CIRCULATION ARTÉRIELLE DU PÉDONCULE CÉRÉBRAL
Les pédoncules cérébraux comprennent des parties blanches et quatre masses principales de substance grise, le locus niger, les noyaux d'origine du moteur commun et du pathétique, le noyau rouge et les tubercules quadrijumeaux. Un nerf volumineux, le moteur ocul. commun, émerge à la face ventrale entre les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure ; le pathétique, très petit, apparaît sur la face dorsale.
Les a. pédonculaires proviennent en grande majorité de la cérébrale postérieure qui contourne le pédoncule en décrivant les trois quarts d'un cercle ; elles naissent de son tronc même ou de ses branches; un petit nombre ont pour origines la choroïdienne antérieure, la communicante postérieure, la cérébelleuse supérieure.
Nous les classerons en : artères centrales, artères radiculaires, artères périphériques ou des faisceaux, artères jumelles,
1° Artères centrales. — Ce sont les artères médianes sus-protubérantielles de Duret. Nées du tronc basilaire à sa bifurcation même ou des artères voisines, cérébrales postérieures et cérébelleuses supérieures à leur origine, elles s'enfoncent dans le trou borgne interpédonculaire, et se dirigent en arrière et en haut, en" sens sagittal à travers le pédoncule, côtoyant le raphé qui les sépare des artères semblables du côté opposé. Ces vaisseaux, les plus gros et les plus longs de toutes les artères pédonculaires, continuent la série des artères médianes de la moelle, du bulbe, de la protubérance. Ils fournissent des branches collatérales au noyau rouge et se terminent dans les noyaux du moteur commun et du pathétique; leur analogie est frappante avec les artères médianes bulbaires qui nourrissent le noyau de l'hypoglosse. Shimamura s'est assuré, par des injections pénétrantes, que leur territoire est terminal, qu'il ne communique ni avec les territoires latéraux, ni probablement avec le territoire central du côté opposé, ni avec le réseau des tubercules quadrijumeaux; il a la forme d'un triangle à base inférieure (ou antérieure). Il pense que si le noyau du moteur oc. commun est si fréquemment atteint de processus inflammatoire,
[CHARPV.]
570 NÉVROLOGIE.
ceci tient à la limitation de son territoire vasculaire, à son caractère terminal, ainsi qu'à sa situation au confluent du système carotidien et du système vertébral.
2° Artères radiculaires. — Alezais a décrit l'artère radiculaire du moteur oc. commun; elle naît, en règle générale, de la cérébrale postérieure en dedans du nerf. Mais souvent il existe plusieurs vaisseaux qui s'anastomosent entre eux et avec les artères centrales et couvrent de leur plexus l'espace interpédonculaire (Shimamura). L'artère radiculaire, accolée au tronc nerveux, lui abandonne des branches externes, puis s'enfonce avec ses racines dans le sillon d'où elle émerge, et se déploie, dans le sens longitudinal, en un éventail de six ou sept gros rameaux que l'on peut classer en antérieurs, moyens et postérieurs. Ils fournissent à la partie externe du locus niger.
Les artères centrales et les artères radiculaires sont, au point de vue de leur situation, des artères pédonculaires internes ou interpédondulaires, qui s'engagent par les trous internes de l'espace perforé postérieur. Ce même espace livre passage à des artères pédonculaires et à des artères optiques (artères postérieures du troisième ventricule).
3° Artères périphériques. — Ces petites artères naissent des vaisseaux voisins, cérébrale postérieure, communicante poster., choroïdienne antérieure, artère optique. Elles contournent souvent en arc la face latérale et dorsale du pédoncule, sur une certaine étendue, puis s'enfoncent en sens radié à travers le pied pédonculaire, le sillon latéral et le locus niger, l'étage supérieur ou région de la calotte.
4" Artères jumelles. — On désigne sous ce terme abrégé les artères des tubercules quadrijumeaux, TQ. Ceux-ci sont recouverts d'un réseau vasculaire qui compte parmi les plus riches de l'encéphale. Trois couples d'artères l'alimentent : les artères jumelles antérieures, rameaux très courts qui vont aux T. antérieurs ; les jumelles moyennes, les plus importantes, dont les ramifications se déploient entre les T. antérieurs et postérieurs; les jumelles postérieures, destinées aux T. postérieurs. Les deux premières viennent de la cérébrale postérieure, la troisième de la cérébelleuse supérieure.
Les artères nourricières qui naissent de ce réseau s'enfoncent à des distances régulières dans la substance grise des tubercules quadrijumeaux qu'elles parcourent en direction radiée. Leur territoire ne communique pas avec celui des noyaux d'origine du moteur oc. commun et du pathétique.
On peut joindre à ce groupe Yartère des corps genouillés, branche de la cérébrale postérieure.
Sur les artères du pédoncule cérébral, voy. : Duret, dans ses deux mémoires de 1873 et 1874; — Alezais et d'AsiRos, Circulation artérielle du pédoncule cérébral. Journal de VAnatomie, 1873; — SmMAMURA (de Tokio). Ueber die Blutversorgung der Pons und Hirnschenkelgegend, Neurol. Cenlralbl., 1894.