RÉGION CERVICALE RÉGION DORSALE RÉGION LOMBAIRE
Racines h^^f"^"^^^- " " ' l 1 ^
j postérieures ... 3 1,3 2
Les recherches de Siemerling (1886) ont montré, qu'indépendamment de l'inégalité de volume, il existe aussi une différence très nette dans le diamètre
NERFS RAGHIDIENS. 925
des fibres constitutives de chaque racine. Cet auteur divise les fibres nerveuses, d'après leur épaisseur, en trois groupes : 1° les fibres petites mesurant de 2 à 5 a; 2° les moyennes de 5 h 12 jx et 3° les grosses de 15 à 20 [j,. Les racines antérieures des nerfs cervicaux, lombaires et des trois premiers sacrés, renferment en nombre à peu près égal ces trois variétés de fibres, tandis que les fibres fines prédominent dans les racines antérieures des nerfs dorsaux, des deux nerfs derniers sacrés et des nerfs coccygiens. Au contraire, dans les racines postérieures de tous les nerfs rachidiens, le nombre des fibres fines est sensiblement égal à celui des fibres moyennes et des fibres grosses réunies, et de plus les très grosses fibres (18 à 20 [x), relativement abondantes dans les racines antérieures, font totalement défaut dans les racines postérieures.
2° Direction. — Les racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens se dirigent de dedans en dehors depuis la moelle épinière jusqu'au trou de conjugaison correspondant. Dans l'ensemble, les racines antérieures ont leur origine médullaire plus près delà ligne médiane que celle des racines postérieures. En outre, à mesure qu'on envisage des segments de la moelle de plus en plus inférieurs, on voit les origines des racines antérieures se rapprocher de plus en plus du sillon médian antérieur. Les racines postérieures, au contraire, conservent toujours leur ligne d'implantation parallèle au sillon médian postérieur.
A leur origine médullaire, les fibres de chaque racine s'étalent sur une longueur moyenne de 6 à 7 millimètres, mais dans leur trajet intradural, elles se rapprochent les unes des autres, et, au niveau de leur orifice de sortie à travers la dure-mère, elles sont ramassées en un paquet qui n'excède pas 1 millimètre de hauteur.
La direction des fibres radiculaires, transversale pour le premier nerf rachidien, devient légèrement oblique dans la région cervicale, mais cette obliquité ne dépasse jamais en hauteur la valeur d'un corps vertébral. Dans la région dorsale, l'inclinaison des racines s'accentue de plus en plus et l'émergence d'un nerf est séparée de son origine médullaire par une distance verticale mesurée en moyenne par le corps de deux vertèbres. Dans la région lombosacrée, la longueur du parcours intra-rachidien des fibres radiculaires est telle que leur direction devient parallèle à celle du fil terminal.
3" Anastomoses. — En général, les fibres radiculaires de chaque nerf spinal restent indépendantes de celles des nerfs voisins. CependantHilbert(1878) a décrit une série de variétés concernant les anastomoses que les racines rachidiennes peuvent avoir entre elles. Le type le plus fréquent est représenté par des anses verticales qui unissent entre elles les fibres d'une même racine. Un paquet de racines, après un parcours de longueur variable, peut se subdiviser en deux faisceaux secondaires, l'un ascendant, l'autre descendant, qui relient les groupes radiculaires les plus rapprochés. Quelquefois même, ces filets anastomotiques (paquets radiculaires intermédiaires d'IIilbert) se portent, dans le sens ascendant ou descendant, sur des groupements radiculaires assez éloignés sans contracter aucune connexion avec les paquets les plus voisins. Le même auteur a vu, mais plus rarement, des anastomoses verticales s'établir ainsi entre les racines de deux nerfs différents.
Il existe encore des arcades anastomotiques horizontales unissant les racines
antérieures aux racines postérieures (Froment, Hilbert). H.lbert prétend même aûe es fibres radiculaires se portant toujours de la racme anteneure ™rs la racine'postérieure; mais cette opinion nous parait trop absolue. En e&t les < onnL histologiques de Lenhossék et de Ramon y Cajal ams, que les observations de sensibilité récurrente, démontrent l'ex.stence de fibres motrices et sensitives, passant de la racine postérieure dans la racine anteneure
Enfin Hilbert a encore décrit, sous les noms i'anse coi(npefe et àanse centrifune quelques dispositions particulières des fibres radiculaires. L «lise cen- ;tl est constituée^ un paquet de fibres qui se détacbent d'une racine pour s'enfoncer dans la moelle ou dans un territoire radiculaire voisin en décrivant une courbe à concavité dirigée vers l'axe médullaire. L anse cenlnfuge, au contraire, a sa concavité en debors; elle s'étend entre deux paquets de fibres radiculaires sans avoir, à aucun moment, de connexion directe avec la moelle épinière.
40 Fibres récurrentes. -Nous avons vu que, depuis Ch. Bell, les racines antérieures sont considérées comme motrices et les racines postérieures comme sensitives. Mais, Magendie d'abord, Longet et Cl. Bernard plus tard ont constaté que l'excitation du bout périphérique des racines antérieures produisait de la douleur en même temps que des phénomènes de mouvement. Cette sensibilité que possèdent les racines antérieures, a été désignée sous le nom de sensibilité récurrente -, elle s'explique facilement si l'on admet que les prolongements protoplasmiques de certaines cellules des ganglions spinaux (neurones sensitifs) ou même quelques collatérales de ces prolongements pénètrent dans les racines antérieures.
D'autre part, les travaux de Lenhossék et de Ramon y Cajal ont fait connaître dans les racines postérieures, l'existence de prolongements cylindraxi es émanés des cellules motrices de la base de la corne antérieure. Bien que les physiologistes n'aient pas observé, d'une façon absolue, des mouvements consécutifs à l'excitation du bout périphérique de la racine postérieure, il est très difficile de ne pas considérer ces fibres comme douées de conduction cellulifu-e D'ailleurs, les recherches récentes de Morat (mai 1897) ont montre quelles fibres vaso-dilatatrices suivent, en général, le trajet des nerfs sensitivomoteurs, et qu'elles peuvent, dans certaines régions, emprunter la voie des racines postérieures. Il paraît donc logique d'admettre que les fibres décrites par Lenhossék et Ramon y Cajal se mettent en rapport par l'intermédiaire du sympathique avec les vaisseaux et probablement aussi avec les muscles des viscères.
D. Rapports des racines avec les méninges. — Les racines antérieures et postérieures, enveloppées d'une gaîne piale, et accompagnées par les vaisseaux médullaires (Voy. Charpy, Circulation de la moelle), baignent dans le liquide céphalo-rachidien qui remplit les espaces sous-arachnoïdiens ; les deux ordres de racines sont séparés par les dents du ligament dentelé. Au sortir du sac durai, les fibres radiculaires antérieures de même que les fibres postérieures se groupent en deux faisceaux, qui ne tardent pas à se fusionner en une bandelette unique. Les deux faisceaux ou la bandelette provenant de la réunion des racines postérieures se renflent toujours en un gan-
NERFS RACHIDIENS.
giion situé au niveau du trou de conjugaison ou intervertébral, d'où son nom de ganglion intervertébral. Immédiatement après ce renflement ganglionnaire, les deux bandelettes représentant les racines antérieures et postérieures s'unissent en un tronc commun : le nerf mixte.
Les méninges rachidiennes accompagnent les racines des nerfs jusqu'au trou de conjugaison : la pie-mère perd peu à peu son individualité pour devenir le névrilème, l'arachnoïde forme une double gatne séreuse à chaque paquet radiculaire jusqu'à leur réunion en un tronc unique. Quant à la dure-mère, elle constitue à chacune des racines d'un même nerf une gaîne infundibuliforme, doublée à son intérieur par le feuillet pariétal de l'arachnoïde; les deux enveloppes durâtes sont disposées l'une contre l'autre comme les deux canons d'un fusil. Leur surface d'accolement forme une cloison médiane étendue depuis le sac durai, jusqu'à l'angle de
réunion des racines. C'est à .. ...^..at^^sg^^^m ^---Lame epidur.
ce niveau que se termine également le cul-de-sac arachnoïdien. Dès lors, la dure-mère considérablement amincie n'est plus distincte des autres
Os
Graisse
uiéninges dont la trame connective se continue sans ligne
Gaîne
- - Dure-mère.
■ Trousseaux fibr.
- - Gaîne durale.
FiG. 530. — Coupe longitudinale d'un ganglion spinal, passant par le trou de conjugaison.
Figure demi-schématique, montrant l'espace lymphatique épidural et les trousseaux fibreux qui fixent la gaîne durale. D'après Charpy.
de démarcation bien marquée avec le tissu conjonctif périet interfasciculaire.
Sur les pièces préparées par un de nos prosecteurs, nous avons pu observer au niveau des ganglions spinaux une disposition spéciale des méninges qui, à notre connaissance, n'a pas encore été signalée. Au voisinage du trou de conjugaison, le tissu cellulaire épidural se condense en un feuillet distinct qui se prolonge sur les racines et sur le ganglion rachidien, et les entoure d'une enveloppe commune. C'est sur la face externe de cette gaine épidurale que se fixent les trousseaux fibreux qui attachent le nerf rachidien au périoste du trou de conjugaison (fig. 530). Entre la face interne de la gaîne épidurale et la dure-mère, se trouve un espace injectable, à cloisons celluleuses lâches ou denses suivant les ganglions observés, peut-être aussi suivant l'âge du sujet. Cette cavité, plutôt que l'atmosphère celluleuse remplie de graisse et de vaisseaux qui occupe le trou intervertébral, représente Vespace lymphatique épidural.
E. Ganglions spinaux ou rachidiens. — On désigne sous le nom de ganglions spinaux ou rachidiens les renflements ovoïdes que présentent les racines postérieures au niveau du trou de conjugaison. Leur forme et leurs dimensions sont variables ; les plus volumineux se rencontrent sur les nerfs lombaires, et les plus petits sur les derniers nerfs sacrés. L'augmentation de volume de la racine postérieure est uniquement due à la présence des cellules
iierveiises sensitives, origine de ces racines. Comme les racines postérieures représentent essentiellement les prolongements cylindraxiles de ces cellules, il est évident qu'il y a un rapport direct entre le volume de la racine et celui du ganglion qui lui est annexé, étant donné que le nombre des fibres centrifuges qui passent par chacune des racines postérieures est à peu près insignifiant. 11 existe aussi une relation très étroite entre le volume d'une racine postérieure et de son ganglion d'une part, et celui du tronc radiculaire qui fait suite à ce ganglion d'autre part.
1" Nombre. — Le nombre des ganglions est égala celui des nerfs rachidiens, c'est-à-dire qu'il est de .31. Ces ganglions font très rarement défaut, ils devaient nécessairement manquer dans les cas d'absence des racines postérieures, observés par Adamkiewicz, mais cet auteur a négligé de signaler ce détail. Il y a cependant un ganglion dont l'existence ne parait pas constante, c'est le ganglion coccygien. D'après Henle, ce ganglion, dont la longueur varie de 0,3 à 2 millimètres, n'aurait pas une position fixe ; tantôt il correspondrait à l'émergence médullaire du nerf coccygien, tantôt il se trouverait placé sur son trajet à une distance variable de cette émergence. Mais Trolard prétend ne l'avoir jamais rencontré dans ses dissections chez l'adulte, et Tourneux ne l'a retrouvé, ni chez le fœtus, ni chez le nouveau-né, sur des coupes en série pratiquées depuis le cône médullaire jusqu'à l'extrémité du fil terminal.
2" Situation. — Nous avons vu que la présence du ganglion spinal au niveau du trou de conjugaison lui a fait donner par quelques auteurs le nom de ganglion intervertébral. Il importe toutefois de signaler une disposition spéciale intéressant les deux premiers nerfs cervicaux et les nerfs sacrés.
Le premier ganglion cervical se trouve tantôt au niveau de l'orifice durai, tantôt en dedans, mais le plus souvent en dehors de cet orifice ; le deuxième est presque toujours placé entre la partie antérieure de l'arc postérieur de l'atlas et la portion correspondante de l'axis qui limitent un intervalle homologue du trou de conjugaison. Les ganglions des quatre premières paires sacrées sont situés dans le canal rachidien entre la dui-e-mère et la paroi osseuse, celui de la cinquième paire est compris moitié dans la dure-mère, moitié en dehors d'elle, il correspond au point oi^i les racines du cinquième nerf sacré perforent le cul-de-sac durai.
Il n'est pas rare de rencontrer des ganglions rachidiens fragmentés en deux parties qu'on trouve alors sur le trajet des deux bandelettes provenant de la réunion des fibres radiculaires postérieures.
3" Ganglions aberrants. — H3'rtl a signalé depuis longtemps, sur les racines postérieures, l'existence de petits amas gangliformes qu'il a désignés sous le nom de ganglions aberrants. Ceux-ci ont été retrouvés par un grand nombre d'anatomistes ; ils sont quelquefois réduits à des formations, imperceptibles à l'œil nu, et disséminées sur tout le parcours des fibres radiculaires postérieures. Kazzander avait supposé que ces ganglions aberrants représentaient les éléments cellulaires du ganglion spinal qui fait alors défaut dans 9 pour 100 des cas; cette supposition a été confirmée par les dissociations de Rattau (1884), Retzius et Lenhossék expliquent de la façon suivante leur mode
NERFS RACHIDIENS.
de formation. Les cellules sensitives des ganglions spinaux sont des éléments détachés de l'ectoderme ou des crêtes neurales, qui tendent à se rapprocher de la moelle; par suite, les ganglions aberrants représentent un degré de rapprochement plus avancé que les ganglions rachidiens, Lenhossék a, d'ailleurs, tenté une autre explication : les ganglions spinaux, dès qu'ils arrivent dans le trou de conjugaison, se fixent solidement au périoste voisin; plus tard, lorsqu'un accroissement inégal se produira entre la moelle et la colonne vertébrale, certains groupes cellulaires seront détachés des ganglions et entraînés au milieu des fibres radiculaires postérieures. Il serait peut-être plus simple d'admettre que les ganglions aberrants représentent des groupes cellulaires qui se sont moins écartés de la moelle que les ganglions rachidiens, tandis que s'effectuait la séparation des crêtes neurales d'avec les bords de la gouttière médullaire.
On a cru longtemps que les racines postérieures pouvaient seules présenter des ganglions aberrants, mais les recherches de Hache (1891) sur l'homme, et de Kolliker (1894) sur le chat, ont montré qu'il en existait également sur les racines antérieures. Zachariadès (ïh. de Paris, 1896) a repris, d'une manière complète, leur étude sur les racines antérieures des nerfs sacrés.
Veine
Il considère ces ganglions comme des grou-
jugaison. — D'après Merkel.
Coupe oblique dans la région dorsale.
pes de cellules isolés des ganglions spinaux dès les premiers stades du développement, par des faisceaux de fibres radiculaires antérieures. On doit regarder, comme des dé- '' ' '"
pendances de ces amas cellulaires, certaines Fio-.-^^I- - Rapports du tronc radicule . . . laire avec les veines du trou de conhbres, probablement sensitives, qui traversent le ganglion spinal sans contracter aucune relation avec les neurones sensitifs, et qui, après un trajet de longueur variable dans le nerf mixte, se recourbent en anse, et remontent dans les racines antérieures. La présence de ces cellules sensitives dans les racines antérieures peut justifier les phénomènes de sensibilité récurrente, et expliquer certains faits de dégénérescence rétrograde.
F. Troncs radiculaires ou nerfs mixtes. — Aussitôt après sa sortie du ganglion spinal, la racine postérieure s'unit avec la racine antérieure pour former un tronc commun désigné sous le nom de nerf mixte ou de tronc radiculaire qui passe sur le pédicule des vertèbres en arrière ou entre les veines du trou de conjugaison (Voy. fig. 331). Le nerf mixte se divise, pi'esque immédiatement, en une branche antérieure ou ventrale et une branche postérieure ou dorsale.
1" Dimensions. — La grosseur du tronc radiculaire est proportionnelle à l'épaisseur de ses racines, au ganglion spinal, et à l'étendue de la région du corps à laquelle il est destiné; elle est donc essentiellement variable. Le diamètre des
troncs ratliculaires est compris entre 0,7 et 10 millimètres, le plus petit est le nerf coccygien, et le plus volumineux le S^ nerf lombaire, Dans l'ensemble, l'épaisseur des nerfs rachidiens augmente du 1°'' cervical au l^'' dorsal et du l^'- au 5*^ lombaire, elle diminue du 1" au 5<^ sacré; tous les nerfs de la région dorsale (sauf le premier) sont sensiblement égaux.
2° Nombre. — On compte 31 paires de troncs radiculaires ou de nerfs rachidiens, dénommés suivant les régions de la colonne vertébrale auxquelles ils appartiennent. On leur donne le numéro d'ordre de la vertèbre qui est placée au-dessus d'eux, sauf cependant pour la région cervicale où ils prennent celui de la vertèbre sur laquelle ils reposent; le tronc radiculaire compris entre la 1" vertèbre cervicale et la l''' dorsale est alors considéré comme le 8*5 nerf cervical. D'après ce mode de classification on compte :
8 paires cervicales, 12 — dorsales, 5 — lombaires, 5 — sacrées, 1 — coccygienne.
L'usage a prévalu de n'admettre parmi les paires rachidiennes qu'un seul nerf coccygien, bien que, dès 1837, Schlemm, sur sept observations, eût constaté la présence dans deux cas de deux paires coccygiennes et dans un troisième l'existence d'un deuxième nerf coccygien d'un seul côté. Les recherches plus récentes de Rauber (1877) et de Tourneux (1892) ont montré qu'il y a en réalité 3 paires coccygiennes et par conséquent 33 paires de nerfs rachidiens. Parmi ces trois nerfs coccygiens un seul est libre, tandis que les deux autres, rudimentaires d'ailleurs, sont accolés au fil terminal. Quelquefois même la. première paire n'est pas distincte, mais on en retrouve toujours le vestige à côté des deux autres (Voy. Nevrologie, fig. 115, page 179). Les nerfs coccygiens représentent les nerfs caudaux des mammifères urodèles en voie d'atrophie.
G. Disposition générale d'un nerf rachidien. — On peut considérer la description suivante comme s'appliquant à un nerf rachidien typique. Aussitôt après sa sortie du trou de conjugaison, le tronc radiculaire se divise en deux branches, l'une antérieure ou ventrale, l'autre postérieure ou dorsale, qui ont toutes les deux la valeur d'un nerf mixte. La branche postérieure, après avoir traversé l'espace quadrilatère limité en haut et en bas par les apophyses transverses de deux vertèbres consécutives, en dedans par la base de l'apophyse articulaire supérieure, et en dehors par le ligament costo-transversaire, gagne la région dorsale pour se distribuer aux muscles des gouttières vertébrales et aux téguments qui recouvrent ces muscles. La branche antérieure, en général plus volumineuse, se dirige en avant, et fournit à la musculature et à la peau de la région ventrale. Exceptionnellement, semble-t-il, les nerfs dorsaux et ventraux peuvent traverser la ligne médiane (Bichat, Meckel, Hirschfeld). Whyman (1863) a étudié cette question pour les nerfs moteurs et a conclu de ses recherches qu'au point de vue physiologique les nerfs qui traversent la ligne médiane sont à peu près sans action sur les muscles du côté opposé. Zander, qui s'est occupé récemment (1897) de la distribution des nerfs
Rac. ant.
N. sinu-vert. '
Ram. int.
Br. post.
R. commun.
R. latér.
sensitifs sur la ligne médiane, a observé qu'ils ne se comportaient pas toujours de la même manière. Tantôt les filets nerveux venus du côté droit vont se distribuer du côté gauche et réciproquement ; tantôt ils présentent de multiples anastomoses parmi lesquelles il est difficile, même au microscope, de faire la part de chaque nerf. En général, on voit les nerfs du côté droit s'unir avec ceux du côté gauche pour former de petits troncs qui constituent avec les nerfs situés au-dessus et au-dessous de minces arcades anastomotiques desquelles se détachent les filets sensitifs terminaux.
La subdivision du nerf rachidien en branche antérieure et en branche postérieure ne s'opère pas toujours au même point pour toutes les parties de la colonne vertébrale. Elle se produit à la sortie du trou de conjugaison pour les portions cervicale, dorsale et lombaire, et dans l'intérieur du canal sacré pour la Gangi.symp portion sacro-coccygienne. En ce qui concerne les quatre premières paires sacrées, la branche antérieure sort par le trou sacré antérieur et la branche postérieure par le trou sacré postérieur correspondant; le cinquième nerf sacré et le premier nerf coccygien quittent le canal sacré en traversant le ligament sacro-coccygien postérieur, et donnent aussitôt leur rameau antérieur et leur rameau postérieur.
En règle générale, la branche antérieure de chaque nerf rachidien fournit entre autres :
1" Un, deux et quelquefois un plus grand nombre de filets nerveux qui se rendent au ganglion sympathique le plus proche. Comme ces filets sont chargés d'assurer les relations entre l'axe médullaire et le cordon du sympathique, on les désigne sous le nom de rameaitx communicants ; ils seront décrits avec le système nerveux grand sympathique.
2» Un petit nerf très remarquable, qui se détache quelquefois du tronc radiculaire et qui, après avoir reçu du rameau communicant quelques fibres sympathiques, revient dans le canal vertébral par un trajet récurrent, c'est le nerf sinu-vertébral de Luschka.