V. opht. inf
A. lacrym.
A. temp. prof.
ant.
Carot. bit.
FiG. 423. — Rapports du nerf optique avec les vaisseau.\ de l'orbite.
verrons plus loin (Voy. Gaines du nerf optique) que celles-ci se prolongent sur sa portion orbitaire.
Portion intra-canaliculaire. — Cette portion, longue de ;j millimètres à peine, répond au canal optique. Le nerf, jusqu'alors aplati, revêt la forme d'un cordon cylindrique. Il adhère intimement par l'intermédiaire de sa gaine externe ou durale aux parois du canal. L'artère ophtalmique est située, à ce niveau, en bas et en dehors de lui.
Portion intra-orbitaire. — Dans sa portion intra-orbitaire, le nerf optique répond assez exactement à l'axe de la pyramide quadrangulaire à claire-voie que forment les quatre muscles droits et le muscle grand oblique. Au niveau du sommet de la pyramide, le nerf optique est en contact avec les tendons d'origine de certains de ces muscles (droit externe, grand oblique et surtout droit supérieur) qui adhèrent intimement à sa gaine externe (Voy. Nerf moteur oculaire commun, p. 794 et fîg. 440). Plus loin il est séparé des corps charnus des muscles de l'œil par une épaisse couche de graisse. L'artère ophtalmique,
NERFS CRANIENS.
d'abord placée sur sa face externe le croise à angle aigu en passant sur sa face supérieure. Nous avons vu (t. II, p. 701), qu'elle pouvait anormalement passer au-dessous de lui ou l'entourer d'une véritable boutonnière artérielle. — Signalons encore les rapports immédiats du nerf optique avec les artères ciliaires et surtout les ciliaires courtes et avec l'artère centrale de la rétine qui pénètre la face interne du nerf à 10 millimètres en arrière de l'œil (Voy. plus loin). — La branche pi'incipale de la veine ophtalmique (branche supérieure), sus-jacente au nerf au niveau de sa partie moyenne, lui devient externe dans le voisinage de la fente sphénoïdale. — Certains des nerfs de l'orbite sont plus spécialement en
N mot OL com
N mot oc ext
N. max. N. N. max. G. sphén. G. Ram. Ram. ■ N. sous-orb.
inf. ophtalm. sup. palat. ophtalm. pet. obi. ciliaires.
FiG. 424. — Rapports du nerf optique avec les autres nerfs de l'orbite, (d'après Ilirschfeld).
rapport avec le nerf optique. C'est ainsi que nous voyons le nerf nasal croiser obliquement sa face supérieure. De même la branche inférieure de la troisième paire longe, sur une étendue de quelques millimètres, la face externe de l'optique. Le ganglion ophtalmique est également appliqué sur cette face externe et les nerfs ciliaires qu'il émet, comme d'ailleurs les filets plus longs, directement issus du nasal, sont en rapport intime avec la partie terminale de la portion orbitaire.
Portion bulbaire. (Voy. plus loin : Terminaison antérieure du nerf optique).
Structure du nerf optique. — Le nerf optique a la structure d'un faisceau blanc des centres nerveux. 3Iais, avant d'aborder le détail de sa constitution définitive assez complexe, nous allons rapidement rappeler son évolution ontogénique et phylogénique qui nous donneront comme un schéma préalable de sa disposition définitive.
Nous n'indiquerons pas ici en détail le développement du nerf optique, déve-
loppement qui sera repris ailleurs, et nous nous bornerons à en rappeler les traits principaux. On sait que le nerf optique est primitivement représenté par un tube épithélial qui relie la vésicule oculaire au cerveau intermédiaire dont elle est un diverticule. Bientôt apparaissent autour de ce pédicule épithélial des fibres nerveuses. La plupart de ces fibres sont une émanation des cellules multipolaires qui constituent la couche la plus profonde de la rétine (Ramon y Cajal', His^ Froriep^, Assheton^). Quelques-unes paraissent cependant progresser du cei'veau vers la rétine. Un tube épithélial entouré de quelques fibres nerveuses, telle est la constitution du nerf optique à son stade tout à fait initial. Mais cette constitution ne tarde pas à se compliquer. Le conduit épithélial central perd sa lumière ; ses éléments se dispersent et se transforment en cellules névrogliques ; celles-ci s'insinuent entre les fibres nerveuses dans l'interstice desquelles elles poussent des prolongements multiples; elles constituent ainsi la charpente primitive du nerf. Jusqu'alors des éléments ectodermiques entrent seuls dans la constitution du nerf optique. Mais bientôt des vaisseaux pénètrent le nerf; ils amènent avec eux des éléments mésenchymateux qui viennent former une charpente conjonctive qui se surajoute à la charpente névroglique.
Dans la série des vertébrés, nous voyons le nerf optique franchir des étapes analogues à celles que l'on rencontre en étudiant son développement chez l'individu. Bien que la progression ne soit pas absolument régulière et qu'il puisse exister de grandes différences entre deux espèces assez voisines, on voit cependant la constitution du nerf optique se compliquer peu à peu lorsqu'on suit son évolution dans la série des vertébrés. C'est ainsi que chez Petromyzon, le nerf optique est constitué par un tube épithélial centra qu'entourent des fibres nerveuses qui n'ont avec lui que des rapports de contiguïté. Chez les Ammocœtes, les cellules du cordon central commencent à envoyer dans l'intervalle des fibres nerveuses des prolongements radiés qui constituent comme une ébauche de charpente névroglique. Chez \e Protopteriis annectens (Dipneustes), le cordon central s'est dissocié et ses cellules, disséminées entre les fibres nerveuses, constituent de véritables éléments névrogliques; de plus, le tissu conjonctif voisin s'est tassé à la périphérie en une gaine enveloppante qui envoie à l'intérieur du nerf des prolongements qui annoncent sa division future en faisceaux distincts. Chez les ïéléostéens, chez les Sauropsides et surtout chez les Mammifères, cet appareil conjonctif prend une importance de plus en plus considérable. Nous n'indiquerons pas ici les multiples particularités morphologiques qu'il peut présenter suivant les espèces ; on les trouvera d'ailleurs longuement exposées dans les mémoires de Deyl^ et de Studnika ^ Nous ne décrirons ici que le nerf optique de l'homme adulte et nous étudierons successivement : 1" les fibres nerveuses; 2° l'appareil de soutien.
1. Ramon y Cajal. Sur la morphologie et les connexions des éléments de la rétine des oiseaux. Anal. Anz. •i. His. Histogenèse und Zusammenhang der Nervenelemente. Aroh. f. A. u. Phys., 1890.
3. Froriep. Ueber die Entwickelung der Sehnerven. Anat. Anz., 1891.
4. AssHETON. On the Development of the optic nerv of Vertébrales. Quart. Journ. ofmicr. Science, XXXIV
5. Deyl. Anatomie comparée du nerf optique. Bibliogr. anal., 1896, p. 60-78.
6. Studnika. Untersuch. uber den Bau der Sehnerven der Wirbeltiiiere. lenaische Zeilschr., 1897, Bd. 31, p. 1-29.
NERFS CRANIENS.
\° Fibres nerveuses. — Les fibres nerveuses sont essentiellement constituées par un cylindraxe, entouré par une mince gaine de myéline; mais il n'existe pas de gaine de Scliwann, ce qui ne saurait nous surprendre puisque c'est là une caractéristique des fibres des centres dont le nerf optique doit être considéré comme une partie extériorisée. Fixées par l'acide osmique, les fibres de la deuxième paire ont un aspect moniliforme tout à fait spécial ; il semble qu'il s'agisse là d'une modification due au réactif employé, car Scliwalbe n'a pu retrouver cette disposition en examinant des nerfs optiques soumis à l'état frais à l'action du nitrate d'argent.
Les fibres constituantes du nerf optique se groupent en fascicules ' qui se réunissent pour former des faisceaux ^ Les fascicules
échangent des fibres ; au contraire les faisceaux restent généralement indépendants les uns des autres. Cette division de l'optique en faisceaux et fascicules est déterminée par la disposition de l'appareil de soutien, qu'il nous reste maintenant à étudier.
2» Appareil de soutien. — Cet appareil comprend, nous l'avons vu, deux
\ Cellules
névrogl.
Prolnng. rad^ néufogl.
Fi(i. 42.J. — Coupe transversale du nerf optique d'un Ammocœte adulte (d'après Studnika).
Gaines pévifasc.
fravées névrogl.
inlra fascic.
I ibres nerv.
FiG. 426. — Coupe transversale fortement grossie de deux faisceaux du nerf optique (d'après A. Key et Retzius).
ordres d'éléments : les uns, de nature névroglique, c'est-à-dire ectodermique, constituent la charpente primitive; les autres, de nature conjonctive, c'est-àdire mésenchymateuse, forment la charpente secondaire. Ces derniers, l'em-
1. Faisceaux primitifs (Rochon-Duvigneaud. Précis iconographique d'anaiomie normale de l'œil. Paris, 1895).