‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 166 sur 368 · C. call · texte numérisé non relu

C. call

veau (forceps major et minor). Los radiations qui passent par le bec antérieuiconstituent la commissure blanche de la base de Henle. Le bec postérieur, qui termine en crochet le bourrelet, contient les fibres du pôle occipital, et le corps même du bourrelet les libres du cuneus (observations de Dcjerine). Arrivées au tronc de la commissure, les fibres se réunissent en lames transversales qui semblent parfaitement régulières et parallèles; mais le microscope montre que dans ces lames les fibres s'enchevêtrent et se croisent en tous sens et que, par suite, à leur émergence sur le bord opposé, elles prennent les directions les plus variées, les plus divergentes.

Terminaison. — Lcs fibres calleuses se terminent dans l'écorce cérébrale, du côté opposé à celui où elles sont nées. Meynert a été plus loin, il a soutenu (jue les fibres a])Outissent à des territoires homologues, et que le corps calleux est une commissure, au sens rigoureux du mot, puisqu'il unit des points symétriques. Cette opinion est trop exclusive, et l'on ne peut guère douter aujourd'hui c[ue les associations bilatérales établies par le corps calleux ne soient pas en partie symétriques, en partie asymétriques. En effet : l'Ma destruction d'un point déterminé de l'écorce chez le chien fait dégénérer une région plus vaste ou discordante sur riiémisphère opposé (Muratoff) ; 2'^ dans le tronc du corps calleux les fibres s'entrecoupent en sens variés et sortent sous des incidences très différentes; 3" un certain nombre de fibres calleuses naissent des fibres de projection ou d'association, et émettent sur leur trajet des branches collatérales ou même des branches terminales de bifurcation, qui établissent des rapports complexes (Cajal).

On ne sait pas au juste de quelle manière se terminent les fibres du corps calleux ; peut-être est-ce dans la couche des petites pyramides ou même dans la couche plexi forme.

Le territoire d'origine et de terminaison comprend la totalité du manteau de l'hémisphère, la région olfactive exceptée. Cette dernière possède deux commissures propres, la commissure de la lyre qui relie les deux cornes d'Ammon, et la commissure blanche antérieure qui unit les lobes olfactifs et les lobules do l'hippocampe; sans doute aussi, la commissure antérieure s'étend sur les parties qui avoisinent les centres olfactifs, notamment sur la face inférieure du lobe temporal, qui ne semble pas être abordée par les fibres calleuses, mais la question est encore indécise. Tout le reste de l'écorce est commissure par le corps calleux. Déjerine a montré, par des observations de dégénération secondaire,

-- . Fibre pyr.

FiG. 342. — Disposition du corps calleux

et de la commissure antérieure (d'après Cajal).

Coupe transversale scliématique du cerveau.

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-,08 NEVROLOGIE.

(jue le cuneus possédait des fibres calleuses, comme toute autre circonvolution, (•(mlraircmcnt à l'assertion de Beevor. Il en est de même de Finsula, dont toutclois le système commissural est encore mal connu.

[/ovolulion phylopénique nous montre (|iie le corps calleux n'existe que chez les mammifcres. et encore iait-il défaut chez les mammifères aplacentaliens, monotrèmes et marsupiaux ; c'est ce qu'a établi Ovven, dont l'opinion est confirmée par les recherches récentes (le Symington. Ce n'est pas à dire que le cerveau des animaux sans corps calleux soit dépourvu de fibres commissurales. il possède deux commissures transverses, une commissure supérieure qui est l'analo^-ue de la lyre et qui relie les cornes d'Ammon et les rorps i;odronnés, une commissure inférieure, identique à notre commissure blanche antérieure, et qui s'étend non seulement aux lobes olfactifs, mais à la presque totalité de l'écorce hémisphérique. C'est à cette dernière commissure que se substitue progressiveuient le corps calleux, à mesure que se développe la convexité du cerveau.

L'évolution mitogénique nous apprend que le corps calleux se montre tardivement, que la première partie formée est le genou (fin du troisième mois), et que de là, par un accroissement progressif d'avant en arrière, apparaissent, au cours du cinquième et du sixième juois, la portion centrale, puis l'extrémité postérieure ou bourrelet (voy. p. 47).

Au point de vue léralngénique, le corps calleux peut subir un arrêt de développement qui entraine sa brièveté anormale ou même son absence complète.

La lirirvelé anormale est une agénésie partielle, et, conformément au sens de l'évolution cmbrvdiinaire, c'est la partie postérieure qui avorte ; la partie antérieure, la plus précoce dans son apparition, et surtout le genou, existent seuls. Onufrowicz en a rassemblé six cas. Les deux observations de Schrœter {IScurol. Centralbt., 1887), corps calleux de 37 mm. et 4.J mm. chez des sujets imbéciles et épileptiques, paraissent être plutôt d'ordre pathologiciue et se rapporter à des encéphalo-méningites intra-utérines.

L'absence complète du corps calleux, due à une agénésie totale, suppose un trouble évolutif à la fin du troisième ou au commencement du quatrième mois intra-utérin. Le forceps occipital fait défaut; les deux moitiés du trigone sont écartées, et le septum lucidum, n'étant pas recouvert, n'est plus qu'un prolongement de l'écorce cérébrale de la face interne. Ordinairement les nerfs de Lancisi sont conservés, et il en est de même du tapetum et de la capsule interne, ce qui prouve que ces formations sont indépendantes du corps calleux.

Les parties voisines du corps calleux peuvent être englobées dans la malformation. On a noté dans certains cas l'absence de la lyre, du sillon du corps calleux, et de la circonvolution du corps calleux ou tout au mo'ins sa fragmentation par de nombreux sillons radiés. On a encore observé tantôt de la polygyrie, c'est-à-dire des circonvolutions plus nombreuses et irrégulières, tantôt de la microgyrie. L'écorce cérébrale n'a pas été étudiée histologiquement ; c'est par induction que l'on suppose l'absence, le non-développement lies cellules qui donnent naissance aux fibres calleuses.

Onufrowicz, en 1887, a réuni vingt-sept cas d'absence du corps calleux dont six cas d'absence partielle, onze d'absence complète d'ordre purement tératologique, quatre d'ordre probablement pathologique (hydrocéphalie interne, foyers de ramollissement....), et six las douteux. Depuis lors, on a rapporté d'autres observations (Kaufmann, Virchow, etc.). Des troubles mentaux graves (idiotie, faiblesse d'esprit, épilepsie congénitale) peuvent accompagner l'absence du corps calleux; mais ils sont probablement la conséquence des malformations concomitantes, notamment de celles qui frappent les circonvolutions, car dans certaines observations, aucun symptôme n'a pendant la vie fait soupçonner que le corps calleux fit défaut, et l'on sait que chez les animaux sa section expérimentale ne produit aucun trouble caractéristique.

Sur les relations du corps calleux et sur le système d'association : Cajal, Structure de l'écorce cérébrale de quelques mammifères. La Cellule, 1891 ; — Miratoff, Secundare Degenerationen nach Durschneidung des Balkens. Neurol. Centrait., 1893; — Déjerine, Soc. de Biologie, 1892 et Centres nerveux, 1894.

Sur l'anatomie comparée : Osborn, The origin of the corpus callosum, Morphol. Jalirb., 1887; — Symington, The cérébral commissures in the marsupialia. Journal of Anatomy.

Sur la tératogénie : OiNUFROwicz, Das balkenlose Microcephalen Gehirn Ilofmann., Arch. f. Psijch., 1887. — ZiNGERLE, Ubcr die Bedeutung... Arch. f. Psych., 1898.

Bulbe olf.

Comm.oli .

ç~- L tem'p.

2° Commissure blanche antérieure.

La commissure antérieure est une véritable commissui"e au sens strict du "mot, c'est-à-dire qu'elle unit bilatéralement des parties similaires. Elle existe chez tous les vertébrés, alors que le corps calleux ne se montre, au moins dans sa forme typique, que chez les mammifères; et dans le cerveau humain, elle se développe bien avant les fibres calleuses. On peut donc la considérer comme la commissure primordiale du cerveau, peu à peu suppléée, puis finalement détrônée par le corps calleux, à mesure que l'hémisphère s'accroît dans sa partie convexe et qu'il s'adapte à des fonctions plus hautes. Elle parait être chez l'homme entièrement ou presque entièrement affectée au cerveau olfactif.

Prise dans son ensemble, la commissure antérieure est formée de deux arcs adossés et réunis par leur convexité. L'arc antérieur, ouvert en avant, est la partie olfactive, il unifies centres olfactifs primaires; l'arc postérieur, ouvert en arrière est la partie temporale ou hémisphérique, il relie les centres olfactifs corticaux. Ces deux portions sont relativement indépendantes.

A. Portion olfactive. — La partie olfactive apparaît la première ; elle existe chez les poissons, qui n'ont pas de partie temporale. Les fibres naissent dans les cel- "^

Iules du bulbe, du pédoncule et du trigone olfactifs d'un côté et se terminent au voisinage des cellules homologues du côté opposé, la disposition étant symétrique d'un côté à l'autre. Gudden a montré que l'ablation d'un seul bulbe olfactif, chez les animaux ieunes, fait dégénérer les fibres commissurales des deux côtés.

C'est donc une commissure interbulbaire. Aussi est-elle considérable chez les animaux osmatiques, tels qu le chien, qui présente des lobes olfactifs volumineux. Chez l'homme, dont les bulbes sont très petits, la commissure olfactive est très petite aussi.

Ses fibres, confondues avec la partie moyenne ou transversale de la comnnssure blanche, s'en détachent en dedans du corps strié, puis se courbent en avant pour traverser l'espace perforé antérieur et pénétrer dans la tubérosité olfactive et dans le pédoncule olfactif.

B. Partie temporale ou hémisphérique. — Cette partie forme l'arc postérieur de la commissure. Elle existe chez tous les vertébrés, les poissons exceptés.

Chez les mammifères, elle semble être complémentaire du corps calleux et Fonctionner comme commissure de la base du cerveau, le corps calleux étant

FiG. 343. — Disposition de la commissure blanche antérieure.

Figure schématique.

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51U NÉVROLOGIE.

la commissure de la convexité. Elle a pour origine le lobule de l'hippocampe el aussi, d'après les récentes recherches de Kœlllker sur le lapin, le noyau amygdalien d'un coté, et; pour terminaison les mêmes organes du côté opposé. L'ablation du bullie olfactif ne la fait pas dégénérer. Elle apparaît dès lors comme étant surtout une commissure interhippocampique antérieure, et l'hippocampe étant un centre olfactif, c'est encore à une commissure olfactive que se rapporte la commissure temporale. Toutefois, même chez les animaux osmatiques, elle doit avoir une seconde destination, car elle n'est pas toujours proportionnelle au volume du centre olfactif temporal. Flower fait remarquer que, chez le chien, dont le lobule de l'hippocampe est sept fois plus grand que celui du lapin, la portion temporale de la commissure est un tiers plus petite.

Chez l'homme, la partie hémisphérique est de beaucoup la plus importante (voy. p. 335); mais, arrivée à la pointe du lobe temporal, elle se disperse sur la face externe du noyau amygdalien et ne peut être suivie au delà.

La commissuip antérieure alleint son plus grand développement proportionnel chez les mammifères aplacentaires, monotrèmes et marsupiaux, qui n'ont point de corps calleux. Elle unit chez eux d'un côté à l'autre toute l'écorcc de l'hémisphère, à l'exception de l'hippocampe et du corps godronné qui possèdent la commissui^e psaltériale. Pour fournir à ce vaste territoire, elle se divise en trois faisceaux, le faisceau olfactif, le faisceau frontal et le faisceau temporal. Le faisceau frontal, qui disparaît chez les mammifères plus élevés a mesure que se montre le corps calleux, se déploie en direction vertico-transversale, el en sens ascendant à concavité supérieure, de façon à atteindre la face supérieure et la face interne de l'hémisphère.

3° Commissure de la lyre.

Commissure psaltériale ou ammonienne ; commissure des hippocampes.

Le trigone cérébral, outre ses fibres longitudinales, renferme un système de fibres transversales {fornix transversus) situé entre ses piliers postérieurs, au-dessous du corps calleux. Ce système porte le nom de lyre ou psalterium (voy. p. 349 et fig. 243). Les fibres sont adhérentes à la face inférieure du corps calleux, excepté chez l'enfant, chez lequel elles en sont séparées par le ventricule de Yerga.

Comme la commissure antérieure, c'est une commissure olfactive, affectée au rhinencéphale. C'est une voie inter-ammonienne, qui unit les deux cornes d'Ammon ou hippocampes, et complète en arrière le système d'association établi en avant par la partie temporale de la commissure blanche. Le cylindre-axe des cellules pyramidales de la corne d'Ammon se bifurquant quelquefois à sa pénétration dans l'alveus, Cajal se demande si la branche mince, qui se dirige en sens opposé à la branche épaisse, n'est pas destinée à fournir la fibre psaltériale.

Parmi les régions où se rencontrent presque exclusivement des fihres d'association, il laut citer la capsule extrême et la capsule externe.

1° Capsule extrême. — La capsule extrême, située entre l'écorce insulaire et l'avantmur, est essentiellement constituée par des fibres d'association, fibres arquées unissant les circonvolutions de l'insula entre elles et avec les régions voisines; accessoirement, par des fibres commissurales du corps calleux et de la commissure antérieure, et par de rares fibres de projection destinées à la couche optique.

2° Capsule externe. — La capsule externe, placée entre l'avanl-mur et le noyau lenticulaire, présente, comme nous l'avons vu. la forme d'un éventail modelé sur la forme dirinsula ; sa base curviligne regarde en haut et en arrière, contournée par le pied de la couronne rayonnante cl par le faisceau long, supérieur, taudis que son sommet, croisé par le

faisceau unciforme, regarde en bas et en avant. Ses principales fiijresonL la diiecliun ra(li('e (le l'éventail.

C'est un passage fort complexe de fibres de différente nature. Le plus grand nombre d'entre elles sont des flbres courtes d'association, comme le montre la faible étendue de leur dégénération secondairedans les foyers hémorragiques de la capsule. Il faut compter parmi elles des fibres peu nombreuses, qui unissent le noyau lenticulaire (putamcn) à

/''. uncif. Caps. ext. F. l. siqj. {arque)

FiG. 344. — La capsule externe (d'après Dejerine).

Tavant-mur et à l'insula. Nous trouvons en outre : 1 " dans la partie supérieure, les fibres antéro-poâtérieures du faisceau longitudinal supérieur et les fibres transversales des radiations calleuses qui, après avoir croisé la couronne rayonnante à son pied, descendent à l'écorce insulaire: 2° dans la partie inférieure, les fibres antéro-postérieures du faisceau unciforme et de la commissure blanche antérieure, puis les fibres transversales nombreuses, qui vont de l'insula à la couche optique (pédoncule inférieur de la couronne rayonnante tlialamique).

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