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STRUCTURE DES CELLULES NERVEUSES

Une cellule nerveuse d'un ganglion spinal du lapin, isolée par dissociation après injection interstitielle d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100. — E, étranglement du tube en T; N, noyau du premier segment de la branche cellulaire du T\ E', premier étranglement de la branche cellulaire; M, noyau ganglionnaire; x, noyau de l'épithélium sous-capsulaire.

Toute cellule nerveuse comprend du protoplasma et

un noyau ; de plus, selon certains auteurs, une membrane

limite, très fine et d'ailleurs non isolable.

Le protoplasma accumulé en quantité plus ou moins

considérable autour du noyau, le corps de la cellule en

un mot, est composé des éléments principaux suivants: 1° protoplasma différencié, structuré (spongioplasme, réticulum, masse filaire); 2° protoplasma non organisé, amorphe (hyaloplasme, enchylème, masse interfilaire) ; 3" substance chromophile (corps de Nissl, corps tigroïdes). A ces éléments s'ajoutent des granulations fuchsinophiles (neurosomes) et souvent du pigment. Enfin dans certaines cellules on a signalé l'existence d'une sphère attractive.

Les prolongements dits protoplasmiques ont en tout la même structure que le corps cellulaire, mais le prolongement cylindraxile n'est constitué que par du protoplasma différencié (fibrilles isolées ou en réseau) et par un enchylème amorphe.

Protoplasma différencié. — On tend de plus en plus à admettre

Fie. 39. — Une partie d'une cellule motrice de la corne antérieure de la moelle, chez le chien, montrant les neurofibrilles indépendantes (d'après Bethe).

que le cytoplasme des éléments nerveux renferme des filjrllles (neurofibrilles) ;

[NICOLAS

NÉVROLOGIE.

mais laiidis que les uns n'y voient que des fibrilles isolées qui gardent sur toute leur longueur leur individualité (fig. 39), d'autres, affirmant l'existence d'anastomoses, décrivent un véritable réticulum à mailles plus ou moins serrées (fig. 40). Cette charpente se continuerait, en se régularisant, dans les prolongements protoplasmiques et aussi dans le prolongement cylindraxlle, de même que les

FiG. /iO.

A. Cellule pyramidale géante du cerveau de l'homme (d'après U. Cajal) : Ci/, prolongement cylindraxlle et son cône d'origine; C6, cône de bifurcation ; Ng. noyau névroglique. — B, cellule de cordon de la moelle (d'après R. Cajal); Cp, cônes polaires. — C, cellule du noyau d'origine du nerf moteur oculaire commun (d'après Van Gelnicïiten).

fibrilles indépendantes se poursuivraient du corps cellulaire dans ces prolongements et vice- versa.

II. — Substance chromophile. (Pig. 40, 41 et 42). — L'emploi des couleurs basiques d'^aniline, notamment du bleu de méthylène (méthode de Nissl), a révélé dans la plupart des cellules nerveuses la présence de grains qui manifestent une affinité spéciale pour ces substances et auxquels on a donné le nom de grains chromo'phileîi, corps ou corpuscules de Nissl, ou encore de corps ligroïdes à cause de l'aspect tigré que prennent les cellules ainsi colorées.

Toutes les cellules nerveuses n'en renferment pas {cellules caryochromes de Nissl), par exemple les éléments du cervelet, du bulbe olfactif et de la rétine

CELLULE NERVEUSE

Fio. 4L — Grosse cellule claire d'un ganglion spinal de Thomme, d'après Lenhossék. Réparlition des corps de Nissl, cône d'origine de l'axone.

désignés autrefois sous le nom de grains. Celles qui en possèdent, et ce sont les plus nombreuses, sont dites cellules somatochromes (Nissl).

Les corps de Nissl ont des dimensions et des formes très variables. Tantôt ce sont des grains isolés ou des blocs à contours régulieî's ou non, tantôt des bâtonnets allongés ou fusiformes, lisses, épineux ou noueux. Souvent ils constituent aux deux pôles du noyau un amas conique, le capuchon nucléaire de Nissl.

Ces éléments chromopliiles existent aussi dans les prolongements protoplasmatiques, du moins dans les plus volumineux. Au point de bifurcation d'un tronc ils forment un amas triangulaire, le cône de hifarcation de Nissl. On n'en trouve pas dans la zone du corps cellulaire d'où émerge le prolongement cylindraxile (cône cVorigine du cylindre-axe, cône polaire), ni dans ce prolongement luimême.

L'abondance et la répartition des corps de Nissl diffèrent beaucoup selon les éléments

ganglionnaires considérés, et c'est en se basant sur ces variations que Nissl a pu classer ceux-ci en plusieurs catégories.

A. — Cellules stic/tochromes, à grains volumineux disposés en rangées plus ou moins régulières (toutes les cellules de grande iaille, par exemple : les cellules motrices de la iBoelle, du bulbe et de la protubérance ; les cellules pyramidales grandes et moyennes de l'écorce cérébrale, etc.).

B. — Cellules arkyochronies, à grains fins agencés en un réseau (cellules de Purkinje de l'écorce cérébelleuse, cellules du noyau ventral de l'acoustique).

C. — Cellules gryochromes, dans lesquelles la substance tigroïde est répartie sous forme de fines granulations isolées sans orientation bien déterminée (cellules des ganglions spinaux).

Ces types principaux comportent des variétés nombreuses et des formes de passage.

Les- relations de la substance tigroïde avec le protoplasma différencié sont encore l'objet de controverses. Selon Cajal, les amas qu'elle forme, « loin d'être massifs, comprennent en réalité deux parties : un réseau ou peut-être un système d'alvéoles constitué par de la substance achromatique en continuité avec les trabécules du spongioplasme général, et une substance granuleuse basopbile déposée comme une croûte autour de ces trabécules. Si le dépôt chromatique est excessif, la disposition alvéolaire originelle disparait et le grain semble compact, mais

[MCOLAS.]

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