche supérieure du trijumeau et les cellules (jui l'accompagnent conservent leur plein développement.

Trajet de la racine nerveuse. — La racine efférente du noyau du pathétique suit un trajet intra-cérébral remarquable à plusieurs titres. Le pathétique est le seul nerf crânien qui s'entre-croise complètement avec celui du coté opposé et le seul qui émerge à la face dorsale ou postérieure du tronc cérébral. Ce trajet

■ Subst. gr. cenir.

. Trij. (rac. céréb.) .N. de Wesiphal

■ N. pathétique F. t. posl.

---R. deReîl

céréb. Slip.

FiG. 290. — Origine du nerf pathétique.

Coupe du pédoncule cérébral, passant par les tub. quad. poster.

tSi\ moyenni:

Péd. c. sup.

Vieussens

ressemble à celui du facial ; il décrit un fer cà cheval dont l'ouverture est en dedans, et non en dehors comme pour le nerf de la septième paire. Le pathétique est donc deux fois coudé et présente trois branches à angle droit les unes sur les autres, deux horizontales et une longitudinale.

1° Brandie antérieure ou branche cVorigine. — Cette branche est constituée par les fibres qui naissent du coté externe du noyau, et qui se dirigent en dehors, en sens horizontal, et aussi en arrière, en contournant la substance grise centrale ; elles se rassemblent en faisceau, quand elles atteignent la racine supérieui-e du trijumeau, et se coudent à angle droit en passant dans la branche moyenne,

2" Branche moyenne ou descendante. — Cette portion longitudinale, composée d'un ou de plusieurs fascicules, longe l'aqueduc de Sylvius, en dedans de la racine supérieure du trijumeau dont elle occupe la concavité. Elle passe sous les tubercules quadrijumeaux postérieurs et, arrivée sur leur limite postérieure, elle se coude de nouveau à angle droit

,. 7 . quad. anl.

pour redevenir horizontale. ,^-'''r^^\/''^\^^^

3° Branche postérieure ou branche /"' // ~,\^S^<^^^^^^\N.path. de sortie. — Transversale comme la i yÇé\ J\ ^^^C; première, à laquelle elle est à peu près \| parallèle, et dirigée de dehors eh dedans, cette branche traverse la voûte de l'aqueduc de Sylvius qu'elle constitue d'ailleurs avec l'extrémité antérieure de la valvule de Vieussens, et, '^ — < ^^

décrivant un aix à convexité posté- t^ nn.

, , , , tiG. I\)l. — Entre-croisement du nerf

rieure, se croise avec la branche du pathétique.

nerf opposé pour sortir à travers la Les racines du pathétique vues par transparen.-e voûte ventriculaire. (partie pointlllée) sur la face postérieure du pédoncule

cérébral.

Dans tout ce trajet la racine du pathétique se porte de plus en plus en arrière et l'émergence se fait en un point bien plus élevé que le noyau d'origine. Cette émergence a lieu de chaque côté du frein de la valvule de Vieussens, derrière les testes. On peut sur des cerveaux frais distinguer le croisement dans l'épaisseur du sommet de la valvule.

Le croisement est complet, soit chez l'homme, soit chez les mammifères et les oiseaux. Il n'est pourtant pas impossible que certaines fibres, en nombre minime d'ailleurs, suivent un trajet direct, ainsi que le pensent plusieurs obsei-vateurs (Van Gehuchten) ; cependant Bechterew dit que sur les cerveaux embryonnaires, à l'époque où le pathétique tranche nettement sur les parties voisines, il n'a observé aucun fibre directe ; de même Cramer, et Guddeii par ses expériences sur le lapin (méthode des atrophies, arrachement des nerfs moteurs) a constaté que, chez cet animal, le croisement est total pour le pathétique, partiel pour le moteur commun, et que toutes les fibres du moteur externe sont directes.

Le noyau du pathétique que nous avons décrit est le noyau classique. Westphal a découvert en 1887 un second noyau, à petites cellules, situé en arriére du noyau précédent, dans Tépaisseur de la substance grise centrale (fig. 290); il s'est fondé sur une observation de paralysie et d'atrophie pour en faire un des noyaux moteurs du pathétique, opinion qu'il a lui-même abandonnée aujourd'hui. Ce groupe n'est probablement qu'un

[CHARPr.]

des ganglions à petites cellules qu'on rencontre le long- de la substance grise ventricu-

laiic.

Plus tard Westphal et Siemerling ont reconnu l'existence d'un troisième noyau, situé éo-alement au-dessus, c'est-à-dire en arrière du noyau classique, dans la substance grise, et avant à peu près les mêmes limites en étendue longitudinale. Ils se sont basés sur certaines particularités anatomiques et sur des observations d'atrophie nucléaire pour le considérer comme le noyau pathétique vrai, et l'ont appelé noyau trochléaire 'principal; en même temps ils rattachaient le noyau classique au territoire du moteur ocul. commun, peut-être même comme centre du facial supérieur et le désignaient du nom de noyau ventral postérieur du moteur commun.

Les recherches plus récentes de Kausch sont contraires aux conclusions de Westphal. Pour lui le noyau pathétique des auteurs est bien le centre d'origine de ce nerf, tandis que le noyau de Westphal ne possède aucun caractère moteur ; ses cellules sont plutôt petites et de forme ronde, il ne possède pas de plexus intercellulaire, on ne voit pas de racines émerger de sa surface.

Voy. : Westpual et Siemerling. Ueber die progr. Lœhmung der Augenmuskeln. Arcli. f. Psychiatrie, 1891; — Kausch, Ueber die Lage des Trochleariskern. Neurol. Centralbl., 18iJ4.

lïl. NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN. — 3" paire.

Le nerf moteur oculaire commun est un nerf exclusivement moteur qui se distribue à tous les muscles de l'œil, excepté au grand oblique, innervé par le pathétique, et au droit externe, innervé par le nerf moteur oculaire externe. Comme le nerf pathétique, il appartient au cerveau moyen. Ces deux nerfs, ainsi que le moteur externe, font défaut, eux et leurs noyaux d'origine, chez la taupe, animal à peu près aveugle (Gudden).

Noyau d'origine. — Son noyau cV origine est situé au niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Il est près du raphé, par conséquent très rapproché du noyau opposé, en avant de l'aqueduc de Sylvius et dans le plancher de sa substance grise, en arrière et en dedans du faisceau longitudinal postérieur, lequel est fortement excavé pour le recevoir. Son extrémité supérieure correspond à la commissure blanche postérieure, un peu en arrière d'elle. Son extrémité inférieure est tangente au plan de séparation des tubercules quadr. antérieurs d'avec les postérieurs ; elle se continue presque sans démarcation avec le noyau du pathétique, qui se distingue d'ailleurs par ses faibles dimensions transversales, La coupe du noyau a la forme d'un triangle équilatéral à base supérieure ; les deux noyaux droit et gauche se touchent par le bord interne de leur triangle qui est occupé par le raphé, et semblent s'enfoncer en coin entre les faisceaux longitudinaux postérieurs.

Le noyau du moteur commun mesure 5 mm. de long, si l'on ne tient compte que du noyau principal, à signification incontestée, et 10 mm. si on y joint les noyaux antérieurs découverts récemment, dont la nature radiculaire n'est d'ailleurs pas démontrée. Sa largeur est de 4 mm. Il contient de nombreuses cellules multipolaires, de taille moyenne, un peu moins grosses que celles du pathétique; elles sont légèrement pigmentées en jaune. Outre les fortes et nombreuses racines des faisceaux nerveux, on remarque dans l'épaisseur du noyau, principalement dans sa partie postérieiu'e et jusque dans la substance grise ventriculaire un plexus serré de fibres nerveuses fines, qui représentent sans doute les terminaisons des fibres cérébrales motrices, des fibres sensitives de la voie réflexe et des fibres d'association des autres noyaux du plancher, mais à vrai dire ce ne sont là que des probabilités. Thomas admet qu'il reçoit des fibres croisées du noy,au vestibulaire de Dei-

ters, lequel est d'autre part en relation directe avec le noyau du moteur oculaire externe.

Trajet des racines. — Les racines naissent surtout de la face externe ou ventrale du triangle, un certain nombre de sa face médiane. Elles se dirigent presque horizontalement en avant en décrivant des courbes à concavité interne, plus prononcées sur les fibres externes, parfois même arquées en S ; elles convergent vers leur point d'émergence. Dans ce trajet intra-cérébral, elles traversent successivement le faisceau longitudinal postérieur, la calotte du pédoncule avec

Aqueduc T. qu. ant.

.N. on. c.

N. rouge

Locus niger

Sill. mot. c.

FiG. 292. — Origine du nerf moteur oculaire commun.

Coupe du pédoncule cérébral, passant par les tub. quadr. antérieurs.

le noyau rouge et le locus niger. On compte en moyenne dix à douze fascicules sur la coupe.

Ces fascicules se rassemblent dans la partie externe du pied du pédoncule cérébral et sortent (émergence, origine apparente) par le sillon de l'oculo-moteur, creusé sur la face interne du pédoncule cérébral. Il n'est pas [rare qu'un ou plusieurs faisceaux traversent le pédoncule cérébral en dehors du tronc commun et ne rejoignent celui-ci qu'à une certaine distance ; c'est ce qu'on appelle la ou les racines latérales ou externes. Schwalbe présume qu'elles viennent des parties dorsales du noyau et qu'elles sont peut-être de nature sensitive.

Entre-croisement. — Les fibres radiculaires du moteur commun ne sont pas toutes directes, un certain nombre sont croisées. Cette décussation parlielle, que l'on pouvait prévoir à cause de la synergie bilatérale des muscles

\CHARPy.

NEVROLOGIK.

de l'œil, a été constatée non seulement chez riiomnie, mais encore chez les

mammifères, les oiseaux, les amphihles; c'est donc un fait très général. L'oh-

servation directe et l'expérimentation par la méthode des atrophies ont étahli

les points suivants : l'entre-croisement est constant chez les animaux; — il est

toujours partiel, les fihres directes étant de beaucoup les plus nombreuses ; —

les fibres croisées appartiennent bien au moteur oculaire commun et non au

moteur oculaire externe; — ces fibres proviennent surtout de la partie dorsale

du noyau, c'est-à-dire de celle qui est le plus près de l'aqueduc, et d'après

Bechterew, ce sont les fibres les plus

postérieures, voisines du pathétique,

lui-même nerf croisé. — L'extrémité

^ \ / ^ IV, de La corn. Supérieure du noyau est formée exclu-

'ti- V] #' sivement de cellules à filtres directes.

(Voy. Van Geiiuchtex et Biervliet.

il N.Ed.-wesi. ^e Névraxe, t. II, 1901.)

^jj., ^ '''■ .'■jt ... N.princrp. ■ Noyaux secondaires et localisations

^ ^ ^ii-C' motrices. — Le territoire d'origine du mo-

*^//^^ Iji. ji \^^. N. médian teur oc. commun comprend plusieurs grou-

. ,,y| ilf 1 : i M pes de cellules nui sont d'avant en arrière

^mtW ^ ^-^ ''''"'" '"'''■ ("S'- 293) :

ï*^ t if "" Le noyau de la commissure poslé-

/////^il^^>i^^ Y j} Pari, venir, ricure ou de Darkscheivilsch. — C'est le

' ■ v/jtx' ■VU' P'"^ antérieur, il est situé au débouché de

('///iM^^ , I j 1 aciueduc de Sylvius dans le ventricule

('//w Ét/^ »^ N. paih. moyen. On a reconnu qu'il n'appartient en

' Â^i A 4^^*\ rien aux origines radicuiaires; — 2"le noyau

ji^SaN d'Edinger-Westphal ou noyau des petites

cellules; — 3° le noyau principal ou noyau

,j,., latéral, qu'on a lui-même subdivisé en

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