III. NERF MAXILLAIRE INFÉRIEUR
Syn. : Ramus tertius s. maxiUarls inferior.
Le nerf maxillaire inférieur est la plus volumineuse des trois branches du trijumeau. Il est formé par la réunion de deux racines, l'une sensitive qui est la '^'' branche du ganglion de Gasser, l'autre motrice, qui n'est autre que la petite racine du trijumeau.
La racAne sensitive se détache de la portion la plus externe du bord antéro-inférieur du ganglion de Gasser. Aplatie et plexiforme, elle s'écarte à angle droit du nerf maxillaire supérieur et plonge verticalement vers le trou ovale. '
La racine motrice, de volume beaucoup moins considérable, est arrondie et formée de faisceaux parallèles; elle chemine en arrière de la précédente. Jusqu'au niveau du trou ovale, les deux racines ne sont qu'assez lâchement unies et peuvent être assez facilement séparées. Mais un peu au-dessus de l'orilice osseux la racine motrice se divise en plusieurs rameaux ; ceux-ci forment autour de la grosse racine une sorte de plexus (plexus de Santorini et de Gérardi) et finalement se fusionnent complètement avec elle.
Rapports. — Dans sa portion intra-crànienne, très courte, le nerf maxillaire
Inférieur chemine sous la dure-mère. Il croise à ce niveau le suture sphéno-
pétreuse. Dans le trou ovale, il est accompagné par l'artère petite méningée,
branche de la maxillaire interne et par un plexus veineux. Enfin, hors du crâne,
il est situé dans l'espace latéro-pharyngien antérieur et, après un trajet de 4 à
5 millimètres à peine, il s'épanouit en deux troncs terminaux.
L'espace latéro-pharyngien antérieur. dans lequel est contenue la portion extra-crânienne (lu maxillaire inférieur ainsi que la partie initiale de ses branches est constitué de la façon suivante. 11 est limité en dedans par la paroi latérale du pharynx formée à ce niveau par le constricteur supérieur ; en dehors, par les deux muscles ptéryg-oïdiens; en arrière, par la cloison des muscles styliens, prolongée jusqu'au pharynx par l'aponévrose stylo-pharyngienne, paroi en avant de laquelle se trouve le prolongement pharyngien inconstant de la parotide ; enfin en avant, les parois interne et externe se réunissent à angle aigu au niveau de l'apophyse ptérygoïde (Voy. fig. 495). Le nerf maxillaire inférieur est situé à peu près à égale distance des parois externe et interne. Il est en rapport intime avec la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache dont il croise la face antérieure (Voy. Poirier. Anat. top., fig. 124, p. 259). L'artère méningée moyenne monte en arrière et en dehors du tronc nerveux (Voy. fig. 463).
Branches. — Le nerf maxillaire inférieur fournit immédiatement après sa sortie du crâne un petit nerf collatéral : nerf récurrent du maxillaire inférieur. Il se divise ensuite en deux troncs terminaux, l'un antérieur, l'autre postérieur.
Le tronc antérieur {nervus crotaphitico-buccinatorius) donne les filets suivants : le nerf temporal profond moyen, le nerf temporo-masséférin, le nerf teinporo-buccal.
Le tronc postérieur fournit le tronc commun des nerfs du ptérygoïdien interne, du péristaphylin externe et du muscle externe du nnarteau, le nerf auriculo -temporal, le nerf dentaire inférieur et le nerf lingual.
A. Rameau collatéral. Rameau récurrent du nerf maxillaire inférieur. — (Nerv.spinosus de Luschka, nerv.recurrens infra maxillaris). Ce rameau se détache du nerf maxillaire inférieur immédiatement au-dessous du trou ovale; grossi d'un filet très grêle que lui envoie le ganglion otique
(Rauber), il pénètre dans le crâne par le trou petit rond, en même temps que l'artère méningée moyenne. Il se divise alors en deux filets : l'un antérieur, l'autre postérieur. Le filet antérieur suit la branche antérieure de l'artère méningée moyenne, puis s'engage par un petit pertuis dans l'épaisseur des grandes ailes du sphénoïde. Le filet postérieur pénètre par la suture pétrosquameuse jusqu'aux cellules mastoïdiennes à la muqueuse desquelles il se distribue (Voy. fig. 454).
B. Branches terminales. — l" Nerf temporal profond moyen.
— Le nerf temporal profond moyen se détache de la face antérieure du tronc du maxillaire inférieur à 2 ou 3 millimètres au-dessous du trou ovale. Il che-
\ \>>vf ^^^ ^A moi/.
N. temp. prof. .>J\\.A ^^^^^^...y/..iV. opht.
%>\ vJ^^^^^^^ft-.-^ ^- w.ax. Slip.
R. mâninq. -- J-lr— -V^^^^O^^ / at . /•
anl.
N. aur. iemp. -^- \ ^tHj/^^
s/ /S?^«^B8^"tiA- N.pleryg. exl.
N. facial -1 1 1^\ #■ i \
%. L^^ /- -■■• - - -V ^- '"lOssc.L
Corde tyni.p. ^^*S. /" \|V V ^- ^'""-■•
/ / /1\V — ^^^^^i--- A'. im^Ma'.
A', dent. inf. \-\ ^ "
N.mylo. hyoid. ' ' N.^^^ \{///-<^
- fi.digasilr. -^^ — ^^^^^^■^^^^Ï^N^^--
F(fi. 463. — Schéma du nerf maxillaire inférieur.
mine d'abord horizontalement appliqué contre la face inférieure de la grande aile du sphénoïde, au-dessus du bord supérieur du muscle ptérygoïdien externe. Arrivé au niveau de la crête sphéno-temporale, il se réfléchit sur cette crête, devient vertical, émerge au-dessus du bord supérieur du ptérygoidien externe et monte en se divisant entre le plan osseux de la fosse temporale et la face profonde du muscle temporal auquel il se distribue. Il s'anastomose avec le massétérin, le buccal et les deux autres nerfs temporaux profonds (Voy. fig. 464).
2o ]}ferf temporo-massétérin. — Ce nerf naît au même niveau que le précédent. Plus volumineux, il s'applique d'abord comme lui au plafond de la fosse zygomatique et émerge entre la crête sphéno-temporale et le bord supérieur du ptérygoïdien externe. Son passage détermine sur la crête une échancrure plus ou n^oins marquée suivant les sujets. Parfois cette échancrure est
NERFS CRANIENS.
convertie en trou par un petit ligament, c'est le foramen crotaphitico-buccinatorius de Hyrtl (Voy. Ostéologie, p. 419 et fig. 445). Il se divise là en 2 rameaux terminaux : le filet massétérin, et le filet temporal profond postérieur (Voy. fig. 464).
a) Le rameau temporal, nerf temporal profond postérieur, pénètre dans l'épaisseur du muscle temporal auquel il se distriijue en s'anastomosant avec les deux autres nerfs temporaux profonds.
b) Le rameau massétérin, après avoir fourni un et quelquefois deux filets
\'. Icmp. prof.
post.
. auric.-lemp.
. )iji/lo-hyoid.
A', dcnl. inf.
!V. menton.
Via. 4(14. — XerC liinxillnirc inIVriour. — D'après IlirschfeM.
à l'articulation temporo-maxillaire s'engage en compagnie de l'artère massétéline dans l'échancrure sigmoïde et arrive ainsi à la face profonde du masséter auquel il se distribue.
3" Nerf temporo-buccal (nervus buccinatorius). — Le nerf temporo- IjHccal, nerf buccal de Jios classiques, se détache du trijumeau par deux racines. Celles-ci se réunissent après un court trajet en un tronc unique qui s'engage entre^ les deux chefs du ptérygoïdien externe. Il abandonne à ce niveau quelques ramuscules au ^Ptérygoïdien externe, puis se divise en deux rameaux terminaux.
826 I^l^^S NKRFS
a) Le rameau temporal constitue le nerf temporal profond antérieur. Ce nerf croise la face antéro-externe du chef supérieur du ptérygoïdien externe et s'engage sous la face profonde du temporal dans le tiers antérieur duquel II se termine.
h) Le rameau buccal continue là direction du tronc d'origine; il glisse sur la tubérosité du maxillaire supérieur et arrive sur la face externe du muscle b,uccinateur. Exclusivement sensitif, il se divise en deux ordres de filets :
1° Des filets superficiels qui se distribuent à la peau de la joue. Un de ces filets s'anastomose avec le facial en formant une anse qui embrasse la veine faciale dans sa concavité. Cette anastomose du buccal et du facial prend chez quelques singes et notamment chez le chimpanzé un développement considérable et remplace alors l'anastomose entre le facial et l'auriculo-temporal.
2'^ Des filets profonds qui se distribuent à la muqueuse des joues.
Anomalies. — Le nerf temporo-buccal peut mniiquer et être suppléé par le nerf susorbitaire. (Henle). — Turner a vu le buccal naître du nerf dentaire inférieur à l'inlérieur même du canal dentaire. — On l'a vu se détacher directement, du ganglion de Casser (Gaillet, Bull. Soc. Anat, 18o3) et sortir du crâne par un conduit spécial situé entre le trou grand rond et le trou ovale.
¥ Tronc commun des nerfs du ptérygoïdien interne, du péristaphylin externe et du muscle interne du marteau. — (Voy. fig. 465.) Ce nerf se détache du tronc terminal postérieur du maxillaire inférieur; il se porte en bas et en dedans, s'applique au pôle antérieur du ganglion otique qu'il traverse même dans certains cas. La plus grande partie de ses fibres n'a avec ce ganglion que des rapports de contiguïté; cependant c[uelques-unes d'entre elles se terminent dans le ganglion, jouant vis à vis de lui le rôle de ramus communicans. Dès sa sortie du ganglion et très souvent même dans l'épaisseur de ce dernier le tronc commun se divise en ses 3 branches terminales : ■ A) Le nerf du ptérygoïdien interne se porte en bas et en dehors et disparaitdans la face profonde de ce muscle.
B) Le nerf du péristaphylin externe aborde ce muscle vers son bord postérieur.
C) Le nerf du muscle interne du marteau, beaucoup plus grêle que les précédents, se porte en arrière et en dehors pour gagner le muscle auquel il est destiné. D'après Arnold dont les conclusions ont été ultérieurement confirmées par Luschka et Rauber, le nerf du muscle interne du marteau serait renforcé par un ou deux rameaux très grêles issus du ganglion otique.
Les connexions intimes du tronc commun de ces 3 rameaux musculaires avec le ganglion otique expliquent comment quelques auteurs décrivent ces rameaux comme émanant de ce ganglion. Il n'est plus possible à l'heure actuelle d'admettre que des muscles striés soient innervés par des filets issus d'un ganglion sympathique. D'ailleurs les dissections de Muller et de Schlemm ont depuis longtemps montré que les rameaux en question viennent du nerf maxillaire inférieur et ne font que traverser le ganglion otique.
5" Nerf auriculo-temporal {Nerf temporalis super ficialis s. auricularis anterior). — Le nerf auriculo-temporal naît de la face postérieure du nerf maxillaire inférieur par deux racines qui se réunissent après un trajet de quelques millimètres, formant ainsi une boutonnière dans laquelle passe
l'artère méningée moyenne. Il se dirige ensuite en bas et en dehors, cheminant au-dessus de l'artère maxillaire interne à laquelle il est parallèle (Voy. fig. 46r3). Il arrive ainsi à la face postérieure du col du condyle qu'il cravate étroitement. Il s'engage alors dans l'épaisseur de l'extrémité supérieure de la parotide, puis, se relevant brusquement, monte vertical en avant du conduit auditif externe, en arrière de l'artère et de la veine temporales superficielles. Il chemine là dans une gangue fibreuse qui rend sa découverte difficile et son isolement pénible (Voy. fig. 464). Arrivé sur la tempe, il s'épanouit en un grand nombre de filets.
A) Rameaux collatéraux. — Mais il a fourni, chemin faisant, un grand
Pet. n. pét. sup. N. muscle mari.
Aui ic iemp
N. ophlalin N. max. SU})
G. olique
N.périst e^t
Corde tyi)ip
N. piéryg. bit
N. dent, inf
N. lingu.
toid lymp.
A aui ic posl.
N dent inf. ,
A dent inf.
PI ■^ymp) carol.
J-^'~' N mylii Injoid
Nerf maxillaire inférieur (vue interne).
', du pérystaphylin externe et du muscle i à tort comme naissant du ganglion otiquc.
Fig. 463. — Nerf maxillaire inférieur (vue interne). — D'après Hirschfeld.
Les nerfs du ptérygoïdien interne du pérystaphylin externe et du muscle interne du marteau sont représentés
nombre de rameaux collatéraux. Ceux-ci se détachent du tronc, soit en dedans
du col du condyle, soit au niveau de ce dernier.
a) En dedans du col du condyle, le nerf auriculo-temporal fournit :
1" Des filets qui naissent des deux racines de l'auriculo-temporal et vont au
ganglion otique.
En réalité ces filets vont du ganglion otique au nerf auriculo-temporal. Ils sont constitués par des fibres du facial qui, arrivées au ganglion otique par le petit nerf pétreux superficiel, subissent dans ce ganglion une interruption cellulaire, puis gagnent le tronc de l'auriculotemporal, qu'elles abandonnent ensuite en formant les filets parotidiens de ce nerf (Voy. Facial, p. 836 et Sympathique céphalique, p. 921).
2" Des filets vasculaires qui vont renforcer les plexus sympathiques qui entourent l'artère méningée moyenne et l'artère maxillaire interne.
3° Un filet anastomotique pour le nerf dentaire inférieur. . 4" Un ou deux filets articulaires qui abordent l'articulation temporo-maxillaire par sa face interne.
b) Aie niveau du col du condyle, l'auriculo-temporal émet :
1° Un ou deux rameaux anastomotiques qui vont se jeter dans la branche terminale supérieure du facial.
2" Des rameaux parotidiens qui naissent du nerf lui-même et de son anastomose avec le facial ; nous avons vu qu'ils étaient constitués par les filets que le ganglion otic[ue envoie à l'auriculo-temporal.
3° Un rameau anastomotique pour le plexus sympathique qui entoure la carotide externe et ses deux branches terminales (Krause).
4° Des filets auriculaires pour la peau du tragus et de la partie antérieure du pavillon de l'oreille. Un de ces filets auriculaires perfore la paroi antérieure du conduit auditif externe en passant entre la portion osseuse et la portion cartilagineuse de ce conduit pour se distribuer aux téguments qui le tapissent intérieurement. D'après Bock et Henle il pénétrerait même jusqu'à la caisse du tympan.
B) Rameaux terminaux. — Les rameaux terminaux du nerf auriculo-temporal se distribuent à la peau de la tempe. Leur territoire atteint en haut la bosse iiariétale. Il existe d'ailleurs un balancement très net entre le développement de l'auriculo-temporal et celui du nerf zygomatico- temporal (filet temporal du temporo-malaire).
go ]\fQpf dentaire inférieur (nervus mandibularis inferior). — Le nerf dentaire inférieur, la plus volumineuse des branches terminales du nerf maxillaire postérieur, se porte directement en bas et en avant vers l'orifice postérieur du canal dentaire. D'abord contigu au nerf lingual, il se sépare ensuite de lui en formant un angle aigu ouvert en bas (Voy. fig. 465). Il est d'abord situé entre les deux ptérygoïdiens. A ce niveau, il est croisé, sur sa face interne, par la corde du tympan c[ui gagne le lingual, sur sa face externe, par l'artère maxillaire interne. — Plus bas, il chemine entre le ptérygoïdien interne et la face interne de la branche montante de la mâchoire. Il arrive ainsi à l'orifice postérieur du canal dentaire ; il s'engage dans ce canal accompagné de l'artère et des veines dentaires inférieures; au niveau du trou mentonnier, il se divise en deux rameaux terminaux.
A, Rameaux collatéraux. — Dans ce trajet, le nerf dentaire inférieur fournit les rameaux collatéraux suivants :
\° Le rameau anastomotique avec le lingual; oblic[ue en bas, en avant et en dedans, ce rameau se détache du tronc du dentaire inférieur à 8 ou 10 millimètres au-dessous de l'origine de ce nerf et se jette dans le lingual. Il est quelquefois croisé en X par un filet de direction inverse qui va du lingual au dentaire inférieur.
2" Le nerf du mylo-hyoïdien et du ventre antérieur du digastrique; ce rameau se détache du nerf dentaire inférieur au moment où celui-ci va pénétrer dans le canal dentaire. Ce rameau chemine dans une gouttière plus ou moins profonde qui longe la ligne mylo-hyoïdienne. Il se termine dans l'épaisseur du
NERFS CRANIENS. 829
mylo-hyoïdien. Ses filets les plus antérieurs se distribuent au ventre antérieur du digastrique.
Variétés. — D'après Valentin, le nerf du mylo-hyoïdien fournirait quelques ramuscules cutanés à la peau du menton. D'après Frohse, ces filets cutanés du mylo-hyoïdien n'existeraient que rarement. Par contre, ce nerf aurait chez le chien un territoire cutané étendu.
D'après Sappey, le mylo-hyoïdien s'anastomose fréquemment avec le lingual par un filet qui perfore les flhres postérieures du muscle mylo-hyoïdien. Finkelstein n'a vu cette anastomose qu'une fois sur 11 sujets, — (Voy. aussi Gaillet -.Bull. Soc. An., Paris, 1836, p. 109.)
D'après Meckel, le nerf du mylo-hyoïdien enverrait souvent un rameau à la glande sousmaxillaire.
3° Des rameaux dentaires postérieurs {ra/nii alveolares inferiores posteriores). Dans le canal dentaire, le nerf dentaire inférieur envoie des filets aux racines des grosses molaires et des prémolaires. Il fournit en même temps des filets gingivaux et des filets périostiques.
B. Rameaux terminaux. — Les rameaux terminaux sont au nombre de deux : le nerf incisif et le nerf mentonnier.
1'' Le nerf incisif continue la direction du tronc principal; il se termine en se distribuant aux racines de la canine et des deux incisives du côté correspondant. Ces filets incisifs constituent les rami alveolares inferiores anteriores des auteurs allemands.
2" Le nerf mentonnier, beaucoup plus volumineux que le nerf précédent, sort de l'épaisseur du maxillaire par le trou mentonnier. Dès sa sortie, il s'épanouit en un bouquet terminal. Ce bouquet est profondément situé enti-e le périoste et est recouvert par le muscle abaisseur de la lèvre inférieure. Les ramifications du facial, plus superficielles, cheminent sur la face antérieure de ce muscle (Voy. fig. 488). Le nei^f nientonnier se termine par deux ordres de filets : 1° des filets profonds qui se distribuent à la muqueuse de la lèvre inférieure et à la gencive; 2" des filets superficiels qui perforent l'abaisseur de la lèvre supérieure ou émergent au niveau de son bord interne et se distribuent à la peau du menton.
Variétés. — Le nerf mentonnier peut être en partie suppléé par des filets venus du plexus cervical superficiel, par le nerf auriculo-temporal, par des filets cutanés du nerf du mylo-hyoïdien et plus rarement par le buccal. D'après Frohse, il garderait cependant, même dans les cas de réduction extrême, un petit territoire s'élendant en hauteur de la partie mo3^enne de la lèvre inférieure au sillon labio-mentonnier.
7" Nerf lingual (ramus Hngualis). —De volume sensiblement égal à celui du dentaire inférieur, le lingual, d'abord accolé à ce nerf, s'en sépare ensuite à angle aigu pour se porter en avant et en dedans. A leur origine les deux nerfs sont séparés par le ligament ptérygo-épineux de Civinini (Voy. Ostéologie, p. 419 et fig. 445). Le lingual se dirige vers la face latérale de la langue, décrivant dans son ensemble une courbe à concavité antéro-supérieure.
Le lingual est d'abord situé entre le ptérygoïdien interne et le ptérygoïdien externe. Lorsque l'artère maxillaire intei'iie chemine sur la face profonde de ce dernier muscle, elle croise la face antérieure du lingual. Plus bas le lingual se place entre le ptérygoïdien interne et la face profonde de la branche montante du maxillaire. Il arrive ainsi sur la face latérale de la langue.
Dans sa portion linguale, le nerf lingual, appliqué sur les fibres sagittales du
muscle styloglosse a un trajet sous-muqueux. Il est accompagné par un réseau de veinules satellites. Le nerf grand hypoglosse chemine au-dessous de lui; le canal de Warthon l'accroche dans sa courbe à concavité inférieure. Enfin les vaisseaux ranins accompagnent sa portion terminale qui gagne la pointe de la langue (Voy. fig. 519).
A., Anastomoses. — Dans son trajet, le nerf lingual contracte plusieurs anastomoses :
l" Une anastomose déjà décrite que lui envoie le nerf dentaire inférieur.
2° Une anastomose avec le facial. Cette anastomose n'est autre que la corde du tympan. En étudiant la 7"= paire, nous préciserons le trajet de cet important rameau. Contentons-nous de dire ici qu'il aborde la face postérieure du lingual à angle très aigu au niveau du bord postérieur du muscle ptérygoïdien interne.
3° Une anastomose avec le grand hypoglosse. Souvent double, cette anastomose se détache de la partie moyenne de la portion sous-muqueuse du lingual, se porte en bas et en arrière, en cheminant sous la glande sous-maxillaire et atteint l'hypoglosse près du bord postérieur de la glande.
La sig-niflcation de cette anastomose n'est pas bien connue. On admet généralement qu'elle est formée par des fibres sensitives allant du lingual à l'hypoglosse. Mais, alors que Bischoff admet que ces fibres se dirigent vers la périphérie de la 12" paire, Luschka pense qu'elles ont dans le tronc de l'hypoglosse un trajet récurrent et fournissent à ce nerf les éléments de son rameau méningien.
4" Une anastomose déjà signalée avec le nerf mylo-hyoïdien,
B. Rameaux collatéraux. — On peut diviser les rameaux collatéraux du lingual en externes, supérieurs et inférieurs.
a) Les rameaux externes se distribuent à la face interne du maxillaire au niveau des deux dernières molaires. D'après Valentin, quelques-uns de ces rameaux traverseraient la table interne de l'os pour aller s'anastomoser avec les rameaux dentaires du dentaire inférieur.
b) Les rameaux supérieurs se distribuent aux amygdales (rameaux tonsillaires) et à la muqueuse linguale.
c) Les rameaux inférieurs comprennent : 1° les racines du ganglion sousmaxillaire que nous étudierons avec le sympathique céphalique ; leur nombre varie de deux à cinq; 2" le nerf sublingual qui chemine sur la face externe de la glande sublinguale à laquelle il se distribue. C'est sur le trajet des rameaux terminaux de ce nerf que se trouve le ganglion sublingual ou ganglion de Blandin (Voy. p. 922).
C. Rameaux terminaux. — Les rameaux terminaux du lingual se distribuent à la glande de Nuhn, à la muqueuse de la face inférieure de la pointe de la langue et des deux tiers antérieurs de la face dorsale. En arrière, le territoire du lingual empiète sur celui du glosso-pharyngien. Mais, dans aucun cas, il ne dépasse le sulcus termînalis. Le lingual se distribue donc exclusivement à ce qui dérive de l'ébauche antérieure de la langue (Zander) (Voy. Glosso-pharyngien, page 873 et fig. 300).
NERF MAXILLAIRE INFÉRIEUR {Résumé).
Branches collatérales r. méningien.
/Nerf temporal profond moyen.
^ Nerf temporal profond postérieur.
( Nerf masséterin.
/ Nerf temporal profond antérieur.
< X. f , T \ Filets cutanés.
/ Nerf buccal. , „., ,
\ { luets muqueux.
Tronc commun des nerfs du ptérygoïdien interne, du péristaphylin
externe et du muscle interne du miarteau.
Nerf auriculo-temporal.
( Rameaux ^ ^ ^^- ^"^^'- '''''"' ^^ l'"6"^^lcollatéraux.
Nerf temporo-masséterin.
Nerf temporo-buccal. . .
Branches terminales
Nerf dentaire inférieur
Nerf lingual.
N. du mylo-hyoïdien.
N. dentaires postérieurs.
N. incisif.
N. mentonnier.
1 Avec le dentaire inférieur.
j Avec le facial.
I Avec le grand hypoglosse.
ÎRam. ext.
Ram. sup..
Ram. inf.
Rameaux terminaux : muqueux.
Rameaux terminaux.
Anastom.
Rameaux collatéraux.
Anastomoses. — Le trijumeau s'anastomose avec les nerfs de l'œil, le JaciaL le pneumogastrique., le grand hypoglosse, les nerfs cervicaux et le sympathique.
a) Anastomoses avec les nerfs de l'œil. — Les anastomoses de la 5*^ paire avec les nerfs de l'œil sont représentées par des filets très grêles que la branche ophtalmique envoie au moteur oculaire commun, au pathétique et au moteur oculaire externe, lors de leur passage dans le sinus caverneux. Quant au nerf récurrent d'Arnold, nous avons vu qu'il ne pouvait en aucune façon être regardé comme une anastomose entre la 5"^ et la 4"^ paire. On admet généralement que ces filets anastomotiques apportent aux nerfs moteurs de l'œil les fibres destinées à donner aux muscles innervés par ces nerfs la sensibilité mu.sculaire. Rappelons que Bischoff a d'ailleurs nié l'existence des anastomoses en question (Voy. p. 807).
b) Les anastomoses avec le facial sont aussi nombreuses que variées. Pour éviter d'inutiles répétitions, nous renvoyons pour l'étude de ces anastomoses au chapitre consacré au facial (Voy. p. 855).
c) h' anastomose avec le pneumogastrique est représentée par l'union que contractent les filets terminaux du rameau auriculaire de l'auriculo-temporal et du rameau auriculaire du vague, qui se partagent l'innervation du conduit auditif externe.
cl) U anastomose avec le grand Jrypoglosse n'est autre que le filet qui unit le nerf grand hvpoglosse au nerf lingual. On admet généralement que cette anastomose apporte à l'hypoglosse des filets sensitifs dont le trajet et la terminaison ne sont pas nettement établis (Voy. p. 830).
e) Les anastomoses avec les nerfs cervicaux sont très nombreuses. Les territoires cutanés de la 5*^ paire sont en effet adjacents aux territoires innervés par les nerfs cervicaux, et, aux confins des deux territoires, des filets, toujours très
grêles, unissent les filets terminaux du trijumeau aux filets voisins issus des nerfs cervicaux. C'est ainsi que nous voyons s'anastomoser le nerf frontal externe et le nerf sous-occipital d'Arnold, le nerf auriculo-temporal et la branche auriculaire du plexus cervical superficiel, le nerf mentonnier et la branche cervicale transverse du môme plexus, etc. (Voy. fig. 466).
f) Les anastomoses avec le grand sympathique sont représentées par les filets que le plexus caverneux envoie au ganglion de Gasser (Voy. p. 806) et à
A' front, exl.
N. front, in t.
Fil iemp. du lemp. mal.
Fil. zygomai. du lemp. mal.
Br auric.
Br petite mast.
Br cervic. tr.
div^s. enplus.fd..
Nerfs superficiels de la face. — D'après Frohse.
la branche ophtalmique (Voy. p. 807). Les rami communicantes que le trijumeau envoie aux ganglions du sympathique céphalique et qu'on désigne à tort sous le nom de racines sensitives de ces ganglions doivent être aussi regardées comme des anastomoses entre le sympathique et la o*^ paire.
Distribution générale. — Si nous jetons maintenant un coup d'oeil d'ensemble sur la distribution de la 5° paire, nous voyons qu'elle contient trois ordres de fibres : des fibres motrices, des fibres sensitives et des fibres sympathiqiies. Ces dernières sont de deux ordres : les unes sont amenées au trijumeau par ses anastomoses avec le grand sympathique ; les autres appartiennent en propre au trijumeau. Nous retrouverons ces fibres sympathiques de la 5"^ paire
NERFS CRANIENS.
en étudiant le sympathique céphalique et nous ne nous occuperons ici que de la distribution générale des fibres cérébro-spinales sensitives ou motrices.
1) Territoire sensitif. — Le territoire sensitif de la 5« paire comprend tous les téguments qui recouvrent la face, une partie de ceux qui enveloppent le crâne, les parties molles intra-orbitaires, la muqueuse nasale, la muqueuse buccale, une portion importante de la muqueuse linguale et enfin la plus grande partie des méninges cérébrales.
Ce territoire sensitif du trijumeau est décomposable en trois départements principaux qui appartiennent aux trois branches constituantes de la 5*= paire :
a) Le département de V ophtalmique comprend : le globe de l'œil, la conjonctive bulbaire et palpébrale; la muqueuse qui tapisse la paroi antérieure, le tiers antérieur des parois externe et interne
des fosses nasales ; la plus grande partie de la peau du nez, les téguments du front jusqu'au niveau du vertex ; la face cutanée de la paupière supérieure, la partie antérieure de la peau de la région temporale; la tente du cervelet et la dure-mère qui revêt la région fronto-orbitaire du crâne.
b) Le département du nerf maxillaire supérieur comprend : la muqueuse qui tapisse les fosses nasales, moins la portion de cette muqueuse innervée par le nasal interne, branche de l'ophtalmique; la mu> queuse de la voûte palatine et celle du voile du palais ; les téguments de l'aile du nez, de la paupière inférieure, de la lèvre supérieure, de la joue et de la partie moyenne de la région temporale; la dure-mère qui tapisse la face antérieure du rocher,
c) Le département du nerf maxillaire inférieur comprend : les deux tiers antérieurs de la muqueuse linguale à laquelle le lingual donne à la fois la sensibilité tactile et la sensibilité gustative; la muqueuse de la face interne de la joue et celle du plancher de la bouche; les téguments de la lèvre inférieure, du menton, de la région parotidienne, de la partie postérieure de la région temporale et de la portion antérieure du pavillon de l'oreille ; et enfin la dure-mère de la région temporo-pariétale du crâne.
Mieux que toutes les descriptions, la figure 467 précise l'étendue et la forme de ces trois départements du territoire sensitif du trijumeau; elle indique même, dans chacun d'eux, la part qui revient aux différents filets cutanés des trois branches terminales de la 5'^ paire.
La description que nous venons de donner ne saurait, bien entendu, s'appliquer à tous les cas. Il existe des anomalies nombreuses et l'un des territoires peut s'accroître aux dépens du territoire voisin.
Il ne faudrait pas cependant exagérer l'importance de ces anomalies; les rameaux les plus variables, comme le nerf mentonnier ou le nerf zygomaticotemporal, gardent presque toujours, même dans les cas de réduction extrême.
FiG. 467. — Territoires sensitifs de la face.
Le territoire de l'ophtalmique, en rouge; celui du maxillaire supérieur en jaune; celui du maxillaire inférieur en bleu.
un territoire en quelque sorte inaliénable. C'est le pavillon de l'oreille qui, en raison des sources multiples de son innervation, présente les anomalies les plus fréquentes ; c'est d'ailleurs à cette innervation complexe qu'il doit de conserver
sa sensibilité presque indemne lorsqu'une de ses sources d'innervation vient à être supprimée.
Les limites des territoires cutanés sont loin d'être aussi tranchées que le représentent les schémas qu'on donne ordinairement de ces territoires. Il y a empiétement ou mieux superposition réciproque.
Bien qu'il faille tenir compte de la sensibilité récurrente, c'est surtout cette superposition qui explique qu'après section d'une des branches du trijumeau, la zone anesthésique soit toujours beaucoup moins étendue que ne le laisserait supposer la disposition anatomique de la branche coupée. Fedor Krause, qui a examiné la sensibilité d'un malade auquel il avait enlevé le ganglion de Gasser, a vu que l'anesthésie n'était complète qu'au niveau d'une zone, indiquée par la lettre a sur la figure 468. Bien que très marquée, elle n'était pas absolue au niveau des zones b ei c; elle était très atténuée au niveau des zones d et e et faisait presque entièrement défaut dans la zone f qui est pourtant du ressort anatomique de la 5« paire.
2) Territoire moteur. — La 5'= paire innerve les muscles suivants : les quatre muscles dits masticateurs (le temporal, le masséter et les deux ptérygoïdiens),lem3do-hyoïdien, le ventre antérieur du digastrique et enfin le muscle interne du marteau. Embryologiquement, tous ces muscles dérivent d'une ébauche commune et constituent l'appareil musculaire annexé à l'arc mandibulaire. La figure 469, empruntée à
Reuter, montre bien cette communauté £ -^ Temporal.
d'origine des muscles innervés par la ^- ^ Z^-
portion motrice de la 5'= paire. "^""^^ S-^sm^W^ ir?/^"^^<. g. Gasser.
FiG. 468. — Troubles de la sensibilité, après l'ablation du ganglion de Gasser.
— D'après Fedor Krause.
Massei
-(^^~ Ap. coron.
Piérygo'idint. et e.cl.
Cart. Meck.
Signification morphologique et homologies. — Le trijumeau fait partie du groupe des nerfs encéphaliques dorsaux. Il présente en effet tous les caractères qui spécifient ces derniers : 1" il possède une émergence dorso-latérale, du moins chez les vertébrés inférieurs; 2" c'est un nerf mixte, sensitif et moteur ; 3° sa partie motrice naît de la colonne grise qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-externe des cornes antérieures de la moelle ; 4° enfin ses fibres motrices se distribuent à des muscles annexés à l'appareil branchial, c'est-à-dire à des muscles
Développement des muscles masticateurs.
D'après une reconstruction d'un embryon de porc de 18 mm. (Reuter).
NERFS CRANIENS, 835
issus du mésoderme ventral; jamais la portion motrice de la 5'^ paire n'intervient dans l'innervation de la musculature, dérivée des myotomes céphaliques.
Gomme tous les nerfs encéphaliques dorsaux, le trijumeau ne saurait être regardé comme l'homologue d'une ou plusieurs racines postérieures de la moelle. L'étude de son évolution ontogénique et phylogénique nous montre en effet que le trijumeau peut être considéré comme résultant de la fusion de deux éléments différents : un élément spinal et un élément branchial. Nous avons vu (Voy. Généralités, p. 768) que l'élément spinal des nerfs dorsaux était seul homologable aux racines médullaires postérieures. L'élément branchial constitue au contraire une formation surajoutée au niveau de la tôte. Comme nous l'avons fait remarquer, cette adjonction d'un élément nouveau au niveau des nerfs encéphaliques dorsaux est due à ce c[ue ces nerfs ont des attributions plus complexes que les racines postérieures de la moelle : ils ont en effet un territoire moteur que ne possèdent pas ces dernières et qui est formé par les muscles issus du mésoderme ventral, muscles sans homologues au niveau du tronc; de même ils ont un territoire sensitif plus étendu, puisqu'ils ont à fournir, non seulement l'innervation des téguments de l'extrémité céphalique, mais encore celle de la muqueuse du tube digestif, alors que les racines médullaires ont un territoire purement cutané.
Chez les vertébrés supérieurs, les deux éléments constituants de la 5^ paire forment un tout indissociable. Mais chez les vertébrés inférieurs, l'élément spinal peut s'isoler de l'élément branchial et apparaît alors sous forme de racines postérieures annexées aux nerfs ventraux des 3*, 4'', 6° et 12*= paires. Ces racines postérieures que le trijumeau absorbe ainsi au cours de l'évolution, peuvent subsister à titre d'anomalie chez les vertébrés supérieurs, du moins au niveau de la 12"^ paire (Voy. N. grand hypoglosse, p. 908).
Sixième paire : NERF IVIOTEUR OCULAIRE EXTERNE
Syn. : Nervus abducens.
Le moteur oculaire externe ou nex^f de la 6"^ paire émerge du névraxe à la jonction de la protubérance et du bulbe. Il se distribue au muscle droit externe de l'œil.
Origine réelle et connexions centrales. (Résumé.) [Voj. p. 502]. — Origine réelle. — Le moteur oculaire externe est formé par les prolongements cylindraxiles d'un noyau situé dans l'épaisseur de la protubérance. Très rapproché du plancher du quatrième ventricule, il appartient à la moitié supérieure de ce dernier. Il correspond à Vemincnlia teres et est enchâssé dans l'anse que décrit le facial dans l'épaisseur de la protubérance. Ce centre protubérantiel appartient à la même colonne grise que les noyaux des 3% i" et 12° paires; il prolonge vers l'encéphale les cellules du groupe antéro-interne delà corne antérieure de la moelle. Les fibres issues de ce noyau sont homolatérales, c'est-à-dire directes.
Connexions centrales. — Le noyau protubérantiel est réuni d'une part au cortex (voie motrice centrale), d'autre part aux noyaux sensitifs des autres nerfs encéphalo-méduUaires, (voies des associations réflexes).
1) La voie motrice centrale est constituée par les prolongements cylindraxiles des cellules du centre cortical de la 6'= paire. Comme nous l'avons déjà dit en étudiant le moteur oculaire commun, le siège du centre cortical des nerfs moteurs de l'œil et le trajet de la voie cortico-protubérantielle ne sont pas encore exactement connus. (Voy. Moteur oculaire commun, p. 790.)
2) Les seules voies d'association réflexe bien établies sont les relations (jue le faisceau
longitudinal postérieur établit entre les tubercules quadrijumeaux antérieurs (dépendances de la voie optique) et les tubercules quadrijumeaux postérieurs (dépendances de la voie acoustique) et le centre protubérantiel du moteur oculaire externe.
Origine apparente. — Nées de ce noyau protubérantiel, les fibres du moteur oculaire externe se dirigent directement en avant et émergent au niveau du sillon bulbo-protubérantiel à 2 ou 3 millimètres en dehors du
R. ■pet-obliq.
G. ophtalm.
Mot.oc.com.
N. frontal.
à--, N. lacrymal.
FiG. 470. — Nerf moteur oculaire externe. — D'après Hirsclifeld.
TV. max. sup.
R. méningé du m,ax.sup.
N. max. inf.
R. méninge du max. inf.
trou borgne, un peu en dedans du facial, immédiatement au-dessus des pyramides.
Dans certains cas, quelques-uns des filets du moteur oculaire externe émergent de l'épaisseur de la protubérance. — De même, il n'est pas rare de voir le plus interne des faisceaux constituants de la 6" paire rester isolé de ses congénères sur une étendue de 4 à 5 millimètres (Valentin),
Trajet. — Dès son origine, le moteur oculaire externe se porte en haut et en dehors, et perfore la dure-mère au-dessus du sommet de la pyramide pétreuse; il pénètre alors dans le sinus caverneux qu'il parcourt d'arrière en avant et débouche dans l'orbite en traversant l'anneau de Zinn.
Rapports et distribution. — Dans ce trajet, le moteur oculaire externe traverse successivement : l'étage postérieur du crâne, le sinus caverneux, la
NERFS CRANIENS. 837
fente sphénoïdale et pénètre dans l'orbite. Nous allons étudier ses rapports au niveau de chacune de ces parties.
1) Dans l'étage postérieur du crâne, le moteur oculaire externe chemine entre la face antérieure de la protubérance et la face postérieure du plan basilaire. En dehors de la 6^ paire, monte le facial qui s'écarte du moteur oculaire externe en formant avec lui un angle aigu, ouvert en haut et en dehors. A sa sortie du névraxe, le moteur oculaire externe rencontre la pie-mère qui se l'éfléchit sur lui, pour constituer son névrilemme. Il chemine ensuite, sur une étendue de plusieurs millimètres, dans l'espace sous-arachnoïdien, appliqué contre la face ventrale de la protubérance par le feuillet viscéral de l'arachnoïde. Il croise à ce niveau l'artère cérébelleuse moyenne, passant tantôt au-dessus, tantôt avi-dessous d'elle (Valentin). Plus loin, il traverse la cavité arachnoïdienne et perfore la dure-mère près du sommet du rocher.
Immédiatement après avoir traversé la dure-mère, le moteur oculaire externe croise le bord supérieur de la pyramide pétreuse à un ou deux millimètres à peine de la terminaison interne de ce
, , ^, ,, , , . , > Mol. oc. coin.
bord. 11 passe la au-dessous du smus pe- ^ — -^__-^.^
treux supéx'ieur et du ligament pétro- î'iv^'^ ^ -' Paihét.
sphénoïdal * ; celui-ci se détache du bord L L^ '^^r^ Carot. int.
supérieur du rocher en dedans de l'échan- '^^^^2:> — ^ ;^ ■ OpM.
crure qu'imprime sur l'os le passage de v -N.mot.ocui. xt.
, f, . , , . ,, 1 ' ' — ^=;s- Max. Slip.
la 5'= paire et va se termmer sur 1 apo- , . "-
physe clinoïde postérieure. Ce ligament
applique étroitement le moteur oculaire —-'', /,: .f- » ■'. '''.
commun sur l'os ; d'oii la fréquence des
paralysies de la 6^ paire dans les cas de Fi»- 471. — Rapports du mot. ext. dans /. , 1 . 1 I « le sinus caverneux (disposition normale).
Iracture du sommet du rocher^,
2) Denis le sinus caverneux., le moteur oculaire externe chemine dans la cavité même du conduit veineux. Il croise la face externe de la carotide interne qu'enlace le plexus péricarotidien. En dehors de lui, le moteur oculaire commun, le pathétique et l'ophtalmique s'étagent dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus.
Les rapports du moteur oculaire externe dans le sinus sont variables. Les cas où le nerf est libre dans la cavité du sinus sont regardés par la majorité des classiques français et allemands comme constituant la disposition habituelle. Très souvent cependant, le moteur oculaire externe est en rapport intime avec la paroi externe du sinus ; il est alors inclus dans son épaisseur ou lui est rattaché par un méso plus ou moins court. Mais même dans les cas où Tabducens est dans l'épaisseur de la paroi externe il est toujours plus profondé ment placé que la 3° et la i" paire et que l'ophtalmique.
Il est d'ailleurs difficile de distinguer, scalpel en main, les cas où le moteur oculaire externe est libre dans le sinus de ceux où il possède un méso plus ou moins délicat. La méthode des coupes histologiques dont s'est servie Langer peut seule donner des résultats l)récis. Nous l'avons employée ; mais nos examens, encore qu'ils nous portent à penser que la disposition représentée dans la figure 472 empruntée à Langer est la plus fréquente, ne sont pas assez nombreux pour nous permettre une conclusion ferme.
3) Au niveau de la fente sphénoïdale, le moteur oculaire externe passe par
1. Ligameiitum splieno-petrosum Je Gniber {Anat. des Keil- und Schlafenbein . Saint-Pétesbourg, i859).
2. Chevallereau (Thèse de Paris, 1879). —Panas (Archives d'ophtalmologie, 1881, p. 1). — Gangolphc {Lyon médical, 24 juin 1888).
Mol. oc. com.
Palh.
l'anneau de Zinn. Nous avons précisé ailleurs (p. 794) la constitution de cet anneau et les rapports réciproques des organes qui le traversent. Contentonsnous de rappeler ici que la 0'= paire en occupe la partie la plus externe (Voy. fig. 4")0). 4) Dans Vorbite, le moteur oculaire externe n'a qu'un trajet de quelques millimètres. Il s'applique à la face profonde du droit externe et disparaît dans son épaisseur.
Anastomoses. — Dans le sinus caverneux le moteur oculaire externe s'anastomose avec le plexus carotidien et l'ophtalmique. Nous avons indiqué ailleurs la signification de la première de ces anastomoses et le caractère problématique de la deuxième (Voy. p. 807).
Fig. 472. — Rapports du moteur oculaire externe dans le sinus caverneux. — D'après Langer.
Le nerf est anormalement placé dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus.
Valentin a décrit un rameau anastomotique qui se détacherait soit du tronc du maxillaire supérieur, soit du ganglion sphéno-palatin, passe par la fente sphéno-maxillaire et viendrait se jeter dans la portion orhitaire du moteur oculaire externe.
Homologies. — Le moteur oculaire externe appartient, comme les autres nerfs moteurs de l'oed et comme l'hypoglosse, au système des nei'fs encéphaliques ventraux (Voy. Généralités, p. 7G3). La nature ventrale du moteur oculaire externe est attestée : 1° par sa distribution à un muscle dérivé des somites céphaliques (loi de van Wijhe); [on sait en effet que le droit externe dérive du 3'^ somite] ; 2° par son origine aux dépens de la colonne grise motrice qui reste voisine de la cavité ventriculaire et prolonge vers l'encéphale le groupe antéro-interne des cellules de la corne antérieure de la moelle ; 3" enfin par son émergence ventrale.
Chez les vertébrés supérieurs adultes, lé moteur oculaire externe est un nerf exclusivement moteur. Il n'en est pas de même chez les vertébrés inférieurs (Wiedersheim). Chez nombre d'Anamniens, le moteur oculaire externe possède des racines postérieures. Mais ces éléments sensitifs sont absorbés ou supplantés au cours du développement phylogénique par les nerfs du système JDranchial et notamment par la ?>" paire (Voy. Généralités, p. 768).
Variétés. — Variétés d'origine. — La séparation du moteur oculaire externe en deux faisceaux (disposition fréquente au niveau de l'émergence de ce nerf) peut se prolonger jusqu'au voisinage de l'orbite (Testut). Valentin a vu l'artère cérébelleuse moyenne passer entre les deux faisceaux d'origine de l'abducens. — W. Krause a vu le moteur oculaire externe émerger h 8 millimètres au-dessus du bord inférieur de la protubérance. — Cruveilhier a observé des filets d'origine qui émergeaient du sillon médian du bulbe ou de l'épaisseur même de l'olive.
Variétés de rapport. — Nous avons vu plus haut que les rapports du moteur oculaire externe au niveau du sinus pouvaient varier avec les sujets. Ajoutons que ce nerf peut pénétrer dans l'orbite en dehors de l'anneau de Zinn.
Branches anormales.— L'abducens peut fournir : le nerf nasal (W. Krause), des rameaux cihaires, un filet pour le ganglion otique, une racine pour le ganglion ophtalmique. Schwalbe pense que, dans ce cas, le moteur oculaire externe donne au ganglion ophtalmique les éléments sympathiques que lui a apportés son anastomose avec le plexus carotidien.
NERFS CRANIENS. 839
Septième 'paire : NERF FACIAL
Syn. : Nervus communicans faciei; partie dure de la septième paire.
Le nerf facial ou 7" paire crânienne est un nerf mixte ; sa racine motrice constitue le facial proprement dit; sa racine sensitive n'est autre que l'intermédiaire de Wrisberg. Nerf moteur, le facial se distribue essentiellement aux muscles peauciers de la tête et du cou ; nerf sensitif, il prend une part importante à l'innervation de la muqueuse linguale.
Origine réelle et connexion centrales (Résumé). — Nous étudierons successivement les origines réelles et les connexions centrales de la portion motrice et de la portion sensitive du facial (V'oy. p, 497).
I. Portion motrice. — A. Orioine réelle. — Les fibres motrices du facial sont formées par les prolongements cylindraxiles des cellules constituantes d'un noyau situé aux confins de la protubérance et du bulbe, c'est-à-dire à la limite du myélencéphale et du métencéphale. Ce noyau assez volumineux est placé en arrière des fibres protubérantielles, entre l'olive supérieure qui est en dedans et la racine descendante du trijumeau qui est en dehors. 11 fait partie de la colonne grise qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-externe de la corne antérieure de la moelle. Il appartient donc au même système que le nucleus ainbiguus qui lui est sous-jacent et que le noyau masticateur qui est placé au-dessus de lui. — Issues de ce noyau, les fibres du facial se dirigent d'abord en arrière et en dedans, descendent ensuite verticalement le long du plancher du i" ventricule, puis, se recourbant, se dirigent en bas, en avant et en dehors pour émerger au niveau du bord inférieur de la proti:bérance. Nous n'insisterons pas sur ce trajet complexe du facial qui a été précisé, p. 499. Par contre, nous tenons à rappeler que cette disposition des fibres radiculaires n'est pas spéciale à la 1" paire ; ce n'est que l'exagération d'une disposition que présentent déjà les fibres motrices de la 9° et de la 10° paire. Nous avons vu que cette exagération était due à la transformation de l'émergence latérale primitive du facial en émergence ventrale, transformation qui s'accomplit sous l'influence de l'apparition et du développement croissant des lobes latéraux du cervelet (\'oy. Généralités, p. 763 et flg. 410). — Ajoutons enfin que la ])iupart des fibres radiculaires du facial ne subissent pas de décussation; à côté de ces libres homolatérales, il existerait cependant quelques fibres contro-latérales (Van Gehuchten, Lugaro, Cajal, Marinesco).
On admet généralement que le noyau que nous venons de décrire ne représente pas la seule origine du facial. Les fibres du facial supérieur (fibres destinées aux muscles peauciers annexés à l'orifice palpébral), viendraient soit du noyau du moteur oculaire externe (M. Duval), soit du noyau du moteur oculaire commun (Mendel). Tout récemment Marinesco ' a étudié, par la méthode de Nissl, le retentissement de la section des fibres du soi-disant facial supérieur sur le noyau protubérantiel : il a conclu de ses recherches que ce noyau constitue l'origine de la totalité des fibres du facial.
B. Connexions centrales. — Le centre cortical du facial est situé au niveau de la partie inférieure de la zone rolandique au-dessous du centre de l'hypoglosse. La voie motrice centrale, cortico-protubérantielle, formées par les prolongements cylindraxiles des cellules du centre cortical, forme avec les fibres homologues du centre de l'hypoglosse et du masticateur le faisceau géniculé. On sait qu'après avoir occupé successivement le genou de la capsule interne et la partie externe du pied du pédoncule, ces fibres franchissent la ligne médiane au niveau de la partie moyenne de la protubérance et viennent se terminer dans le noyau protubérantiel- (Voy. p. 078.) Là encore se pose la question du facial supérieur. Existe-t-il pour celui-ci un centre spécial, voisin du centre des nerfs moteurs de l'œil et dont les fibres ne passeraient pas par la capsule interne ? Beaucoup d'auteurs l'affirment. Marinesco, dans le travail déjà cité, le nie.
Les voies d'association réflexe du centre protubérantiel du facial sont mal connues.
II. Portion sensitive. — A) Origine réelle. — L'origine réelle 'des fibres sensitives du facial se trouve hors des centres dans le ganglion géniculé. Ce ganglion, que j'étudierai plus loin au point de vue macroscopique, présente la même structure et la môme valeur qu'un ganglion spinal. Il est essentiellement formé par des cellules unipolaires, dont le
1. Marinesco. Contribution à l'étude du facial supérieur. Rev. gén. des sciences, 15 oct. 1898.
2. Cette décussation du facial, qui précède la décussation de la voie pyramidale, explique l'existence de l'hémiplégie des membres avec paralysie faciale alterne (syndrome de Gubler) dans les cas de lésion unilatérale de la portion inférieure de la protubérance.
S^iO
prolongement, unique à son origine, se bifurque en deux branches. La branche périphérique, prolongement protoplasmique ou cellulipète, vient d'un point quelconque du territoire sensilif du facial. La branche centrale, prolongement cylindraxile ou cellulifnge, se dirige vers le bulbe; le nerf intermédiaire de Wrisberg- est constitué par la réunion de ces prolongemente cellulifuges. Arrivés dans le bulbe, chacun d'eux se bifurque en deux branches qui vont toutes deux se terminer dans la partie supérieure du noyau, annexé au faisceau solitaire. Ce noyau commun à la partie sensitive des 7"=, 9" et 10'' paires, constitue le noyau sensitif terminal du facial.
B) Connexions centrales. — Le noyau sensitif terminal est uni d'une part au cortex {voie sensitive centrale), d'autre part aux noyaux moteurs des autres nerfs bulbaires {voies cVassociation réflexe), a) Les fibres de la voie sensitive centrale s'unissent après décussation au ruban de Reil interne. Leur centre cortical n'est pas connu, b) Les voies d'association réflexe sont encore indéterminées.
Origine apparente. — Le facial émerge de la fossette latérale du bulbe par deux racines, l'une interne, l'autre externe; la racine interne, racine motrice, répond au facial des classiques; la racine externe, beaucoup plus grêle que la précédente, constitue le w&ci intermédiaire de Wrifiherg; accolée à la précédente, elle est aussi unie à l'acoustique. L'auditif et les deux racines du facial sont ainsi groupés en un môme faisceau.
D'après Valentin, la racine motrice du facial serait parfois renforcée par des fibres émergeant de la partie inférieure du pont de Varole.
- Trajet. — De la fossette sus-olivaire les deux racines du facial se portent en haut, en dehors et en avant vers l'orifice crânien du conduit auditif interne, dans lequel elles s'engagent. Arrivées au fond de ce conduit, les racines du facial pénètrent dans le plus antérieur des deux orifices que présente le segment supérieur du fond du conduit auditif interne. Cet orifice n'est autre que l'entrée du canal de Fallope. Dès ce moment les deux racines du facial ont une destinée différente (Voy.
fig.473et492).
1) Facial proprement dit. — Le facial proprement dit pénètre dans le canal de Fallope et en suit toutes les inflexions.
Comme lui, il continue d'abord sur une étendue de 4 millimètres environ la direction du conduit auditif interne; il est donc oblique en avant et en dehors et sensiblement perpendiculaire à l'axe du rocher. Il s'infléchit ensuite brusquement sous un angle de 50 à 60 degrés, là où sur le canal vient se brancher le conduit de l'hiatus de Fallope ; il se dirige alors en arrière et
Cnnd aud tnt {paroi ant )
FiG. 47.3.
Fond du conduit auditif. — D'après Sappey.
(Camparez avec la figure 492.)
NERFS CRANIENS.
en dehors. Après un trajet de 10 millimètres environ, il se recourbe une deuxième fois, devient vertical et émerge du rocher entre l'apophyse mastoïde et l'apophyse styloïde, par l'orifice inférieur du canal stylo-mastoïdien. Comme on le voit, dans son trajet à travers le l'ocher, le facial comprend trois