II. NERF MAXILLAIRE SUPÉRIEUR
Syn. : Ramus secundus s. supra-maxillaris.
Branche moyenne du trijumeau, le nerf maxillaire supérieur naît du bord antéro-inférieur du ganglion de Gasser. D'abord parallèle à l'ophtalmique, auquel il reste accolé sur une longueur de plusieurs millimètres, il s'écarte ensuite à angle droit du nerf maxillaire inférieur (Voy. fig. 437).
Trajet. — Le nerf maxillaire supérieur se dirige d'abord directement en avant vers le trou grand rond ; il pénètre par cet orifice dans l'arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire, qu'il traverse obliquement pour gagner la fosse ptérygo-maxillaire par la fente de même nom ; il traverse la partie la plus profonde de cette fosse pour s'engager dans le canal sous-orbitaire ; enfin, il débouche par l'orifice antérieur de ce canal dans la fosse canine et s'épanouit là en de nombreux rameaux terminaux (Voy. Ostéo. 2*^ édit., p. 545).
Volume. Forme. — Intermédiaire comme volume à l'ophtalmique et au nerf maxillaire inférieur, il est aplati et rubané dans sa partie crânienne. Il s'arrondit dans son passage à travers le trou grand rond et conserve cette forme cylindrique jusqu'à sa terminaison.
Direction. — Sa direction n'est pas rectiligne. Jusqu'au trou grand rond le nerf est sensiblement horizontal; puis, à sa sortie du crâne, il se porte obliquement en bas et en dehors pour gagner la partie supérieure de la fente pterygo-
maxillaire; de là, il se porte presque directement en avant et un peu en dehors vers l'entrée de la gouttière sous-orbitaire ; dans sa dernière portion il suit le canal sous-orbitaire. Ainsi, le nerf décrit deux coudes et affecte dans l'ensemble un trajet en baïonnette (Poirier).
Rapports. — On peut considérer, au point de vue des rapports, quatre portions au nerf maxillaire supérieur.
a) Dans sa première portion ou portion intra-crânienne il chemine sous la dure-mère, séparé par les méninges de la pointe du lobe temporal. A sa partie initiale il est très rapproché du sinus caverneux et pourrait être compté parmi les nerfs placés dans la paroi externe de ce sinus (Voy. fig. 438).
h) Dans sa deuxième portion, le nerf occupe l'arrière-fond de la fosse ptérygo-
A'. mot. oc. corn G. Gasseï
R. tomp.
n. mal.
R. inf. mot. oc.
com.
. N. sous-oi'bit.
N. dent. N. dent, post. moy. R.bucc.fac.
FiG. 457. — Nerf maxillaire supérieur. — D'après Hirschfeld.
maxillaire; il est enfoui à ce niveau dans la graisse semi-fluide qui remplit la région. Puis il apparaît au sommet de la fente ptérygo-maxillaire pour gagner par la fosse de même nom le canal sous-orbitaire. Dans cette partie de son trajet, il est en rapports avec les insertions du ptérygoïdien externe. Ses rapports avec le squelette sont importants à préciser, car c'est surtout le squelette qui guide le chirurgien allant à la recherche du nerf. Or le maxillaire supérieur répond à la partie la plus élevée de la fente ptérygo-maxillaire. Là, il est situé sur le même plan que la face inférieure de la grande aile du sphénoïde. Cette face inférieure, qui prolonge en avant le plan sous-temporal, constitue un excellent guide pour arriver sur le nerf lorsqu'on veut l'atteindre aussi près que possible de sa sortie du crâne (Poirier). Si l'on suit la paroi antérieure de la fosse, c'est-à-dire la tubérosité maxillaire, on coupe le nerf à son entrée dans la gouttière ^ous-orbitfiire. Ajoutons que la crête du sphénoïde qui forme la limite externe du plan sous-sphéno-temporal protège en dehors le nerf et
NEBFS CRANIENS. 815
peut arrêter rinstrument qui cherche à l'atteindre, surtout lorsque cette crête se prolonge, ce qui n'est pas rare, en un tubercule saillant.
L'artère maxillaire interne passe toujours au-dessous et en avant du nerf; elle longe la paroi antérieure de la fosse ptérygo-maxillaire. Parfois, après avoir croisé la face inférieure du nerf maxillaire supérieur et au moment où, changeant de nom, elle va franchir le trou sphéno-palatin, elle décrit une flexuosité qui est en rapport intime avec la face profonde du nerf. Le ganglion sphénopalatin est placé au-dessous et en dedans du nerf maxillaire supérieur; il est logé en partie, comme nous le verrons plus loin, dans une petite niche osseuse, formée par la partie antérieure évasée du canal vidien.
Bibliographie. — Sur les rapports du nerf maxillaire supérieur et de l'artère maxillaire iuterue. — V. Juvara. Thèse de Paris, 1895. — Zander, Ber. phys. ukon. Gesellsch. Kijnigsberg-, Jahrg-., XXXVII, p. 33. — Funke. Beitrage zur Anatomie des Ramus maxillaris nervi Uigemini. Kônigsberg-, 1896.
c) Dans sa troisième portion, portion sous-orbitaire, le maxillaire supérieur chemine d'abord dans la gouttière sous-orbitaire, séparé seulement du contenu de l'orbite par le périoste orbitaire; il pénètre ensuite dans le canal sous-orbitaire. La paroi inférieure de la gouttière et du canal font toujours plus ou moins saillie dans l'antre d'Highmore. Dans quelques cas même, cette paroi présente des vides et le nerf n'est séparé de la cavité de l'antre que par la lîbro-muqueuse qui tapisse la paroi du sinus. Dans sa portion sous-orbitaire, le nerf maxillaire 'supérieur est accompagné par l'artère sous-orbitaire, branche de la maxillaire interne. Le plus souvent, d'abord placée en dehors du nerf, l'artère se place ensuite en dedans de lui en le perforant parfois (Zander).
(1) La quatrième portion s'épanouit dans la fosse canine. Le bouquet terminal est recouvert par l'élévateur propre de la lèvre supérieure et l'élévateur commun de cette dernière et de l'aile du nez. Ce plan musculaire sépare les ramifications du nerf maxillaire supérieur des branches palpébrales inférieures du facial et de la veine faciale (voy. fig. 462). — En arrière le canin sépare la terminaison du maxillaire supérieur du périoste de la fosse canine.
On a signalé un grand nombre d'anomalies dans la disposition du canal sous-orbitaire (M surtout dans la façon dont il se termine en avant (Voy. Ostéologie, p. 498). Mais la plupart des auteurs n'indiquent pas quelle était la disposition du nerf dans les cas en question. Sur un sujet, Frohse a vu le canal sous-orbitaire s'ouvrir en avant par trois orifices. Les rameaux destinés à la lèvre supérieure et à la moitié externe de la paupière inférieure sortaient par l'orifice externe; les filets se distribuant aux téguments du nez débouchaient par l'orifice moyen; quant à l'orifice interne il livrait passage aux nerfs destinés à la moitié interne de la paupière inférieure.
Branches collatérales. — Le maxillaire supérieur fournit six branches collatérales, ce sont : Le rameau méningien moyen, le rameau orbitaire, le nerf sphéno-palatin, les nerfs dentaires postérieurs, le nerf dentaire moyen, les nerfs dentaires antérieurs et des rameaux terminaux : les rameaux sousorbitaires.
1" Rameau méningien moyen. — Le rameau méningien moyen (N. recurrens supramaxillaris, Schwalbe) se détache du maxillaire supérieur avant sa sortie du crâne, se distribue à la dure-mère voisine et envoie quelques filets de renforcement au plexus qui entoure l'artère méningée moyenne. Il
s'anastomose avec les filets méningés du rameau récurrent né du nerf maxillaire inférieur (nervus spinosus de Luschka) [v. page 823].
2° Rameau orbitaire (N. orhitaUs. N. subnUaneus malœ). — Le rameau orbitaire nait du maxillaire supérieur au moment oi^i ce nerf traverse le trou grand rond; mais il reste d'abord accolé à la face supérieure de son tronc d'origine et ne s'en sépare que dans la cavité orbitaire. Il chemine alors dans l'épaisseur même du tissu fibreux qui comble la fente sphéno-maxillaire, puis se porte obliquement en haut et en avant pour se terminer en s'anastomosant avec un filet du nerf lacrymal. L'arcade anastomotique "ainsi formée (arcade orbito-lacrymale) décrit une courbe à concavité postérieure; elle est appliquée contre la paroi externe de l'orbite. ;..-.-..
De cette arcade, dont nous indiquerons plus loin là Constitution intime et la signification (V. anastomoses du facial, p. 836, et sympathique céphalique, p. 919), naissent : des filets lacrymaux et palpébraicx,c[ue nous avons signalés
G.sphe- Nerf Nerf Nerf no-pal. nas. front, lac.
Arcade[orhllo-lacryin.
F. mal.
. . N. sous-orblt.
N. dent. ani.
FiG. 458.
A'', dent. post. ■
N. dent. moy. Plex. dont.
Schéma du nerf maxillaire supérieur et de ses branches.
en étudiant le lacrymal, et un rameau plus important, le nerf temporo-malatre.
Le nerf temporo-malaire se divise presque dès son origine en deux filets : un filet temporal et un filet malaire. Il n'est pas rare de voir ces deux filets se détacher isolément de l'arcade anastomotique orbito-lacrymale.
a) Le filet temporal (r. superior, s. temporalis, s. zygomatico-temporalls.) traverse par un conduit spécial l'apophyse orbitaire de l'os malaire et arrive ainsi dans la fosse temporale. Il émerge au niveau de la partie antérieure de la Fosse temporale par deux rameaux distincts. Ses branches, pour la plupart ascendantes, sont plus superficielles que [celles du facial qu'elles croisent très obliquement. Elles se distribuent aux téguments de la région temporale.
y^^T. — Le fllet temporal, dit avec raison Frohse, est le plus variable des nerfs cutanés de la face. Il peut manquer; il peut au contraire augmenter d'importance, suppléer le lacrymal, rauriculo-lemporai et s'approprier une partie du territoire du sous-orbitaire et même
NERFS CRANIENS. 817
de la branche auriculaire du plexus cervical. Il est intéressaut, à ce point de vue, de iemar(iuer avec Frohse que chez la plupart des espèces simiennes, le filet temporal du nerf temporo-malaire a un territoire beaucoup plus étendu que chez l'homme.
b) Le filet malalre (r. inferlor s. nialaris, nerviis z-ygoinutico-facialis), quelquefois double, traverse le corps de l'os malaire par un conduit spécial et vient déboucher sur la face externe ou génienne de l'os (V. fig. 466). Souvent le canal qui livre passage au filet malaire a le même orifice orbitaire que le canal par lequel passe le filet temporal. Ce nerf se distribue à la peau de la pommette.
Var. — Il est rare (jue la zone de distribution du filet malaire prenne une grande extension. Suivant l'expression de Frohse le filet malaire est un véritable bouohe-lrou qui associe les territoires des nerfs sous-orbitaire, auriculo-temporal et zygomatico-temporal aux confins descjuels il est situé.
Le rameau orbitaire est très diversement décrit par les auteurs; j'ai choisi le mode de description (jui m'a paru le plus simple; mais je crois Utile, pour éviter toute confusion, (l'indiquer brièvement deux autres façons dont on peut envisager ce nerf; certains classi- ![ues français le décrivent comme se divisant en deux branches : l'une supérieure va s'anastomoser avec le neif lacrymal après avoir donné des filets palpébraux et lacrymaux : c'est la brandie lacrijmo-palpéhrale; l'autre inférieure n'est autre que le nerf temporo-malaire. Les Allemands qui appellent souvent le rameau orbitaire nervus subcutaneus malse, le décrivent comme il suit : le nerf après être arrivé dans l'orbite se divise en deux rameaux : un lamoau supérieur qui après avoir envoyé une anastomose au lacrymal, traverse le malairc pour aller dans la région temporale, c'est le nerf zygomatico-temporal; un rameau inférieur (\m traverse le malaire, c'est le nerf z\igomatico-malaire. — Est-il besoin de faire renjarquer (lu'il y a là un désaccord plus apparent que réel et que la divergence porte plus sur le mode île description que sur la disposition anatomique elle-même.
3" Nerf sphéno-palatin {Rameaux du ganglion sphéno-pahi lin). — Le nerf spbéno-palalin se détache du nerf maxillaire supérieur au moment où ce nerf pénètre dans la fosse ptérygo-maxillaire. C'est un cordon aplati, souvent divisé à son origine en deux ou trois filets distincts. Il se porte en bas et un peu en dedans et, après un trajet qui varie de 1 à 3 millimètres, il rencontre un renflement ganglionnaire, ie ganglion spJténo-palatin.
Au premier abord, il paraît se terminer dans ce ganglion. En réalité il ne lui abandonne que quelques-unes de ses fibres. Celles-ci constituent plusieurs filets qui s'anastomosent en formant un véritable plexus sus-ganglionnaire sur lequel se détache le nerf sphéno-palatin proprement dit. Seuls les filets qui se terminent dans le ganglion méritent le nom de racines du ganglion sphénopalatin, nom sous lequel nos classiques désignent le nerf tout entier. Le plus grand nombre des fibres du nerf sphéno-palatin passent soit sur la face externe du ganglion, soit en avant de lui en ne présentant avec les cellules ganglionnaires que des rapports de contiguïté. Au-dessous du ganglion le nerf sphénopalatin s'épanouit en plusieurs rameaux termuiaux : les nerfs nasaux supérieurs, le nerf naso-palatin, les 3 nerfs palatins et les rameaux orbitaires.
Ces nerfs sont décrits par nos classiques comme des branches du ganglion sphéno-paiatin. Leur continuité avec le tronc sphéno-palatin n'est cependant pas douteuse. La simple dissection suffit à l'établir et les examens histologiques me l'ont toujours montrée évidente. On comprendrait d'ailleurs difficilement que des fibres nerveuses destinées à donner la sensibilité consciente à une muqueuse ou le mouvement à des muscles striés subissent dans un ganglion sympathique une interruption cellulaire. — Certes du ganglion même naissent bien des fibres sans myéline qui vont se joindre aux fibres myéliniques venues directement du maxillaire supérieur. Alais sauf peut-être pour les filets orbitaires, les fibres à myéline l'emportent de beaucoup en nombre et eu importance sur les fibres sympathiques; aussi nous semble-t-il plus logique, en dépit des apparences et de l'usage établi, de décrire comme des branches terminales du nerf sphéno-palatin ces filets ordinairement considérés comme émanant du ganglion de Meckel.
LKS NEUFS
1" Nerfs nasaux sui'ihiiEuiis. — Ces filets, dont le nombre varie de 3 à 5, sont désignés par llirschfeld sous le nom de nerfs sphéno-palatins externes; c(; terme, qui peut faire croire à tort que ces nerfs ont un territoire palatin, doit être rejeté. Les nerfs nasaux supérieurs se distribuent en effet exclusivement aux fosses nasales. Ils innervent la muqueuse qui revêt les deux cornets supérieurs. — Quelques-uns d'entre eux Aont se perdre sur la cloison (Henle), ou, se portant en arrière, vont innerver la muqueuse qui entoure l'orifice pharyngien de la trompe.
Ces filets pharyngiens se détachent souvent du vidien. (Vov. fig. 450.) C'est au tronc commun de ces filets que Bock donne le nom de nervus plinrynr/eus.
Filet Ram.
pthmoidal olfact iul
N. naxo. N. max.
palnt sup
vidien.
Rac. symp. oi. vid.
FiG. 459. — Nerfs de la paroi externe des fosses nasales. — D'après Hirsclifeld.
Aussi est-ce uu tort, croyons-nous, de donner le nom de nerf pharyngien de Bock à un filet qui, né du ganglion sphéno-palatin, cheminerait dans le conduit ptérygo-pharyngien ; le filet eu question, passé sous silence par la majorité des auteurs, nous a paru faire le plus souvent défaut.
2» Nerf naso-valatin. — Le nerf naso-palatin (nerf sphéno-palatin interne de Hirschfeld) se porte sur la cloison des fosses nasales et la parcourt en diagonale, en se portant vers l'orifice supérieur du conduit palatin antérieur. Il s'engage dans ce conduit et arrive ainsi jusqu'à la partie antérieure de la voûte palatine où il s'épuise en filets terminaux. Dans sa portion nasale, il est logé dans une petite gouttière que présente la face latérale du vomer et envoie à la muqueuse nasale plusieurs filets très déliés.
Dans la partie inférieure du canal palatin antérieur qui est, on le sait,
NERFS CRANIENS
médiane (Voy. osléologie, p. 501), il s'accole k celui du coté opposé. A ce niveau les deux nerfs échangent des fibres, mais c'est à tort que Cloquet et après lui Valentin ont décrit en cet endroit un petit ganglion (ganglion naso-palatin). Au niveau de la voûte palatine, le nerf naso-palatin se distribue au quart antérieur de cette dernière et à la muqueuse qui tapisse la région rétro-alvéolaire au niveau des incisives.
3° Nerfs i'Ai.atins. — Les nerfs palatins sont au nombre de trois : on les distingue, d'après leur situation respective, en antérieur, moyen et postérieur.
A^. nasQ-palatin. Ram. int. n. olf.
Bidba olf.
F. ethmoïd.
N. n«s. lob.
Ram. prof, du f. clhm.
Fui. 400. — Nerfs de la cloison des fosses nasales. — D'après Flirsclifeld.
A) Le nerf palatin antérieii}' est ordinairement le plus volumineux dos trois. Il s'engage dans le conduit palatin postérieur principal et arrive ainsi jusqu'à la voûte palatine. II se divise alors en deux groupes de filets terminaux.
1" Les filets postérieurs, de beaucoup les plus grêles, se distribuent à la muqueuse de la face inférieure du voile du palais ;
2" Les filets antérieurs plus volumineux sont ordinairement au nombre de deux : l'un chemine à la partie externe de la voûte palatine le long de l'arcade alvéolaire; l'autre est adjacent à la ligne médiane; ils se distribuent à la muqueuse de la voûte palatine et s'anastomosent en avant avec la terminaison du nerf naso-palatin.
Dans son trajet à travers le conduit palatin postérieur, le nerf palatin antérieur fournit ordinairement deux filets collatéraux : les »er/!s nasaux inférieurs; ceux-ci sortent du conduit palatin par deux petits orifices dont est percée la paroi interne de ce canal. Ils débouchent ainsi dans les fosses nasales et se distribuent à la muqueuse qui revêt le cornet et le méat inférieurs.
R) Le nerf palatin moyen, nerf palatin externe de Henle, s'engage dans le
plus externe des conduits palatins accessoires. Il se distribue h la muqueuse de la face supérieure du voile du palais et au pôle supérieur de l'amygdale.
G) Le neo'f palatin postérieur, dont le volume atteint et dépasse même ])arfois celui du nerf palatin antérieur, s'engage comme le précédent dans un conduit palatin accessoire. Il débouche un peu au-dessus du crochet de l'apophyse ptérygoïde et du plan tendineux formé par l'épanouissement du péristaphylin externe. Il fournit deux ordres de rameaux terminaux : des rameaux sensitifs et des rameaux moteurs. \° Les rameaux sensitifs se distribuent à la muqueuse de la face supérieure du voile du palais; 2" Les rameaux moteurs vont innerver le muscle péristaphylin interne et l'azygos de la luette.
4° Fn.ETs ouBiïAïuEs. — La description de ces filets varie beaucoup avec les auteurs. D'après Luschka, ils sont au nombre de trois; ils s'engagent, dès leur origine, dans la partie la plus interne de la fente sphéno-maxillaire. Ils arrivent ainsi dans la cavité orbitaire et gagnent la paroi interne de celle-ci ; à ce niveau ils pénètrent :1e premier dans le trou ethmoïdal postérieur, le deuxième dans la suture sphéno-ethmoïdale, le troisième dans un orifice que présente la lame papyracée de l'ethmoïde et ils se terminent dans les cellules ethmoïdales postérieures, à la muqueuse desquelles ils se distribuent.
riirzel a encore décrit un filet allant se perdre svu' les gaines du nerf opliriue, filet que Beck n'a pu retrouver. Ajoutons que d'après Millier, il existerait chez quelques animaux un filet orbitaire allant aboutir au muscle orbitaire. Le muscle orbitaire étant un muscle lisse, ce filet est évidemment de nature sympathique. Il doit être regardé comme une branche du ganglion, alors que les trois nerfs de Luschka, nerfs sensitifs, appartiennent, du moins quant à la majorité de leurs fibres, au nerf splieno-palatin.
4" Rameaux dentaires postérieurs. — Les rameaux dentaires postérieurs, encore appelés rameaux alvéolaii'es postérieurs, naissent du nerf maxillaire supérieur au moment oi^i celui-ci s'engage dans la gouttière sousorbitaire. Ces rameaux glissent sur la tubérosité du maxillaire dans des gouttières plus ou moins marquées suivant les sujets et, après un trajet de quelques millimètres, disparaissent dans les canaux dentaires postérieurs. Ils ari'ivent ainsi au niveau des racines des dents molaires et se terminent dans le plexus dentaire sur la constitution et la terminaison duquel nous allons revenir dans un instant.
5» Rameau dentaire moyen. — Le rameau dentaire moyen (rarnus den-
talis superlor minor. Bock) se détache du maxillaire supérieur au moment où
celui-ci va pénétrer dans le canal sous-orbitaire. Il chemine oblique en bas et
avant dans un conduit osseux spécial qui longe la paroi interne de l'antre
d'Highniore et atteint ainsi la partie moyenne du plexus dentaire.
6° Rameau dentaire antérieur. — Le rameau dentaire antérieur (71ervus naso-denialis) naît du maxillaire supérieur à 3 ou 6 millimètres en arrière du trou sous-orbitaire. Il descend, oblique en bas et en avant, dans un canal situé en avant du sinus maxillaire. Parfois la paroi postérieure de ce canal fait défaut et le nerf est en contact direct avec la muqueuse du sinus. Ce nerf se termine au-dessus deè incisives en se jetant dans le plexus dentaire.
Mais, chemin faisant, il a fourni un rameau collatéral, le rameau nasal. Celui-ci arrive par un canalicule particulier dans les fosses nasales au niveau de l'orifice inférieur du canal nasal. Il se distribue à la muqueuse de ce canal
et à la partie adjacente de la muqueuse nasale. Il s'anastomose avec le nerf sphéno-palatin.
Plexus dentaire. — Sous le nom de plexus dentaire ou de plexus susmaxillaire on décrit généralement un plexus à larges mailles, situé au niveau des racines dentaires et s'étendant depuis la ligne médiane où il s'anastomose avec celui du côté opposé jusqu'à la racine de la deuxième grosse molaire. Dans son ensemble ce plexus décrit une anse à concavité supérieure, d'où le nom d'anse nerveuse sus-maxillaire qu'on lui donne parfois.
D'après Bochdaleck {Œi^terreidi. Jahrbileher, t. XIX, p. 223-240), il exisleiail dans Tépaisseuv du plexus dentaire, au-dessus de la racine de la canine, un ganglion dont le volume
A^. 7nax,
lidrn 01 bit
G) n pcli
Plex.
dent.
G cermc sup symp
FiG. 401. — Nerf vidien et nerfs dentaires supérieurs.
D'après Hirschfeld.
varierait de celui d'un grain de chènevis à celui d'une lentille : c est le ganglion supramaxillaire antérieur. De même, Valentin a décrit à la partie postérieure du plexus dentaire un deuxième amas ganglionnaire : c'est le ganglion supra-maxillaire postérieur. Arnold et rienle se basant sur le résultat négatif de leurs recherches histologiques rejettent formellement l'existence de ces deux ganglions.
Le plexus dentaire se termine en donnant trois ordres de filets :
1" Des filets dentaires qui pénètrent dans les racines des dents. Leur mode de terminaison sera précisé lorsqu'on étudiera ces dernières (V. Splanchnologie) ' ;
2" Des filets osseux qui se perdent dans le maxillaire ;
.3" Des filets muqueux qui se distribuent soit à la genci\'e, soit à la muqueuse du sinus maxillaire.
Branches terminales. — Rameaux sous-orbitaires. — En débouchant dans la fosse canine, le nerf maxillaire inférieur s'épanouit comme nous l'avons dit en un bouquet terminal formé ])av\es rameaux sous-orbitalres.
1. Voir sur les terminaisons nerveuses des dents, un travail récent et très complet de Morgenstern, (Arcli. f. Anat., An. Ahth, 1896, p. 378 à 394).
La racine de ce bouquet est. profondément située entre les muscles élévateurs propre et commun de la lèvre supérieure et le muscle canin. Ces rameaux terminaux peuvent être divisés :
En filets ascendants ou palpébraux : grêles et peu nombreux, ils traversent l'élévateur propre de la lèvre supérieure, contournent en anse la veine faciale (Yoy. fig. 462) et se distribuent à la peau de la paupière supérieure.
En filets internes ou nasaux cjui émergent au niveau du bord interne de l'élévateur commun de la lèvre supérieure et se distribuent à la peau de l'aile du nez et à celle du vestibule des fosses nasales.
En filets descendants ou labiaux qui se divisent eux-mêmes en 2 groupes :
un groupe superficiel dont les éléments émergent entre les fibres des élévateurs de la lèvre supérieure et se distribuent aux téguments de la joue et de la lèvre ; un groupe profond dont les filets constituants se distribuent à la muqueuse de la joue, de la lèvre supérieure et aux gencives.
Les rameaux sous-orbitaires du maxillaire supérieur s'anastomosent ou plus exactement paraissent s'anastomoser, comme d'ailleurs la plupart des autres branches cutanées faciales issues de la S"^ paire, avec les filets terminaux du facial. Nous reviendrons plus loin sur ce point (Voy. page 855, anastomoses de la 5"^ et de l'^ paire).
Branches surnuméraires du maxillaire supérieur. — Le maxillaire supérieur peut fournir anormalement deux filets : un filet orbitaire qui d'après Valenlin se distribuerait au nerf optique (?); une racine supplémentaire du ganglion opiitalmique, radix média inferioi^ gangiii ophtalmici. (Arnold, Valentin, Tiedemann).
N. fac.
FiG. 402. — Nerf sous-orhitaire. — D'après Frolise.
Brandies collatérales.
'Brandies terminales